BOUDE
CHAI x
dominante
id.
traces id.
id.
id.
id.
id.
ai i — mire
id.
dominante
dominante
i : 3 : la i : 3 : i" à i : 3 : g
Les plagioclases ont des formes très voisines de celles de 1 orthose. Dans tous, l'angle //// est compris entre iao° et i a i°3-' (l'angle mm de l'orthose étant de i i8f"»8' et la différence entre 900 et l'angle pg* ne dépasse jamais sensiblement 4°. Les rapports paramétriques sont d'ailleurs très peu différents. Aussi peut-on dire que les plagioclases dffrenl des formes-limites à symétrie quasi-binaire.
Les plagioclases se présentent très rarement en cristaux simples. Presque toujours ils sont formés de minces lamelles hémitropes. Tous peuvent présenter, soit la macle de l'albite, de beaucoup la plus fréquente, soit celle du péricline. Mais, à ce dernier point de vue, les diverses
espèces sont très différentes les unes des autres. La face Grossissement : 12 diamètres. — D'après M.
d'association des lamelles, toujours comprise dans la zone Roscnbusch. pli1, est plus ou moins inclinée sur p. La ligure 395 représente les directions que peut affecter, sur g1, la trace de cette face d'accolemcnl, qui engendre les stries du plan moyen g1. On voit que, si la direction des arêtes pgl ou //'j;1 est connue, ce caractère peut offrir un précieux moyen pour distinguer les divers feldspatbs (1).
Quand les deux macles de l'albite et du péricline coexistent dans un plagioclase, elles font naître des bandes hémitropes croisées, sous un angle droit dans les sections de la zone pli1 (excepté dans celle qui est parallèle à la face
(1) Les chiffres qui < ■ ■ 1 1 servi ù établir cette figure sonl ceux qui résultent des travaux relatifs à l'étude microscopique des roches. En opérant sur les cristaux proprement dits des plagioclases et notamment de L'oligoclase, Des Cloizeaux a trouvé que la face d'accolement de la macle-péricline était loin d'être constante.
Fi?. 3g5.
Fig.3y6. — Association Je deux macles dans un plapioclase de gabbro.
d'accolement), sous un angle différent de 900 dans les autres sections. Ce dernier cas est celui de la ligure $96.
Albite. Xa'Al^SiGO16. — P. S. = 2, V, à a,64.
S. tri clinique. R. A. = o,633 : 1 : «>,jj-. — Angles plans des arêtes du parallélépipède fondamental : ys = 94°3'; .1 z = ii6°26' ; zy = 88°y'. — Principaux angles : mt = iao°47'; Pm == * I()0ô<»': tp=zu l°4a'; pg* = 86°a5' aigu = y>' !V obtUS.
L'albite ou feldspath sodique, qui tire son nom de la blancheur de certains cri-taux, contient de C>; à 69 "/0 de silice, avec 18 à 20 °/0 d'alumine et 12 % °^e soude, à laquelle peuvent s'adjoindre 1 % de potasse et parfois un peu de chaux.
On y observe les combinaisons suivantes : mtpgiaib1/^ (fig. 397), avec /o' = ii9033' et i1^»1 = 1 i3°',i'; la même avec g2, *g et c1/.,; etc. La variété
Fig. 3g8.
périclinc, en cristaux simples, offre la combinaison pmtg*al, avec aplatissement suivant p ou du moins allongement suivant/?/;1 (fig. 398).
Les macles sont très fréquentes. La plus habituelle, dans les Pyrénées, le Dauphiné et la Suisse, est la macle dite de r albite (1), c'est-à-dire l'hémitropie avec axe normal à g1, faisant naître une gouttière (fig. 399), avec angle rentrant
de i72°/j8'. On rencontre aussi, surtout dans la variété périeline, la macle par accolement suivant une face de la zone phx, dont la trace sur g1 fait avec l'arête pgl un angle variable de H- i3° à H- 21° (fig. ioo). Les angles RR sont rentrants; SS, saillants. L'axe apparent de rotation est sensiblement perpendiculaire à g1. Cette macle du périeline, quand elle se répète plusieurs fois, fail naître des stries sur g1, comme la précédente en fait naître sur/?. Ces stries, d'après ce qui vienl d'être dit, font avec pgl un angle de i3à 21 degrés. Quelquefois, mais très rarement, l'albite présente rte de marie de Carlsbad, avec accolement suivant g1 et rotation appa-
111 V. piaf haut, p. 322.
ALBITR. OLIGOGLASR
Fig. 401.
rente autour de L'arête mt. 11 y a des albites où l'on retrouve l'équivalent de
la inacle de Baveno de l'orihose, les cristaux étanl accolés suivant /'/.,. Fréquemment il y a pénétration réciproque de cristaux d'orthose et d'albite, la
zone m m de l'orihose s'orientant alors comme la zone mt «le l'albite.
