COLORATION DE LA FLAMME
(1) Sels de Litliine Rouge cramoisi.
(2) » de Stronliane » carmin.
(3) » de Chaux » orangé.
4 » de Potasse Violet pâle.
5 de Soude Jaune un peu rougeâtre.
(6) » ammoniacaux Violet bleuâtre.
(7 Protochlorure «le Mercure . . » vif.
(8) Sélénium et ses composés. . . Bleu d'azur.
(9) Tellure » ...» verdâtre.
(10) Arsenic » ...» livide pâle.
(11) Antimoine » ...» »
(12) Plomb » ...» d'azur.
(13 Chlorure de Cuivre » pourpré-.
(14 Iodure de Cuivre Vert émeraude.
15 Composés du Phosphore ... » jaunâtre un peu livide.
16 Acide borique et borates ... » et vert jaunâtre. (17l Sels de Baryte » jaunâtre livide.
18 » de Cuivre » émeraude ou vert bleuâtre.
Pour que ces colorations se développent, il faut d'abord que la substance qui les produit soit engagée dans une combinaison volatile, ensuite qu'il n'y ait pas ensemble plusieurs corps dont les couleurs soient susceptibles de se modifier réciproquement ou de s'annuler. Lorsque la première condition n'est pas naturellement réalisée, on y peut satisfaire en traitant le minéral par l'acide chlorbydrique, par certains chlorures ou par l'acide sulfurique.
La coloration en bleu bordé de pourpre, que donne le chlorure de cuivre, est utilisée pour reconnaître la présence du chlore dans un minéral. Pour cela (19), après avoir fait, sur le fil de platine, une perle de sel de phosphore (voir plus loin) et l'avoir saturée de cuivre, on ajoute la matière d'essai et on porte le tout dans la flamme. Dans les mêmes conditions, les iodures (20) donnent une flamme d'un vert émeraude; avec les bromures, la coloration, moins nette, est d'un bleu verdâtre (21).
(22 1. Souvent plusieurs colorations se superposent et s'annulent réciproquement. Ainsi les minéraux sodifères colorent la flamme en jaune, ceux du potassium en violet blanchâtre. Mais quand les deux substances coexistent, la coloration du sodium efface absolument celle du potassium. Pour isoler cette dernière, on interpose, entre l'œil et la flamme, ou bien une dissolution peu concentrée d'indigo, de permanganate de potasse ou de bleu d'aniline, contenue dans un flacon à parois parallèles, ou. plus simplement, un verre coloré en bleu par le cobalt. Dans les deux cas, il y a absorption des rayons jaunes et le violet seul, ou plutôt le pourpre, apparaît.
Le verre bleu annule aussi presque complètement la coloration rouge de la lithine (qui au contraire se constate bien à l'œil nu), ainsi que celle de la chaux.
L'étude des colorations de la flamme doit se faire dans un endroit sombre. On peut d'ailleurs lui imprimer un plus grand degré de précision, en se servant du speclroscope. Le minéral en poudre est humecté, sur une feuille de
DE LArPAEENl, COCRS DE MINÉKALOGIE. 1~i
platine, avec un peu d'acide chlorhydrique ou d'acide sulfurique, ou, s'il est difficilement déeomposable, comme c'est le cas des silicates, traité par un mélange de fluorure d'ammonium et d'acide sulfurique. Avec la boucle d'un til de platine, on enlève une parcelle du mélange el on la porte vivement dans la partie externe de la flamme d'un bec de Bunsen, en mettant l'œil au spectroscope, après s être préalablement familiarisé avec l'allure des divers corps simples. On peut aisément, par ce procédé, reconnaître la présence du Lithium, du Sodium, du Potassium, du Calcium, du Strontium, du Baryum, éventuellement celle du Caesium, du Rubidium et de l'Indium.
M. Szabô a montré que la coloration de la flamme d'un bec de Bunsen, muni dune cheminée de tirage, pouvait être employée à apprécier, non seulement la nature, mais encore la proportion relative des alcalis, potasse et soude, contenus dans une même espèce minérale. Pour cela il convient d'observer successivement : i° dans la partie la moins chaude, à la base de la flamme; i° vers le centre, à peu près en face de la pointe du cône intérieur. Bien entendu, on isole la coloration de la potasse à l'aide d'un verre de cobalt i .
Essais dans le tube fermé. — Jusqu'ici nous avons supposé que la flamme agissait directement sur la substance à étudier. Mais il est des cas nombreux où il convient d'observer l'allure que prend cette dernière, quand elle est chauffée dans un tube ou un petit matras en verre.
Le tube peut être fermé à un bout ou ouvert aux deux bouts. Le tube ouvert s'emploie lorsqu'on veut étudier les phénomènes d'oxydation.
Le tube fermé, d'une longueur de j a 6 centimètres, avec un diamètre de ■i ,i S millimètres, étant soumis à la chaleur de la lampe à alcool, avec ou sans intervention du chalumeau, suivant les cas, on observe d'abord si le minéral, réduit à la grosseur d'un grain de millet, décrépite, comme font laragonite, la cérusite el plusieurs sulfures, s il se boursoufle, s'il fond, se désagrège, devient incandescent, p/iosjj/iorescent (cassitérite, fluorine), enfin s il change de couleur.
Ainsi les oxydes d'étain et de zinc sont jaunes à chaud et blancs à froid; le peroxyde de fer est noir à chaud et rouge à froid, tandis que les oxydes du plomb passent, quand on les chaulfe, du jaune au rouge brun. Un grand nombre de corps se décolorent définitivement : tels sont la tourmaline rouge, la fluorine rose, le zircon hyacinthe et la plupart des pierres bleues, saphir, apatite, fluorine, célestine, lapis, enfin le quartz enfumé et le grenat noir des Pyrénées. Quelques-uns changent de couleur pour toujours, comme la topaze jaune du Brésil, qui prend une teinte rose plu.i OU moins violacée topaze brûlée). Les substances d'origine végétale se carbonisent. Enfin il est des corps qui reprennent, après refroidissement, la couleur que l'application d'une haute température leur avait momentanément enlevée. De ce nombre sont le rubis oriental, le rubis spinelle et le grenat pyrope, qui Bont rouges à froid et verts à chaud.
tir la description du procédé dans touque et liichel-Lévy, Minéralogie micrograj>/iiijue, j>. io3.