PREMIERE CLASSE SILICATES D'ALUMINE
FAMILLE DES SILICATES ANHYDRES D'ALUMINE
Les plus simples parmi les silicates qui doivent leur origine au métamorphisme sont des silicates, généralement anhydres, d'alumine avec ou sans oxyde de fer, dont beaucoup résultent de la cristallisation de masses primitivement argileuses et amorphes.
(1) Collet et Lee, Comptes /('«</«.<, CXLII, p. 999.
522 SILICATES DE METAMORPHISME
Andalousite. APSiO*. — P. S. = 3,ioà 3,17. — D. = 7 à 7,5.
S. rhombique. R. A. =0,986 : 1 : 0,702. — mm = 9o04'8; pa* = i44°3a'; pe* = 144 ' ' •
L'andalousite, où l'analyse ne révèle que 0,7 à 1,8 °/0 d'oxyde ferrique, cristallise en prismes presque exactement quadratiques, parfois assez gros. Les combinaisons dominantes sont mj>\ me1; mpex\ mpa1, etc. Clivage parfait suivant ///, dan- la variété du Brésil : imparfait suivant //'; traces suivant g-1 el e1. Éclal vitreux. Vert olive, rouge ou rose, grise, violette. Opt. Signe négatif. A. 0. dans g1, avec Biss. normale à /;. 2 Y = 84°,5 (rouge) ; aE r= 960, j. n = 1 ,6 \ 3 ; nm = 1 ,638 ; np = 1 ,G'î-2. Polychroïsme énergique dans les variétés colorées du Brésil, avec teintes variant du vert olive au rouge sang.
Infusible. Réact. 81. Ne s'attaque que par l'acide sulfurique à 3oo°.
La Chiastolite ou Macle est une variété d'andalousite, d'angle légèrement différent (selon Des Cloizeaux, mm = 91 "','), qui a entraîné dans sa cristallisation un peu de la matière colorante du schiste noirâtre au milieu duquel elle est toujours contenue, et quelquefois une portion du schiste lui-même Tantôt l'enveloppe vitreuse, claire et rosée, renferme au centre un prisme noir, relié aux angles par des lames noires; tantôt les lames se terminent par quatre petits prismes noirs (fîg. \ Ï4), formant la macle pentarhombique d'Haùy. Ces cristaux abondent dans certains schistes, dits maclifères. Les plus beaux, longs de om, 1 3 et même plus, viennent des Salles de Rohan, près Pontivy, où on les rencontre au milieu de schistes siluriens fossilifères. La matière colorante est disposée, dans chaque cristal, non sous la forme d'un prisme, mais sous celle d'une pyramide très aiguë, de sorte que la section varie suivant les points.
Dans les roches , par exemple dans les schistes maclifères, l'andalousite se reconnaît aux lignes de clivage, presque rectangulaires, des plaques parallèles à jj, ainsi qu'à la disposition des inclusions charbon-
Pig. ',:-'■•
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Aodal
coupée parallèlement à
l'axe vertical. c,r<
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Section normale à l'axe HCUSes (fig. ',')>, J56). vertical. Grossissement :
130 diamètre». D'apr
Elym. De la province d? Andalousie mm. Fonqué et Mi.i„i- (.n Espagne. |,e mol Chiastolite vient du y grec, avec lequel la section de la macle présente de la ressemblance. Quant au mot de ntacle, il dérive du latin
macula, qui peut signifier tache OU maille.
SILLIMANITE, DUMORTIEKITE
Sillimanite. AI-SU >r>. avec une petite partie de l'alumine remplacée par de l'oxyde ferrique. — 1*. S. =3,17 à 3, a \. — I). = 6 à 7 .
S. rhombique. (R. A. = 0,687 : 1 \ ■')■
On ne connaît encore que des formes prismatiques non terminées. Tandis que les auteurs donnenl mm = m°etg*gr8: gi°45', Mallard, pour faire ressortir les analogies de l'espèce avec l'andalousite, dont la composition est
presque identique, adopte, avec M. Grolli, °5 pour face prismatique. Alors mm = <)i'"|V et R. A. = 0,970 * 1 * x (le paramètre de l'axe vertical étant inconnu).
Clivage A1 1res facile et très net.
Eclat vitreux, un peu gras en dehors des clivages. (Iris jaunâtre ; blonde ou brun de girolle.
