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REACTIONS DE LA VOIE HUMIDE

reconnaissent au précipité blanc, insoluble dans les acides, qu'ils donneni avec le chlorure de baryum ou l'azotate de baryte (95i.

Les phosphates, dissous dans l'acide chlorhydrique ou l'acide azotique, se

colorent en jaune quand on les traite à chaud par une solution de molybdate d'ammoniaque, saturée d'acide azotique; bientôt il se produit un précipité jaune très ténu (96). On peut aussi, dans la dissolution qui renferme les phosphates, introduire du sel ammoniac et de l'ammoniaque liquide, après quoi l'addition de sulfate de magnésie donne un précipité cristallin, décomposable par les acides (97).

Les chlorures, dissous dans l'eau ou l'acide nitrique étendu, donnent, par addition de nitrate d'argent, un précipité blanc, caillebotté, de chlorure d'argent, noircissant à la lumière et soluble dans l'ammoniaque, tandis qu'un excès d'acide ne le dissout pas (98).

Quant aux tellurures, nous avons déjà parlé de la liqueur pourpre qu'ils donnent, lorsqu'on les chauffe doucement avec l'acide sulfurique concentré.

Les iodures, chauffés dans un matras avec de l'acide sulfurique, dégagent des vapeurs d'iode, qui bleuissent le papier d'amidon (99), tandis que, dans les mêmes circonstances, les bromures colorent le papier en jaune et seulement au bout de plusieurs heures (100).

Réactions diverses. Métaux. — Les sels de potasse (sulfates, carbonates, phosphates, azotates, chlorures, sels organiques) précipitent en jaune (i) lorsqu'on les traite, en présence de l'hyposulGte de soude, par une solution chlorhydrique de sous-nitrate de bismuth (101).

Quand la potasse est à l'état de chlorure, elle donne, après addition de chlorure de platine, un précipité jaune citron (102).

Les sels de chaux, en dissolutions saturées d'ammoniaque, donnent par l'oxalate d ammoniaque un précipité blanc, soluble dans les acides chlorhydrique et azotique, mais insoluble dans l'acide acétique (103). Si la liqueur donne déjà un précipité par l'ammoniaque, il convient de filtrer, après addition de suifhydrate d'ammoniaque; alors seulement on emploie l'oxalate. En présence de l'acide phosphorique, l'existence de la chaux doit se constater par le précipité blanc, soluble dans un excès d'eau, que donne l'acide sulfurique, pourvu que la liqueur soit concentrée ou alcoolique (104).

Les sels de strontiane précipitent en blanc, au bout de quelque temps, par une dissolution de sulfate de chaux (105). Avec les sels de baryte, le précipité esl immédiat (106) et, de plus, ces sels donnent un précipité cristallin incolore avec l'acide hvdrofluosilicique fl07), tandis que ceux de strontiane n'en donnent pas.

La magnésie, en solution acide, additionnée d'ammoniaque, doit être traitée par le chlorhydrate, puis le sulfhydrale, enfin l'oxalate d'ammoniaque; après

(i) Carnot, Comptes rendus, LXXXIV, p. 391.

avoir filtré, on ajoute du phosphate de soude, qui fait naître un précipité cristallin de phosphate ammoniaco-magnésicn (108).

U alumine, traitée par l'ammoniaque, abandonne un précipité blanc floconneux, qui se dissout dans un excès de potasse, mais qui précipite de nouveau par le carbonate d'ammoniaque (109 . L'addition de potasse, suivie de liltration, cessaire quand il y a du fer dans la dissolution. La glucine fournit aussi, avec l'ammoniaque, un précipité blanc (110); mais ce dernier se dissout aussi bien dans la potasse que dans le carbonate d'ammoniaque.

Les sels de fer en dissolution, chauffes pendant quelque temps avec l'acide azotique, donnent, par le ferrocyanure de potassium, un précipité bleu (111); si l'on ajoute un excès d'ammoniaque, on obtient, avec les sels de peroxyde, un précipité rouge brun, gélatineux (112) et, avec les sels de protoxyde, un précipité verdâtre, devenant rouge brun au contact de l'air (113).

Les solutions azotiques de nickel, ordinairement vertes (à moins qu'il n'y ait une certaine quantité de cobalt, auquel cas la liqueur est de couleur topaze), donnent, par la potasse, un précipité vert pomme (114). Avec l'ammoniaque en excès, les mêmes solutions donnent une liqueur d'un bleu foncé, laquelle, traitée par un excès de sulfhydrate d'ammoniaque, forme un précipité noir, en partie soluble dans le réactif; après liltration, la liqueur devient brune (115).

