TROISIEME SOUS-GENRE
iEgirine. — Un troisième sous-genre est formé par les pyroxènes sodifères dont le type est YMgirine ou /Egyrine, minéral des syénites à néphéline et de certaines autres roches éruptives, et aujourd'hui considéré comme identique avec l'Acmite. La chaux y esl en majeure partie remplacée par la soude, dont la proportion peut s'élever jusqu'à i3°/0.
Na9Fe2Si4012. — P. S. = 3,5 a 3,55. — D. = 6 à 6,5.
R. A. = 1,097 • ' • °>''UI "> ""n = ,s7" i '• I>h' ' — 1 «»*■*•■ "» 1 '.
(1) Kosenbuseh, Mikr, Physiographie, p. 158.
DE LAPPARF.NT, COCUS DE MIKERALOGIE,
498 SILICATES DES ROCHES BASIQUES
Cristaux allongés suivant l'axe vertical, tonnes m, h1, bxfv »', e\p. Clivages m plus faciles que pour l'augite; macles //'.
Opt. — Signe négatif. A. O. dans g1. Biss. np fait un angle très faible (5°) avec l'axe vertical dans l'angle obtus phK p < v. i\T = 6-i°. nm = 1,80. Biréfringence : o,<)K Polychroïsme intense, du vert d'herbe au brun jaunâtre.
L'.Egirine fond assez facilement au chalumeau. Ce caractère, joint à la forte densité du minéral, au signe négatif de son allongement et à sa biréfringence élevée, suffit à distinguer l'espèce des autres pyroxènes.
Dans le voisinage immédiat de l'-Egirine vient se placer la Jadéite, silicate d'alumine sodifère, spécifiquement distingué par INI. Damour (i). Cette espèce renferme "><j. SiO*; i\. Al'O8; 14. Na20, avec un peu de chaux, d'oxyde ferrique et de magnésie. Sa formule serait NVA1-Si4012, c'est-à-dire celle du tripliane, avec la soude remplaçant la lithine.
P. S. = 3,3 à 3,5. — D. = 6,5 à 7. — S. monoclinique; mm = 8j"2o' (-t). Clivage m assez facile.
Opt. — A. O. dans g1; signe positif. Biss. inclinée sur l'axe mm de — 3i°à — .',i°. (Ce sont ces données qui font ressortir l'analogie de la Jadéite avec le Pvroxène). 2 Y voisin de 700; p > v ; Biréfringence : n,j — nP = 0,029.
Massive, avec un éclat subvitreux, la Jadéite est verte, parfois d'un vert aussi franc que celui de l'amazonile, vert bleuâtre ou blanche, translucide, à cassure esquilleuse, et montre au chalumeau une remarquable fusibilité, qui suffit, avec sa densité notable, à la distinguer des minéraux verts avec lesquels elle a été autrefois confondue sous le nom générique de Jade. Ainsi les esquilles minces fondent, sans qu'il soit nécessaire de souffler, à la flamme de l'alcool. Rcact. 78.
La Jadéite, connue en place au Tibet et en Birmanie, est utilisée en Chine, avec d'autres pierres d'aspect analogue, mais de composition différente, pour la fabrication des objets d'ornement dits de Jade. Elle a été aussi travaillée par les anciens Mexicains.
La Cliloromélanite, élément dominant des anciennes haches polies de la Bretagne, est une jadéite très ferrugineuse (3,5 à 14. Fe20:t).
Non loin de là viendrait se placer, selon M. Damour, le jade océanique de la Nouvelle-Calédonie et des îles Marquises, caractérise par P. S. = 3, 18 et ]). = j. 5 à 6,5.
Quant à la Violane ainsi nommée de sa couleur) des gîtes de manganèse du Piémont, où l'analyse révèle >6. SiO2; o.Al'O8; 14. CaO, un peu de Na, Fe, Mn, I'. S. =2,a3; D. = (>, ce aerail une variété bleue dediopside avec un peu de jadéite et d'à giiine.
(i) Bull. soc. minéral., 1881, p. i58. — (2) Krenner indique 8G"55', et plusieurs auteurs considèrent la jadéite comme triclinique.
