HORNBLENDE
être confondus avec la Jadéite, dont il a été question plus haut (i) et dont ils se distinguent par leur bien moindre fusibilité, l'absence de la soude et une proportion beaucoup moins Forte d'alumine.
La Grunérite, la Cummingtonite, la Dannemorite, la Iiic/itérite complètent le groupe des amphiboles non alumineuses.
Amphiboles alumineuses ou ferrifères. — Hornblende (ancien nom allemand). Celte espèce contienl jusqu'à i i ' 0 d'alumine. L'oxyde ferreux y varie de 7 à 2(), la magnésie de î à if>, la chaux de i3 à 23 et on y compte de 0 à 10 d'oxyde ferrique, avec un peu de soude cl de pelasse. — P.S = 3à3,4. — D. = 5.5.
On dislingue deux variétés de hornblende : la Hornblende commune et la Hornblende basaltique ou Basaltine.
La première, très rare en cristaux terminés, est généralement verte, quelquefois d'un brun foncé. Elle forme des individus plus ou moins nettement prismatiques, dans les roches basiques anciennes et dans les schistes cristallins. On lui rapporte d'ordinaire une variété fibreuse des diabases et des amphibolitès, en fibres généralement parallèles et d'un vert clair; mais il se pourrait que celle variété, qui dérive d'une transformation de cristaux d'augite iouralitisation) dût être rapportée à laclinote (a).
Dans la Hornblende commune, on a aV = 84°. La Liss. est négative et inclinée de — y50 à — 08° sur mm ; nrJ = i,653; nIH = r,64a; np = 1,629. Le polychroïsme est marqué (/i,, vert foncé, parfois bleuâtre; np jaune verdàtre à jaune clair). L'angle d'extinction des lamelles de clivage atteint et dépasse i3° relativement à mm.
La Hornblende basaltique forme des cristaux terminés, noirs comme ceux d'augite, mais plus brillants. Ils sont hexagonaux (et non octogonaux), par suite de la combinaison de m avec g1.
Enfin, au lieu du biseau incliné bi/>bi/i de l'augite, ils portent d'ordinaire un pointement triple pbl /.,.
Combinaisons habituelles : n>g[pb*/> (fig, 44o); la même (lig. J4i) avec rf1/-» e1/., et x = \bi/%dl/^gl\. Macles parallèles à //'. Faces souvent inégales, arêtes arrondies et comme fondues. Eclat vitreux.
Assez facilement fusible avec bouillonnement en verre ou en émail noir (avec la hornblende commune, vert ou jaunâtre . Réact. \S. Légèrement attaquable. Biss. négative, inclinée sur mm de — <)o°k — 8o°. 2 Y = 8(i°; ng=x,i]5%\ nm = i,j%5; np = 1,680. Polychroïsme
ejz
(i) Voir plus haut, p. .'jc)8. — (2) Rosenbu6ch, Mikr. Pliysiographic, p. \i')-.
504 SILICATES DES ROCHES BASIQUES
intense dans les ions bruns. L'angle d'extinction, relativement à mm, sur les lames de clivage, ne dépasse pas i3° et peui devenir nul.
La Basaltine est fréquente dans les basaltes el leurs tufs. Les blocs de la Somma en contiennent des cristaux assez riches en facettes, avec cannelures parallèles aux arêtes prismatiques.
La Pargasite, du calcaire saccharoïde de Pargas, est une hornblende commune d'un vert céladon qui, contrairement à imites les autres espèees du groupe, le un signe optique positif. A. <). dans g1. aV = 58° à 6o°. Bissect. inclinée d«H-i80 à ai0 sur l'arête mm. *^=i,6îa; »OTr=i,6ao; «j,= i,6ï3,
L Ouralite offre les clivages m de l'amphibole avec les formes m/i} g-1 £'/.,«' de l'augite. C'est le résultat d'une pseudomorphose, par suite de laquelle un cristal de pyroxène s'est trouvé remplacé par de petits prismes verts de hornblende ou d aetinote. De là le nom à'ouralitisalion.
La Smaragdite vert d'herbe ou Diallage verte de l'cupholide de Corse et des éclogites est une hornblende commune en agrégats fibreux. L'Edénite est une hornblende claire qui contient moins de 5 °/0 de fer.
AMPHIBOLES SODIFERES
Le groupe des amphiboles sodifères comprend une série d'espèces dont rallongement habituel est négatif, tandis que celui des hornblendes est positif. La transition d'un groupe à l'autre se ferait par les Katoforites de M. Brogger.
La première des amphiboles sodifères est l'Arfvedsonite des syénites néphéliniques, espèce ferreuse, pauvre en alumine, avec clivages suivant les faces d'un prisme de ia3°55'. — P. S. = 'i,5î à 3,?9. — D. = G. Signe négatif : A. 0. dans g1; ny fait avec l'axe vertical un angle de 75°dans l'angle obtus/?//'. Biréfringence de 0,021 à 0,027.
La Crocidolite peut être considérée comme une arfvedsonite sans chaux. P. S. — 0,2 à 3,3. Cette espèce, en fibres soyeuses asbesti formes, d'un bleu verdâtre chatoyant, velouté sur les surfaces polies, accompagne les gîtes de fer de l'Afrique australe (où elle est parfois épigénisée par le quartz, donnant l'œil de tigre aux reflets jaunes). On la trouve aussi dans le porphyre micacé des Vosges, lii--. positive faisan! avec l'axe vertical un angle de 690 à ^3° dans l'angle obtus/?//1. Allongement négatif. Polychroïque.
