ORIENTATION DES PARTICULES
Possibilité de particules diversement orientées. — Mais ici se présente une objection en apparence très grave. Dans l'idocrase, on admet que le paramètre de l'axe quaternaire est o,5S7, c'est-à-dire que, suivant cet axe, les particules sont presque deux fois plus rapprochées que suivant la direction perpendiculaire, Ce fait semble inconciliable avec la remarque précédente; comme aussi il paraît impossible, à première vue, de mettre d'accord la forme cubique des réseaux avec les différences, souvent très grandes, que présentent entre eux les paramètres cristallographiques, tels que l'observation permet de les établir.
Cependant cette antinomie, si sérieuse qu'elle paraisse, semble pouvoir être résolue si, avec Mallard, on distingue le réseau des centres de gravité particufoires de celui qui convient seulement aux particules de même orientation.
On se rappelle en effet que le principe fondamental de la cristallographie rationnelle consiste à admettre l'existence d'une infinité de points homologues, c'est-à-dire caractérisés par une égale distribution de la matière autour de chacun d'eux. Or s'il peut arriver que tous les centres de gravité particulaires soient des points homologues, cela n'est pas nécessaire et il est permis de croire qu'il n'en est pas ainsi dans la plupart des cas. Bien des phénomènes, tels que la polarisation rolatoire et le changement des systèmes cristallins avec la température, peuvent s'expliquer par la production de modifications périodiques dans l'orientation des particules, et les expériences des macles artificielles attestent la réalité de ces mouvements. Dès lors, il est aisé d'admettre que tous les centres de gravité particulaires, sans exception, étant rangés sur les nœuds d'un assemblage cubique ou quasi-cubique, qui suffit à déterminer les propriétés physiques du corps, les particules de même orientation, considérées seules, forment un autre réseau, assujetti seulement à celte condition, que ses paramètres aient des rapports simples avec ceux du système cubique. Et c'est la symétrie de ce second réseau qui gouvernera les propriétés morphologiques, c'est-à-dire la forme extérieure, les clivages, les hémitropies, etc.
Cette notion peut d'ailleurs recevoir, comme l'a remarqué Mallard, une interprétation chimique. Concevons que, le long d'une rangée, les particules se suivent en affectant successivement trois orientations distinctes, que nous désignerons par i, ■!, 3. L'ensemble de ces trois particules formera une particule multiple, qui pourra être considérée comme caractérisant le corps en question, et ce corps sera ce qu'on appellerait en chimie un composé polymère. Il différera, par plusieurs de ses propriétés, du corps que formeraient les mêmes particules, si elles avaient toutes la même orientation. Sa production sera accompagnée d'une absorption ou d'un dégagement de chaleur latente, représentant léquivalent du travail mécanique accompli par les particules dans leur rotation autour des centres de gravité. Enfin ce groupement pourra n'être stable qu'entres certaines limites de température.
Déformation des réseaux. — D'après ce qui vient d'être dit, on conçoit
qu'on ait pu être amené à considérer tous les réseaux comme susceptibles de dériver par une petite déformation du réseau cubique. Tandis que, dans ce dernier, toutes les faces et tous les plans diagonaux sont des plans de symétrie, toutes les arêtes et leurs diagonales étant des axes de symétrie d'ordre pair, dans un parallélépipède quelconque, les mêmes éléments ne sont plus que diamétraux, les faces du parallélépipède étant conjuguées de ses arêtes, tandis que les diagonales des faces sont conjuguées des plans diagonaux. Plus la symétrie est voisine de ce qui convient au cube, et mieux chaque plan diamétral s'approche d'être perpendiculaire à 1 arête diamétrale qui lui est conjuguée.
Dailleurs il y a des cas où la déformation réelle d'un parallélépipède peut être matériellement réalisée sans rupture. Ainsi M. Miigge a obtenu non seulement la déformation, mais la transformation complète d'un rhomboèdre de calcite par compression entre les deux mâchoires d'une pince, l'effort s'exerçant sur deux sommets e diamétralement opposés. Le rhomboèdre s'aplatit, les deux sommets e deviennent des sommets culminants a et réciproquement. Le rhombrèdre se transforme en un autre identique, mais symétrique du premier par rapport au plan bl, parallèle aux arêtes b aboutissant aux sommets e comprimés. Les faces p ne changent pas de notation; mais a1 se transforme en e1.