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ORIENTATION DES CRISTAUX LIQUIDES

fringents sont purs, et ne sauraient être assimilés à des éraulsions. Enfin il n'y a pas de distinction fondamentale entre [es cristaux mous et 1rs gouttes liquides biréfringentes. Les uns et les autres peuvent se mélanger.

En somme, l'ensemble des propriétés des liquides cristallins paraît indiquer que leur biréfringence est réellement due à la structure de leurs particules.

Orientation des cristaux liquides. — La conclusion qui vient d'être indiquée semble résulter encore plus clairement des expériences laites sur le propionate de cholestéryle. La modification biréfringente de ce corps cristallise fréquemment en sphérolithes à enroulement hélicoïdal (ce qui, par parenthèse, constitue une nouvelle ressemblance entre les cristaux liquides et les cristaux solides). Reinitzer avait reconnu que les cristaux liquides de cette substance diffusaient une lumière colorée, dont la longueur d'onde augmentait à mesure que la température baissait.

M. Wallerant a constaté (i) que les sections perpendiculaires à l'axe jouissaient seules de cette propriété (qui par suite fournil le moyen de reconnaître l'orientation des cristaux). Or, si l'on fond le corps et qu'on le laisse refroidir lentement, il se prend d'abord en cristaux liquides, sous forme d'étoiles radiées à croix noire, et ne diffuse aucune lumière, les fibres étant parallèles à l'axe optique. Mais si on remue la lamelle couvre-objet, on détruit les ('toiles et le liquide reprend la propriété de diffuser la lumière par toute sa surface. En effet, la plupart des corps de la chimie organique, étudiés sur lames de verre, cristallisent par fusion avec un de leurs axes d'élasticité optique disposé normalement au couvre-objet. Si l'on vient à agiter le liquide, on détruit les étoiles, c'est-à-dire l'édifice cristallin; mais on ne détruit pas les éléments et alors ceux-ci, sous l'influence du verre couvre-objet, s'orientent de telle sorte que leur axe optique soit perpendiculaire à la surface de la lame de verre (2).

Cette homogénéité d'orientation est particulièrement nette avec un certain éther de la série para-azoxyzime. Lorsqu'on chauffe une aiguille solide de cet éther, on la voit se transformer à i'to° en un cristal mou quadratique, dont les faces sont assez courbes pour donner au cristal l'aspect général d'une goutte liquide. Or si l'on comprime le cristal entre des lamelles de verre, on constate que la lame à faces parallèles ainsi obtenue reste constamment éteinte entre niçois croisés.

Il ne saurait être ici question de disposition réticulaire. Dès lors tout porte à croire que l'élément mobile consiste en un groupement de molécules relativement stable. Aussi croyons-nous, avec M. Wallerant, que celte expérience ajoute un nouveau poids à la notion de particule complexe, élément initial de la cristallisation, qui se formerait préalablement à l'édification d'un vrai cristal. Ce dernier différerait du liquide biréfringent en ce que les particules déjà formées se disposeraient en réseau.

(1) Comptes rendus, CXLTII, ]>. 6o5.

(a) Le fait est à rapprocher de l'orientation de la glace des lacs, où Taxe optique est perpendiculaire à la surface de congélation:

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