FAMILLE DES FELDSPATH S
La famille des feldspaths forme un groupe naturel d'une très grande importance, d'abord en raison du rôle capital qu'elle joue dans la composition des roches d'origine interne, ensuite parce qu'on y trouve de remarquables applications des lois de l'isomorphisme et de celles des formes-limites. La liaison mutuelle des diverses espèces feldspathiques est si intime que nous les dédirons toutes ensemble, quoique plusieurs d'entre elles ne se rencontrent guère que dans les roches basiques. Seulement, nous diviserons la famille feldspathique en deux genres : celui des Feldspathides ou feldspaths proprement dits, et celui des Feldspathoïdes ou minéraux remplissant, par leur composition chimique et leurs associations habituelles, un rôle analogue à celui des feldspaths.
GENRE FELDSPATHIDE
Les feldspathides peuvent être considérés comme formés par l'union de la silice et de l'alumine avec des bases presque exclusivement empruntées aux alcalis et aux terres alcalines. Ces bases sont surtout la potasse, la soude, la chaux et, plus rarement, la magnésie.
(1) Mallard s'est assuré que certains minéraux blancs, finement fibreux, habituellement
désignés dans les collections sous le nom de cacholong, étaient cristallisés, de signe optique négatif, avec poids spécifique égal à 2,2, et que la calcination ne changeait rien à leurs propriétés optiques. Ce serait donc à tort qu'on aurait, jusqu'ici, attribué le cacholong fibreux à l'opale. — (2) Lacroix, Xuucellcs archives du Muséum, LX, p. 201.
Tous les feldspathides rentrent dans ce que les chimistes appellent les polysilicates, considérés comme constitués par divers acides du silicium, Si308IP, Si*09H <t Si (l'Il1-. où 114 peut être remplacé par le groupe (A1K) ou le groupe (AINa),
Sous cette composition générale viennent se ranger plusieurs espèces mineralogiquementbien définies, dont quelques-unes sont de symétrie monoclinique, ou du moins extrêmement voisine, tandis que toutes les autres sont tricliniques, mais avec des formes très rapprochées de celles des premières. De plus, toutes ces espèces sont caractérisées par un clivage très facile, parallèle à la base/?, et par un autre, un peu moins facile, suivant g1.
Dans le principal d'entre les feldspaths de la première catégorie, celui qui a la potasse pour alcali dominant, l'angle de p avec g1 est droit, d'où le nom d'orthoclase ou orthose, qui lui a été donné. Dans les feldspaths tricliniques, il s'en faut de plusieurs degrés que l'angle des deux clivages soit droit. Ces clivages sont donc obliques l'un sur l'autre, ce qu'on exprime en rangeant ces feldspaths tricliniques sous la désignation générique de plagioclases (TrÀocytoç, oblique) ou clinoclases (xà'Vjo, j'incline).
FELDSPATHS MONOCLINIQUES ET PSEUDOMONOCLINIQUES
i° Orthose. K2Al2Si6016 (c'est-à-dire 2 [Si308AlK]). —P. S. = 2,53 à 2,59. — D.=6.
L'orthose, qui est par excellence le fedspath potassique, renferme : 64 à 68. SiO2; 17 à 20. Al2Os; 7 à 14. K20; 1 à 6. Na20; o,3 à 2. CaO; oài. MgO et FeO. La moyenne de la teneur en silice est de 65 °/0; celle de la teneur en potasse, 12 à i3 °/0.
En répartissant comme il convient les 16 atomes d'oxygène entre les bases de formule R20 ou RO, celles de formule Pi2Of et enfin la silice, on trouve que le rapport de ces trois quantités, dit rapport d'oxygène, est 1 : 3 : 12.
S. monoclinique (en réalité, d'après Mallard, l'orthose est triclinique avec pseudosvmétrie monoclinique, d'ailleurs peu éloignée d'une symétrie cubique). R. A. = o,65g : 1 : 0,556. m m = 1 i8°48'; phxz=i 1 iG°7'.
L - combinaisons de formes les plus habituelles sont les suivantes : mpa1; a1 (fig. 38',), toutes deux fréquentes dan- l'adulaire, avec stries horizontales sur «'; mglpàl/v très répandue dans les orthoses des roches granitiques et porphyriqu* ttla7i*f/ic,/« (fig- 385) : la même avec ox/vg2, etc
Principaux angles :pm= 1 i20i6/;/w£1=i20036/;/ng8==i5o0o';g4g'2:==i5o036/; pal=zr..<, io'; pai/i=<)>n:': po> / ',= ,33'Tm/ ; pe1/t = 1 3 5»3 ; g**1/, adja-
Dan- I adulaire, il arrive souvent que p et a1 aient le même développement.