LEUCITE
Le même auteur a construit i des épures qui, pour chaque espèce de plagioclase, font connaître, dans les diverses faces possibles, la valeur de 1 angle d'extinction, rapportée à la trace du plan g1'.
Nous nous contenterons ici de donner, à titre d'indication, un résumé (fig. 4<>6) de l'épure qui fait connaître la position, pour les diverses espèces : i" des deux axes optiques, A et B ; 1° des trois axes d'élasticité optique/ n;,. La ligure est une perspective stéréographique sur un plan perpendiculaire à l'arête prismatique hlg]. Les pôles g1, //', m, i, g*, lg sont ainsi sur le cercle Fondamental, le pôle p occupant une position peu éloignée du centre. (Les formes primitives des plagioclases diffèrent assez pou les unes des autres pour qu'on ait pu, sans erreur sensible, représenter sur la figure chacune de ces différentes faces par une seule position, sans distinction d'espèce.)
GENRE FELDSPATHOIDE
En tète des felspathoîdes viennent se ranger des minéraux qui jouent, dans certaines roches éruptives, et surtout dans celles de la série moderne, un rôle tout à fait semblable à celui des feldspathides dans les roches anciennes. Ces minéraux, qui sont les amphigénides de Ch. Sainte-Claire Deville, diffèrent des fedspathides à la fois par le genre de leur symétrie et parle rapport d'oxygène, qui est i : 3 : 8 ou i : 3 : 4S le dernier chiffre étant un multiple de 4, tandisque, chez les feldspathides, c'est le plus souvent un multiple de 3.
Leucite. K-Al-SrO12. — P. S. = 2,45 à 2,5. — D. = 5,5 à 6.
S. cubique (en apparence).
La Leucite ou Amphigène est un feldspathoïde potassique, offrant le rapport d'oxygène i : 3 : 8 et renfermant 55 ft/0 de silice avec 23 °/0 d'alumine et i5 à 22 ft/0 de potasse, qui peut être, pour une petite partie, remplacée par la soude.
La forme dominante est le trapézoèdre a-. Mais on a remarqué depuis longtemps, à la surface des cristaux, en apparence très bien formés, mais de couleur terne et grisâtre, des stries régulières, dont la ligure \oj donne l'idée, d'après le Lehrbucli de M. Tschermak. Ces stries indiquent une macle incompatible avec la symétrie cubique. D'ailleurs les angles mutuels defaces ne sont pas tels que la théorie l'exige. Aussi M. vom Ratha-t-il émis, il y a quelques années, l'opinion que le pseudotrapézoèdre de la leucite était formé, en réalité, par la combinaison d'un octaèdre quadratique a"- avec un dioctaèdre a.2. Depuis, l'étude des propriétés optiques a conduit Mallard à admettre que la
(1) Études sur la détermination des feldspath*. Pari-, Baudry, 189/4 et [896. — Voir aussi Lacroix, Minéralogie de la France, II, p. i33.
symétrie de la leuciteest rhombique, peut-être même triclinique, avec formeslimites cubiques, L'apparence cubique résultant d'un groupement conforme aux règles antérieurement exposées. M. Treptow, considérant la leucite comme rhombique, lui attribue, pour 11. A.. 0,965 : 1 : o. '(<)4, tandis que Mallard admet 0,993 : 1 : 0,969, ce qui correspond à peu près au doublement de l'un des paramètres. Dans ce cas, le trapézoèdre usuel résulterait de l'association des trois formes bl, a3 et ey Tandis que, dans un trapézoèdre du système cubique, tous les angles devraient être égaux à i3i°',i)', on aurait ici a%a3 = i3a°i6' sur l'arête horizontale = i3o°44' surl'autre; e3e3= 1 3 1 °', 7' sur l'arête horizontale = i3o°33' sur l'autre; enOn blb* = i3a°53' sur barète contenue dans gl= i32°34' sur celle contenue dans /<'.
Cependant, d'après M. Klein, une plaque mince de leucite, chauffée au-dessus de »65°, devient complètement isotrope, ce qui ne l'empêche pas, quand elle se refroidit, de reprendre rapidement ses propriétés biréfringentes. De plus, les inclusions solides de la leucite sont indépendantes, dans leur disposition, des contours qui limitent les plages d'orientations optiques différentes. Aussi beaucoup de minéralogistes admettent-ils que la biréfringence de la leucite tient à un état de tension moléculaire, causé par l'influence que le refroidissement a exercée sur un cristal qui avait commencé par être exactement cubique.
