‹ Cours de microscopie complémentaire des études médicales [electronic resource]Chapitre 118 sur 129 · COURS DE MICROSCOI'IE · texte numérisé non relu

COURS DE MICROSCOI'IE

paru. Loin (le là, nous pensons qu'en envisageant la qiieslion non plus sous un j)oint de vue pailiculicr , mais d'une manière générale , en signalant ce qui manque aux connaissances actuelles en chimie organique pour qu'on soit en mesure de traiter d'une manière utile et approfondie, dans un cas donné, une question du genre de celle qui nous a été proposée, nous allons droit au but de notre institution , qui est la connaissance de la vérité, et par conséquent la direction à donner aux efforts propres à ramener dans l'avenir le plus prochain.

§. lY. — Des recherches qu'il conviendrait d'entreprendre afin que la chimie pût donner toutes les lumières qu'on peut espérer d'elle dans les cas d'épizoolic, d'épidémie, de maladies contagieuses, etc.

Lorsque des épizooties, des maladies épidémiques ou contagieuses se déclarent , les perles que les premières occasionnent parmi les animaux dont nous faisons notre nourriture, ou que nous employons comme force motrice , la désolation que les autres portent dans les populations qu'elles frappent , le mystère encore si profond de la nature des influences qui se déclarent contre la vie des êtres menacés, sont autant de causes qui conduisent l'homme à chercher des lumières partout où il a le moindre espoir d'en trouver. C'est alors qu'on est souvent fort étonné que la chimie ne réponde pas à une foule de renseignements qu'on lui demande , tant on comptait sur elle, tant on avait foi en ses moyens de pénétrer la nature des corps ! Si celte science est aujourd'hui impuissante pour répondre à beaucoup de questions provoquées par l'apparition des fléaux dont nous parlons , il est bon d'en exposer les raisons et de faire voir ensuite ce qu'on peut attendre d'elle , lorsqu'on aura reculé les limites qui en resserrent acluellement le domaine :

Les questions auxquelles la chimie doit répoudre concernent la nature de matières appartenant à deux classes fort distinctes:

1°. La nature des malièrcs organiques constituant les animaux , telles que le sang, la bile , l'urine , le lait , clo. , la chair musculaire, la matière cérébrale, etc. , etc.*

DOCUMENTS. -^^^ 2», La nalure des nialiùies du monde cxlérictir en rapport avec les èlrcs organisés frappés par le fléau. Telles sont les eaux et surtout l'atmosphère, et ce qu'elle peut tenir en suspension.

Article ler. — Question concernant la nature des matières organiques.

La connaissance des désordres apportés dans l'économie animale par l'invasion d'une maladie, pour être scientifique, exige gue le médecin définisse les symptômes de la maladie , que l'anatomisle palhologisle et physiologiste constate les lésions qu'elle peut avoir déterminées dans les organes des individus qui ont succombé; enfin, que le chimiste examine les solides, les liquides et les produits des excrétions, afin de constater les modifications qu'ils ont pu recevoir de la maladie. En conséquence , il faut cn>oir des analyses immédiates de toutes ces matières prises à l'état normal, afin qu'elles servent de termes de COMPARAISON, poiir les matières correspondantes prises dans les indii'idus malades qu'on doit soumettre à des analyses analogues. Eh bien ! ces analyses destinées à servir de termes de comparaison , qui supposent la connaissance de procédés assez précis pour qu'on puisse non-seulement établir le dénombrement exact des principes immédiats constituant les solides , les liquides et les produits excrétés, mais encore les proportions respectives où ils s'y trouvent ( car on conçoit qu'il y aura trouble où des principes essentiels à la vie seront dans des proportions dilTérentes de celles qui sont nécessaires à l'état normal de l'être qu'ils constituent), nous ne les possédons pas. En effet, nous n'avons point encore réduit en formules précises des procédés propres à déterminer exactement la proportion des principes immédiats du sang, de l'urine, du lail, etc., etc. De sorte qu'un praticien parfaitement au courant des manipulations chimiques, manque de méthodes écrites pour faire l'analyse immédiate d'un échantillon d'une des matières précitées ; en outre il y a encore beaucoup d'incertitudes sur les propriétés qui caractérisent comme espèces certains principes immédiats dont le rôle dans l'économie animale est des plus importants. Nous ci-

tons pour exemple, le caséum , la fibrine , l'albumine qui est associée à nii composé sulfuré dont la nature nous est absolument inconnue. Ajoutons même que la méthode de l'analyse immédiate quantitative du lait n'a pas avancé progressivement avec les expériences qui ont démontré que sa partie bulyreuse est très-complexe, puisqu'elle renferme, dans le lait de vache du moins, outre de la stéarine et de l'oléine, une matière beaucoup plus soluble dans l'alcool que ces dernières, et qui est très-probablement constituée par trois espèces de corps, la butyrine, la caproïne et la caprine.

