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ESSAIS DANS LES TUBES

A côté Uc ces phénomènes, ii son produit d'autres non moins intéressants : ce sont les dégagements de vapeurs ou de gaz.

Tout cor|>- contenant de l'eau à l'étal de combinaison la perd à une température suffisamment élevée. Cette eau vient se condenser en gouttelettes près de l'extrémité froide du tube; c'est ce qu'on exprime en disant que le minéral donne de l'eau dans le tube (23).

L'eau condensée peut (ire, dans certains cas, alcaline ou acide, ce dont on s'assure à l'aide du papier de tournesol ou de curcuina.

D'autres corps dégagent des gaz, tantôt inodores et incolores, tantôt colorés ou odorants. Enfin plusieurs substances donnent, par volatilisation, des produits qui viennent se condenser, dans la partie froide du tube, sous la forme d'anneaux de sublimés, dont la couleur est généralement caractéristique. Ainsi le sublimé du soufre (24) est jaune à froid; celui de l'arsenic 25) est noir ou grisâtre et possède l'éclat métallique, tandis que le sublimé de l'acide arsénieux (26) est blanc ou peu coloré el celui du sulfure d'arsenic orangé (27); enfin le sélénium et le sulfure de mercure donnent des sublimés rouges à froid (28).

Les azotates se reconnaissent au dégagement de vapeurs rutilantes qui se produit quand on les chauffe avec du bisulfate de potasse (29 .

Essais dans le tube ouvert. — Lorsqu'on traite un minéral dans le tube ouvert, on a soin, en général, que ce dernier soit légèrement coudé, de manière que le corps à essayer ne soit pas exposé à tomber, et on dirige le dard du chalumeau sur l'ouverture de la branche la plus courte du tube. Alors, sous l'influence de l'air introduit, il s'opère un grillage et les sulfures donnent lieu ;i un dégagement d'acide sulfureux, reconnaissable h. son odeur (30), tandis que les séléniures dégagent de l'acide sélénieux, à odeur de raifort (31); l'arsenic et les arséniures produisent des sublimés, très volatils, d'acide arsénieux, à odeur d'ail (32), tandis que l'antimoine et les anlimoniures donnent des sublimés blancs d'acides antimonieux, plus hxes, quoique susceptibles de cheminer dans le tube sous l'action du chalumeau (33). Enfin le tellure développe un sublimé fixe d'acide tellureux, fusible en gouttelettes, propriété qui appartient aussi à l'oxyde de bismuth (34).

Les tubes ouverts doivent être un peu plus longs que les tubes fermés ; leur usage est devenu moins fréquent, depuis qu'on a découvert des réactions simples, qui permettent de reconnaître certains corps volatils, dont ces tubes servaient autrefois à déceler la présence.

B. — ESSAIS SL'li LE CHARBON. EMPLOI DES RÉACTIFS

Essais sur le charbon. — Au lieu de placer le minéral à essayer dans un tube de verre, on se sert très souvent d'un support de charbon. Le charbon a l'avantage d'être absolument infusible et de ne se combiner qu'avec l'oxygène. A ce titre, il pourrait agir connue réducteur; mais cet effet se produit dans une

si faible mesure, qu'on peut la plupart du temps étudier sur le charbon l'action de la flamme oxydante aussi bien que celle de la flamme réductrice.

Le meilleur charbon est celui de pin ; il doit être bien cuit et sans gerçures. On le découpe d'ordinaire sous la forme d'un prisme carré, dont les faces bien dressées ont a ou 3 centimètres de largeur, et on creuse à sa surface, avec un canif, ou mieux encore avec une fraise d'acier, une petite cavité large de 5 à 10 million très, profonde de 3 à î, pour recevoir la matière «à essayer. Si cette dernière es! pulvérulente, il est bon de l'humecter avant de souffler avec le chalumeau. On observe si la substance est fusible, avec ou sans bouillonnement ; si elle décrépite, fuse ou déflagre; si elle est entièrement absorbée par le charbon; si elle dé°a»e de la vapeur d'eau ou des vapeurs odorantes, comme les acides du soufre, de l'azote et du chlore; si elle se volatilise; si elle change. de couleur; si elle colore la flamme; si elle donne naissance à des culots métalliques et si ces derniers sont malléables (35) (plomb), cassants (36) (bismuth, antimoine); s'il se produit des globules magnétiques (37j (oxydes de fer et certains composés de nickel et de cobalt) ; si la matière dégage des fumées épaisses et colorées ou non; enfin si elle donne lieu à des enduits ou auréoles, situés plus ou moins près de la matière d'essai et quelle est la couleur de ces auréoles, à chaud ou à froid.

La production des auréoles accompagne en général celle d'un bouton métallique, dont elles représentent les produits d'oxydation. Elles sont jaunes à chaud et à froid (38) avec le plomb, le bismuth, le molybdène ; jaunes à chaud et phosphorescentes, mais blanches à froid 39) avec le zinc et l'étain ; rouges ou d'un brun rouge (40) avec le cadmium, le sélénium, l'argent.