ENSTATITK WJ
PYROXENES RHOMBIQUES
Sous la formule RSiO3 se rangent plusieurs espèces de pyroxènes, où la magnésie l'emporte de beaucoup sur la chaux, en même temps que la symétrie est exactement rhombique. Ce sont : YEnstatite MgSiO3, la Bronzite (Mg, Fe) SiO\ et YHypersthèht (Fe, Mg) SiO!. L'angle du prisme varie dc<)i à
\)i degrés. Dans ces conditions, et en respectant la règle d'après laquelle là plus petite des deux diagonales de la base rhombe doit être placée en avant, ou a pour R. A., » » , <>7 i : i : 0,570. Tel est en effet le rapport d'axes qui a été adopté par vom Rath et par Des Cloizeaux.
Toutefois, l'analogie des pyroxènes rhombiques avec ceux du système monorliniquc ressort mieux si, rompant avec la tradition habituelle, on place la macrodiagonale en avant, comme a fait M. Tschermak, ce qui donne 11. A. = i,o3i : 1 : o,588. Dans ce cas. A1 permute avec g1. La face g-1 devient donc, pour les deux séries de pyroxènes, celle qui tronque l'angle obtus des clivages, et c'est aussi celle suivant laquelle s'effectue la division en lamelles, caractéristique de l' hypers thène, de la bronzite et de la diallage; division qui fait souvent alterner des lames minces de diallage et d'autres de bronzite.
Quoi qu'il en soit, nous nous en tiendrons à la notation habituelle, c'est-àdire au premier rapport d'axes, qui place l'angle obtus en avant, correspondant aux arêtes //. Dans ce cas, mm = 9i04o' à 91 "',','. Le plan des axes optiques est g* (sauf dans les variétés dites Proiohaslite et Diaciasile, où les axes optiques passent dans //'). Dans l'Enstatile, la bissectrice aiguë est /?y, perpendiculaire à /», avec •2V = 6ç)° et p> v. Mais L'angle augmente avec la teneur en fer. Pour io °/0 FeO (Bronzite), il devient de 900. Au delà de cette limite, np est la bissectrice aiguë- (Hypersthène) et aV diminue quand la teneur en FeO s'élève, le sens de la dispersion autour de cette bissectrice étant p> v.
On peut adopter 5 pour 100 de FeO comme la limite de la teneur en fer de l'enstatite, et 12 pour celle de la bronzite. Les teneurs supérieures conviennent à 1 hvperstbène (1).
Enstatite. >. Si<>-; 34 à T>. MgO; 3 à 5. FeO; o,5 à 2, 5. AFO3; 1 à 2. Il-O. — P. S. = 3,io à 3,2g. — D. — 5,5.
mm=z()\"\ \' ;c-e'2= i ',<S"S' sur/;. Formes usuelles '■'»,/il,gl,ci,e'l/^,c6, P/ ,etc. Clivage facile suivant m ; moins facile suivant g1.
Opt. Réfr. positive. ng= 1,67/1; nm= 1,669 : np — i, 665. Plaques minces incolores.
Eclat vitreux, nacré sur le clivage facile; blanc jaunâtre, grisâtre ou verdàtre.
Presque infusible; inattaquable.
(1) Tschermak i/t Lacroix, Minéralogie de la France, I, p. 5io.
SILICATES DES ROCHES BASIQUES
Se trouve dans la serpentine, les gabbros, les norites, les péridotites, clans les gîtes d'apatite de Bande et aussi comme élément constituant de la Iherzolite des Pyrénées. Rencontrée également, à l'étal très pur, dans les météorites.
Étym. : svrra.Tr,;, adversaire, à cause de son infusibilité. On l'a aussi nommée Protobastitc, parce qu'on la considère comme le mini rai d'où dérive, par hydratation, la Bastite ou serpentine de la Baste (Hartz).
La Bronzite (P. S.= 3 à 3,5. D. = 4 à 5), remarquable par les reflets bronzés de ses lamelles, est une enstatite contenant jusqu'à ra °/o- l"cO, avec clivages/// et g*, le second parfait. Bien que son indice moyen soit le même que celui de lenstatite et que les axes optiques soient également situés dans -'. le signe optique, selon M. Tschermak, peut être aussi bien positif que négatif; en sorte que la Biss. sérail normale, tantôt à/?, tantôt à//1. Polychroïsme faible.
A peine fusible, même en écailles minces; inattaquable.
trouve dans les Péridotites et les serpentines; alterne souvent, en lamelles allongées suivant g1, avec des lamelles de diallage parallèles à /;'.
