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GENRE ARGILE

Nous classons dans ce genre toutes les substances qui sont essentiellement composées de silice, d'alumine et d'eau. Le nombre en est considérable, et nous nous bornerons à énumérer les principales.

II résulte des recherches de M. Le Chatelier (1) qu'au point de vue chimique, les argiles peuvent être réparties en cinq groupes :

I. — Le premier groupe, celui de l'Halloysite, répond à la formule Il *A1-Si209 -h Aq. Dans la ealcination de ces argiles, l'eau hygrométrique Aq a complètement disparu à î5o degrés; après quoi il faut chauffer au-dessus de 400° pour chasser l'eau combinée Hi02. Enfin à iooo" se manifeste un brusque accroissement de température, indiquant la production d'un phénomène chimique avec dégagement de chaleur. Le phénomène consiste dans une transformation moléculaire de l'alumine, qui devient insoluble dans les acides. Celte alumine Libre provient de la décomposition que l'argile a subie au moment de sa déshydratation.

Le type du groupe est lHalloysite (dédiée à d'Omalius d'IIalloy). — P. S.= 1,9^2,20.— D.= 1 à 2. — ',i à \G. SiO2; 35 à ',<>. A1203; i4àa4.H30. un minéral amorphe, non plastique, à cassure conchoïdale ou esquilleuse, d'éclat vitreux, parfois translucide, blanc laiteux, vert ou jaune, happant à la langue, înfusible et entièrement attaquable avant cuisson. Devient translucide et même transparent par immersion dans l'eau. Il se présente d'ordinaire en filons et en gttes 'le contact.

La Lithomarge ou Steinmark est une variété d'IIalloysite, de teinte rouge, brune, jaune, bleue ou violette. D'autres variétés sont la /.rnzinite de la Haule- \ ienne et de 1 Eifel, le Savon hlnnc de Plombières (2), dit aussi Savon de montagne ou Oropion, déposé par les eaux thermales; la Sévérité de Saint-Sever

ii Huit. Soc. /iimrr., X, j». »o4. — (2) Ce minéral ;> été qualifié de Saponite, nom déjà donné ■ un'- serpentine.

ALLOPHANE, KAOLIN 527

(Landes), la Glossecollite, blanche et très fragile, etc. Ces diverses sortes d'argiles sont dites argiles chimiques, parce qu'elles se présentent en liions ou comme produits évidents de L'action d'eaux minérales. Elles sont souvent très pures et d'une grande Gnesse de grain.

Les argiles sédimentaires sont des mélanges très variables de quartz, de silicate d'alumine cristallisé e1 d'argile colloïdale Quand on les a débarrassées, par lavage, du quartz, il en est un bon nombre qui offrent la composition et les caractères chimiques des halloy sites. A cette section se rapportent la plupart des Argiles ré fractair es, comme celles de Forges, de Bollène, etc.; 1res plastiques, blanches, grises, jaunâtres, noirâtres, parfois marbrées, elles constituent, selon leur pureté, la terre à creusets, la terre de pipe, la terre à poteriesgrès et à faïences. Ce qu'on appelle ['argile plastique est une argile sédimentaire, bappanl fortement à la langue et éprouvant à l'air un retrait marqué; la terre glaise en est une variété impure, mélangée de calcaire et passant à la marne quand la proportion de calcaire varie de i "» à ïo °/0.

IL — Le second groupe, celui de l'Allophane, perd toute son eau entre i5o° et îoo° et subit, comme le premier, un changement moléculaire à iooo°. Sa formule est SiAl2Os -h Aq. Le type est l'Allophane. — P. S. = i, 85 à 2,02. — D. =3. — Masses mamelonnées ou rognons; bleu d'azur, bleu de ciel, verl de gris; jaune de miel, rouge, blanche, éclat cireux ou vitreux; devient blanche au chalumeau et colore souvent la flamme en vert, par suite de la présence du cuivre, aux minerais duquel elle est fréquemment associée. Elle peut contenir jusqu'à 4o% d'eau et est généralement colloïde.

