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APERÇU DÉS DIVERSES CLASSIFICATIONS

Classifications anciennes. — Le nombre des espèces est si considérable, en minéralogie, qu'il est absolument nécessaire de les grouper en familles offrant certains caractères communs. On peut procéder à ce groupement, tantôt en se fondant sur les analogies naturelles de gisement ou de composition des espèces, tantôt en donnant la prééminence à certains caractères faciles à reconnaître, en vue de rendre les déterminations plus rapides. On établit ainsi des classifications, soit naturelles, soit artificielles (1).

La plus ancienne de toutes les classifications est celle de Werner (1 792-1798). Elle comprend quatre classes : i° terres et pierres; 20 sels; 3° combustibles ; 4° métaux. Cbaque classe est partagée en genres d'après la composition chimique, et les genres eux-mêmes sont composés d espèces, soit isolées, soit groupées en familles. La place d une espèce est déterminée, tantôt par l'élément prédominant ou le plus abondant, tantôt par l'élément caractéristique, c'està-dire celui qui inlluc le plus sur ses caractères physiques. Aussi la méthode de Werner peut-elle être considérée comme essentiellement éclectique.

Mohs, successeur de Werner, a établi une classilication uniquement fondée sur les caractères physiques, savoir : la densité, la dureté, la saveur, etc. Nous ne ferons que mentionner cette méthode, qui offre à nos yeux le tort irrémissible de réunir dans une même classe les pierres et les métaux.

(1) Consulter, sur ce sujet, le Cours de Minéralogie de Leymerie, 3* édit., II, p. 1.

La classification de Berzélius a pour unique base le caractère chimique. Il

est très rare, dans la nature, que les substitutions conformes à la loi de l'isomorphisme portent sur L'élément minéralisateur ou électronégatif (i), tandis qu'elles sont Fréquentes sur l'élément minéralisable ou élcctropositif. C'est pourquoi, après avoir partagé les minéraux en deux grandes classes, celle des corps composés à la manière des substances organiques et celle des minéraux composes à la manière des substances inorganiques, Berzélius avait divisé la dernière, de beaucoup la plus nombreuse, en 18 familles, avant chacune pour caractéristique un des 18 corps simples les plus électronégatifs. L'un des inconvénients de cette métbode était de former des groupes très disparates, beaucoup de familles n'ayant guère que deux espèces chacune, tandis que celle de l'oxygène renfermait toutes les pierres et la plupart des minerais.

La méthode d'Haiiy (1S00-1822) comporte une division en quatre classes : i° acides libres; 20 substances métalliques héteropsides, avec un appendice contenant la silice et les silicates; 3° substances métalliques autopsides (métaux et minerais, ductiles ou non ductiles) ; 4° substances combustibles non métalliques.

En 182'» et en i83o, Beudant distribua les minéraux en trois classes, dont la première contient à elle seule les six septièmes des espèces : i° gazolites, c'està-dire minéraux ayant pour principe minéralisateur un corps liquide ou solide, susceptible de former un gaz permanent par sa combinaison avec l'oxygène, 1 hydrogène ou le fluor; 20 leucolites ou minéraux qui donnent, avec les acides, des dissolutions blanches (antirnonides, aluminides, etc.); 3° chroïcolites ou minéraux dont les dissolutions sont colorées (sidérides, cobaltides, cuprides, etc.).

La classification de Dufrénoy (18 44) répartit les espèces en six classes : i° corps simples; 20 alcalis; 3° terres alcalines et terres; 4° métaux; 5° silicates; 6° combustibles d'origine organique. Quant à celle de Delafosse (1860), après une division en trois classes, combustibles non métalliques, combustibles métalliques et non combustibles, elle groupe les espèces en ordres, caractérisés par l'élément minéralisateur; ainsi, dans la troisième classe, les oxydes métalliques et les oxydes terreux, ou lithoïdes, les haloides, etc.

Classifications modernes. — Leymerie (1859-18G7), après avoir discuté le- classifications précédemment usitées, s'est prononcé en faveur de l'application de la méthode éclectique ou ivcrnérienne. Ayant formé d'abord deux grandes divisions, eelle des minéraux inorganiques et celle des minéraux organiqu.es la dernière comprenant les haloides [mellite , résines, stéarines, bitumes, charbons , l'auteur établit dans la première les subdivisions suivantes :

i° Gaz; 2" halid.es (haloides et sels), minéraux liquides à la température ordinaire et pourvus de saveur; 3° pierres, formant l'ordre des haloides et celui

1 Lorsqo une combinaison binaire vient ;'< être détruite par L'électricité, l'on des éléments -r- porte an pôle positif, l'antre an pôle négatif >\<- le pile. Comme lea électricités >l<- nom contraire s'attirent, on 'lit alors que le premier corps esl électronégatif et le second électropositif. Les vrais métaux sont électropositifs.

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des pierres proprement dites; 4° métaux, avec autant de genres qu'il y a de métaux minéralisés.

Des Cloizeaux a simplement rangé les espèces en quarante familles, décrites

d'après le rang que leur type occupe dans la classification chimique de Berzélius, hydrogénides, si/icides, borides, carbonides...platinidesi osmiidrs, aurides. L'arrangement de la famille si nombreuse des silicates est conforme au Tableau rninéralogique de M. Adam, c'est-à-dire qu'on décrit d'abord les silicates anhydres de sesquioxydes, puis les silicates hydratés de même ordre; ensuite les silicates, anhydres et hydratés, de protoxydes; les silicates anhydres et hvdratés, contenant ensemble les deux espèces de bases; enlin ceux où l'on rencontre d'autres éléments électronégatifs, fluor, soufre, chlore, etc.

M. Zirkel i a divisé les minéraux en six classes : i° éléments simples; 2° sulfures et composés analogues; 3° oxydes; \° sels haloïdes; V' sels oxydés ou oxyscls; 6° composés organiques et produits de leur décomposition. La cinquième classe, de beaucoup la plus nombreuse, contient i '( familles, parmi lesquelles ligure celle des silicates.

Dans ces derniers temps, les progrès de la chimie atomique ont amené à grouper les éléments simples en séries naturelles, dont on a tiré parti pour la classification des minéraux. Sur ce principe est fondée la méthode de J.-D. Dana (a). Les éléments ayant été répartis en trois séries, l'auteur a établi six grands groupes, dont le premier comprend les éléments natifs et le dernier les minéraux d'origine organique, les autres étant caractérisés par les séries auxquelles appartiennent les éléments les plus électronégatifs.

La classification développée par M. Tschermak, dans son Lehrbuch, est également fondée sur les analogies naturelles des éléments simples, telles qu'elles ont été interprétées par MM. L. Mayer et Mendélejeff, qui ont réparti les éléments en huit séries, selon les rapports de leurs poids atomiques.

Les minéraux y sont rangés en neuf grandes classes, savoir :

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