‹ Cours de minéralogieChapitre 266 sur 327 · CHLORURES · texte numérisé non relu

CHLORURES

La Molysite est un sesquichlorure de fer, Fe2Cl:i, qui se dégage de la lave du Vésuve, en formant des incrustations ou taches brun rouge ou jaunes.

Etym. : [xôXuffiç, tache.

La combinaison de ce chlorure avec ceux de potassium et d'ammonium donne la Kremersite du Vésuve. (K.Cl-f- AmCI)'2-|- Fe^CP-h'ilPO, en octaèdres réguliers d'un rouge de rubis.

Etym. -. Dédiée à M. Kremers.

MINERAIS NON OXYDÉS

On connaît, sous le nom de Linnéite (dédiée à Linné), un sulfure de cobalt, très chargé de nickel, (Co, Ni)5S;, parfois ferrifère ou cuprifère et cristallisant

dans Le système cubique, sous les formes /> et a1, avec clivage /> imparfait et macles suivant a1. Les cristaux sont d'un gris d'acier, souvent rougeâtre et d'un vif éclat métallique. P. S. = î.s à V — D. = 5,5. — Poussière gris-noir. Soluble dan- l'acide azotique. Réact. 24, 3o. Avec les llux. réactions du fer, du cobalt et du nickel. L'analyse donne de n à 1<>. Go; o à V». Ni.

Smaltine. CoAs8 ou (Co,Fe)As-. =P. S. = 6.i à 6,6. — D. = 5,5 à 6. — S. cubique.

Combinaisons : p; pa1; pà1 b* a*, etc. Faces /; et a1 souvent courbes et comme gercées.

La Smaltine ou Cobalt arsenical (Spciskobalt) se montre en cristaux ou en masses cristallines compactes, réticulées Cobalt tricoté), gris d'acier ou blanc d'ctain. Poussière gris noirâtre; cassure inégale; pas de clivage bien distinct. Thermoélectrique.

Ch. : Dans le tube bouché, donne, par une forte calcination, surtout avec du cyanure de potassium, un sublimé d'arsenic métallique, tandis que, dans le tube ouvert, on obtient un sublimé blanc d'acide arsénieux. Sur le charbon, donne un globule gris magnétique, souvent chargé de nickel et de fer, avec fumées d'arsenic. Attaquable à l'acide azotique avec résidu d'acide arsénieux; la dissolution, rose quand il y a peu de nickel et de fer, est jaune quand ces deux métaux existent en proportion notable. Réact. h.

Etym. : S malt ou bleu de cobalt, à la fabrication duquel la smaltine est employée.

La Smaltine, très ferrifère, devient rhombique et porte le nom de Saffloritc. Les variétés nickélifères passent à la Chloanthite.

Cobaltine. GoAsS. — P. S. = 6,2 à 6,37. — D.r=VJ- — S- cubique, avec polyèdre hémiaxe centré, comme pour la pyrite.

Combinaisons : p. \ b*\ pa1, \ b*; a1, \ b\. avec développement égal des deux formes, conduisant à un icosaèdre très voisin de l'icosaèdre régulier (fig.

p\ ! bl ôVi^Vslî etc. Clivage p parfait. Faces p striées suivant les arêtes cubiques.

La Cobaltine ou Cobalt gris Kobaltglanz) se présente en cristaux ou en masses compactes d'un vif éclat métallique, d'un blanc d'argent tirant sur le gris, avec reflets rougeâtres. Poussière gris-noirâtre. Fait feu au briquet. Thermoélectrique.

P»g Ch. : Réact. ><>. '>-, 5i. Reste à peu près intacte

dans le tube bouché. Attaquable à chaud par l'acide nitrique en donnant une solution rose el un dépôl d'acide arsénieux.

La Cobaltine contient généralement un peu <!<■ fer. Quand la proportion de

ÉRYTHRINE, MILLERITE 621

ce métal de> ient plus considérable, on passe à une autre espèce, le Glaucodote. (Go,Fe)SAs, rhombique et isomorphe aveclemispickel (R. A. = 0,694 '. 1 : ',")': mmz= 1 !<>">*). Le glaucodote esl d'un blanc d'étain, un peu gris, avec poussière noire et clivage p. — I'. S. =6. — D.= >. Avec le borax, il donne successivement les réactions du fer et du colbat.

MINERAIS O XYDÉS

On connaît, dans la nature, le cobalt oxydé, mélangé au manganèse, sous la forme d'Asbolane (1) ou cobalt oxydé noir; celle espèce contient ><> à io de MnO contre 20 à 3a. CoO et 21 à 23. Il-O.

l'.tj/in. : àaêôXïj, suie, parce (jue le minéral tache connue la suie.