Etym. : ol/j.o;, autre; j>aiv<i>, paraître; d'après Dana, parce qu'elle change d'aspect au chalumeau; selon d'autres, parce qu'on» l'a prise pour un minerai de cuivre.

A l'allophaue se rapporte la Collyritc des Pyrénées, en masses concrétionnées, d'un blanc de neige, happant fortement à la langue.

111. — Le type du troisième groupe est le Kaolin ou terre à porcelaine. Sa formule est H*Al2SilOe. — P. S. = 2,2. — D. = 1.

Généralement blanc, in fusible, inattaquable par l'acide chlorhydrique, il est décomposé par l'acide sulfurique bouillant, perd son eau à 7700 et n'éprouve, à ioho", qu'une transformation moléculaire insensible. Il happe légèrement à la langue, devient plastique quand on le délaye dans l'eau et ne subit pas de retrait par la cuisson .

Les plus beaux gisements de Kaolin accompagnent les pegmalites et les granités à mica blanc. La substance y est pénétrée de grains de quartz et semble résulter de la décomposition éprouvée par la matière feldspathique au moment même de sa formation. Une variété de Red Mountain (Colorado) se montre bien cristallisée en petites paillettes assez nettement biaxes, d'apparence

SILICATES DE METAMORPHISME

hexagonale, avec bissectrice négative presque perpendiculaire à p. Les sections transversales s'éteignent à i5 ou ao° des traces du clivage facile.

k'ti/m. : Corruption du mot chinois Kauling, nom d'une localité où la substance est exploitée.

C'est au Kaolin que doit se rattacher la Pholérite des schistes argileux de Lodève ou des terrains houillers de Belgique et de l'Allier, substance en écailles blanches narrées, douces au loucher, d'apparence hexagonale. La Nacrite de Saxe et de Lodève (P. S. =2,35 à a, 63. — D. = o,5)n'en sérail pas distincte. D'un blanc de neige, à éclat nacré, cette substance est biaxe et gonfle sous le chalumeau.

En résumé le groupe du Kaolin renfermerait toutes les variétés nettement cristallisées de silicate hydraté d'alumine.

On admet maintenant (i) pour le Kaolin ou Kaolinile la symétrie monoclinique, avec R. A. = 0,575 : 1 : i, 5qq •,mm = i2o°3'i'; plt1 =o,604e/. Signe opt. négatif. A. 0. dans g1. Biss. inclinée de ao° sur la normale à p. 2 V voisin de <j<>". Biréfringence : 0,009.

La Leverricrite en est une variété colorée.

IV. — La Pyrophyllite, H*Al2Si*012, est le type du quatrième groupe, qui se déshydrate entre 700° et 85o°, sans manifester à 1000° aucun dégagement de chaleur.

La pyrophyllite est en cristaux bacillaires onctueux, probablement monocliniques, à clivage micacé parfait suivant p, de signe négatif, avec i,58 pour valeur moyenne de l'indice et une biréfringence de 0,041. Elle peut renfermer un peu de magnésie. Une partie de la Pagodite (2) et l'Agalmatolite ayaXua, image, pour rappeler le nom allemand de Bildstein ou pierre à statuettes), avec lesquelles les Chinois font beaucoup de menus objets de sculpture, se rangent .1 côté de la Pyrophyllite. La Pagodite est ordinairement marbrée de rouge et de gris. L'Agalmatolite est d'un vert pâle, à éclat gras. Cette dernière substance renferme de 6 a io °/0 ^e potasse. — P. S.= 2,755. — D. = 2, 5 à 3.

Il est possible qu€ la Cimolile de l'île Cimolis (Grèce), qui contient très peu d'eau, doive être réunie à la Pyrophyllite. En tout cas, la même composition chimique, celle du quatrième groupe, caractérise, selon M. Le Chatelier, toute une -'-rie importante d'argiles plastiques et réfractaires, offrant la même allure par calcination et présentant ce caractère remarquable, de ne subir aucun retrait par la cuisson. Des gisements de ce genre existent à Montereau et en Belgique. < >n emploie ces argiles pour la verrerie et la construction des fours en briques non cuites.