Les conséquences d'un tel état de choses sont faciles à déduire pour tous ceux qui ont quelques connaissances chimiques, c'est que, faute d'analyses immédiates normales et de formules précises propres à les exécuter, lorsqu'à un instant donné il faut comparer une matière organique morbide à la matière organique normale correspondante , on manque de la donnée principale, du terme de comparaison , et la dilTiculté d'atteindre à un résultat satisfaisant se trouve encore augmentée par la petite quantité de matière qui est à la disposition du chimiste, et par le peu de temps même où il peut se procurer cette petite quantité, puisque les matières morbides sont presque toujours passagères, et que dès lors il peut être dans l'impossibilité de vérifier une induction importante qui lui aurait été suggérée par des expériences faites sur les dernières portions de matière qu'il avait à sa disposition.

Parlons maintenant de la difficulté des analyses immédiates normales et de la direction qu'il nous paraît le plus convenable de suivre pour les établir.

Si l'on proposait à un chimiste habile de s'occuper expérimentalement d'établir l'analyse normale d'un liquide animal, tel que le sang ou le lait, nous doutons qu'il s'y engageât avec la condition de justifier l'existence de tous les corps qu'il isolerait, comme il le ferait s'il s'agissait de métaux formant un alliage ou de composés oxygénés formant un composé pierreux. Éclaircissons cette proposition par des faits incontestables.

Avant qu'on eût défini les espèces de corps qui constituent la

masse principale des matières grasses que l'on rencoiUrc le plus fréquemment dans l'homme et les animaux domestiques, on portail parmi les principes immédiats du sang, de la bile, etc., une matière grasse; on disait que l'alcool et l'éllicr en réagissant sur la fibrine, les tendons et le tissu qui se transforment en gélatine par l'eau bouillante, produisaient une matière grasse , aux dépens des éléments de ces matières. Eh bien ! la dénomination de matière grasse n'exprimait que ceci, c'est que l'on troin>ait dans le sang, dans la bile, etc., dans l'alcool et l'élher qui avaient agi sur certaines matières animales, une matière inflammable insoluble dans l'eau et soluble dans l'alcool et l'éther. En outre, le chimiste le plus habile qui aurait voulu absolument caractériser chacune de ces matières grasses sans se livrer à une suite de recherches sur toutes autres substances que celles soumises à son analyse actuelle , aurait perdu son temps, par la raison que les matières signalées dans le sang, la bile, etc., etc., s'y trouvaient dans des proportions trop faibles et accompagnées d'un trop grand nombre de corps étrangers, pour qu'il fût possible d'arriver à un résultat précis ; mais le but a été atteint sans difficulté, lorsqu'en étudiant les principaux corps gras dont on peut se procurer sans peine des quantités suffisantes à tous les essais imaginables, en partant de l'examen des produits de la saponification beaucoup plus faciles à caractériser que ne l'étaient les matières avant la saponification , on est parvenu à définir et à caractériser ces dernières; car les corps gras une fois réduits : i°. en acides parfaitement définis; 2°. en corps neutres saponifiables, c'est-<à-dire réductibles par les alcalis en différents produits définis ; 3". en corps neutres non saponifiables, il a été possible ensuite, sans de grandes difficultés, de réduire la matière grasse du sang en matière grasse du cerveau, en acides margariqiie, oléique , en cholestérine, etc. ; la matière grasse de la bile en cholestérine, en acides margarique, oléique, etc. Il a été facile de reconnaître la matière grasse du cerveau dans la fibrine du sang, la stéarine et l'oléine dans les tissus azotés réductibles en gélatine.

Nous concluons de ces faits que, pour entreprendre avec es-

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poil- de succès une analyse immédiale normale , il faut être sûr d'avance qu'on pourra définir comme espèces, si ce ne sont tous les principes immédiats d'nne matière organique donnée, du moins les principaux, eu égard à l'importance de leurs propriétés et à la forte proportion où ils s'y trouvent ; que si celte certitude manque, et qu'on ne recule pas devant de pénibles travaux, il faudra chercher les principes immédiats qu'on juge être le plus analogues à ceux qu'on veut séparer, dans les matières où ils sont le plus abondants, le plus isolés, ou dans l'étal de plus facile séparation , afin d'étudier leurs propriétés , d'en choisir d'essentielles faciles à reconnaître , qui servent de caractères propres à faire juger si les principes séparés d'une matière dont on veut établir l'analyse normale , sont identiques ou simplement analogues aax premiers.

Il est une considération que nous ne devons point omellre, c'est celle des globules qui, simplement suspendus dans des liquides animaux, ne sont perceptibles qu'avec le secours de la loupe ou du microscope, lant est grande leur ténuité! Dans toutes les analyses des liquides , et même dans celles des matières solides qui pai'aissent homogènes à la sinqile vue , il est indispensable de recourir aux instruments d'optique pour savoir s'il existe des globules dans les premiers , et plusieurs matières dislîncles dans les secondes. S'il existe des globules, il faut les étudier comme matière indépendante du liquide où ils sont, et, si dans la matière solide on aperçoit des parties distinctes, il faut les séparer mécaniquement si c'est possible, ou dans le cas contraire, recourir aux réactifs les plus simples, l'eau, l'alcool, l'éther, etc. Voyons comment le chimiste doit envibager les globules.

