‹ Cours de microscopie complémentaire des études médicales [electronic resource]Chapitre 54 sur 129 · SÉDIMENTS INORGANIQUES. URINES ACIDES · texte numérisé non relu

SÉDIMENTS INORGANIQUES. URINES ACIDES

Les sédiments inorganiques des urines acides sont généralement colorés; depuis le jaune pâle jusqu'au rose, au brun et au rouge, ils présentent toutes les nuances ; il n'est pas rare néanmoins d'en trouver de blancs mats, ou un peu verdâtres, que l'on pourrait confondre à la simple vue avec des dépôts de matière purulente; il est quelquefois impossible de distinguer à l'aspect extérieur un sédiment d'urate d'ammoniaque, ou de phosphate ammoniaco-magnésien, d'un dépôt purulent; nous verrons par contre, que les sédiments des urines alcalines,qui sont habituellement blanchâtres comme ces urines elles-mêmes, offrent quelquefois une teinte assez foncée, ainsi que le liquide dans lequel ils se déposent; la couleur pâle des urines alcalines n'est pas un caractère absolument constant, non plus que la couleur jaune foncé pour les urines acides.

ACIDE URIQIIE.

Ce corps est un de ceux qui existent le plus souvent eu excès dans l'urine et qui se déposent à l'état solide

par le refroidissement de ce liquide ; il ne suffit pas toujours d'attendre que l'urine soit refroidie pour voir se précipiter l'acide urique ; ce n'est, dans certains cas, qu'au bout de vingt-quatre heures que les cristaux d'acide urique se forment dans l'urine où cet acide est en excès.

Lorsque l'acide urique ne se sépare à l'état solide qu'après l'émission de l'urine et par le refroidissement, ou bien par le séjour de ce liquide au contact de l'air, cette circonstance ne constitue pas un cas degravelle; la gravelle n'existe que lorsque l'acide urique ou d'autres matières salines de l'urine se sont précipitées et agglomérées dans la vessie et sortent en petits fragments, en grcwîers avec l'urine. Si ces graviers sont formés d'acide urique, la gravelle sera appelée gravelle urique, et gravelle phosphatique, si ces graviers sont composés de phosphate ammoniaco-magnésien ou de phosphate de chaux.

L'acide urique se précipite toujours en cristaux réguliers, de forme caractéristique et appréciables à la vue simple ou à la loupe. On remarque à la surface de l'urine, dans laquelle existe l'acide urique précipité, contre les parois du vase qui contient le liquide, et au fond dans un nuage muqueux, de petites paillettes dorées , isolées ou réunies, groupées ensemble, dont une simple loupe permet de reconnaître la forme rhomboïdale ; l'acide cristallise en effet toujours sous cette forme que nous étudierons plus bas au microscope ; lorsque l'urine a été agitée, les cristaux se réunissent tous, excepté ceux qui adhèrent aux parois du vase, à la partie inférieure où ils prennent l'aspect d'une poudre rouge brique.

SÉDiaiENTS. 239 Une fois qu'ils sont formés, les cristaux d'acide uri- (jue ne peuvent plus se redissoudre dans l'urine, môme en portant le liquide à la température du corps et audessus; ce caractère distingue l'acide urique des sels dans lesquels il entre en combinaison ; les urates en effet se redissolvent dans l'urine chauffée à 40" centigrades.

Placé sous le microscope avec un grossissement de foo à 200 fois, les cristaux d'acide urique présentent de belles lames rhomboïdales , le plus souvent d'un jaune-brun comme la gomme laque, mais extrêmement transparentes et de différentes dimensions (^fig. 47); ces lames offrent des aspects divers suivant la position dans laquelle elles se placent, et suivant qu'elles sont isolées ou groupées; lorsqu'elles sont à plat , leur forme rhomboïdale apparaît nettement, et à leur transparence on les croirait très minces ; mais lorsqu'on les rencontre de champ, on s'aperçoit qu'elles ont une grande épaisseur; de telle sorte que si on voit ces lames par leur bord , on n'a plus sous les yeux qu'une figure prismatique au lieu d'une forme rhomboïdale, [fig. 4 7*^) 5 et même si les lames sont très-petites, un quadrilatère comme (^î^. 4? c) .

La meilleure position pour bien se faire une idée de la forme de ces cristaux, est de les voir inclinés, ou de trois quarts, comme ( fig. I^'J d).