Opt. Biréfringence énergique, de signe posit. Dispersion considérable. p > v, A. 0. dans A1, avec la normale à /> pour Biss. 2V=a6°. aE = \\° (rouge); 3 70 à 38° (violet); ng— 1,608; //m= 1,661 ; np = i,65g.
Couleurs de polarisation 1res limpides.
Infusible. Réact. 81. Inattaquable.
Elym. : Dédiée à Silliman.
La sillimanite et l'andalousite forment parfois des groupements réguliers, où les axes des deux minéraux coïncident.
La Fibrolite ou Fascrkiesel, avec laquelle ont été fabriqués autrefois d'assez nombreux outils de pierre, n'est qu'une sillimanite très compacte, redevable de sa dureté à l'enchevêtrement de libres très lines. Elle est assez abondante au milieu des gneiss modifiés par la granulitc, où elle se distingue, au microscope, par ses minces aiguilles et l'entrelacement de ses fibres (fig. 4 j")- On en trouve d'assez gros cailloux roulés dans les alluvions des rivières de l'Auvergne.
La Buchohite est aussi une sillimanite
fibreuse et Compacte. fig. [fo. Aiguilles e: fibres de sillimanite
dans le mica et le quartz d'un gneiss granulitique. Grossissement : E>0 diamètres. — La Dumortiérite , Al8Si8018 (P. S. = D'après MM. Fouqué et Michel-Léry.
3,36. — D. = 7), d'une belle couleur bleu
de cobalt, accompagne la Sillimanite dans le gneiss à cordiérite. Rhombique et pseudo-hexagonale, en fibres ou en agrégats columnaires, avec clivage //', elle se distingue par son signe optique négatif et par l'intensité de son polvchroïsme, extraordinairement marqué, même en lames minces, donnant du bleu azur (n ) et du jaune presque incolore (ng). Indice : i,6j en moyenne; biréfringence : 0,01. A. 0. dans g1; Biss. normale h p. p < v.
SILICATES DE METAMORPHISME
Disthène. Al8SiO«. — P. S. = 5,48 à 3,68. — I). = "> sur les faces latérales les plus larges, dans le sens de la Longueur et D. = 7 sur les mêmes faces dans le sens transversal.
S. tri, Unique. R. A. =0,899 ; 1 ; 0,697 (0- Angles fondamentaux : yz =
90 ï d'après vom Rath); xz = ioo°i8';.zy = io6°i'j mt =97°; mhx =
i3o M : mg1 = ia3°i (1); pli* = 79W ; /^' = y6"6'.
Combinaison habituelle; g4^1, avec troncatures m et /; terminaison /? rare
(fig. J58). Clivage parlai! suivant //', moins parfait
suivant g*, imparfait suivant/;.
Macles fréquentes avec h1 pour face d'accolement, l'axe d'hémitropie pouvant être la normale à hx (fig. 4^9), ou l'arête pg[, ou l'arête g1 h1, qui toutes trois sont des axes pseudo-binaires de l'espèce.
Fragile. Transparent ou translucide. Éclat nacré sur h\ vitreux sur les autres faces. Incolore, blanc, plus souvent bleu de ciel (d'où le nom de Cyanile), vert, gris, noirâtre.
Opt. Signe négatif. Biss. presque normale à h1.
Plan A. 0. sensiblement perpendiculaire à h1 et incliné d'environ 3o° sur
l'axe vertical, p > v faible. 2V=82U; 211 = 99° à 1010. n,,= 1,728; nm= 1,720;
n,, = 1,712 (rouge). Polychroïque quand la coloration bleue est intense. Relief
en plaques minces très marqué.
Infusible; inattaquable; se dissout dans le sel de phosphore en laissant un squelette de silice. Réact. 81.
En cristaux dans les schistes anciens, souvent avec paragonite et staurotide. La Rhcetizite est un disthène en masses fibreuses ou bacillaires, tantôt blanches, tantôt colorées en noir par le graphite.
Etym. : Disthène vient du grec oîç, deux fois, et irôévoç, fort, par allusion à 1 inégale dureté suivant les directions.
Fig. 158.
Fig. 15g.
Staurotide. H5 (Fe, Mg)6 Al24 S" O66. — P. S.= 3,3 à 3,8. — D. = 7 à 7,5.
