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FIGURES DE CORROSION

plan. Si la face est normale à un axe de symétrie d'ordre n, le polygone possède une symétrie du même ordre relativement à un point du plan (i).

Dans toute l'étendue d'une même lare, tes figures sont semblables et ont la même orientation, a moins qu'il n'y ait une marie, auquel cas le changement de direction des figures la fait immédiatement reconnaître.

La forme absolue des figures varie avec la nature de l'agent de corrosion: mais leur symétrie n'en demeure pas moins conforme à celle du cristal.

Exemples de corrosion. — Des cubes de sel gemme, simplement exposés à l'air humide, laissent souvent apercevoir des cavités quadr angulaires, dont les contours sont parallèles aux arêtes cubiques, tandis que les facettes limites sont celles d'un tétrahexaèdre. Il en est de même du fer natif cubique, traité par les acides.

Sur une face/; d'un rhomboèdre de clivage de calcite, l'acide chlorhydrique fait naître des figures d'apparence générale triangulaire (fig. 370) où 1 on peut reconnaître la combinaison du rhomboèdre p avec un autre rhomboèdre et avec trois scalénoèdres. Avec l'acide sulfurique, on

obtient des losanges ayant leurs diagonales parallèles à celles du rhombe p. Sur les cristaux hémimorphes de calamine, les ligures ne sont pas terminées de la même manière aux deux extrémités d'une parallèle à l'axe d hémimorphisme.

La figure i'ji, reproduite d'après M. Tschermak, fait connaître le mode de corrosion d'un cristal de Quartz dextrogyre, sous l'influence de l'acide fluorhydrique. On voit du premier coup d'œil la différence intrinsèque des faces/? et e\, malgré leur égal développement. Aucune des figures n'a d'axe de symétrie, ce qui prouve l'absence de plans de symétrie dans le polyèdre particulaire. De plus, tandis que les cavités des faces p sont allongées horizon, talement, celles des faces e\ descendent de gauche à droite

sur les cristaux dextrogyres et de droite à gauche sur les cristaux lévogyres. De celle manière, le seul examen des figures de corrosion, même en l'absence de toute face rhombe ou plagièdre, permet de se prononcer sur la symétrie du quartz et sur le sens de son pouvoir rotatoire.

De même, M. Baumhauer a montré, par la corrosion des cristaux de sulfate de strychnine, que, malgré leur forme quadratique holoédrique, ces cristaux étaient en réalité hémiédriques, avec un polyèdre holoaxe hémisymétrique, ce que pouvait faire prévoir la faculté qu'ils ont de dévier le plan de polarisation de la lumière.

(1) Mallavd, article Cristallographie, p. 720.

Fie. ::-i.

394 CRISTA.LLOGÉNJE

Le Mira Muscovite a été considéré d'abord comme hexagonal, puis comme rhombique. Or celte espèce présente, après attaque des faces de clivage par

I acide Buorhydrique, des figures dont la symétrie est seulement monoclinique, ce qui s accorde avec les autres raisons qu'on a aujourd'hui de ranger le Mica dans le système lunaire.

La corrosion ne s'attaque pas seulement aux faces des cristaux; elle peut emousser les arêtes en les remplaçant par de nouvelles facettes, toujours conformes à la symétrie du cristal et soumises à la loi des indices rationnels. M. Lavizzari, après avoir taillé de la calcite en forme de sphère, a pu lui donner, par corrosion, la figure d'un prisme hexagonal hase.

On comprend sans peine tout le parti que l'on peut tirer des figures de corrosion pourl étude des cristaux complexes; car si un cristal d'apparence cubique est formé par le groupement d'éléments rhomhiques, par exemple, les figures n auront, sur chacune des plages élémentaires, que la symétrie rhombique. Ce proeédé vient donc puissamment en aide à l'examen optique, pour dévoiler les défauts de symétrie que la disposition des groupements avait fait disparaître. M. Baumhauer s'en est servi avec grand succès pour mettre en évidence la structure compliquée des cristaux de Boracite et de Perowskite.

Corrosions naturelles. — Les cristaux naturels ont été souvent exposés à des actions corrosives; de là, sur quelques-unes de leurs faces, des signes dont 1 importance n'a pas échappé aux observateurs; car on a depuis longtemps signalé, sur les faces p des birhomboèdres de quartz, de petites cavités triangulaires qui manquent aux faces e\. Ce phénomène est assez fréquent sur les cristaux de Calcite, d'Orthose et de Topaze. Toutefois il ne faut pas le confondre avec les vides laissés par la cristallisation originelle ou avec les inégalités que produit le groupement plus ou moins régulier d'individus secondaires sur la surface d'un plus gros cristal.

M. vom Ralh a décrit des cristaux de Quartz de Palombaja (île d'Elbe), où un commencement de corrosion a fait naître des facettes sur les arêtes et, d'après M. Groth, ce phénomène se produit d'une façon remarquable sur les Améthystes du Brésil (i).

Pseudomorphoses. — On donne le nom de pseudomorp/ioses aux phénomènes par suite desquels la forme cristalline d'un corps persiste, après que sa substance a été partiellement ou complètement remplacée par une autre.

Les pseudomorphoses sont de deux sortes : il y a d'abord les pseudoinor- |>li<>-' s de moulage, qui se produisent quand une substance vient à cristalliser par-dessus des cristaux déjà formés, ou dans le vide laissé par leur disparition.

II est arrivé plus d une loi- qu'une druse, c'est-à-dire une cavité tapissée de cristaux cubiques de Fluorine, ait été remplie |>ar du Quartz. Ce dernier a pris en creux I empreinte des cubes et, après séparation mécanique ou chimique

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