Si à l'aide du microscope on fixe la forme des globule s, quelques traits d'une structure organique s'ils sont organisés, el certains rapports de connexion physique qu'ils peuvent avoir, soit ensemble, soit avec quelque autre matière non globuleuse , ces globules, comme matière, rentrant dans le domaine de la chimie, doivent être étudies sous le rapport de leur composition immédiate, sous celui de la composition élémentaire de leurs principes

DOCUMENTS. 509 immédiats, s'ils résiillcnl do l'union de plusieurs de ces principes ; mais celle étude suppose qu'on les a isolés du liquide où ils sont disséminés, et jusqu'ici on n'a fait que de bien faibles tenlalives pour y parvenir. Quoi qu'il en soit des difficultés que jirésente l'isolement des globules , on ne saurait trop insister sur l'utilité qu'il y a pour les sciences naturelles, qu'un même observateur consacre ses elforls à l'élude comparative de tous les globules qui se trouvent dans les liquides des animaux , afin de saisir les analogies et les différences qu'ils ont entre eux. Il devra s'abstenir de faire des rapprochements d'identité basés uniquement sur une forme qui, à cause de sa simplicité même, peut appartenir à des corps très-différents ; il ne devra jamais perdre de vue que l'identité de nature ne peut être démontrée que là où se trouve identité de propriétés chimiques, parmi lesquelles nous comprenons la composition élémentaire. Un observateur, sans avoir approfondi la chimie, peut tirer un grand parti de l'usage des réactifs , s'il évite toutefois de confondre les phénomènes qui peuvent naître de leur action sur quelques corps dissous dans le liquide oii se trouvent les globules.

Des considérations précédentes qui sont relatives aux questions concernant la nature des matières organiques en général, nous pouvons conclure pour l'élude du lait en particulier, objet spécial de ce rapport :

1°. Que non-seulement l'analyse du lait normal manque, mais encore que l'analyse actuelle n'est point an niveau des travaux qui ont fait connaître la composition immédiate du beurre, puisqu'on l'a considéré dans toutes les analyses faites depuis CCS travaux comme une matière constante, sans tenir compte des proportions respectives de la stéarine, de l'oléine, de la butyrine, de la caproïne et de la caprine qui le constituent;

2°. Que le caséum n'a point été étudié d'une manière assez complète relativement aux autres principes azotés , tels que la fibrine, l'albumine , l'albumine coagulée, pour que dans une analyse de lait morbide on puisse exprimer une opinion précise sur les modifications que le caséum peut avoir éprouvées de la maladie j

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3*. Que rien n'est plus propre à démonlrer combien sont vagues nos connaissances actuelles sur le lait normal que la tlifficullé même que nous avons éprouvée lorsqu'il s'est agi de définir, dans ce rapport, sou action sur les réactifs colorés. Macquer {Dict. de Chimie, au mot Lait) dit que le lait normal d'un animal frugivore est neutre. M. Bouillon-Lagrange {Âtin. de Chimie, tom. L, pag. 273) avance que le lait récemment trait rougit le papier de tournesol. M. Thénard {Ann. de Chimie, tom. LIX, pag. 280) lui reconnaît la môme propriété à sa sortie des glandes mauimaires; Thomson, Berzélius partagent celte opinion. Dans un voyage que firent, en 1826, MM. Gay-Lussac et d'Arcet, en Belgique, ils reconnurent l'alcalinité du lait à la sortie du pis d'une quarantaine de vaches. M. Payen constata l'alcalinité de plusieurs échantillons de lait de femme et la neutralité du lait de chèvre {Journal de Chimie médicale, 1828). M. Lassaigne {Journal de Chimie médicale, i832) ayant examiné le lait d'une vache suisse, vingt-deux jours avant qu'elle eût mis bas, trouva le lait ou le liquide qui le représentait alcalin ; mais onze jours après cet essai, le lait était acide, et cette propriété persista dans le lait après la délivrance. Enfin , tout récemment, M. Péligot et M. Lassaigne ont considéré l'acidité comme une propriété du lait normal.

Nous avons pensé que cette dissidence d'opinions sur un fait facile à constater, était un puissant motif pbur ajouter quelques nouvelles observations à celles que nous venons de rappeler ; en conséquence , un des membres de la commission s'est rendu à l'École vétérinaire d'Alfort, où M. Lassaigne a eu l'obligeance de le mettre à même de constater les faits suivants :

Le lait appartenant à trois vaches anglaises, dont l'une avait mis bas depuis huit mois et les autres depuis dix, dirigé à sa sortie du pis sur un papier rouge de tournesol , l'a fait passer au bleu // était donc alcalin.

Le lait de deux chèvres qui avaient mis bas dix mois avant l'expérience, était alcalin.

Enfin, deux brebis mérinos de pur sang, prises dans un troupeau de quarante nourrices, dont l'une avait mis bas deux mois

DOCUMENTS. 511 cl l'aulre trois mois avant rcxpérience, donnaient du lait pareillement alcalin.