Enfin, les groupes de lames d'acide urique représentent assez souvent des espèces de rosaces {fig. 48), dans lesquelles on ne reconnaît pas de suite la forme primitive; mais en analysant avec soin ces groupes de cristaux, eu les écrasant légèrement entre deux lames

^^'0 COURS Dlî MICUOSCOl'IE.

(le v(!rrc, on ne tarde pas à s'assurer qu'ils sont composés de lames rhoml)oïdalcs de différente grandeur, placées de champ et convergeant vers un centre commun.

Tels sont les caractères physiques principaux de l'acide urique cristallisé dans l'urine ; ces caractères suffiraient à eux seuls pour reconnaître cette matière clans la plupart des cas ; mais si on y joint les caractères chimiques suivants, il ne peut plus rester aucun doute; les cristaux d'acide urique sont insolubles dans l'eau froide et chaude, dans l'acide acétique, l'acide hydrochlorique et l'ammoniaque; ils sont solubles avec effervescence dans l'acide nitrique ordinaire. Pour faire agir ces réactifs sur l'acide urique soumis au microscope, on s'y prend comme toujours, en faisant pénétrer une goutte du réactif par capillarité, entre les deux lames de verre où sont placés les cristaux ; on suit l'action chimique à mesure qu'elle se produit sous le microscope et on voit les cristaux se dissoudre au contact de l'acide nitrique, en laissant dégager de nombreuses bulles de gaz ; l'ensemble de caractères que nous venons de signaler ne permet pas de confondre l'acide urique avec quelque autre corps que ce soit dans l'urine.

Les circonstances dans lesquelles se produit l'acide urique sont fort remarquables et intéressantes à étudier ; elles donnent une valeur particulière à la présence de cette substance en excès dans l'urine.

Chez les rhumatisants et les goutteux, l'urine est presque constamment chargée d'acide urique en excès, qui cristallise par le refroidissement du liquide et forme

SÉDl.UEiVrS. 2il

au fond tles vases un sétlinient rouge lyrique; des lu-ates, comme nous le verrons tout à l'heure, accompagnent ordinairement les cristaux d'acide urique. C'est ce qui a depuis longtemps porte à faire prendre des boissons alcalines, l'eau de Vichy en particulier, aux malades atteints de rhumatisme chronique et surtout aux goutteux; mais il faut bien savoir qu'on ne remédie par ce moyen qu'à l'un des effets de la maladie, à l'un de ses symptômes, à l'acidité excessive de l'urine, et encore n'y remédie- t-on que momentanément; les alcalis neutralisent promptement à la vérité l'excès d'acide de l'urine , et pendant tout le temps que l'on en fait usage, les urines s'éclaircissent, elles cessent de déposer de l'acide urique et des urates, le sédiment rouge brique disparaît; mais dès que l'on cesse les boissons alcalines, l'acide urique reparaît, smlout s'il survient un nouvel accès de rhumatisme ou de goutte. Or, comme les alcalis ne paraissent avoir aucune action spéciale sur le principe même de la maladie, il ne faut pas en exagérer l'emploi ; sans doute les eaux alcalines sont très-utiles pour détruire râcrcté des urines, pour prévenir la formation d'un noyau calculeux eu neutralisant l'excès d'acide, mais il faut mesurer la dose de ce médicament suivant l'état de l'estomac et suivant la composition de l'urine; M. Rayer a vu un malade gravement affecté de l'estomac, pour avoir fait abus de boissons alcalines, et je citerai plus loin un cas dans lequel un calcul de phosphate ammoniaco-magnésien s'est produit en quinze jours, sous l'influence de l'eau de Vichy.

Il est facile de déterminer accidentellement, en dehors

iG

COUIIS DE MICROSCOPIE.

(le la dicilhèsc gour.Uuisc ou rlniniatisinule , la fonnalioii d'un excès tl'acido nn(|ne et des sels dont cet acide fait parlie, dans l'urine de personnes parfaitement bien portantes. Les substances excitantes, dont l'action se porte sur le système nerveux en général, le café noir par exemple et les vins gazeux, lorsque l'économie n'est pas dès longtemps habituée à leur usage, ont la propriété, du moins chez beaucoup de personnes, de favoriser la sécrétion de l'acide urique et des urates en excès. Il m'est arrivé bien souvent , lorsque je r'avais pas pu me procurer de cristaux d'acide urique pour les démonstrations de mon cours, d'en produire à l'aide d'une bonne dose de café noir un peu concentré , et d'une demi-bouteille de vin de Champagne. Il suit de là que ces substances et d'autres analogues doivent être interdites aux personnes qui ont une disposition naturelle à sécréter un excès de cet acide, surtout s'il y a en même temps tendance à l'agglomération des particules cristallines dans la vessie.

