‹ Cours de minéralogieChapitre 175 sur 327 · VARIATION DES PARTICULES · texte numérisé non relu

VARIATION DES PARTICULES

Variation probable des particules. — Dans ce «pii précède, nous avons supposé * j m les particules fondamentales demeuraienl invariables; mais il peut très bien arriver qu'une élévation de température les modifie au point de rendre parlait un groupement qui dans l'état primitif n'étah qu'imparfait.

nu pont penser «pie c'esl le cas de la Boracite. Quand on chauffe une lame mince de cette substance i , les teinte- de polarisation des divers secteurs de la lame changent d'une manière continue; puis, à une température voisine de 2Ô5 degrés, on cesse toul à coup d'apercevoir des colorations aux niçois croisés ■I le corps devient complètement isotrope. Le phénomène ne dépend ni de l'orientation de la lame ni de son épaisseur, et il est réversible; car, en laissant refroidir, on voit reparaître les mêmes couleurs qu'avanl le changement d état. !. calcination ne modiûe ni la forme de l'ellipsoïde d'élasticité optique ni la position des orientations différentes qu'il peut recevoir; elle m- modifie «pie le choix (ait par chaque partie de la lame entre ces orientations.

Pour l'expliquer, on peut admettre qu'à la température ordinaire les éléments limites il.-' et ',!' «le la particule fondamentale de la boracite ne font pas , ve, les éléments réels A- et aP les angles qu'il conviendrait. Il en résulte, par voie île groupement imparfait, une particule complexe de symétrie réelle A-2P, et douée en outre d'éléments-limites, qui ne coïncident pas exactement en position avec ceux de la particule fondamentale, mais font avec les éléments réels les angles exigés par la symétrie cubique. C'est pourquoi les particules complexes, malgré leur symétrie restreinte, se disposent sur les mailles d'un réseau terquaternaire.

Or, à la température de 265°, les angles que les éléments-limites '|L3 et jP foui entre eux et avec les éléments réels A2 2P deviendraient normaux dans la particule fondamentale. A ce moment, les éléments-limites de la particule complexe se changeraient en éléments réels, et ainsi celte particule serait isotrope.

La transformation de la particule est également admise par M. Wyrouboff ' , qui considère qu'elle peut se faire de deux manières, ou graduellement, ou brusquement'. Un même corps pourrait alfecter deux formes de même symétrie apparente, mais dans l'une desquelles cette symétrie serait réelle, tandis qu'elle ne serait qu'approchée dans l'autre. La première résulterait d'un simple changement de position du réseau, sans changement dans la densité. Dans la seconde, il y aurait transformation simultanée du réseau cl des particules, ce qui entraînerait une modification plus ou moins profonde des propriétés physique-.

Transformation avec production de macles. — Lorsque le polymorphisme est direct, selon l'expression de M. Wyrouboff, c'est-à-dire lorsque le réseau reste sensiblement le même dans le passage d'une forme à lautre, on

(1) Klein, Mineralog. Mittkeilungen, VIII; Mallard, Bull. Soc. initier., Y. VI.

(2) Bull. soc. miner., XXIX, p. 3'i j.

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peut se rendre compte de la transformation qui amène l'apparition ou la disparition des éléments de symétrie (i).

En effet M. Mugge a constaté que presque toujours, avant le passage de la

forme la moins symétrique à celle qui l'est le plus, il se produit des macles, dans lesquelles les cristaux composants sont symétriquement disposés par rapport aux rangées et aux plans n ticulaires qui vont devenir des axes binaires OU des plans de symétrie. Or, d'après les conditions qui président à la formation des macles mécaniques, ces éléments doivent appartenir, en qualité d'éléments diamétraux, à la particule complexe. D'ailleurs 1 observation enseigne aussi que, lors du passage à la forme la plus symétrique, quand une rangée devient un axe binaire, le plan de nulle déformation lui devient perpendiculaire.

M. Wallerant en conclut que la particule complexe subit une déformation du même ordre que celle du réseau; c'est-à-dire que, dans cette particule, des molécules symétriquement orientées, mais diamétralement placées, se déplaceraient parallèlement à elles-mêmes de manière à venir occuper des positions symétriques. Si des macles se produisent au voisinage de la transformation, <rla tiendrait en grande partie à ce que, la rangée principale s'approchant de plus en plus de la normale au plan de macle, la translation nécessaire pour amener le cristal dans une position symétrique devient de plus en plus petite.

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