Ainsi , voilà sept échantillons de lait pris sur sept individus appartenant à trois espèces diiïérenles d'anin)aux qui sont alca.lins. S'ensuil-il que le lait possède toujours celte propriété à l'état normal? On serait tenté de tirer celle conclusion absolue de nos observations et de celles analogues, faites antérieurement, que nous avons citées ; mais si l'on considère que des chimistes corrnus par leur exactitude, disent avoir eux-mêmes constaté la neutralité et l'acidité du lait au sortir de la mamelle; que M. Lassaigne a, sur un même animal soumis à un régime constant d'alimentation, constaté, à des époques différentes, l'alcalinité d'abord, et ensuite l'acidité du lait, la Commission ne croit pas devoir trancher la question : elle se bornera à dire que l'état habituel du lait normal lui paraît être une légère alcalinité, et qu'il reste aux expérimentateurs à déterminer s'il y a des circonstances oit le lait devienne acide sans qu'il soit possible de reconnaître dans l'animal qui le produit le moindre symptôme de maladie. Il est entendu que nous ne parlons que du lait au moment où il sort de la mamelle d'un animal jugé bien portant ; car nous savons qu'une maladie ou une affection subite ont rendu le lait acide.

4°. Aux difficultés qui arrêtent le chimiste dans une élude approfondie du lait considéré à l'état normal et à l'état morbitlc que nous venons de signaler, il en faut ajouter une autre qui provient du manque de connaissances précises relatives à la véritable composition de produits morbides susceptibles de se mêler au lait dans les organes mammaires : tel est le pus. Si l'observation de l'étal morbide des organes où il se trouve suffit au médecin pour appliquer ce mot sans équivoque, il n'en est pas de même pour le chimiste auquel on proposera de reconnaître et de démontrer la présence du pus dans le sang, dans le lait; car pour une démonstration incontestable, il ne faut pas se borner à une observation microscopique , pas plus qu'à des phénomènes produits par des réactifs sur des corps dont l'espèce est indéterminée. En effet, il ne suffit pas d'avoir constaté

jiii microscope une diflcrencc cnire les globules d'un li([uklc normal cl ceux de ce même liquide qu'on a mélange avec du pus; il ne suflTit pas d'avoir constaté que le liquide normal ne se prend pas en gelée par l'ammoniaque, comme le fait le mélange de ce liquide et du pus, pour qu'on soit en état de faire la démonstration dont nous parlons. Car, tant qu'on n'aura pas donné un caractère spécifique aux globules du pus, tant qu'on n'aura pas défini les principes immédiats qui le constituent et les caractères de ces principes , qu'on n'aura pas défini toutes les matières qui peuvent donner du pus, les circonstances qui, en agissant sur tels de ses principes, le font passer à l'odeur putride , il sera impossible de résoudre sûrement la question que nous avons posée dans sa généralité, et, pour justifier notre conclusion , il sulFit de rappeler que le coloslrum a présenté à M. Donné la propriété de s'épaissir par l'ammoniaque, comme le fait le pus.

Article ii. — Question concernant la nature des matières du monde extérieur en rapport avec les êtres organises.

L'atmosphère a une si grande influence sur l'existence des animaux, que de tout temps on a été porté à y chercher la cause de plusieurs maladies qui frappent à la fois un grand nombre d'individus. C'est, en conséquence de celle opinion, qu'à l'époque même où l'on reconnaissait l'oxygène et l'azote comme les éléments essentiels de l'atmosphère, on imaginait le nom d'ewdiomètre pour désigner les inslruments propres à reconnaître la proportion respective oi!i ils s'y trouvent , et , par extension , la présence des corps qui pourraient y être accidentellement mêlés. Les récherches faites jusqu'ici pour découvrir, dans une atmosphère où une population a élé frappée par une maladie, quelque matière à laquelle on pût allribuer la cause de cette maladie, n'ont donné aucun résultat précis, soit que l'on ait dit avoir découvert quelque matière particulière, soit que l'on ait avancé n'avoir reconnu aucune différence entre l'air de celte atmosphère et l'air normal. Examinons ces deux cas.

DOCUMENTS. 513 Premier cas. Si l'on a reconnu un composé do carbone et d'hydrogène dans une atmosphère prétendue viciée, au moyen d'uu réactif comburant, ou si l'on a conclu qu'il s'y trouvait un miasme, parce que l'eau que l'on avait précipitée de cette atmosphère, par un moyen quelconque, avait présenté les phénomènes qui résultent de la décomposition spontanée des matières organiques^, on n'a point justifié celte conclusion par une expérience qui aurait consisté à démontrer la propriété délétère dans les deux matières. Cependant cette preuve était absolument indispensable ; car il suffit de se rappeler que des huiles, des acides empyreumatiques se dégagent incessamment dans l'atmosphère par suite de nos combustions incomplètes ; que l'hydrogène carboné se développe dans la vase des marais ; que des matières organiques volatiles, telles que des essences, des arômes, etc., se dégagent des végétaux et des animaux, pour être convaincu qu'en soumettant un volume d'air suffisant aux procédés précités, on démontrera dans l'air ordinaire non vicié l'existence d'une matière organique, d'un carbure d'hydrogène.