La maclc du Roc Tourné li^. 401) se compose de deux groupes de cristaux, ma clé s chacun selon la loi de l'albite, et associés l'un à l'autre suivant une face qui est très voisine de h1; mais cet accolement est théorique et, en réalité, il y a interpénétration irrégulière.
Clivage parfait suivant p, moins parfait suivant g1. Cassure inégale. Faces de la zone mt striées parallèlement à leur axe. Eclat vitreux, nacré sur p. Incolore; de diverses nuances de blanc; rougeâlre, jaunâtre.
Opt. Signe positif. Plan AO fait avec l'axe vertical un angle de <)6°iG' et avec la normale à g1 un angle de i5° à 1 70. Biss. n{l inclinée sur celle normale de la même quantité, et sur la normale à /;, de 770 19; np est à peu près dans gx. aV=77°; ail = 80 à 85°; aE = i55°; ng—i,5\o; nm = i,53tl; /il,= i,53a; p < v. Faible dispersion horizontale et forte dispersion inclinée.
La direction d'extinction des lames parallèles à p fait avec pg* un angle de 3°W à 4°3o'. Par suite, deux lamelles hémitropes d'albite s'éteignent sur p suivant des directions faisant entre elles un angle de 8 à 9 degrés. Sur ,;', l'angle d'extinction, arvecpg1, est de +20° (1).
Ch. Fond difficilement sur les bords en un verre clair bulleux. Réact. 5. Inattaquable par les acides.
Très rare comme clément de la pâte même des roches éruptives, l'albite est en filons dans les roches primitives; mais on en trouve aussi dans les calcaires magnésiens du terrain secondaire des Alpes (roc Tourné, col du Bonhomme, près Modane) et on a reconnu récemment qu'elle était très répandue parmi les schistes cristallins disloques. La variété péricline, en assez gros cristaux d'un blanc de lait, fréquemment tapissés de chlorite, se trouve dans des schistes chloriteux.
Oligoclase. (Ca,Na2)2Al4Si9026. — P. S. =2,62 à 2,65. — D. =G.
S. triclinique; R. A. = o,63a : 1 : o,552. — Angles des arêtes du parallélépipède : yz = 93°4'; xz = 1 i6°22'; xy = 90°4'. — nit = 1 2o°',2'; pin = 1 io°55'; tP = n \%o> ; /;<>' = o3"28' ;tgi= tao°2 ','.
L'oligoclase, ou feldspath sodico-calcique, ne contient plus que 62 °/o ^e silice; la soude y varie de 8 à 9 °/0, presque toujours associée à un peu de potasse; la chaux entre pour 4 à 7 °/o et l'alumine atteint 23 à a5 °/0.
(1) L'ang-lo aigu est compté positivement quand la direction d'extinction s'éloigne de pg* dans le sens de la marche des aiguilles d'une montre.
Fi p. V'2-
Formes observées : mtg3 'gg^^a1 a1/, £'/2 cVî"> 'a même avec /'/., (tîg. 4oa);
Macles suivant la loi de l'albite, avec nombreuses stries sur/?, ou conformément à la loi du péricline, avec stries sur g1, faisant relativement à pgx un angle de -h \°. et aplatissement suivant p ; macle de Carlsbad. Clivage net suivant p, moins net suivant g*.
Cassure inégale ; éclat vitreux; couleur variable, fréquemment verdâtre. Opt. Signe négatif, excepté pour la variété la plus voisine de l'albite. Plan A. 0. oscille de part et d'autre de p, la Biss. étant presque perpendiculaire au plan g1, sur la normale duquel elle est inclinée de -b n° à — 6°. p < v. iX — 85 à go° ; 2H = <j< >" ; ng= 1 ,54 2 ; n m — i,538; np= i,534. Les extinctions sur p ont lieu à -f- 1° de pgl et, sur g1, à -h 5° de la même arête. Difficilement fusible en verre clair, l'oligoclase est inattaquable par les acides, excepté quand elle contient beaucoup de chaux.
