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COURS DE MICROSCOI'IE

mine, cl par la cuisson il n'exhale pas rodeiu- sulfureuse prononcée qu'exhale celle dernière ;

6°. L'odeur du lail normal n'cslque li ès-lcgcrc ;

7°. Il csl blanc, quelquefois nuancé de bleuâtre ou de jaunâtre;

8°. Nous parlerons plus bas, au §. IV, de sou action sur les papiers réactifs colores.

D'après ce qui précède, il est évident que lorsqu'on étudiant , sous les rapports précédents , un lait naturel donné , on sera parvenu à constater des différences dans les propriétés que nous venons de reconnaître comme caractères du lail normal , on en conclura que le premier a subi l'influence d'une cause étrangère à l'état normal.

1°. Défaut d'homogénéité. — Il peut être assez prononcé pour qu'un lait, à sa sortie du pis, présente une matière solide, abondante , composée , suivant M. Lassaigne , d'albumine coagulée et de fibrine. Mais ce lait est rare et ne peut être considéré comme un produit essentiel de la cocote , puisque la vache qui l'a présenté pendant l'épizoolie en donnait encore le 2i février , époque où depuis un mois il n'y avait plus de cocote ; cependant nous ne disons pas que des vaches affectées de cette maladie ne puissent présenter une matière solide floconneuse ou fibrineuse, puisque trois échantillons de lait provenant de ces vaches en ont offert à notre examen.

2°. Défaut de mobilité ou de fluidité. — Il s'aperçoit très-bien lorsqu'on presse une goutte de lait entre deux lames de verre pour le soumettre ensuite au miscroscope ; il coule avec peine et ne s'étend pas à la manière d'un liquide homogène.

3°. Présence de globules distincts des globules du lait normal.

Les globules agglutinés , les globules muriformes , les globules

muqueux , les globules du pus distinguent parfaitement le lait où ils se trouvent du lait normal.

4°. Épaississement par l'ammoniaque. — Ce caractère, signalé par M. Donné , a été retrouvé dans tous les laits provenant des vaches décidément affectées de la cocote, par la Commission, par M. Robiquet, en particulier, et par M. Lassaigne.

5". Coagulation par la chaleur. — La coagulation par la cha-

DOCUMENTS. 501 Jeiir indiquée comme caractère du lait de vaches altaquécs de la cocote, est loul à fait Irompeur ; car nous ne l'avons point observé dans des laits qui contenaient de la matière solide fibrincuse, qui manquaient de fluidité , qui renfermaient des globules étrangers au lait normal, enfin qui s'épaississaient beaucoup par l'ammoniaque. Nous avons constaté, en outre, qu'un lait morbide non coagulable par la chalenr ne donnait pas cette propriété au lait normal auquel on le mêlait.

6°. Fétidité. — Ce caractère, facile à constater, n'est point essentiel aux laits des vaches attaquées de la cocote, puisque le plus grand nombre des échantillons que nous avons examinés étaient inodores ou presque inodores.

■j". Couleur. — Une couleur jaune verdatrc , une couleur rougeâtrc , annoncent un lait altéré ou mêlé de sang. Une couleur jaune franclie peut appartenir à un sérum normal ; dans ce cas, il ne se produit pas de dépôt coloré dans le lait abandonné à lui-même, ainsi que cela a lieu dans celui qui doit sa couleur à des globules sanguins.

8°. yilcaUnité. — Ce caractère est décidément mauvais pour distinguer le lait morbide du lait normal, puisque nous avons constaté, d'après MM. Gay-Lussac , Darcet , Payen et Donné, l'alcalinité dans plusieurs échantillons de laits de vaches, de chèvres, de brebis à l'état normal, le 21 février^ à l'école d'Alfort ; fait sur lequel nous reviendrons.

9". Non précipitation du lait en flocons opaques par l'acide acétique, — Nous signalons ce caractère , observé par M. Robiquet sur plusieurs échantillons de lait morbide. La Commission regrette de n'avoir pas soumis tous les échantillons de lait qu'elle a examinés à ce genre d'épreuve.

En définitive, si nous cherchons les caractères des laits provenant de vaches affectées de la cocote proprement dite , qui ont présenté des propriétés différentes de celle du lait normal, nous les trouvons dans un défaut visible d'homogénéité , dans un défaut de mobilité ou de liquidité, dans V épaissis sentent par l'ammoniaque, ccst-h-dire dans trois propriétés dépendantes d'une ou de plusieurs matières contenues dans le lait morbide à l'état

solide , et enfn dans la présence de globules qui ne se rcnconlrcnl pas dans le lait normal.