Hypersthène P. S. = 3,3 à '>. j.
Cette espèce e<t la plus riche en fer parmi celles du groupe des pyroxènes rnombiques. On y trouve 5i. SiO8; n à ai. MgO ; laà 3'4. FeO, avec a h \. GaO. Son prisme est de 910 .'jo'. On a R. A = 1,029 '. 1 *, 0,587. Combinaison usuelle (au lac de Laach) : ni/i1gie2ai/i\blbl/.i°l/.,\; au Capucin, d'après Vom Bath : m/,lgipeieibl/iaanx,ai\ecn = (^ii) = )blùl/3/il/i\et.r = (-Ari^ ) = bibi/sgi/i(&g.h'i']); petits cristaux parfois aciculaires et même capillaires, allongés suivant l'axe vertical. Clivages; g* parfait, m assez net. Signe optique négatif; aV=5o°. //7 = 1,70'» ; wm= 1,70a; np = 1 .(\<ji ; fortement polychroïque en lames minces, dans les tons verts et bruns. Une lame de l'hypersthène du Labrador, parallèle à g1, donne au dichroscope une image rouge hyacinthe et l'autre bleu verdâtre, noir grisâtre, verdâtre ou brunâtre.
La couleur de l'hypersthène est le noir verdâtre ou le brun verdâtre. Une variété de cette espèce offre, sur le clivage facile g1, des reflets métalliques d'un rouge <le cuivre, dus sans doute à l'interposition de pi tites lamelles, peut-être de diallage. Apre au toucher-, très difficilement fusible ^m- les bords; inattaquable. L'Hypersthène se trouve à l'Ile Saint-Paul (côte du Labrador), au lac de Laach, a l'Ile de Skye, et dans des géodes au Capucin (Mont-Dore , etc.; fait partie des hypérites, de certaines andésites e1 des diabases. Étym : &*ép, au-dessus, et jôévoç, force, a -'anse de sa dureté.
TRKMOLITK
AMPHIBOLES
Le groupe des amphiboles est remarquablement symétrique de celui des pyroxènes. Comme lui, il renferme des espèces rhombiques, d'autres, en |»lus grand nombre, monocliniques, et une triclinique. De la même façon, on v distingue, dans la série monoclinique, des espèces dépoun ues d'alumine, d'autres alumineuses ou ferrifères, d'autres se faisanl remarquer par la présence < I < • la soude.
Dans toutes les amphiboles, i! y a toujours au moins autant de magnésie que de chaux. La formule qui semble le mieux répondre aux analyses esl (Mg, Ga, Fe)8Si9Os6. .Mais il est préférable de laisser à chaque espèce une formule distincte.
Etym. : i(/.<pi6oXoç, douteux.
AMPHIBOLES MONOCLINIQUES
L'angle du prisme mm, dans les amphiboles monocliniques, qui toutes sont holoédriques, varie entre 12',° et 12?. Adoptant, avec Des Gloizeaux,
mm=z i2',°n' et p/11 = io4°-58, on a R. A. = 0,548 ; 1 ; 0,294 (1). Les autres angles sont : by/Jbl/,=^ 1 ',8°28' (2); pbl/.,= 1 i5°35'.
Le clivage est toujours parfait suivant m. Ce clivage se traduit, en plaques minces, par deux systèmes de tissures fines et nettes, qui, dans les sections normales à l'axe prismatique, se croisent sous un angle de 124 a I2'>° (lig. 4^8 . Les plaques parallèles à cet axe n'offrent que des fissures parallèles (fig. 1'»!)!, d'autant plus distinctes que la section est plus voisine de la situation normale au plan de clivage.
Le signe optique est le plus souvent négatif. L'angle 2V varie de 8o° à 1200 et l'indice moyen est compris entre 1,6 et 1,7. Les axes optiques sont dans g* et la Biss. est presque normale à /;'. La biréfringence raovenne atteint 0,025.
Fig. 438. Section basique d'un cristal île hornblende. Grossissement : 36 diamètres. — D'après M. Rosenbusch.
Fig. ',:'''.)• — Ilorn blende coupée parallèlement à l'axe du prisme.