UftATE d'ammoniaque.

Je comprends sous ce nom les divers sels dont l'acide urique fait partie ( les urates de soude ou de chaux par exemple qui peuvent se déposer quelquefois dans l'urine), attendu que l'urate d'ammoniaque domine toujours dans les sédiments de cette nature, et qu'il nous intéresse assez peu de savoir si une autre base se trouve parfois combinée en petite proportion avec l'acide urique.

L'urate d'ammoniaque donc se présente presque lou-

jours clans rurino sons fonno jjulvci'uleale ( fig. 4^); il se distinguerait déjà par là de Tacide iirique , au moyen de l'observation microscopique; mais nous avons beaucoup d'autres <;aractères à l'aide desquels ce sel ne peut être confondu avec aucune autre matière sédiinenteuse.

Avant que le microscope eût été appliqué à l'analyse de ces substances, l'urate d'ammoniaque était presque toujours confondu dans l'urine avec l'acide nriquc, le caractère dont on se servait pour reconnaître l'acide urique comprenant également l'urate d'ammoniaque ; ce caractère était fondé sur l'action particulière exercée par l'acide nitrique sur l'acide urique. Lorsqu'on traite une quantité même très-petite d'acide urique par l'acide nitrique, dans une capsule de porcelaine, et que l'on fait évaporer, on obtient une belle couleur rouge caractéristique de l'acide urique; mais que ce soit de l'acide urique pur, ou des urates, que l'on traite de cette manière, le résultat est le même, attendu que les urates sont rapidement décomposés par l'acide nitrique, et que l'acide urique se trouve à nu en présence de ce réactif.

Au contraire , nous avons vu que l'acide urique libre est toujours cristallisé, et nous aurons tout h l'heure une nouvelle preuve de cette tendance nécessaire à cristalliser, tandis que l'urate d'ammoniaque est amorphe et pulvérulent. Indépendamment de ce caractère, l'urate d'ammoniaque se redissout dans l'urine, après s'être précipité, en reportant l'urine à la température du corps, c'est-à-dire à environ 4o°.

L'urate d'annnoniaqué est, comme l'acide urique, so-

COURS DE anCHOSCOl>IE.

lubie avec effervescence dans l'acide nitrique, nmis de plus il se dissout dans les acides faibles , tels que l'acide nitrique étendu de huit parties d'eau sur dix, et dans l'acide acétique.

Cette dissolution donne lieu à un phénomène curieux, intéressant à observer au microscope, et qui caractérise l'urale d'ammoniaque d'une manière on ne peut plus précise :

Nous avons dit que l'acide urique a une telle tendance à cristalliser, qu'il se dépose en cristaux réguliers de la forme que nous avons décrite, dès qu'il est libre. C'est ce qui se produit ici quand on traite, sous le microscope, l'urate d'ammoniaque par un acide faible, par l'acide acétique; que l'on fasse pénétrer une goutte de cet acide entre les deux lames de verre où est déposé l'échantillon de sédiment d'urate, et on ne tardera pas à apercevoii*, à mesure que la dissolution s'opérera, de petits cristaux naître sous les veux; ces cristaux, d'abord excessivement petits, commencent par un point , s'accroissent et grandissent peu à peu, et bientôt on reconnaît la forme de lames rhomboïdales propre à l'acide urique [fig. 5o). Ces petites lames sont très-transparentes, plus ou moins régulières, suivant des circonstances de cristallisation inappréciables, léurs angles étant tantôt allongés et tantôt tronqués , mais leur nature ne peut être méconnue soit à leurs caractères physiques, soit à leurs propriétés chimiques; leur origine indique également ce qu'elles sont. Que s'est-il en effet passé dans cette expérience? L'acide employé décompose l'urate, s'empare de la base et met l'acide uricjue à nu. Or, dès que cet acide est libre il

cristallise , cl c'est le produit de cette crislallisatioii que l'on voit naître et se dévelojDper. Cette expérience est une des plus intéressantes que l'on puisse faire au microscope ; avec un grossissement de 3oo fois, on assiste à la formation de cristaux qui grandissent rapidement jusqu'à ce qu'ils aient atteint la dimension qu'ils peuvent acquérir au milieu de la gouttelette de liquide où ils sont plongés.