La variété dite pierre de soleil, dont une portion appartient à l'ortbose et le reste à l'oligoclase, donne des reflets aventurinés, dus à des réflexions sur les parois de petites fissures et principalement sur des inclusions de fer oligiste.
Dans les plaques minces, l'oligoclase se dislingue par l'extrême Cnesse et la régularité de ses lamelles hémitropes (se reporter à la fig. igo).
On a désigné sous le nom d'Andésine (à cause de la chaîne des Andes), en lui attribuant le rapport 1 : 3 : 7, une variété'feldspathique répandue au milieu de diverses roches trachytiques ou porphyriques. D'après Ch. Sainte-Claire- Deville, l'andésine, où l'on trouve toujours de l'eau et de I acide carbonique, ne serait qu'un produit d'altération de l'oliglocase. Cependant on paraît aujourd'hui disposé à la regarder comme une véritable espèce, intermédiaire entre l'oligoclase et le labrador (pgl = <j'$0.\6').
La figure '(o'i représente une forme habituelle aux cristaux doublement maclés de l'andésine de l'Estérel. Les angles RR sont rentrants; en S aboutit un angle saillant.
La proportion de silice varie de 56 à 58 °/o et ^a chaux (9 à io°/0) est en plus
grande quantité que dans l'oligoclase, la soude variant de G à 7 et l'alumine de
•S0/,,. La macle du péricline s'y fait exactement suivant p cl les extinc-
tant sur p que sur g1, onl lieu presque parallèlement a pg1. Le signe
optique est positif et l'on a A' = 88"; ç , e; n,f = 1,556, nm = i,553; np t,540.
II existe une andésine plus voisine de l'oligoclase, avec rapport d'oxygène
compris entre 1 : 3 : 7 et 1 : 3 : 8, dont le signe optique est négatif.
Au chalumeau, l'andésine tond beaucoup plus facilement que l'albite.
LABRADOR, BYTOW'NITE
Labrador. Ca.N.r Al Si ;01". — P. S. = 2,68 àa,7i. — D.=6.
S. triclinique. P». A.. = o,637 : 1 : o,555. — Angles dos an- tes du parallélépipède : y3 = 93°ai'; xz=nG°3'; ary = 89°54'. — ml i 21 "'»-■' ; pm=z iro*5o';
Le Labrador ou Labradorite, ainsi nommé de la côte du Labrador, où se rencontre la variété opalisante, est un feldspath basique, renfermant de 5o à 5 I de silice La chaux \ varie de 12 a 1 î °/0> tandis que la soude ne dépasse pas S la proportion d'alumine montant à 3o ou 3î °/0.
Formes observées : gipai/i; m8ltPai/ici/i't etc- Macles de lalbile, du péricline (avec stries sur g1, inclinées de — 20 à — 90 sur pg1), et quelquefois de Carlsbad. Stries Fréquentes sur/?. Clivage/» facile; g1 difficile.
Éclat vitr.ux, généralement gris; certains cristaux de l'île Saint-Paul (Labrador) offrent sur g* de magnifiques reflets chatoyants bleus, verts, jaunes et rouges, causés sans doute par des phénomènes de réflexion et d'absorption, liés .1 la présence d'inclusions étranger* s.
Opt. Signe positif. 2 Y = 770 ; nkJ ■=. 1, 5Ô2 ; nm = 1 , V>; ; «p±=i,554; p>t\ Les axes optiques occupent une position analogue à celle qu'ils ont dans l'albite. La Biss., à peu près perpendiculaire à pg1, fait, avec la normale à ,;•', un angle de -+- 3i°, » et, avec la normale à /;, un angle de 1(3°. Le plan A. 0. est détini par l'angle de 83°,i3 que fait la bissectrice obtuse avec la normale à g1 et par l'angle de 66°,6, que
fait le plan pg* avec celui qui contient
g* et la bissectrice obtuse. Les plaques
parallèles à g1 laissent voir des indices
de lemniscates, sans points d'axes
visibles et avec une seule portion
d hyperbole. Il en est de même des
plaques parallèles à /;.
Ch. Fond, un peu plus facilement
que l'orthose et que l'oligoclase, en
verre blanc semi-transparent. Difficilement, mais complètement attaqué par
l'acide chlorhydrique avant ou après calcination.
Le labrador abonde dans les roches basiques, où il offre des cristaux hémi-
tropes, à lamelles mieux délimitées suivant g* que dans tout autre feldspath,
mais de dimensions très inégales et de largeur relativement grande flig. i<>4).
avec directions d'extinction faisant, sur/?, un angle de — i<>° avec l'arête pg1,
tandis que l'extinction sur g1 se fait à — 2? de la même arête. L'allongement
des petits cristaux a lieu suivant pg* et il est de signe négatif.