Amphiboles non alumineuses. — 1" Trémolite. La quantité de magnésie y
(i) M. Zirkel (ia* édit.) donne \\. A. = o,53i8 : 1 : 0,3936, avec />/<' =75°io', ee qui conduit à mm = 1 !.r)"3J' au lieu de ia4°3o', donné par le même auteur. Quant au rapport donné par M. Tschermak (o,55og : 1 : 0,2937), il fournit bien, avec/»Al = 73"58', l'angle mm, admis par l'auteur, de ia4°n'; mais la valeur <le phi, ainsi donnée, est indiquée à tort connue venant de Des Gloizeaux, pour qui />/'' =75°a'. — (2) Comme on a e'e1 = 1 'i8"i 6', certains cristaux peuvent être note- assez indifféremment ml^b^j.^ ou wiÀ*e*/>.
502 SILICATES DES ROCHES BASIQUES
égale au moins dix fois celle du fer. — P. S. = a, 9 à 3, a. — D. = 5,5.— 55 à 60 Si (>-: »4 a 28. MgO; ia à i5. CaO; oà 3. FeO; o à 1,7. AI-<>\
Forme habituelle : le prisme m ou mh[ sans terminaison ou avec el, avec clivage m très facile et très net. Réfr. négative; p<p;aV = 8o° à 88°. aH = ioo° à 1010. Biss. inclinée sur l'arête verticale de — 75°. «0=1,634 (jaune); nm = 1 ,6a3 ; n„=i,6o6. Polvehroïsme nul. Incolore, blanche, verdàtre, grise, Facilement fusible; inattaquable.
trouve dans la dolomie, le calcaire saccharolde, le micaschiste, les gîtes de fer, etc., souvent en masses bacillaires radiées, à éclat soyeux.
Étym. : Val Tremola, dans le massif du Saint-Gothard. On emploie souvent comme svnonyme le nom de Grammatite.
La Trémolite, lorsqu'elle s'altère en s'hydratant, se divise en libres flexibles, à éclat soveux, capables de former, par leur enchevêtrement, de véritables tissus minéraux. Telle est YAsùeste (àcêétrroç, inextinguible), avec laquelle les anciens fabriquaient les mèches des lampes perpétuelles en usage dans les temples. La variété la plus flexible et la plus blanche d'asbeste est Y Amiante (oui'avroç, pur, sans souillure), ainsi nommée parce qu'elle est incombustible et que le feu lui restitue sa pureté. On tissait autrefois avec l'amiante une toile destinée à envelopper les corps qu'on livrait au bûcher. De nos jours, on en a fabriqué jusqu'à du papier susceptible de recevoir des caractères d'imprimerie. C est l'amiante qui constitue les variétés dites liège, cuir et carton de montagne.
a0 Actinote. — Isomorphe avec la trémolite, mais plus ferreuse; car elle peut contenir jusqu'à 11 ou i3 °/0. FeO, avec -xi. MgO et i4- CaO. La transition est du reste continue entre les deux espèces. — P. S. = 2,8 à 3,3. — D. = 5 à j, ).
Prisme m, rarement terminé par bl/a ou e1. Signe opt. négatif; p < v; aV = 75° à 8o° ; nff = 1 ,636 ; nOT= 1,637; np= 1,611. Biss. faisant avec l'arête mm un angle de — 7'j0. Polychroïsme sensible (nu vert, nm et np jaune pâle).
Vert bouteille, vert olive ou vert noirâtre, avec poussière blanc verdàtre, l'actinotc fond au chalumeau avec un léger bouillonnement. Réact. J8. Elle est souvent rayonnée, d'où son nom d'aclinote, tiré du grec et traduit en allemand par Slra/dstein. On la trouve dans les schistes chloriliques, la serpentine, les gîtes de fer de Suède. On y peut rapporter les variétés vertes d'asbeste, notamment la Byssolite du Tyrol.
La variété de Jade appelée Néphrite de Chine est une trémolite ou une actinote compacte, d'un blanc verdàtre, d'une dureté de <> à fi,"». Il en est de même de la Néphrite de Sibérie, où M. Damour a trouvé 55 à 56. MgO ; 1 ', à 1 5 . CaO, avec 'i à 8. Al O (P. S. = .'i,riH à 3,o-2. — D. =6,5). Ce jade, comme le jade oriental àc la Chine, «le l'Asie centrale el des lies du Pacifique, doit sa grande ténacité à 1'enchevétremen) «le libres 1res lines. Mais ni l'un ni l'autre ne doivent