Deuxième cas. Dans le cas contraire oii l'on a nié la présence d'un miasme, d'une matière délétère d'origine animale dans une atmosphère, parce qu'on n'a pu y démontrer, par les procédés eudiomélriques, aucun corps étranger à la composition normale de l'air, on a été trop loin. Il peut y avoir, dans une atmosphère, une matière délétère qui échappera au chimiste, parce qu'elle y est en une proportion trop faible relativement à l'air normal pour qu'on l'y reconnaisse au moyen des réactifs, absolument comme il arriverait que la présence d'un métal qui n'aurait point encore été décrit échapperait à l'analyste le plus habile, si ce métal n'était contenu dans un alliage qu'en une très-faible proportion. C'est ici le lieu de faire remarquer que si l'analyse chimique ne démontre point, dans un air qui contient accidentellement une matière sensible à un de nos sens, l'existence de ce corps étranger, ce n'est point toujours une raison de conclure qu'elle est impuissante à le faire, même à l'aide de ses procédés actuels, car il serait possible qu'elle y parvînt par deux voies différentes : premièrement, par le secours d'un moyeu

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mécanique ou physique j deuxièmement, par ses propres procédés ; mais alors, au lieu de rechercher la matière délétère dans l'atmosphère oîi elle n'est qu'en petite quantité, elle la trouverait dans une matière solide ou liquide qui en fournirait une quantité sufFisanle à un examen approfondi.

A. A l'aide d'un moyen mécanique ou physique. On coni^oit la possibilité d'opérer la liquéfaction ou la solidification d'un miasme à l'état de vapeur dans une atmosphère, soit par une compression , soit par un refroidissement. La matière délétère ainsi liquéfiée ou solidifiée, serait ultérieurement étudiée à l'aide de nos procédés chimiques actuels, comme l'ont été l'acide hydro-cyanique, la morphine, la picrotoxine, la strychnine, etc.; dès lors on ue serait plus fondé à dire que les miasmes échappent à l'analyse chimique ou qu'ils sont des fluides impondérables, et le résultat dont nous admettons la possibilité ne serait pas nouveau sous le point de vue scientifique , puisque déjà M. Faraday a étudié des carbures d'hydrogène qui ont été séparés par une forte compression du gaz destiné à l'éclairage. Cet exemple a encore l'avantage de faire sentir comment le perfectionnement de procédés purement mécaniques ou purement physiques, propres à condenser ou à refroidir les gaz et à rassembler les produits liquides ou solides de la condensation , peut contribuer à l'avancement des sciences chimiques, physiologiques et médicales.

B. A l'aide de ses procédés actuels, la chimie pourrait parvenir à reconnaître la nature d'un miasme en le saisissant, non plus dans l'atmosphère, mais en le séparant de quelque matière solide ou liquide, ou en en déterminant la formation aux dé- [)ens des propres éléments de cette matière ; et la preuve que cette supposition n'est point dénuée de fondement, se trouve dans les faits suivants : si, avant la découverte des acides volatils auxquels le beurre doit son odeur persistante caractéristique, on eût proposé à un chimiste de reconnaître la nature de la matière odorante qui est répandue dans quelques litres d'air par du beurre qu'on y laisse pendant vingt-quatre heures, il n'y serait certainement pas parvenu à cause de la petite quantité de

DOCUMENTS. 515 celle matière odoraiile. Eh bien ! une fois que réludc approfondie des produits de la saponification du Leurre eut fait connaître les acides butyrique, caproïque et capriqne, la question des arômes que le beurre cède à l'air dans lequel il séjourne a été résolue. Maintenant , partons de ces faits : supposons que l'air chargé de l'odeur du beurre, qui n'affecte que notre odorat, soit délétère pour un animal, et il sera évident que la chimie, qui n'aurait pu découvrir ce miasme dans l'air, serait parvenue à le connaître en étudiant la matière qui lui donne naissance. Et c'est là encore un exemple propre à démontrer que des recherches approfondies peuvent répandre un jour inattendu sur un sujet qui semblait absolument étranger à celui de ces recherches.

Les eaux potables donnent lieu à des considérations analogues à celles que nous venons d'émettre sur l'atmosphère. 11 n'est pas douteux que, dans beaucoup de cas, elles ne méritent de fixer l'attention des chimistes, non-seulement sous le point de vue des petites quantités de matières actives qu'elles peuvent contenir, mais encore sous celui de l'oxygène atmosphérique dont elles peuvent être plus on moins dépourvues , soit qu'elles aient été privées d'un contact de l'air suffisant pour s'en saturer , soit qu'elles aient contenu des matières organiques combustibles qui se .soient approprié l'oxygène qu'elles avaient pris à l'atmosphère ambiante. Le grand usage que l'on fait aujourd'hui dans plusieurs arts de composés vénéneux, tels que des sels arsenicaux, cuivreux, etc., etc., doivent éveiller l'attention ; car il est possible, par exemple, que des eaux qui ont servi à laver des étoffes imprégnées de compositions arsenicales , aient dans quelque lieu une influence fâcheuse sur les animaux. Il est possible que le même eiïcl soit produit par des matières contenant de l'arsenic qu'on aura enfouies, et qui, disséminées par les eaux souterraines, pourront être amenées à la surface du sol , loin du lieu oii on les a déposées.