Les sédiments d'uratc d'ammoniaque sont importants à bien connaître , parce qu'ils simulent on ne peut mieux, dans certains cas, des dépôts de matières toutes différentes, et même des substances organisées telles que le pus et le sang. Ces sédiments, dont la couleur varie depuis le blanc matou légèrement verdatre, jusqu'au blanc rosé, au rose et au rouge vif, sont très-propres à induire en erreur lorsqu'on se contente d'examiner leur apparence extérieure. J'en ai vu de tellement semblables à des dépôts de pus et d'autres , dans des cas de maladie du foie, d'un rouge si analogue à celui du sang, qu'il m'eût été impossible, à la simple vue, de dire à quelle substance ils appartenaient. J'ai montré plusieurs fols dans mes cours des sédiments semblables , un entre autres du rouge le plus intense, dans l'urine d'une femme affectée d'iiépatite cbronique . que le plus liabile clinicien aurait eu de la peine à ne pas prendre pour du sang pur; et pourtant ce sédiment ne contenait pas un seul globule sanguin ; il était entièrement formé de matières salines, d'urate d'ammoniaque coloré par une substance particulièi-e peu connue encore dans sa nature, à laquelle les cbimisles donnent le nom d'acide purpurique.

COURS DE MICnOSCOPIE.

Quant aux circonstances clans lesquelles rurated'aminonia(iuo en excès se dépose dans l'urine, je n'aurais qu'à répéter ici ce que j'ai dit de l'acide urique.

PHOSPHATE AMMOIVIACO-MAGNÉSIEN.

Ce sel se rencontre quelquefois dans des urines acides, mais très- rarement, par une raison facile à apprécier; il est très-soluble dans lesacides faibles, par conséquent il ne peut se déposer à l'état solide que dans l'urine neutre ou très-légèrement acide. I.e phosphate ammoniaco-magnésien appartient essentiellement aux urines alcalines, et notis ne ferons son histoire qu'en parlant de cette classe d'urine.

Le phosphate de chaux doit exister aussi dans certaines urines puisqu'on le trouve dans un certain nombre de calculs qu'il concourt à former; mais je ne l'ai jamais reconnu dans les dépôts d'urine, et ce serait compliquer inutilement l'étude des sédiments que d'en traiter ici.

OXALATE DE CnAlTX.

11 y a peu de temps encore, on ne croyait à l'existence de ce sel dans les sédiments que dans des cas trèsrares ; c'est l'opinion exprimée par M. Rayer dans le traité récent qu'il a publié sur les maladies des reins et j'en parle de même dans mon Tableau des sédiments des urines; depuis lors j'ai démonti-é que rien au contraire n'est plus fréquent que la présence de l'oxalate de chaux cristallisé dans l'urine.

On savait et M. Magendie avait surtout contribué à

établir ce fait , que des calculs d'oxalalo de chaux s'étaient formés chez quelques malades, à la suite de l'usage habituel de l'oseille, mais on ne se doutait pas que quelques cuillerées de cette substance suffissent pour produire des cristaux d'oxalate de chaux en moins de deux où trois heures dans l'urine; on ignorait quels étaient les caractères dlstinctifs de cette cristallisation , et on ne reconnaissait pas les cristaux de ce sel lorsqu'ils existaient dans les sédiments; ils étaient passés inaperçus par moi et par beaucoup d'autres observateurs, avant que j'eusse spécialement porté mon attention sur ce sujet.

Les cristaux d'oxalate de chaux ont des formes et des caractères très-distincts ; mais ils sont généralement très-petits, et on ne doit pas s'étonner qu'ils aient pu pendant si longtemps échapper h l'observation.

Voici quels sont les principaux caractères physiques et les propriétés chimiques de ce sel :

Les cristaux d'oxalate de chaux sont des octaèdres résultant de deux pyramides à quatre faces réunies base à base; ils sont très-brillants, très-nets, à arêtes vives et d'une régularité parfaite quel que soit leur volume {fig- Ôi). Ces cristaux prennent des aspects variés suivant la position dans laquelle ils se présentent à l'observateur; leur transparence permettant de voira la fois les. angles inférieurs et les angles supérieurs, comme pour la plupart des cristaux microscopiques observés par réfraction , il en résulte des figures quelquefois bizarres, dont on a peine à se rendre compte, lorsqu'on n'a pas l'habitude de ce genre d'observation; c'est pourquoi j'ai fait tailler en cristal