En fondant avec du nitre les composés du chrome, on obtient un produit qui, traité par beau, fournit une liqueur jaune, où l'acétate de plomb fait naître un précipité jaune de chromate de plomb (116).

Fondus avec la soude et traités ensuite par l'eau, les composés du tungstène donnent une liqueur d'où l'acide chlorhydrique précipite en blanc l'acide tungstique (117).

Le bismuth, en dissolutions très étendues, précipite en blanc par une goutte d'eau salée 118 .

L' antimoine, transformé en oxyde par l'acide azotique, puis décanté et lavé, étant traité par du sulfhydrate d'ammoniaque en excès, donne une liqueur où une évaporation doucement conduite fait naître un précipité orangé de sulfure d'antimoine (119 .

Les minéraux du titane, attaqués par l'acide chlorhydrique concentré (au besoin après fusion avec l'hydrate de potasse], fournissent une liqueur qui devient violette quand elle a été chauffée avec de l'étain en feuilles (120). L addition d'eau fait passer la teinte au rose.

I -oint ions de zinc donnent, avec la potasse ou l'ammoniaque, un précipité blanc, gélatineux, qui se dissout dans un excès de réactif. La même liqueur, traitée par 1 hydrogène sulfuré, abandonne un précipité blanc de sulfure de zinc (111 .

Les solutions acides contenant du cadmium donnent, avec l'hydrogène sulfuré, un précipité jaune citron, insoluble dans le sulfhydrate d'ammoniaque (122).

REACTIONS MICROCHIMIQUES 42'J

Les solutions azotiques de plomb précipitent en blanc par l'acide sulfurique (123 ; avec l'acide chlorhydriquc, le précipité est blanc, cristallin et soluble dans l'eau bouillante (124'. Avec, le chromate de potasse, on obtienl un précipité jaune (125).

Les solutions de cuivre, traitées par l'ammoniaque en exd -. deviennent d'un beau bleu (126). Lorsqu'on y introduit une lame de fer, elles abandonnent du cuivre métallique (127).

h'argent, dissous dans l'acide azotique, donne par l'acide chlorhydriquc un précipité blanc, caillebotlé, qui noircit à l'air et se dissout dans l'ammoniaque (128 .

Analyses microchimiques. — A la suite de ces réactions classiques, il convient de mentionner le procédé imaginé par M. Borickv, pour l'analyse qualitative des silicates à l'aide de l'acide hydrofluosilicique. Beaucoup de silicates, notamment dans le groupe des feldspaths, peuvent être distingués spécifiquement les uns des autres, si l'on parvient à déterminer quelle est celle des bases, potasse, soude ou chaux, qui y domine. Quand la substance à essayer ne se présente qu'en très minime quantité, par exemple comme partie constituante d'une plaque mince étudiée au microscope, il faut pouvoir la soumettre à un essai microchimique ; c'est à quoi répond bien le procédé Borickv.

Un fragment de la substance, à peine gros comme une tête d'épingle, est fixé sur une lame de verre par du baume de Canada. On le recouvre d'une goutte d'acide hydrofluosilicique et on laisse l'attaque se prolonger pendant i\ heures dans l'air humide, par exemple sous une cloche renfermant une soucoupe pleine d'eau. Ensuite on porte la lame sous une autre cloche remplie d'air desséché par du chlorure de calcium. Quelques heures suffisent pour faire cristalliser les hydrofluosilicates résultant de l'attaque, et il n'y a plus qu'à les porter sous l'objectif du microscope.

L'hydrofluosilicate de potasse cristallise en cubes (129), celui de soude en prismes hexagonaux (130), et celui de chaux donne lieu à de nombreuses formes dyssymétriques, arborisations, fuseaux renflés au centre, etc. (131).

Cette analyse microchimique peut être employée avec d'autres acides, quand la nature du minéral le permet. Un minéral qui contient de la chaux, attaqué par l'acide sulfurique, laisse voir, après dissolution et évaporation, des cristaux et aiguilles microscopiques de gypse, reconnaissables à leurs formes (132i.

Les sels de magnésie, traités par le sel de phosphore et l'ammoniaque, donnent des cristaux très caractéristiques de phosphate ammoniaco-magnésien, le plus souvent échancrés et comme entaillés (133).