Lacroix, Minéralogie '/>■ la France, I, p, kùi. ■ Le nom de Pagodite ost souvent.

appliqué ■ !'•- objeta formel de Stéatitei

MOXTMORILLOMTE, ARGILES DIVERSES 523

V. — Les argiles du cinquième groupe sont généralement très impures, contenant des alcalis, de la chaux, du fer et du manganèse, dont la présence se manifeste par la fusibilité de la matière. <>n peut les ranger autour de la Montmorillonite de la Vienne, argile savonneuse d'un rose clair, et surtout de la Stéarglllite de Poitiers, substance blanchâtre un peu bariolée, à éclal gras, dont la composition est exprimée par H2AlaSi*0,2+ Aq. C'est la même formule que pour la Pyrophyllite, mais avec addition d'une notable quantité d'eau hygrométrique qui part à 2000, en provoquant un ralentissement très marqué dans l'échaufFement de la substance. D'ailleurs, comme les argiles du quatrième groupe, les Montmorillonites ne dégagent pas de chaleur par la calcination.

La Confolensite de la Charente, les Argiles smectiques de Reigate (Angleterre) et de Styrie, son! des variétés de Montmorillonite. Les noms d'Argile smec* tique, Smectite ou Terre à foulon sont appliqués aux argiles qui servent à fouler les draps, et dont la plupart sont des argiles sédimentaires grisâtres ou bariolées, fusibles.

La Farine fossile des Chinois, qui contienl des matières organiques, entre autres 7 millièmes d'azote, est une variété de Smectite. Il parait en être de même de la Mahhacite du basalte de Saxe, ainsi que de la Miloschinc.

La division précédente des argiles en cinq groupes est basée sur la composition chimique. Mais, en tenant compte des caractères physiques, très importants en raison des applications industrielles, il y aurait lieu de répartir ces substances en deux séries : la première renfermant les argiles amorphes, colloïdales, résultat de précipitation chimique et dépourvues de plasticité (Halloysite, Montmorillonite, etc. ; la seconde comprenant les argiles plastiques, qui seules peuvent être employées en céramique (kaolins, argiles réfractaires, argiles plastiques, cimolite, etc.).

Les argiles vraiment plastiques sont lamellaires et se résolvent par le délayage en très minces paillettes évidemment cristallines; car lorsqu'on parvient à les observer par la tranche, on constate qu'elles agissent sur la lumière polarisée.

Pour terminer, ajoutons un mot relativement aux substances renfermées sous la désignation générique de Bol. On appelle ainsi les argiles contenant beaucoup d'oxyde de fer. Elles sont brunes, quelquefois rouges, et prennent un faible éclat cireux dans la raclure. Happant fortement à la langue, elles ne sont pas plastiques et fondent au chalumeau en émail jaune ou brun. P. S.r=i,(> à 2. D . = i ,6 à a , "> .

Les bols sont souvent des produits du métamorphisme par le contact du basalte avec le granité ou le grès bigarre

La Sinopiie des anciens, employée dans la peinture, la Sp/iragide, la. Méliniie, comprenant une partie des ocres Jaunes, notamment la Vierzonite, sont des variétés de bol contenant de G à 38 "/„ d'oxyde de fer.

DE LAl'I'AIiENT, COURS DE MI.M I1ALOGIE . 3^

SILICATES DE METAMORPHISME

DEUXIEME CLASSE SILICATES NON EXCLUSIVEMENT ALUMINEUX

Les espèces qui viennent d'être décrites proviennent tontes du métamorphisme de roches silicatées argileuses. Celles dont il va être question appartiennent à diverses catégories de roches, les unes siliceuses, les autres calcaires, magnésiennes ou ferreuses. Nous chercherons encore à les grouper, autant que possible, en catégories naturelles.

FAMILLE DES SILICATES ANHYDRES ou PEU HYDRATÉS

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