La Bytownite, de densité 2,71, est un feldspath plus calcifère que le labrador. La silice y tombe à ,0 ou 48 %, tandis que l'alumine monte à 3»
l'i?. 4O4. — Cristaux Je Labrador aux niculs croisés. Grossissement : I = 120 diamètres; II, III = 10O diamètres- — D'après MM. Fouqué et Michel-Lévv.
ou 35 et la chaux à 17 ou 1 8 %, la soude restant comprise entre 1 et 2 °/0. Le rapport d'oxygène y est voisin de 1 : 3 : 5 et le maximum des angles d'extinction, dans la zone pgl, est de — ',5°.
Le nom de Bytownite avait été créé, dans l'origine, pour un minéral canadien, où M. Zirkel a t'ait voir qu'il y avait seulement mélange d'anorthite avec hornblende, quartz et magnétite. Mais M. Tschermak a repris ce nom pour l'appliquer à un feldspath intermédiaire entre le labrador et l'anorthite, et dont la présence a été constatée dans les gabbros.
Anortbite. CaAl-Si-O8 ou Ca-AFSi'O16. — P. S. = 2,69 à 2,75. — D.=6.
S. triclinique : R. A. = o,635 : 1 : o,55o; mt = i20°3o'; pm= no°4o'; tp= 11 4°7' ; pg1 = 85°5o' ; phl= 1 i6°3'.
C'est, par excellence, le feldspath basique et calcaire. On y trouve 43 °/o de silice, avec 36 à 37 % d'alumine et jusqu'à 20 % de chaux et très peu d'alcalis. Les cristaux sont généralement très riches en facettes, mais d'assez petites dimensions, p, m, t, h\ g1, plusieurs hémidômes et jusqu'à 14 quartopyramides. Macle de l'albite. Macle du péricline avec stries inclinées de — 180 sur/?,?1. Clivage p parfait : g4 beaucoup moins net.
Éclat vitreux très vif, nacré sur p ; souvent très limpide. Opt. Signe négatif; p> c; aV=77°. LaBiss. fait avec la normale à g4 un angle
de -+- 44°5 et la bissectrice obtuse fait avec cette même normale un angle de 52°, 7. Enfin l'angle de cette normale avec l'axe d'élasticité moyenne est de 69°i, s'ouvrant dans un plan qui fait, avec le plan de zone p g1, un angle de 1 12 degrés. La valeur moyenne de l'indice est i,582 et la biréfringence s'élève à o,oi3. Les lames parallèles à p et à g1 laissent voir sur le côté l'émergence de l'un ou de l'autre des axes optiques. La direction d'extinction des lames taillées suivant , fait avec pg1 un angle d'environ — 370; en sorte que deux lamelles hémitropes s'éteignent à 7 4° l'une de l'autre. Ce chiffre, très différent de ceux des autres fcldspaths, permet de distinguer l'anorthite, qui est assez fréquente dans les roches basiques, où ses lamelles sont larges el assez bien délimitées ffig. 4 ° > ) -
Ch. Fond plus difficilement que le labrador, en verre bullcux et incolore. Complètement attaquable, sans formation de gelée. Réact. 89.
On a désigné sous le nom de Saussurite ou Jade de Saussure une substance
Fig. 4o5. — Anorthitc en lamelles hémitropes dans une norite. Niçois croisés. Grossissement : 30 diam, — D'après MM. Fouqué et Michel-Lovy.
p. comme de celles taillées suivant
1S0M0RPH1SME DKS fT.\( IOCLASES 465
feldspathique gris-verdâtre, dont la densité s'élève jusqu'à 3,38 et qui entre dans la composition de certaines variétés de gabbro on euphotide.
La Saussurite n'est qu'un produit d'altération des feldspaths plagioclases et principalement du labrador, de la bytownite et de l'anorthite; elle consiste en un agrégat d'épidote ou de zoïsitc. parfois accompagné de grenat ou de scapolite, de quartz et de calcite. En même temps, la soude devenue libre engendre de l'albite i .
Isomorphisme des plagioclases. — La similitude des éléments cristallographiques dans les plagioclases suggère l'idée qu'il doit y avoir, entre les diverses espèces, des relations satisfaisant aux lois générales de l'isomorphisme. Telle est en effet la thèse qui a été développée par M. Tschermak. Ce savant a fait observer que les plagioclases ont tous des compositions qui peuvent être exactement représentées par la formule :
^Na2Al2Si60,6)+«(Ca8Al*Si*016),
m et n étant des nombres entiers simples.
