PRINCIPE FONDAMENTAL DE LA CRISTALLOGRAPHIE RATIONNELLE
Définition des corps cristallisés. — Un corps cristallisé <st un édifice dans lequel le groupement des particules a pu se faire, en dehors de toute coercition extérieure, sous la seule action des forces attractives et répulsives qui s'exerçaient entre ces particules. A cet égard l'expérience ne laisse aucun doute. Toutes les fois que la solidification d'un corps est rapide, on obtient une masse confuse, soit amorphe, soit composée de fibres ou d'aiguilles enchevêtrées, qui ne représentent qu'un rudiment de cristallisation. Au contraire, une solidification lente donne naissance à des cristaux bien définis, d'autant plus nets et d'autant plus gros que l'opération a demandé plus de temps. Ainsi, pour obtenir de gros cristaux limpides de soufre, il faut dissoudre cette substance dans du sulfure de carbone, et laisser évaporer la liqueur, pendant des semaines ou des mois, dans l'atmosphère d'une cave.
Il est donc permis d'en déduire que l'état cristallin représente le maximum de stabilité et de régularité dont larrangement de la matière soit susceptible, et l'on conçoit que cette régularité tende a se traduire au dehors par la manifestation la plus évidente Je l'ordre matériel, c'est-à-dire par des ligures géométriques.
Toutefois cette dernière condition n'est pas absolument nécessaire et ce n'est
H SYMÉTRIE CRISTALLINE
point, en général, dans L'arrangement des formes extérieures qu'il convient de chercher le secrel de la structure cristalline. En effet, la production des faces qui limitent on cristal dépend de la manière dont s'est terminé l'apport de substance cristallisable et aussi, dans une certaine mesure, des relations établies entre le cristal envoie déformation el les objets environnants. Or, ces éléments étant accessibles .1 l'influence des agents extérieurs, c'csl plus profondément tns l'intérieur même il" milieu cristallisé, que l'architecture des cristaux doit surtout être étudiée. Il est Lieu vrai que la notion des édifices cristallins ne doit s. m introduction dans la science qu'à la frappante régularité rmes externes. Mais aujourd'hui que, grâce aux propriétés optiques, thermiqm - el autres, la structure intérieure de ces édifices peut se révéler à l'aide de moyens bien plus faciles que ceux dont disposaient les premiers cristallographes, il convient de s'affranchir de la considération des formes, et de toute la théorie sur la symétrie intime des corps cristallisés, abstraction faite des faces qui les limitent au dehors.
Signification des formes extérieures. — Cependant l'étude des formes
extérieur* s, là où leur développement n'a pas été gêné par le milieu ambiant,
nous fournit des enseignements utiles, propres à nous mettre sur la voie des
ndamentales de la structure interne.
En premier lieu, une espèce minérale cristallisée est presque toujours limitée
par il 'ânes; ce qui prouve que c'est suivant des plans que la cohésion
tend ;'i se distribuer uniformément. Ensuite une espèce donnée affecte certaines
formes cristallines de préférence à toutes les autres; ainsi le cristal de roche
est ] !•■ -que toujours à l'état de prismes à six pans, coiffés par une pyramide à
si\ fact s; la calcite est très fréquemment à l'état de rhomboèdres, et la fluorine
litre le plu- souvent en cubes. Il y a donc, dans un milieu cristallisé de
sature donnée, certaines directions planes privilégiées, suivant lesquelles les
t( rminales tendent de préférence à se produire. De plus les propriétés
physiques des diverses faces sont loin d'être identiques; par exemple, si les
du prisme hexagonal, dan- le quartz, ont bien le même éclat, la même
dureté, les mêmes stries horizontales, elles diffèrent notablement, sous
divei - points d - faces de la pyramide terminale et, parmi ces dernières,
- distinguent habituellement des trois autres, tant par leur
>ppemen1 que par I ensemble de leurs caractères extérieurs. Mais si, sur
un cristal, il existe deux faces parallèles entre elles, <>n peut être assuré qu'en
rai elles offriront des propriétés identiqui s.
Il résulte évidemment de ce premier aperçu que, dans un milieu cristallisé,
les pi- hysiques diffèrent suivant 1rs directions des faces et obéissent a
un arrangement qui comporte I identité de certaines faces planes et l'inégalité
pareil ne s'observe dan- les corps amorphes où, le la disposition confuse di - particules, toutes les directions de lignes : • - montrer équivalent)