Les auréoles ou les enduits de couleur blanche, dus à une oxydation, sont tantôt fixes (41), comme ceux du zinc et de l'étain, tantôt volatilisables (42), comme ceux de l'antimoine, de l'arsenic, qu'on peut ainsi promènera la surface du charbon ou faire disparaître en employant la flamme réductrice.

Emploi du carbonate de soude. Réaction du soufre. — Dans ce qui

précède, nous avons toujours supposé que la matière à essayer était employée

seule. Mais il est souvent utile de faire intervenir des réactifs; les plus usités

t le carbonate de soude, vulgairement qualifié de soude, le borax et le sel

de phosphore.

Le carbonate de soude est un fondant réducteur. On l'emploie anhydre ou nvdraté; mais il importe qu'il soit pur et entièrement privé d'acide sulfurique. On admet que la propriété réductrice du carbonate de soude est surtout mécanique, parce que cette substance, employée sur le charbon, y détermine un contact intime entre celui-ci et la matière d'essai, avec laquelle la soude a été intimement mélangée après pulvérisation. Mais l'action réciproque du carbone, du sodium et de l'azote peul aussi donner lieu à la production de cyanure de sodium, lucteur par lui-même.

Le carbonate de soude, sur le charbon, facilite beaucoup la formation des

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globules métalliques. Avec les composés du fer, du nickel ci du cobalt, il donne une masse attirable au barreau aimanté (43 : mais son principal emploi

est clans la recherche des sulfures el des su/ fûtes, même à l'étal de i races (44).

La matière à essayer est fondue sur le charbon avec a à '• parties de carbonate de soude, sous l'action du l'eu réducteur. Souvent toute la masse, ou à peu près, passe dans le charbon; on gratte ce dernier avec un couteau et on écrase la poussière sur une lame d'argent imbibée d'eau ou sur un papier à filtre mouillé d'acétate de plomb; immédiatement des taches noires ou lu-unes montrent que le sulfure de sodium a été décomposé par l'eau, en dégageant de l'hydrogène sulfuré, qui a noirci le métal ou le papier.

Quand la masse fondue ne passe pas dans le charbon, elle prend une teinte brune qui rappelle celle du foie et reçoit, pour cette raison, le nom dC/iépar. ' >n dit alors que la substance donne un hépar avec la soude.

La soude peut aussi s'employer, seule ou avec du charbon, dans le tube ferme; mélangée avec un composé du mercure, elle détermine la volatilisation de ce dernier sous forme de gouttelettes métalliques, qui viennenl se condenser près de l'orifice (45). Dans les mêmes conditions, les arséniates donnent un anneau noir d'arsenic métallique (46).

Souvent on emploie comme réducteur le cyanure de potassium ; mais ce corps est fusible, déliquescent et d'un maniement dangereux.

Essais au borax. — Le borax ou borate de soude hydraté doit ses propriétés comme fondant à l'existence d'un excès d'acide borique, dans lequel les oxydes métalliques se dissolvent en produisant des perles diversement colorées. On l'emploie de la manière suivante :

Après avoir replié sur elle-même l'extrémité d'un fil de platine en formant une boucle de i à 3 millimètres de diamètre, on mouille cette boucle, ou encore on la porte au rouge, pour la plonger ensuite dans un flacon de borax bien pur. Le borax qui adhère au fil est d'abord simplement exposé à la flamme de l'alcool, où il fond avec boursoullement, en perdant son eau de cristallisation. Quand le bouillonnement a cessé, on souffle au chalumeau pour rendre la perle régulière et limpide et on l'applique, encore très chaude, sur la poudre à essayer, dont elle ne doit emporter qu'une très petite quantité. On recommence alors à souffler et, quand la dissolution est complète, on peut, d'un coup sec, faire tomber la perle vitreuse dans une capsule de porcelaine pour examiner sa coloration. Si cette dernière est trop intense, il suffit généralement. pour en apprécier la nuance, d'écraser la perle au marteau.

L'essai au borax ne doit être fait que sur des substances oxydées ; les minerais sulfurés, arséniés, etc., donneraient avec le platine des alliages qui feraient fondre le fil. Aussi ces minerais doivent-ils être préalablement grillés sur le charbon. On peut aussi se servir comme support de coupelles, dites coupelles de Le Bailli/', petites capsules en argile réfractaire, sur lesquelles le fondant s'étale bien, mais en donnant une leinte ordinairement moins vive que celle des perles

On n'obtient que des perles incolores avec les métaux suivants : caesium, rubidium, potassium, sodium, lithium, thallium, baryum, strontium, calcium, magnésium, aluminium, glucinium, eirconium, thorium, yttrium, terbium, erbium, lanthane, zinc, étain, mercure. Avec Tor et le platine, la perle est incolore, mais laisse apercevoir le métal en suspension.

Quand les oxydes alcaline—terreux et ceux d'yttrium, de zirconium, de glucinium, de cérium, tantale et titane ne sont pas combinés à la silice, les perles vitreuses qu ils donnent avec le borax deviennent d'un blanc de lait dit d'émail lorsqu'on les chauffe au flamber, c'est-à-dire lorsque, tenant le bout du chalumeau un peu en dehors de la flamme, on produit un dard très long et intermittent.

Voici l'indication des couleurs que donne le borax :

OXYDES

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