Enfin une dissolution sulfurique d'alumine, mise en contact avec un grain de chlorure de caesium, donne de jolis cristaux octaédriques d'alun de ca?sium (134).

Les recherches microchimiques se sont surtout développées depuis 1877, époque où M. Borickv a fait connaître la production des petits cristaux que l'acide hydrofluosilicique engendre en attaquant les minéraux. Les principaux

i.l. MORALITES SUR LES ESPECES

progrès, dans cet ordre de recherches, sont dus à MM. Behrens, Streng, Haushofer, 0. Lehmann, Renard et Klement (i). M. Behrens employait surtout des dissolutions sulfatées, et M. Streng des solutions chlorurées, des minéraux à examiner.

Les sels de potasse se reconnaissent aux cristaux, octaédriques et franchement jaunes, de chloroplatinate de potassium, que le chlorure de platine fait naître dans les solutions neutres ou faiblement acides. Avec les sels de sodium, l'évaporation d'une gouttelette d'acétate d'uranyle concentré produit de petits cristaux tétraédriques d'un acétate double d'uranyle et de sodium. Dans les sels de lithium, le phosphate de soude détermine des cristallisations prismatiques et étoilées.

Pour le succès de ces opérations, il importe qu'aussitôt après l'addition du réactif à la goutte de solution de la substance, placée sur une lame de verre, le

Fig. ::;■'.

porte-objet (chauffé au besoin par une capsule d'eau bouillante) soit introduit sous le microscope; car au bout de quelque temps, tout cristallise sous forme d'arborisations, qui masquent les cristaux caractéristiques du début de la réaction.

La figure 3^2 reproduit un certain nombre des cristaux obtenus par les réactions microchimiques, savoir : I, fluosilicate de potasse; II, fluosilicate de soude; III, sulfate de chaux (gypse); IV, phosphate ammoniaco-magnésien; V, alun de caesium.

Résumé. — Pour faciliter la connaissance des essais, tant pyrognostiques

que chimiques, qui peuvent conduire à la détermination des éléments, nous

énumérerons ceux-ci, ou du moins les principaux d'entre eux, par ordre

alphabétique, en indiquant, à la suite de chacun, le numéro des réactions qui

i apportent :

Aluminium, 81, iuy, i •) j .

Ammonium, 6.

Antimoine, 11,33, 36, (a, ~>-, 6 ■>., -'■>, 119. Argent, j<>, 6|, 77, 128.

Le, 10, j.'), 26, 27, 3a, J2, i(i.

*9« Baryum, 17, 79, 106, 107. Bismuth, 9 |, 36, 38, ôç», 75, 1 18.

Bore, 16, 78.

Brome, 21, 100, Cadmium, jo, 122.

( Iseeium, 1 •! j.

Calcium, '■'>, 79, m',',, ioj, i3i, i32.

Carbone, 87.

Chlore, 19, 98.

Chrome, 49. 65, 1 16.

ùx Réaction» microchimiquei à eristauxt par Ci fUemenl et Ai Renard, Braxelles, 188C.

CLASSIFICATIONS MINEKALOGIQI ES

Cobalt, :>-, i3, 5 i , (J7.

Cuivre, t3, 1 i, 18, <>i>, 76, 126, 127,

Étain, 3g, i 1 , 86.

Per, 37, [3, |8, <> i, ni, 11a, n3.

Fluor, 90.

Glucinium, 8a, 1 io.

Hydrogène à 1 étal d eau), i3.

Iode, 20, 99.

Lilliium, 1.

Magnésium, 80, 108, i33.

Manganèse, \:, 63, 93, 94.

Mercure, 7, 28, |5.

Molybdène, 3tf, 55, 71.

Nickel, 37, i3, 5o, 66, 11 j. ii5.

l'hosphore, i5, 78. 96, 97, [33.

Plomb, ta, 35, 38, ""S. - ;. 1 .:;. 1 . j, ia5.

Potassium, j, 23, 1 " 1 , ioa, 1 29.

Sélénium, <->, 3i, j".

Sodium, 5, 1 3o.

Soufre, j j, 3o, j j, <,."..

Strontium, •., 711, io5.

Tellure, 9, '■'>[. 91.

Titane, 53, 69, <S j, 1 20.

Tungstène, 56, 7', 9a, 117

Uranium, 5i, 68.

Vanadium, 54, 70.

Zinc, 3y, .(i , 85, 121 .

Ziicouium, 83

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