COURS DE MICUOSCOPIE.

Conséquences deduiles des conside'rations exposées dans ce paragraphe (§. IV).

La reclierche des principes actifs sur l'économie animale qui peuvent se trouver dans l'almosplière , dans les eaux, etc., qui peuvent résulter d'un changement d'équilibre entre les éléments qui constituent les rnalières organiques , soit que ce changement d'équilibre ait lieu dans ce qu'on nomme la fermentation, la putréfaction d'une matière qui a appartenu à un être vivant, soit qu'il ait lieu dans l'intérieur même d'un être vivant malade, doit être envisagée comme une des recherches les plus importantes qui concernent l'histoire de la vie animale. Si dans le moment actuel , le chimiste n'est point appelé à se prononcer sur les définitions des causes auxquelles on attribue les maladies endémiques , épidémiques , contagieuses et d'infection , s'il trouve dans les sciences physico-chimiques des raisons d'apprécier l'influence que les vents et des changements brusques de pression , de température et d'humidité survenus dans l'atmosphère peuvent avoir sur l'économie animale, ce n'est point un motif pour s'abstenir de recherches tendantes à découvrir la cause d'une maladie qui sévit sur une population , dans quelque matière active répandue dans l'atmosphère, dans les eaux, ou dans des produits moi'bides. Il ne doit donc pas être enclin à partager l'opinion de quelques esprits qui sont trop pressés de conclure affirmativement qu'il n'y a ni effluves délétères , ni miasmes , ni virus , parce que les expériences entreprises pour les rechercher ont donné un résultat négatif ; et dans le cas où il aurait découvert une matière particulière qu'il soupçonnerait avoir une influence délétère, et qui se trouverait par une expérience ultérieure n'en pas avoir , il faudrait , pour que les recherches fussent complètes, qu'il procédât à de nouvelles épreuves sur l'économie animale , en employant non plus la matière particulière , mais les produits qu'elle pourrait donner sous l'influence de l'air , de l'eau , de la chaleur , etc.; par exemple , supposons que l'acide butyrique soit m: miasme ou un virus pour un animal , il est clair que le beurre

D0CU3IENTS. 517 ilésacldifié , qui serait sans action sur lui, venant à ilégagcr de l'acide bulyrique sous l'influence de l'atmosphère , deviendrait par là mèine délétère. Ce qui importe le plus au chimiste , c'est la solution d'un problème posé en ces termes : Un effet étant donné , reconnaître la nature spécifique des corps qui le présentent et les circonstances oit il se manifeste a notre observation. Ce sont des problèmes rentrant dans cet énoncé général qui ont été résolus lorsqu'une matière complexe, douée d'une forte action sur l'économie animale, comme l'opium , le quinquina , la coque du Levant, la noix vomique , etc., étant donnée, MM. Sertuerner , Duncan , BouUai , Pelletier , Cavenlou , etc., en ont extrait les principes actifs. Ces découvertes ont trop le caractère chimique pour que l'esprit qui y a présidé ne dirige pas les efforts de l'analyse appliquée à la rechei'che des matières délétères que l'analogie conduit à admettre dans l'atmosphère , dans les eaux , dans les produits morbides, etc. ; mais tout en recommandant des travaux de cet ordre , il importe d'insister sur l'esprit critique qui doit y présider: ce n'est pas assez, en effet, parce qu'un corps particulier aura été trouvé dans une atmosphère supposée viciée , dans une eau supposée nuisible à la santé , qu'un principe immédiat particulier aura été reconnu dans dos produits morbides , pour qu'on attribue à ce corps , à ce principe la cause qu'on cherche à découvrir. Une telle conclusion ne sera permise que lorsqu'il sera prouvé par une expérience positive que l'effet dont on cherche à pénétrer la cause est le résultat de l'action mutuelle de ce corps et d'une matière appartenant à l'économie animale ; car il faut s'empresser de dire que souvent , dans l'économie animale , un principe morbide, c'est-à-dire un principe dont les éléments ont été associés sous l'influence d'une maladie, peut être absolument neutre sur l'économie animale , comme l'est le sucre de diabète ; dès lors la présence de ce principe dans la matière morbide qui le présente ne peut être qu'un indice , qu'un symptôme , et non plus la cause de cette maladie, et c'est sous ce dernier point de vue que les globules agglomérés muriformes et muqueux doivent être considérés dans le lait de vaches attaquées de la cocole, si la probabilité que nous avons

encore sur l'innocullé de ce lait se change en ccrlitude par des recherches ultérieures.

RÉSDMÉ ET CONCLUSIONS.

Nous avons l'honneur de présenter a l'Académie le résumé et la conclusion de ce Rapport dans l'ordre même où les matières qui en font l'objet ont été renvoyées à l'examen de la Commission par l'Académie elle-même.

1°. Examen de la Note de M. Donne'.