Clivage très imparfait (suivant des faces de notation bl dans l'hypothèse cubique). Cassure conchoïdale ; blanc grisâtre ou gris de cendre. Poussière blanche; éclat vitreux, quelquefois résineux dans la cassure. Infusible au chalumeau; soluble dans les acides sans faire gelée. Réact. 78.
Opt. Signe positif, ng = i,Sog; n}, = i,5o8 (raie D). Biss. ntJ perpendiculaire à p.
L'amphigène ou leucite existe en abondance dans certaines laves du Vésuve (leucitophyres, leucotéphriles, etc.), où lestrapézoèdres sont isolés et très réguliers ; les plus gros s'observent à Rocca Monfina, près de Naples.
La leucite est riche en inclusions de diverses natures (voir les figures 360 à 3G8, pa^e 38o). Dans les roches en plaques minces, les sections de leucite sont octogonales ou arrondies et restent fréquemment éteintes entre les niçois croisés.
Etym. : De Xeoxôç, blanc; le nom d'amphigène, basé sur la croyance erronée à un double clivage et sur l'hypothèse non moins fautive de deux formes primitives, doit être rejeté (1).
Néphéline.(Na,K)*AlîSi,08ou(Na,K)8Al8Si»08*. — P.S.=a,58àa,64.—
S. hexagonal. R. A. = 1 : 0,836 (2); pbl=sz i36V; /mi1 s: i20»53'.
1 Dana, System, i>i-~>, [>. 335. — j) Zirkel, d'après Kokscliurow, donne K. A. = i : o,83g, .i correspond a />£' = «30
NÉPHELINR, HAÙYNE 4C9
Tandis que la leucite est potassique et |)seudo-cul)iqne, la néphéline est sodique i ~>" J<t potassique (i à 7 °/0) avec chaux (1 à 1 <>"/„)• Le rapport d'oxygène esl 1 : > : '1 el la proportion de silice esl d'un peu moins de i 5 ' '/„, l'alumine atteignant 33, î<> u/w-
Combinaisons observées : mp\ mpb1; mpbtbi/%\ mhlpb*, etc. ; clivages /// etn imparfaits. Eclat vitreux; incolore, grisâtre.
Opt. Signe négat. — n0=z 1,5469; na = 1,5422. Biréfringence : 0,0047.
Pond difficilement en verre bulleux. Réact. 88; un fragment, porté dans l'acide azotique, devient nébuleux (d'où le nom de néphéline).
Dans les roches, la néphéline se présente en petits prismes hexagonaux, de dimensions à peu près (gales dans tous les sens.
On a donné le nom d'Eléolitc (ou Klœolite), c'est-à-dire pierre crasse (huileuse), à une variété de néphéline, d'aspect gras ou résineux, qui s'observe le plus souvent à l'état compact, sans autres indices de cristallisation que des fentes grossièrement parallèles, et qui est à la néphéline ce que l'orthose ordinaire est à la sanidine. On la trouve dans certaines syénites, appelées pour ce motif syénites éléolitiques. L'éléolite fond plus facilement que la néphéline ordinaire, dont elle partage d'ailleurs la composition chimique.
La Davyne (P. 8 = 2,429) est une néphéline hydratée, contenant un peu de chaux et d'acide carbonique, fondant avec bouillonnement et optiquement positive [n0 = i,5i5; ne 1 , ">i\)). On la trouve au Vésuve.
On rattache encore à la Néphéline, à litre de produits d'altération, la Cancrinite P. S. = 2,42 à 2,46. — D. = > à 5,5), en masses lamellaires rosées, jaunes ou vertes, à clivage m parlait (1) ; la Gieseckite (P. S. = '2,75 à 2,85. — 1). = i à 3,5), en prismes hexagonaux d'un gris verdâtre, espèce hydratée, d'où la soude a disparu, remplacée par alumine, fer et magnésie; la Liebenérite (2) (P. S. ='.>., 7;) à 2,81. — 1). = 3,5), en petits prismes basés verdàtres, également hydratée et pauvre en soude, etc. Ces deux dernières variétés sont complètement transformées en produits micacés.
Outre les minéraux qui viennent d'être décrits, nous comprendrons, dans le groupe des feldspathoïdes, plusieurs espèces qui peuvent être considérées comme des feldspaths basiques, renfermant une certaine proportion d'acide sulfurique et de chlore. Ce sont l'Haùyne, la Noséane, l'Outremer et la Sodalite.