-''■^ COURS DE .'^IFCROSCOPIE.

dos modèles de lous les cristaux qui pouvcMit faire parlie des sédiments des urines, afin de bien faire comprendre leurs formes et leurs caractères physiques aux élèves qui suivent mes cours; ce procédé m'a réussi, et je n'éprouve plus maintenant aucune difficulté à faire concevoir comment dans telle position, une croix se dessine au milieu du cristal d'oxalatede chaux (Z^-. 5i a), dans telle autre un quadrilatère (Jig. 5-2 d); comment le même cristal peut paraître rhomboïdal ou bien oclaédrique, etc.

Les cristaux d'oxalate de chaux sont insolubles dans l'eau froide et chaude, dans l'urine chauffée, dans l'acide acétique, l'ammoniaque, et l'acide nitrique étendu; ils se dissolvent sans effervescence dans l'acide nitrique concentré, et l'ammoniaque précipite de nouveaux cristaux de la dissolution.

Lorsqu'on les recueille et qu'on les brûle sur une lame de platine, ils donnent pour résidu de la chaux, qui , placée sur du papier de tournesol rougi et humecté, le ramène au bleu.

L'oxalate de chaux se produit comme nous l'avons dit, lorsqu'on mange de l'oseille, et ce sel est si peu soluble, il cristallise avec une telle facilité, que l'on trouve les cristaux tout formés au moment même de l'émission de l'urine; il convient donc de s'abstenir des végétaux acides et des fruits rouges qui contiennent de l'acide oxalique, pour peu que Ton ait de disposition à la gravelle.

Les enfants ont, à ce qu'il paraît ,une tendance particulière à produire des graviers d'oxalate de chaux; un grand nombre des calculs vésicaux formés dans

le très-jeune itge, ont pour centre un noyau ilc ce sel, ainsi qu'on le voit dans l'Atlas de M. Ségalas \

On voit aussi l'oxalate de chaux se déposer en excès dans l'urine des adultes, sans que l'on puisse attribuer cette production à l'usage de substances riches en acide oxalique; cette circonstance se montre à peu près constamment chez les personnes affectées de pertes séminales; je ne sais à quoi attribuer ce fliit, mais il a été vérifié par d'autres observateurs, en particulier par M. B-ayer, depuis que je l'ai annoncé; de telle sorte que lorsqu'on rencontre des cristaux de ce sel dans l'urine d'un homme qui n'a fait usage ni d'oseille , ni de végétaux ou de fruits dans lesquels on puisse soupçonner l'existence de l'acide oxalique, on doit être sur ses gardes relativement aux pertes de semence ; non pas que l'oxalate de chaux cristallisé ne puisse se trouver dans l'urine indépendamment de cette cause, mais du moins peut-on affirmer qu'il s'y montre presque toujours lorsque l'urine contient du sperme ; cette indication n'est donc pas à négliger sous ce rapport et doit Inviter à rechercher attentivement les animalcules spermatiques par les procédés que nous indiquerons plus loin

' Essai sur la Gravelle cl la Pierre, Paris, iSSg, in-8, et Atlas in-4, col.

* L'oxyde cystique ou la cystine est, comme l'on sait, excessivement rare dans les calculs vésicaux, et je ne sais pas si elle a jamais fait partie des sédiments; comme il pourrait se faire qu'on l'y rencontrât, je vais donner ici les principaux caractères de cette curieuse substance : elle est formée de cristaux lamelleux , hexagones, d'un blanc plus ou moins gris ou jaunâtre ; elle est insoluble dans l'eau et l'acide acétique, el soluble dans l'ammoniaque; elle

8e dissont également sans effervescence dans l'acide niti iqueétendi, et par l'evaporation on voit se former de belles aiguilles cristallines, sojeuses, et d'un blanc éclatant (/g. 5. ). En joignant a ces caractères 1 odeur pénétrante, phospborée, qu'elle répand quand on la brûle sur une lame de platine, et surtout la présence du soufre dont cette curieuse substance ne contient pas moins de vingt pour cent, il est impossible de confondre la cystine avec aucune autre matière. On met le soufre en évidence en traitant la cystine par le nitrate de potasse; dans cette opération, le soufre est oxygène, passe à l'état d'acide sulfuriqne, reconnaissable par un sel de baryte, qui donne avec cet acide un précipité insoluble

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