V ihombique. R. A. =0,694 ". 1 '. 0,97g (2)-
Suivant la remarque de Mallard, ce rapport équivaut à peu de chose près à 0,707 \ 1 \ 1, ou 1 \ s 2 \ s 2; c'est-à-dire que le réseau de la staurotide est pseudocubique , la brachydiagonale jouant le rôle d'un axe pseudoquaternaire, tandis que les deux autn <m axea sont pseudobinaires. Dans cette conception, ////// = 1 io°a8'; // «*/,= 1 1 5°j 7 adj. : <> ,/,o8/a= \%Qf>%& Bur h\
1 D'après M. Baaer. Le changement <!<• L'un des axes horizontaux fait ressortir, selon
Mallard, nne symétrie-limite pseudorhombique. — (3) D'après Hallard. Ordinairement, on
admet K. A. . •• est- à-dire qu'on place rerticalemenl l'axe macrodiagonal
de Hallard, en multipliant son paramètre par -, <e qui change »■■•., en m et m (Mallard) en a1.
STAUROTIDE, SAPHIRINE
Les cristaux, d'ordinaire prismatiques et d'apparence hexagonale, ce qu'on expliquait autrefois par la coexistence de p, m. ;•'. parfois avec le dôme a1, devraient être placés avec leur grand axe horizontal (fig. 't'i<>), et notés pgxnia"/y
Celte manière de voir a l'avantage de fournir une explication simple des macles habituelles de la staurotide (i). Nous rappellerons que, dans l'une, la, macle en crois grecque (fig. i6i), dite Pierre de Croix ou Croisette de Bretagne, l'un des individus de la macle a tourné de 900 autour de l'axe pseudoquaternaire ^? g1 ; tandis cpie dans la macle en croix de Saint-André (fig. r|6a . il y a eu rotation de 1800 autour de l'axe pseudobinaire qui est la normale à />'/-<> rotation après laquelle la direction phx continue à faire, avec celte normale, un angle de 6o°.
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Fig. '/,'•
Fig. 462.
Facesg1 rugueuses; a3/a et p unies. Clivages : p net, mais interrompu; a3/, imparfait. Cassure conchoïdale ou inégale. Eclat vitro-résineu.x ; rouge foncé, brun rougeâtre, brun noirâtre. Inclusions charbonneuses. Couleur jaune d'or en lames minces.
Opt. Signe positif. A. 0. dans h1; Biss. normale à g*. aV = 88°, 8 à 89, °3; •2H= ii3°/2 à 11 ',-; p > v. n,j = 1,746; nm= 1,7', 1 ; np= 1,7 36.
Infusible. En partie attaquable par l'acide sulfurique.
La staurotide abonde dans certains schistes, cristallins ou argileux. Souvent, notamment au Saint-Gothard, cette espèce est associée au disthène, dans une gangue de paragonite, de telle sorte que les faces p et les arêtes «3/2de la staurotide soient respectivement parallèles aux faces m et aux arêtes mt du disthène.
Etym. : erraupdç, croix. La composition de la staurotide est très difficile à fixer; car l'espèce est rarement pure et la forte teneur en silice de certaines variétés (jusqu'à 5i °/0) tient à la présence de grains de quartz interposés. D'après les recherches les plus récentes, le fer y est surtout à l'état de protoxyde et, dans la staurotide pure, il y a environ 28 de silice contre 2*» d'alumine.
A la suite de la Staurotide, mais avec la magnésie remplaçant le fer, vient se placer la Saphirine, Mg*All0Si9O23, des micaschistes du Groenland. C'e>t un
plus haut, pp. ii't, 335.
SILICATES DE METAMORPHISME
minéral monoclinique, de densité 3, 42 ;i 3,'(7,avec une dureté de ;,>. Infusible, inattaquable, la Saphirine se présente en grains bleus dichroïques, ressemblant au saphir. Elle renferme i5. SiO2; 63, A1*0*; 17 à 19. MgO; a à \. FeO. 3 ! optique négatif; biréfringence : 0,009.
FAMILLE DES SILICATES D'ALUMINE HYDRATÉS
A la suite des silicates d'alumine anhydres viennent se placer les silicates hydrates, extrêmement nombreux, en tète desquels nous placerons d'abord les silicates exclusivement alumineux qui forment le genre Argile.