A. — FUSIBILITE^ ESSAIS DANS LES TUBES
Chalumeau. Constitution de la flamme. — Lorsqu'on a tiré des caractères extérieurs tout ce qu'ils sont susceptibles de donner, il importe de soumettre le minéral qu'on vent déterminer à d'autres essais, dont les plus importants SOnl ceux de la voie sèche ou essais pyrognostiqu.es. Tons ont pour objet il étudier la manière dont se comporte, sous l'action de la chaleur, la matière d'essai, soit seule, soit mélangée à quelques réactifs simples.
On peut quelquefois se contenter de soumettre le minéral à la chaleur d'une lampe à alcool. Mais le plus souvent il est nécessaire d'activer la combustion à l'aide d'un courant d'air forcé. C'est ce qu'on réalise par le chalumeau, instrument trop connu pour qu'il soit besoin de le décrire ici (i). Nous rappellerons seulement les principes sur lesquels repose son action.
La flamme d'une bougie, celle dont on se sert le plus communément pour les essais au chalumeau, se compose de quatre parties : i° une base d'un bleu sombre, formée de vapeurs qui brûlent à peine, parce qu'elles n'ont pas atteint une température suffisamment élevée; i° un cône intérieur obscur, formé de vapeurs combustibles, qui ne brûlent pas encore, faute d'oxygène; 3° un second cône lumineux éclatant, où la combustion des hydrocarbures n'est que partielle et laisse subsister des particules de charbon, qui, demeurant en suspension dans la flamme, lui donnent son pouvoir éclairant; 4° un cône extérieur bleuâtre, très peu lumineux, où la combustion est complète, l'oxygène étant en excès, et où la température atteint son maximum. La (lamine de ce cône est donc oxydante, tandis que celle du cône éclatant est réductrice. Le cône extérieur forme, tout autour de la flamme, une enveloppe extrêmement mince, dont l'épaisseur va en augmentant de la base au sommet.
Si l'on souffle en introduisant la pointe du chalumeau jusque dans l'intérieur du cône lumineux, on allonge la pointe du cône extérieur, produisant ainsi une flamme oxydante ou feu d'oxy dation; si le chalumeau pénètre à peine dans la flamme, c'est le cône lumineux qui s'allonge et, en y plaçant la matière d'essai, on obtient une /la mine réductrice ou /eu de réduction.
Lorsqu'on peut avoir à sa disposition du gaz d'éclairage, on emploie avec avantage un bec dit bec de Bunsen, où la combustion complète du gaz est
(i) Consulter, en fait d'ouvrages spéciaux : Terreil, Traité pratique des Essais au chalumeau ; — de Kobcll, les Minéraux; — Bruno Kerl et Janneltaz, le Chalumeau, etc.
obtenue par son mélange avec une quantité d'air suffisante. L'adaptation à ce bec d'un soufllet à pédale dispense l'opérateur de toute fatigue; il est vrai qu'on obtient moins facilement des dards réguliers qu'avec la flamme d'une bougie; mais on réalise des températures beaucoup plus élevées.
La meilleure flamme, pour l'usage du chalumeau, est celle de la lampe à huile de Plattner, avec mèche linéaire. L'alcool est un combustible très agréable, à cause de l'absence totale de fumée; mais il donne une flamme moins chaude que celle de la bougie. On peut augmenter beaucoup sa température en y mêlant de la térébenthine.
Étude de la fusibilité. — Le premier des essais pyrognostiques est celui qui a pour but létude de la fusibilité. La fusibilité se détermine d'ordinaire, >. 'il avec la flamme d'une bougie, activée par le chalumeau, soit en exposant la matière à l'action du bord bleu de la flamme d'un bec de Bunsen. Le minéral, réduit en une mince esquille, est tenu à l'aide d'une pince de platine ou porté par la boucle d'un fil de platine. S'il a l'éclat métallique, il convient d'employer comme support un morceau de charbon.
L'échelle suivante, dressée par M. de Kobell, fait connaître les divers degrés de fusibilité au chalumeau :
i. Stibine: fond à la flamme simple de la bougie, sans souffler.
■i. Mésotype fibreuse; fond facilement en boule sous l'action du chalumeau.
3. Grenat ai.ma.ndi.n ; donne au chalumeau une petite sphère.
i. Acti.note du Zillehthai. ; l'extrémité d'une mince esquille s'arrondit au chalumeau en formant comme une tète d'épingle.
5. Orthose; fond sur les arêtes et à l'extrémité des morceaux taillés en
pointe Gne.
6. Bronzite ; même en écailles minces, laisse à peine apercevoir des
traces de fusion.
-. Quartz; complètement infusible.
Bien entendu, les résultats seraient différents si l'on employait une flamme plus énergique; ainsi le chalumeau à gaz oxhydrique fond le platine, le quartz et l;i bronzite. Aussi doit-il être convenu que toutes les indications qui seront données, a l'occasion de la description des espèces, se rapporteront exclusivement à la flamme du chalumeau ordinaire.
Coloration de la flamme. — La flamme du chalumeau et celle du bec de Bunsen Fournissent des données très précieuses, par les colorations momentanées qu'elles prennent, quand certains minéraux sont introduits dans le cône ieur bleu, au voisinage de l'extrémité de la flamme réductrice.
Le tableau suivant fait connaître les couleurs développées par les minéraux
les plus importants. Les chiffres de ce tableau, ainsi que ceux dont on accom-
a l'indication des réactions qui vont suivre, sont destinés a faciliter plus
tard la description des espèces, en permettant d'indiquer les réactions par un
■impie numéro d ordre.