Haùyne. (Naa,Ca)3 (Al2)2 Si*OîûS = 2 |(Na9, Ca) Al2Sï-08j -h (Na2,Ca) SO\ P . S . = 2 , i à 2 , 3 . — D . = 5 à 5, 5 .
S. cubique.
L'Haùyne dédiée à Haûy) offre dans son silicate le rapport 1 : 3 : 4, lorsqu'on en défalque, comme on l'a fait ci-dessus, la quantité de bases nécessaire
(1) D'après MM. Michel-Lévy et Lacroix, la Cancrinite s'éloigne de la Néphéline par sa
très forte biréfringence, égale à 0,029. Son signe optique est négatif et ne = i,'if)9- — (a) M. Tschermak considère la Liebenérite comme alliée au mica muscovite.-
pour saturer l'acide sulfurique. On y trouve 35 %. SiO2; 7 à 12. CaO; 10 à 18. Na20; ') a iJ. K*0 et la à i3. S0\ avec trace de chlore. Mais L'analyse est difficile, à cause du peu d'homogénéité du minéral.
Combinaisons observées : é1 ; o1^1 ; pbl ; Pa*. Clivage quelquefois distinct suivant bl. Cassure inégale; translucide; éclat vitreux; fragile. Couleur bleu de ciel plus ou inoins foncé ou grise, brune, jaunâtre. La couleur bleue est attribuée à un sulfure de sodium. Indice : 1 , 1 96 . Anomalies optiques assez Fréquent) -
Ch. Décrépite en se décolorant et fond difficilement en verre bleu verdàtre. Réact. 44. Se décolore et fait gelée avec l'acide chlorhydrique, en dégageant à peine une trace d'hydrogène sulfuré.
L'Haùvne se présente en cristaux ou en grains cristallins dans un grand nombre de roches volcaniques, où elle est remarquable par l'abondance des inclusions. Dans les plaques minces, ses sections sont carrées ou hexagonales, souvent entourées d'une couronne opaque de décomposition.
La Noséane (dédiée à M. Nose) est une variété non calcifère d'Haùyne, également assez répandue dans les roches volcaniques, où elle se présente en petits dodécaèdres rhomboïdaux et en grains noirâtres ou grisâtres. — P. S. — 7,18 à a, 3g. — D. = j,j. Indice=i,46. On ne peut, dans les plaques minces, la distinguer de l'Haûyne que par les réactions microchimiques, qui mettenl en évidence l'absence de la chaux. Son meilleur gisement est le leucitophvre de Rieden, près du lac de Laach.
L Outremer ou Lapis -Lazuli que quelques auteurs identifient avec l'Haûyne, malgré une proportion plus forte de silice; est aussi une sorte de feldspath sulfaté avec chlore, de forme cubique (61; /jè'jquand il est cristallisé et d'un très beau bleu, coloration qu'on attribue, soit à un composé de soufre, de sodium et de fer, soit à un sulfure d'aluminium.
L'analyse donne ',< à ',<> "/„. SiO-; n à 3o. Al20:i; .<». Na-O; 4 à 2',. CaO; a a fi. SO!; 1 â 3. S; 1 à 4. Fe20:i et o,5. Cl. — P. S. =2,38 à 2,45. — D. = 5 S.
Pond assez difficilement au chalumeau en verre blanc; la poudre se décolore et se dissout dans l'acide chlorhydrique avec formation de gelée et dégagement d'un peu d'hydrogène sulfuré.
L I outremer se trouve généralement en masses compactes, avec pyrite et mica disséminés, dans des calcaires grenus anciens en Asie Pamir, Baïkal). Il est paiement rejeté par les volcans la Somma, Aibano . La poudre de lapis a été autrefois employée pour la peinture.
MM. Brôgger et Backstrôm 1 croient que la matière colorante du Lapis,
Groth'ë Zeitsihrift. XVI p. [86; XVIII. p.
SODALITK, TRIPHANE 471
pour laquelle ils proposent le nom de Lasurite, es4 un minéral analogue à la Sodalite, où le composé Al NaS8 s'introduirait à la place du groupe Al(XaS04). Cette lasurite contiendrait 3a, 5o. SiO*; 27,60. AI <)- 19,45. Na80;6,47- <^i(':
Sodalite. Na'AKSrO'-'CI, ou, en doublant, 3 ; Na Al-Si • >• |-ha| NaCl } — P. S . = ■>. ,'i 7 à a » '1 . — D. == "» , 5 .