On a découvert en [872 un autre hydroxyde de cobalt, exempt de manganèse, répondant à la formule H18Go8018. Ce minéral, nommé Hétérogénite, est noir avec P. S. =3,4 1 et D. = i.

La Biebérite, IIlvCoSOn, est un sulfate hydraté de cobalt, monoclini<iue (m/7i = 82°2o'), habituellement en stalactites ou en enduits d'un rouge de chair ou rose pâle, de saveur styptique et amère. Réacl. 5i.

Étym. : Localité de Bieber (liesse).

Érythrine. IIl6Co:iAs-0'«. — P. S. = 2,95. — D. = i,5 à i,">. — S. monoclinique : R. A. =0,75 : 1 : 0,70; mm= no0; p/i1=io5°; a1/fl= i24°5i'; i1/,61/a="8°aV (2)-

Le cobalt arséniaté, nommé Érythrine à cause de sa couleur d'un rouge fleur de pécher, parfois très vif, forme des cristaux ou des fibres cristallines gl/tla\ de poussière rose clair, avec clivage g1 parfait. Signe opt. négatif. Biss. normale à g1, ail = mi" (D). Sectile.

Dans le tube fermé, l'Erythrine donne de l'eau et devient bleue ou verte; à une plus haute température, elle noircit en perdant de l'acide arsénieux. Sur le charbon, elle donne un arséniure qui présente la réaction ji. Soluble en rose dans l'acide chlorhvdrique.

MINERAIS NON OXYDES

Millérite. NiS. — P. S. = 5,2 à 5,6. — D. = 3 à 3,5. — S. rhomboédrique : R. A.r=i : 0,3295 ,!)-,/>/>= « '1 '1 n8'.

La Millérite, ordinairement mélangée de fer, de cuivre et de cobalt, est le

(1) Voir plus haut, p, Go.'i. — (2) Ce choix de données a l'avantage de faire ressortir l'isomorphisme de l'Erythrine avec la Vivianite. — (3) Quelques auteurs admettent R. A.= i : 0,988. avec pp = q8°43', pour l'aire ressortit- un peu mieux l'isomorphisme avec la Greenockite, Dans ce cas, notre rhomboèdre p devienl

plus souvent en cristaux capillaires (d'où les noms de Haarkies et Trichopyrite) d'un beau jaune d'or, tournant au bronze, parfois irisés, où dominent les prismes e1 et </'. Clivage/) et bl parfaits.

Ch. Fusible en globule brillant, magnétique.- Soluble en vert dans l'eau régale. Réact. '><>.

Étym. : Dédiée à Miller.

Il existe encore d'autres sulfures où le nickel est associé à divers métaux. Nous citerons : la Beyrichite. (Ni,Fe)5S7, en prismes tordus d'un gris de plomb; la Pentlandite ou Nicopyrite, Fe'NiS3, en masses d'un jaune de bronze à clivages octaédriques. P. S.=4,6. — D. =3,5 à ', ; la Grùnauite, où 22 à 4o °/0- Ni sont associés à 10-14. Bi, 0-11. Co., 1-11. Cu, 1-7. Pb. >-G. Fe. Cette dernière substance, cubique et d'un gris d'acier, se trouve à Grùnau, en très petits cristaux octaédriques. P. S. = 5,i3. — D.=4,5.

Nickéline. NiAs. — P. S. = 7,4 à -,--±. — D. = j à 5,5. — S. bexagonal; R. A. == 1 : n,8iy;pbl — i36°35'.

La nickéline se présente le plus souvent en masses compactes d'un rouge de cuivre (d'où le nom de KupfernickeJ), presque constamment associées à l'Annabergite ou Nickelocre.

Ch. Réact. 26, 36, J8, 5o, 01. Soluble en liqueur verte dans l'acide azotique avec dépôt blanc d'acide arsénieux.

Chloanthite. NiAs2. — P. S. =6,4 à (),«). — D. = 5,5. S. cubique.

Cette substance, d'abord confondue avec la smaltine, se présente en cristaux cubo-octaédriques avec clivage a* distinct, ou en masses d'un gris clair, souvent recouvertes d'un enduit vert d'arséniate. Elle est généralement cobaltifère et ferrifère.

Ch. Dans le tube fermé, donne un sublimé d'arsenic et devient rouge en passant à l'état de nickéline. Réactions du fer, du cobalt et du nickel. Soluble en jaune topaze ou verdàtre dans l'acide azotique.