La Riebeckite, sodifère et ferrifère, allongée suivant l'axe vertical, avec i de cet axe dans l'angle aigu /;//', aurait, selon M. Lacroix, nf/ pour ué. Polychroïsme intense.
Le Glaucophane, en prismes d'un gris bleuâtre, des micaschistes de Syra et de ceux de I Ue de Groix, est sodifère, très polychroïque, et, quoique de signe négatif, possi de un allongement positif, seul caractère qui permette de le distinguer de la crocidolite Ci .
d) Lacroix, liull. Soc. minéralog., g janrier 1
ANTHOPIIYLLITE. COSSYRITE 505
P. S. = 3,1. — D.=6 à (>,*>; mm = i'i4n *»(«'. liiss. np inclinée de 84° à 86° sur l'axe vertical dans l'angle aigu/?/*1. Biréfringence : 0,02. Polychroïsme net : ng bleu d'azur : np jaune pâle.
AMPHIBOLES RHOMBIQOES
Les amphiboles de symétrie rhombique sonl Y Antkophyllite et la Gédrite. (]<■■< deux espèces ne présentent d'autres formes géométriques déterminables que les laces du prisme, et leur symétrie n'a été établie que d'après les propriétés optiques. La première, riche en magnésium, est optiquement positive, tandis que la seconde, aluniineuse et d'ordinaire plus ferreuse, est de signe négatif (exactement en parallélisme avec l'hypersthène).
Anthophyllite. (Mg,Fe)Si03. — P. S.=3,o6 à 3,i3. — D. = 5,5 à 6. mm = ta 5°3-7'.
En masses fibreuses blondes ou brunes, difficilement fusibles, inattaquables; clivage facile m, moins facile /11 et g4. A. 0. dans g1. Biss. ng parallèle à l'axe vertical. i\ voisin de 84°. p < v ; /?,y = 1 ,G> : nm= 1,642; np=z 1, 633. Polychroïsme insensible en lames minces.
La Gédrite des Pyrénées (Gèdre), du Groenland, de Snarum et de Bamlc, isomorphe avec l'anthophyllite, mais contenant le silicate (Mg,Fe)SiO:t mélangé avec (Mg, Fej AlsSiOa, est brune ou blonde, difficilement fusible, et se présente en longues aiguilles entrecroisées, avec fer oxydulé et mica brun. Biss. np perpendiculaire à A1. .».V=z'j80.
Les deux amphiboles rhombiques sonl des éléments habituels des schistes cristallins, notamment du gneiss à amphibole et des amphiboloschistes.
Amphibole tiuclinique. — Il existe une amphibole trirlinique (1); c'est l'.ŒJnigmatite ou Cossyrite, de formule Na*Fe9 (Al-, Fe2) (Si, TiJ^O3' avec 11. A. =1:0,678 : 1 : o,35i. — P. S. = 3,74 à 3,85. —D = 5,55. — mm = u ',"</; pli* = i();°i i'.
Opt. Signe positif. Biss. faisant avec l'axe vertical un angle voisin de 45° dans l'angle obtus phl. A. 0. à peu près dans g1. 2E =6o°.
Clivages m et /, moins faciles que pour les amphiboles. Nuire; opaque, poussière brun rouge.
Polychroïsme intense. Facilement fusible; difficilement attaquable.
Renferme 38 à 13. SiO2; 6 à «S. Fe2Os; 33 à 36. FeO; 7,5. TiO-. etc.
Se trouve à Pantelleria (Cossyrite) dans une néphélinite d'Auvergne, et au Groenland, dans la syénite à éléolile.
Etym. : atviYfxa, énigme, à cause de sa nature problématique relativement à la Kôlbingite, dont elle paraissait être une pseudomorphose (Breithaupt).
(1) Fœrstner in Lacroix, Minéralogie de la France, I, j>. 708. Ilintze, Handbuck, II, j>. 1 168.
506 SILICATES DES ROCHES BASIQUES
Remarques sur la famille des pyroxènes et des amphiboles. — La grande analogie qui existe entre les pyroxènes et les amphiboles laisse pressentir que 1rs formes cristallines des deux groupes doivent pouvoir être ramenées à un même type.
D'abord, en comparant le rapport d'axes des pyroxènes (1,09',- : 1 : 0,591 *>) et celui des amphiboles (0,548 : 1 I 0,29.4), on s'assure que, l'axe moyen restanl le même, les deux autres axes ont, pour les pyroxènes, des paramètres juste égaux au double de ceux des amphiboles. D'après cela, si on double ces deux derniers paramètres, ce qui revient à donner au prisme m de l'amphibole la notation iï\ si, de plus, on donne à l'hémipyramide bl/t la notation dl ; enfin m l'on affecte à l'ancienne base p du pyroxène la notation <r, à l'hémidôme a* de la même espèce la notation a2, on obtient, pour les rapports d'axes et la valeur de l'angle nouveau phl, les chiffres suivants, que nous écrivons audessous de ceux qui conviennent à l'enstatite, l'angle aigu de cette dernière étant en avant (1) :
Enstatite R.A=i,o3i
Pyroxène — i,o585
Amphibole — i,o58i