S. cubique.
Dans la Sodalite (qui doit son nom à la soude), le chlorure de sodium joue un rôle analogue à celui du sulfate dans l'Haûyne.
L'analyse donne 37 °/0. SiO-; 3i à 3a. A120:!; 2$. Na20 et 5 à 7. Cl.
Combinaisons observées : bl; bpl; b{al; pbla%. — Clivage b] assez net. Incolore, verte ou bleuâtre. Fond en verre bulleux. S'attaque en faisant gelée. Réact. 19 et 88. Indice = r ,483.
La Sodalite esi très constante dans les syénites éléolitiques. On l'observe aussi dans les trachytes et les phonolites. Ses sections sont généralement carrées ou hexagonales.
C'est encore au genre feldspathoïde que nous semblent devoir être rattachés certains silicates alumincux et lithinifères, qui se présentent en masses laminaires clivables, assez analogues au feldspath, dans des roches granitiques ou pegmatoïdes.
Le premier est le Triphane ou Spodumène, Li2Àl2Si*012. — P. S. = 3, 1 3
S. monoclinique. R. A =: i,.ia4 '. 1 '. o,635. — mm = 87°; p/11 = no°ao'; J72*Vsadj.= n6°3o' (1).
Le triphane renferme 63 °/0. SiO2; 29. Al20:î; 5,5. Li20, avec un peu d'alcalis, de chaux, de fer et d'eau.
Les cristaux offrent parfois la combinaison mh1g1pei/tbl/i. Clivage h1 parfait; m moins parfait. Cassure inégale. Etat vitreux. Blanc-verdàtre ou vert-pomme, parfois rose.
Opt. Signe posit. A. O. dans g1. Biss. inclinée sur l'axe vertical de — 260. aV= j'i à 6o° (rouge); n(J = 1,676; n,„ == 1,666; n^ = 1,660.
Ch. Réact. 1. Se boursoufle et fond facilement. Donne un squelette avec le sel de phosphore. Inattaquable par les acides, même l'acide fluorhydrique.
Êtym. : Le nom de Triphane vient de l'existence de trois clivages (dont un à peine indiqué), et celui de Spodumène dérive de «77:000c, cendre, à cause de la couleur cendrée que prend le minéral sous le chalumeau.
(1) Zirkel donne 1 1 G"i 9', d après Dana, avec R. A. = 1,124 : 1 : o,6ii.
r: SILICATES DES ROCHES ACIDES
La seconde espèce est le Pétalite, Li-Al-SisOî0, dont le type cristallographiqne est fourni par le Castor de l'île d'Elbe. Ce minéral est extrêmement riche en silice. Il en renferme jusqu'à ;<j%- ïja proportion de lithine est de slle de soude, de 2 °/0.
S. monoclinique. R. A. = i,i53 : 1 : n,-',', ; ratm = 86°ao/; ph' = n2°26'; pot/i= 1 ', 1 °2 1 .
Combinaison po'^/^/J^mg^g 'e1/,.
Clivages : /> parfait; o1/, facile.
Opt. Biréfringence énergique; signe positif p < p. Riss. normale à g4; Rissectrice obtuse inclinée sur pg* de — 3°, le plan A. 0. coïncidant presque avec p. aV = 83°a4' (jaune) : aH = 86°3o'. ng = i,5i6; nm = t,5io; np = i,5o4 (raie D).
Le Pétalite est incolore, blanc ou gris, par exception verdàlre ou rougeàtre.
Ch. Réact. 1, surtout avec l'aide du spath fluor et du bisulfate de potasse. Fond tranquillement en émail blanc. Inattaquable par les acides, sauf l'acide Quorhydrique.
Iiiijin. : Le nom de Pétalite, tiré de pétale, fait allusion à la disposition foliacée des clivages, tandis que la désignation de Castor rappelle la fréquente association du minéral avec un silicate d'alumine, caesium et lithium, de cristallisation cubiqae, voisin de la Leucite et auquel on s'était plu à attribuer le nom de Pollux. Quelques auteurs réunissent le triphane et le pétalite au pyroxène.
Non loin du Pétalite, par sa composition, vient se placer la Milarite, HKCa*Al2Si120M (P. S. =a,59. — D. = 5,5 à 6), dont les cristaux limpides, à symétrie rhombique (R. A. — <>,5^o, : 1 : 0,221), résultent de groupements qui font naître une apparence hexagonale (1).