Le premier des deux symboles est la formule chimique de l'Albite, qu'on peut désigner en abrégé par Ab; le second répond exactement à la composition de l'Anorthite An, dont il représente la formule doubler. M. Tschermak en conclut que les plagioclases sont des mélanges isomorphes d'albite et d'anorthite, répondant à la formule générale Ab" -f-An*. Dans cette conception, les espèces que nous avons décrites représenteraient moins des types étroitement définis que des combinaisons plus stables, autour desquelles d'autres peuvent venir se grouper. Ainsi, les plagioclases se répartiraient comme il suit :
Depuis Ab'An0 jusqu'à Ab'An1, on aurait affaire à l'Albite; depuis Ab'An1 jusqu'à Ab'An1, à l'Oligoelase ; de Ab3Air à Ab'An8, à l'Andésine; de Ab1 An1 à Ab'An2, au Labrador; de Ab'An3 à Ab'An6, à la Bytownite; enfin de Ab'An8 à Ab°Anl, à l'Anorthite. Les séries intermédiaires s'appelleraient, au moins provisoirement, oligoclase-andésine, andésine-labrador, etc.
Cette opinion est appuyée sur les faits suivants : les propriétés cristallographiques des feldspaths intermédiaires sont elles-mêmes intermédiaires entre celles des deux types extrêmes. Il en est de même des densités, qui vont en croissant régulièrement de l'albite à l'anorthite. De plus, le volume moléculaire de l'albite est exactement égal à celui de l'anorthite (après doublement), ce qui rend très vraisemblable l'association des deux molécules. Enfin M. Schuster à la suite dune série d'expériences sur les directions d'extinction des divers feldspaths dans les faces p et g1, a été conduit à poser la règle suivante : l'angle y que fait la direction d'extinction avec l'arête pgl peut être représenté par le relation
y = f(< ■ x étant le rapport entre les quantités d'albite et d'anorthite associées pour
(i) Roscnbusch, Mikr. Pliysiogiaphie, p. 543.
DB LAPPAtlENT, COUHS DE MINERALOGIE. 30
t iîîo)
«idiot
fonner le feldspath considéré. De son côté Mallard (i) a montre que l'angle d'extinction, pour une lame d'un feldspath donné, pouvait se déduire théoriquement, par une équation du premier degré, des proportions des deux éléments Ab et An. De cette façon, les propriétés physiques des feldspaths seraient bien, comme c'est le cas pour les véritables mélanges isomorphes, une sorte de moyenne arithmétique entre les propriétés similaires des cléments constituants. L isomorphisme des plagioclases ne serait d'ailleurs nullement en contradiction avec l'existence d'un certain nombre de types prépondérants, qui formeraient les espèces précédemment décrites. Le fait est général pour la plupart des mélanges isomorphes, dont chacun offre quelques groupements, sans doute
plus stables et, pour ce motif, plus fréquemment réalisés que les autres. D'ailleurs les analyses établissent nettement qu il y a des cristaux de plagio- #'IO,0> clase dont la composition est intermédiaire, soit entre Talbite et l'oligoclase, soit entre le labrado r et l'anorthite. De cette manière, lisomorphisme des feldspath ides serait assez voisin de celui
des deux corps les plus parfaitement isomorphes que l'on connaisse en minéralogie, le carbonate de magnésie et le carbonate de fer.
Détails complémentaires sur les propriétés optiques des plagioclases. — Le rôle très important que jouent les feldspaths dans les roches éruptives, où souvent ils apparaissent à l'état de très petits cristaux, a provoqué de nombreuses et délicates recherches en vue de déterminer leur espèce par optiques. MM. Rosenbuch, Max Schuster, Fouqué, Micheldes Cloizeaux, Lacroix, von Fédorow, s'y sont particulièrementappliqués. II n'entre pas dans notre plan d'analyser ces différents travaux. Xous rappelleseulement que M. Michel-Lévy a donné une méthode, fondée sur l'éclairém* nt commun des éléments d'un cristal polysynthétique, pour reconnaître si ces éléments -ont de nature différente, ou a il- correspondent a deux séries do lamelles hémitropes d'une même i spèce (2).
(1) Bull. Soc. min., IV, | i ).— (2) Les Minéraux des roches, p. 781