Etym. : // 07.7 Or';, verdoyant, à cause de l'enduit vert d arséniatc.

Disomose ou Gersdorffite. NiAsS. — P. S. = <i,i à 6,3. — D. = 5,5. — S. cubique avec polyèdre hémiaxe centré.

Le Disomose esl isomorphe avec la cobaltine; cependant c'est la combinaison po1 qui domine, avec clivage p parfait. Blanc d'argent, gris d'acier, poussière noir-grisâtre.

Ch. Dan- le tube fermé, décrépite et donne un sublimé de sulfure d'arsenic.

Avec le borax, réactions successives du fer, du cobalt et du nickel. Soluble en vert dans l'acide azotique.

ULLMANNITE, BUNSENITE

Etym. : Si'ç ôfioïoç, <liii\ fois ressemblant, parce ([ue ayant la formule et la forme de la cobaltine, le minéral peul aussi être regardé comme une LJllmannite où l'antimoine est remplacé par l'arsenic.

La Breithauptite ou Nickel antimonial, NiSb, forme de petites tables hexagonales d'un rouge de cuivre violacé, où les faces de la pyramide font avec la base un angle de ■ 35°i5', ce qui rend l'espèce isomorphe avec la nickéline (R. A. = i : 0,859). P. S. = 7,5. D. = 5 à 5,5 Réact. 33.

Êlym. : Dédiée à Breithaupt.

Ullmannite. NiSbS. — P. S. = 6,2 à <»,'>. I). = 5 à 5,5. — S. cubique avec quelques formes tétraédriques (1).

Formes : p\ a1; bl ; pb^b1; clivage p parfait. Gris bleu ou gris noir, parfois irisée.

Ch. Sur le charbon, fond avec bouillonnement en émettant des fumées d antimoine. Héaet. 5o. Soluble en vert dans l'acide azotique avec résidu de soufre et d'acide antimonique.

Etym. : Dédiée à Ullmann.

MINERAIS OXYDÉS

Bunsénite. XiO. — P. S. = 6,4. — D. = 5,5. — S. cubique.

Petits octaèdres réguliers d'un beau vert, à éclat vitreux, translucides en lames minces.

Elym. : Dédiée à Bunsen.

La Texasite ou Zaratite est un hydro carbonate de nickel, H*2Ni3G011 (P. S. = 2,57 à 3,69. D. = 3 à 3,25), en incrustations ou masses mamelonnées d'un beau vert émeraude dans le fer chromé du Texas ainsi qu'au cap Ortegal. Infusible au chalumeau. Réact. 23, 5o, 87.

La Morenosite est un sulfate hydraté de nickel, II''.\iSO", en cristaux aciculaires et efflorescences vertes sur les minerais du nickel. — P. S. = 2. — D. = •>. à 2,25. — S. rhombique. R. A. = 0,982 : 1 : 0.566; mm = <ji'"i'; clivage g1. A. O. dans p. 2E = 65°.

LAnnabergite ou Nickelocre est un arséniate hydraté de nickel, H18Ni3As2016, en masses cristallines fibreuses d'un beau vert, monocliniques, accompagnant souvent la nickéline, notamment à Annaberg (Saxe).

On connaît plusieurs hydrosilicates où le nickel est associé à la magnésie et à diverses autres bases. De ce nombre sont :

(t) Observées à Lolling, par M. de Zepharovicli.

Genthite i '< > à i">. SiOa; 3o,3. NiO; 3,5 à iï.">. MgO; o à \. CaO •. 17 à i<). Il-* » . en masses compactes et tendres d'un vert pomme (P. S. = 2, , .

Pimélite 3 i à 36. SioJ: "> à r>,">. NiO; 5 à a3. Al2(>!-, 21 à 38. Il-O), en fragments amorphes ou enduits vert-pomme, presque infusibles au chalumeau.

Garniérite, sorte d'halloysite colorée en vert pâle par le nickel, trouvée par M. Garnier dans la Nouvelle-Calédonie, en association avec la serpentine.

Nouméite de Nouméa (Nouvelle-Calédonie), variété d'un vert foncé, onctueuse, contenant de <> à 3a. NiO et io,5 ;'»>">. MgO et répondant à peu prés, selon M. Liversidge, à la formule H6(Mg,Ni)10Si8OM.

Plusieurs auteurs considèrent la Garniérite et la Nouméite comme de simples hydrosilicates de magnésie imprégnés d'oxyde de nickel.

MINERAIS NON OXYDES

Blende. ZnS.

Page 1