Résumé. — M. Donné en proposant , pendant l'épizoolie , l'usage du microscope pour distinguer le lait normal du lait des vaches malades, et l'emploi de l'ammoniaque qui , sans action apparente sur le premier, épaissit plus ou moins le second, a atteint le but qu'il s'était proposé , puisque toutes nos observations ont été conformes à sa proposition. Mais en rappelant, d'après M. Donné lui-même, que les caractères qui distinguent le lait morbide du lait normal se retrouvent dans le colostrum et dans des laits qui ont reçu l'influence d'alfeclions fort différentes de la cocole , nous avons fait remarquer que les caractères proposés ne sont point spécifiques à une affection particulière.

Conclusion. — Nous proposons à l'Académie qu'elle veuille bien remercier M. Donné de la communication de sa Note, et l'engager à continuer ses observations microscopiques sur la constitution physique des liquides animaux, afin qu'il cherche .t multiplier autant que possible les caractères propres à distinguer les difi'érentes sortes de globules de ces liquides en recourant à l'emploi des procédés chimiques , comme il a déjà commencé à le faire.

2°. Effets qui peuvent résulter de V usage du lait des vaches

malades.

Résume. — La Commission a été nommée à une époque trop rapprochée de la fin de l'épizootie pour qu'elle se soit livrée h

des recherches propres à définir les effets du lait morbide sur l'économie animale; car en supposant même qu'illui eût été facile de les constater par la voie de l'expérience, elle eût été dans l'impossîhililé de le faire , faute d'une quantité suffisante du lait morbide. Les renseignements qui sont paivenus à sa connaissance étant négatifs relativement au.v maitt'ais effets de ce lait sur l'économie animale, elle a fait remarquer que les observations microscopiques et chimiques ne sont point en désaccord avec ce résultat. Mais la Commission , en arrivant à cette conclusion , ne l'a point présentée dans un sens absolu , el c'est pour qu'on ne se méprenne pas sur sa manière de voir à ce sujet qu'elle a "cite , sous le nom des auteurs qui les ont fait connaître, trois cas oiil'on assure que des vaches attaquées d'aphthcs ont communiqué cette affection à trois vachers. A la vérité, si ces faits sont exacts, la cause matérielle de la maladie ne se trouvait pas dans le lait; mais comme la source du virus pourrait être voisine des organes mammaires , ce voisinage a paru un motif suffisant à la Commission pour appeler l'attention des observateurs sur la vérification des faits avancés. En définitive, la conclusion de la Commission sur l'innocuité du lait des vaches attaquées de la cocote est empirique et ne dérive point par conséquent d'un système d'expériences institué pour la démontrer.

3°. Recherches qiûil conviendrait d'entreprendre, non-seulement dans le cas de retour de l'e'pizootie, mais encore dans le cas où des maladies épidemiques contagieuses et d'infection se de'veloppeiit.

Résumé. — Il a été impossible à la Commission de faire iin plus grand nombre d'observations que celles qu'elle a exposées^ faute de lait morbide; mais ces observations ont suffi pour établir les caractères qui distinguent le lait normal d'un lait morbide ; ces caractères résident principalement dans l'homogénéité ou l'hétérogénéité des globules, la propriété de conserver la mobilité de ses particules par l'addition de l'ammoniaque, ou de la perdre plus ou moins.

Dans l'opinion où elle est de l'importance qu'il y a pour les

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progrès des sciences chimiques, physiologiques et médicales, de rassembler le plus possible de connaissances précises, et conséquemment indépendanlcs de loule lijpolhèse sur la cause immédiate des cpizoolies, des maladies épidémiqucs, coulagieuses, d'infection, etc., elle a profilé de l'occasion que l'Académie lui a offerte lorsqu'elle l'a chargée de voir s'il ne conciendrait pas de proi'oquer des recherches sur l'épizootie régnante, pour traiter non plus une question trop tardivement posée, mais pour examiner la question générale dont celle-là n'est qu'un cas particulier. Sous le point de vue où elle s'est placée, elle a dû s'occuper des recherches concernant :

1". La nature des matières constituant immédiatement les animaux ;

2°. La nature des matières du inonde extérieur en rapport auec les elrcs organisés qui sont exposés à être frappés par une épizoolie y une maladie épidémique , contagieuse, d'infection.

Les recherches concernant la nature des produits morbides ne peuvent être entreprises avec succès qu'autant qu'on peut comparer leurs principes immédiats avec ceux qui constituent à l'état sain les matières correspondantes à ces produits; car de celte comparaison se déduisent les modifications qu'une maladie a pu apporter à la composition des animaux. La nécessité d'avoir réduit en formules précises les procédés chimiques au moyen desquels on isole les corps qui doivent servir de termes de comparaison , une fois posée en principe , nous nous sommes effoi'cés de démontrer que les analyses normales propres à donner ces termes, ne peuvent être entreprises avec quelque chance de succès que dans le cas où l'on connaît bien les propriétés principales de tous les principes immédiats de la matière objet de l'analyse. Conséquemment, si celte connaissance manque, il Jaut l'acquérir avant tout, et la voie la plus sure pour y parvenir est de chercher à isoler de toute matière étrangère, nonseulement les principes présumés identiques à ceux qui doivent être l'objet de l'analyse normale, mais enc ire ceux qui y sont analogues, afin d'établir des types de matière définie par un en-

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semble de propriéUs qu'il soit facile de conslaler dans l'analyse projetée.

