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PRINCIPE FONDAMENTAL

Invariabilité des angles dièdres. — Ce premier poinl établi, portons no're attention sur une collection de cristaux de même espèce el de même type, par exemple sur les prismes du quartz hyalin qui tapissent une des Itelles géodes de l'Oisans et du Saint-Gothard. Rien de plus capricieux, au premier

abord, que la ligure de ces cristaux. Les uns sont des prismes réguliers, tandis que les autres sont aplatis dans un certain sens. Il eu esl dont la pyramide terminale est exactement hexagonale, d'autres où trois faces sont spécialement développées, d'autres enfin où une seule face opprime, en quelque sorte, les cinq restantes, réduites à ne plus apparaître que comme de minimes troncatures sur les angles ou sur les arêtes. Cependant, à travers ces inégalités extérieures, il y a toute une catégorie d'éléments qui demeurent constants : re sont les angles dièdres que les faces homologues font entre elles, ainsi que la depuis longtemps proclamé Home de 1 Isle.

La conséquence immédiate de cette invariabilité des angles dièdres est que tous les cristaux d'un même type, soit, pour fixer les idées, tous les prismes de

Fig. 1. Fig. 2.

quartz détachés d'une même géode, peuvent être placés de telle façon que huis faces homologues, quel qu'en soit le développement, soient parallèles entre elles. Mais c'est tout : la position absolue de ces faces et, par suite, la ligure et la dimension du polyèdre formé par leurs intersections, ndiil rien de fixe. Elles peuvent varier au poinl de masquer entièrement la similitude de deux cristaux, qui seraient pourtant identiques au point de vue du nombre et du parallélisme des faces. De cette manière, la section droite d'un prisme hexagonal offrira tantôt la forme régulière de la ligure i, tantôt la forme aplatie de la figure 2, où deux côtés prédominent au point d'effacer presque complètement les quatre autres, sans que, néanmoins, tous les angle- cessent d'être égaux à 1 20".

Identité des directions parallèles. — Or ces divers cristaux, formes dans le même milieu, sous l'empire des mêmes circonstances, peuvent être considérés comme des manières d'être diverses d'un seul corps. On est donc fondé à conclure que toutes les faces d'un cristal peuvent cire déplacées parallèlement à elles-mêmes, sans que rien soit changé à la structure de l'édifice. Par conséquent, les faces d'un cristal représentent seulement des directions de plans cristallographiques, qu'on peut concevoir comme susceptibles de passer par un point quelconque, arbitrairement choisi dans le milieu. D'ailleurs il semble

naturel d'admettre qu'une face cristalline soit Formée par la réunion de toutes les particules pour lesquelles, au moment de la cristallisation, les conditions intérieures fiaient identiques. El puisque le bon sens indique que, toutes cirj des a l'extérieur, ces conditions ne doivent dépendre que du de distribution d s particules, il est légitime d'inférer que la répartition dr la matière relativement à une face est la même pour toutes les directions parallèles à cette i.i

Toutefois cette conclusion aurait besoin d'être soumise au contrôle de l'expérience et, 1 - - cristallines pouvant difficilement rire produites à volonté, il esl nécessaire de chercher cette vérification dans une propriété' à la fois plus intime et plus directement accessible. Le phénomène connu sous le nom de clivage répond parfaitement à ce besoin.

Preuves tirées du clivage et de diverses propriétés physiques. — Le cli g st la faculté que possèdent la plupart des corps cristallisés de se diviser, sous le choc ou sous l'action du canif, en lames planes parallèles. La calcite offre trois directions de clivages également faciles, se coupant mutin 1lemenl suivant des angle- dièdres de io5°5'. La galène a trois directions identiques, à angle droit les une- sur les autres. Le gypse en possède aussi trois. mais inégalement facile-, et le mica se clive suivant une seule direction, en lames dont la finesse n'est limitée que par celle des instruments employés à produire la division.

Or l'exp rience montre que les plans de clivage n'ont aucune position définie dans un cristal; leur direction seule est invariable et on peut les faire naître à volonté en un point quelconque du milieu cristallin. D'autre part, il est bien évidenl que ces plans ne sont autres que les surfaces de facile séparation du milieu. Ils représentent les directions suivant lesquelles la cohésion est un maximum, tandis que, normalement à cc< plans, elle atteint sa plus petite valeur. Mais la cohésion, dans un milieu donné, ne peut dépendre que du mode de distribution de la matière. Le phénomène du clivage nous démontre donc boses : d'abord qu'il y a, dans un cristal, des surfaces privilégiées au point de vue de la cohésion; ensuite que ces surfaces sont planes; enfin que, pour les directions parallèles aux plans de clivage, la cohésion et. avec elle, la répartition de la matière, sont les mêmes, en quelque point du milieu que l'on - directions.

Cette identil stitution suivant des plans parallèles n'est pas spéciale

aux <! des clivages ou a «-elles des faces cristallines. Elle se vérifie

l'on fait appel à des propriétés physiques d'un ordre plus intime. 1 pie, la conductibilité pour la chaleur. Dans un corps

amorphe, iductibilité est la même pour toutes les directions, quelles

quel! tonc on cherche à la mettre en évidence en faisant foudre, à

métallique chaude, appliquée sur la surface du corps, une cou- 1, dablemenl étendue sur ce corps, au bout d un temps donné,

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