Si l'on se rappelle niainleiiant, d'une part que la malière floconneuse ou fibrineuse que nous avons trouvée dans du lait de vaches affectées de la cocote était loin d'y être en une aussi forte proportion que celle des matières signalées par M. Lassaigne , sous les noms d'albumine coagulée et de fibrine dans le lait d'une vache atteinte d'une affection bien différente de la cocote, et d'une autre part que les globules du lait des vaches atteintes de la cocote , se retrouvent dans le colostrum et dans divers laits morbides , il est évident qu'on ne peut caractériser la cocote par une constitution spécifique.

§. Wl. — Des effets qui peuvent re'sulter de l'usage du lait des

vaches malades.

La maladie qui a frappé les vaches dans l'hiver de i838 à 1889, à Paris et aux environs, se manifeste d'abord par un mouvement fébrile, et ensuite par des phlyctènes à la langue, aux gencives, au bourrelet et même aux pieds et aux mamelles; c'est ce dernier symptôme qui la fait appeler maladie aphtheuse. Elle n'avait pas reparu aux environs de Paris depuis 1810 : elle n'a aucune gravité ; elle n'exige que des soins hygiéniques et ne dure guère que huit jours , lorsqu'elle n'est pas compliquée de quelque autre affection. Ces renseignements nous ont été communiqués par M. Girard , d'Alfort. Quant à ceux que nous avons pris , relativement à l'influence que le lait des vaches attaquées de cette maladie, appelée vulgairement la cocote, a pu avoir sur la santé des personnes qui en ont usé et sur celle de différents animaux domestiques auxquels on eu a donné, ils s'accordent tous sur ce point qu'il n'a eu aucune action nuisible , et nous devons ajouter que les recherches chimiques , précédemment exposées , sont conformes à un tel résidtaf. Eu effet, les globules signalés dans les laits morbides des vaches atteintes de la cocote, se trouvent dans le colostrum, et celui-ci n'a jamais passé pour être malfaisant , abstraction faite de la légère vertu purgative

sur les nouveau-nés qu'on lui a altribuée. H est évidonl encore que l'albumine liqnide tle quelques échantillons tle lait morbide, et même la matière solide fibriiicuse, n'ont par elles-mêmes aucune propriété délétère.

Tout en considérant cet état de choses comme propre à rassurer le public dans le cas du retour de l'épizootie, cependant nous mettrons quelques refîtriclions à l'interprétation trop absolue qu'on pourrait prêter à ce que nous venons de dire.

M. Girard croit , non-seulement à la contagion de la maladie pour les vaches , les bcles à laine et les porcs , mais il admet encore la possibilité de la transmission à l'homme d'une maladie aphtlieuse , par suite du contact des pustules de la vache ou du contact de la bave de cet animal malade avec la membrane muqueuse de la bouche , d'après les faits suivants : M. Lamberlichi , vétérinaire italien , annonça , dans un Mémoire adressé à la Société rojale et centrale d'agriculture, en iSa-j, que deux vachers des environs de Milan contractèrent des aphthes par le frottement des parties de la vache qui en étaient attaquées. « Enfin dans la dernière épizootie, un des vachers de M. Deu brosse, nourrisseur à Neuilly, eut la langue et presque toute ti la bouche couverte de petites pustules vésiculaires , par suite » d'un flocon de bave , rejeté dans la bouche du vacher par une « vache malade à laquelle il administrait un breuvage. » Mais il est bien entendu que tous ces effets sont attribués à d'autres liqueurs que le lait. Au reste , nous allons revenir sur la question de la recherche des miasmes et des virus , en même temps que nous examinerons la question que l'Académie nous a posée en ces termes : Ne coin>iendrait-il pas de provoquer des recherches sur V épizootie régnante?

Nous nous écarterions de l'esprit qui a institué l'Académie des sciences, si, stricts observateurs des termes en lesquels la question précédente nous a été posée quelques jours seulement avant la terminaison de réjjizootie , nous déclarions maintenant que, faute de temps, nous n'avons rien à dire relativement aux recherches qu'il conviendrait de provoquer pour connaître toutes les modifications que le lait peut recevoir d'une maladie qui a dis-

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