Nous avons envisagé ensuite les globules des liquides comme des matières, et conséqucmment comme sujelles à l'analyse chimique, qui doit être immédiate avant d'êlrc élémentaire, si ces globules renferment plusieurs espèces de principes; nous avons posé la règle que l'identité entre des globules donnes n'est admissible qu'autant que l'identité de propriétés et de composition chimiques concorde at>ec l'identité des autres propriétés.

Ces aénéralités une fois établies, il nous a été facile défaire concevoir que, faute d'une analyse normale du lait, la Commission n'aurait pu se livrer à des recherches vraiment approfondies sur le lait des vaches attaquées de la cocote, lors merae qu'elle en aurait eu à sa disposition des quantités suffisantes. Enfin, nous avons fait remarquer que l'incertitude où l'on est sur la composition immédiate du pus, qui présente des variations de nature non définies, apporte encore des difficultés , par sa présence dans le lait morbide , à l'analyse de ce dernier.

En parlant delà recherche des principes du monde extérieur qui sont capables de troubler la santé des êtres animés , nous avons cherché à expliquer clairement en quoi consiste réellement ce qu'on appelle l'impuissance de la chimie, dans le cas où l'examen chimique d'une atmosphère soupçonnée viciée, conduit à un résultat négatif. En supposant qu'elle soit réellement rendue délétère par la présence d'un corps qui se soustrait à l'analyse, à cause de la faible proportion où il s'y trouve, nous avons vu que cette impuissance n'est que relative , puisque le but pourrait être atteint par la perfection d'un procédé mécanique ou physique propre à condenser ou à refroidir les vapeurs disséminées dans un gaz , s'il ne pouvait pas l'être même par des recherches exclusivement chimiques.

Nous avons appelé l'attention des chimistes sur la recherche des principes qui peuvent être la cause de maladies épidémiques, celle r/cj maladies contagieuses et d'infection, comme rentrant essentiellement dans son esprit , et nous avons assimilé celte recherche à celle qui a amené l'isolement des principes ac-

tifs de l'opium, du quinquina, eU-., etc. ; mais en faisant ce rapprochement, nous avons dit que la découverte d'un principe actif dans l'atmosphère, dans un produit morbide, etc., n'est iuconleslablc que quand V expérience a démontré que le principe isolé de toute matière étrangère a produit sur l'économie animale les effets qu'on lui attribue.

Conclusion. • — Avoir signale les difficultés de l'analyse immédiate des produits morbides, et celles de la recherche des principes actifs auxquels on peut attribuer des épizooties et des maladies qui frappent un grand nombre d'individus à la fois ; avoir indiqué la voie qui nous semble la plus sûre pour les surmonter, c'est avoir satisfait déjà h une partie de la question que l'Académie nous a chargés d'examiner ; nous pensons compléter notre réponse en demandant le renvoi de la proposition suivante à une Commission :

^ura droit à un prix Montyon, l'auteur d'un travail qui sera jugé par la section de Chimie , acoir at^ancé d'une manière remarquable les connaissances concernant particulièrement la distinction et la définition des espèces des principes immédiats qui constituent les parties solides et liquides des animaux, ou les connaissances concernant la détermination des principes auxquels l'air, les eaux, des matières morbides, peuuent dewoir, dans certains cas, l'influence qu'ils exercent sur les animaux en général et l'homme en particulier.

Nous espérons que les chimistes attachés à des écoles vétérinaires, à des établissements agricoles, en un mot, que tous ceux qui sont en position de se procurer facilement des produits animaux, soit à l'état normal, soit à l'état morbide, s'empresseront de répondre à l'appel que nous faisons, en supposant, bien entendu, que notre proposition soit adoptée par l'Académie.

TABLEAU DES EXPÉRIENCES SUR l' INJECTION DU LAIT DANS LES VAISSEAUX SANGDINS.

19 mars 1841 • — Injeclion de 2 grammes de lait de vache dans la veine porte d'une grenouille En observant la circulation dans les vaisseaux de la langue, on aperçoit un grand nombre de globules laiteux mêlés aux globules du sang , et circulant avec eux.

Le 10. — Même élat à peu près de la circulation. Il existe encore un bon nombre de globules laiteux dans le sang. — L'animal paraît bien portant.

Injection de lait sur une autre grenouille. Même résultat.

Le 16 juin. — Injection de 3 grammes de lait par la veine porte d'une grenouille.

Les i'] et 18. — Même injeclion sur deux autres grenouilles. — Même ré.sultat immédiat.

Le 26. — Je ne trouve plus aucune trace de globule laiteux dans le sang. Les grenouilles sont eu Ircs-bon état ; les plaies ne .sont pas cicatrisées. — Plusieurs antres injections de lait chez les grenouilles ont offert le même résultat.

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