‹ Cours de morale ... cours supérieurChapitre 2 sur 44 · CHAPITRE PREMIER — LA. UBERTÉ 1* Lai loi* blalM (I* la natara · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER — LA. UBERTÉ 1* Lai loi* blalM (I* la natara

Le soir, quand le soleil se couche deirièie les coteaux et que la nuit commence a envelopper la lerre, si quelqu'un vous disait, mes enfants, que vous ne reverrez plus cette clarté qui s'en va, ou que tout au moins vous n'êtes pas certains de la revoir le lendemain, à votre réveil : vous' souririez, n'est-ce pas, et penseriez qu'un mauvais plaisant veut se moquer de vous?

Ibus les soirs, le soleil et la lumière disparaissent pour faire place aux étoiles, si la nuit est claire, ou à l'ombre, si elle est obscure ; tous les matins, lumière et soleil reparaissent et brillent comme la veille, à

a ' ~ U MOEULE

moins que les nuages ne viennent en diminuer pour nous l'éclat. Cela s'est passé hier, avant-hier, il y a un mois, un an, un siècle, vingt siècles, depuis que l'homme est sur la terre, et cela ne changera pas.

Supposez qu'on vous réplique : « Qu'en savez-vpus? De ce qu'un fait a eu lieu toujours, pouvez-vous conclure qu'il ne manquera jamais? Ne peut-il pas se produire des exceptions? Qu'est-ce qui vous assure que cette prodigieuse machine qu'on appelle le ciel ne se détraquera pas? Pourquoi les astres ne se mettraientils pas à suivre une autre route que celle où ils se sont tenus jusqu'à présent? Pourquoi la vitesse du mouvement de la lerre autour du soleil ne diminuerait-elle pas ou n'augme«terait-elle pas, au cas où notre globe s'éloignerait ou se rapprocherait du centre de sa course? >

A cette objection, mes enfants, votre bon sens répondrait, sans avoir besoin de cansulter la science, que nous n'avons pas à nous préoccuper de la possibilité de parails changements, car la nature obéit à des lois fixes, auxquelles les astres ne sont point maîtres de se soustraire, ce qu'on exprime en disant qu'elles sont Immuables et fktale». {Vimmuable, c'est ce qui ne change pas; la fatalité ou nécessité, c'est ce qui s'impose à quelque chose ou à quelqu'un de manière à empêcher toute résistance pos* sible.)

Et ce ne sont pas seulement les astres, ce sont tous les êtres de la nature, les minéraux, les plantes, lesanimaux qui suivent ces lois. Ainsi il est nécessaire que la pierre lancée en l'air retombe sur le sol, que l'arbre pousse et grandisse en terre (si rien ne vient contrarier

LA IIBBRTÉ. 7

sa végétation), que le cheval meure, comme le poisson et l'oiseau, etc.

Une règle fixe gouverne toutes choses, et l'on peut affirmer que, les mêmes conditions étant données, les mêmes faits se reproduiront toujours.

C'est sur la confiance de l'esprit humain en cet ordre du monde qu'est fondée la science, qui nous fait connaitre les objets, non comme ils sont passagèrement aujourd'hui ou demain, mais comme ils sont toujours par nature et par nécessité.

Dans l'antiquité, on représentait la Fatalité sous la figure d'un vieillard aveugle, le Destin, tenant dans ses mains un grand livre où sont écrits d'avance tous les événements qui doivent se produire dans le monde. Maintenant, on ne croit plus que la fatalité soit une personne : on sait que c'est une Loi, ou plutôt un ensemble de lois qui règlent la marche de la nature.

Encore ce mot loi peut-il prêter à erreur; il ne s'agit pas d'une loi comme celles que font les députés et les sénateurs, et qui sont inscrites dans des codes (la loi sur l'instruction primaire, par exemple, ou la loi contre l'ivresse). Ici, la loi c'est tout simplement la manière conatento dont les choses se passent dans nn oerC^n ordre.

Ainsi, c'est une lot que les corps s'attirent les uns les autres, les plus gros entraînant les plus petits (voilà pourquoi la pierre que nous lançons en l'air tombe à nos pieds, pourquoi tous les objets pesants sont retenus sur le sol ; la terre les attire). Cest une loi qu'un corps plongé dans l'eau pciil une partie de spn poids égale au poids de la quantité d'eau qu'il déplace en y entrant (voilà pourquoi les objets légei's

peuvent surnager dans l'eau au lieu d'aller au fond). Cest une, loi que les germes des animaux et des plantes produisent, en grandissant, des animaux et des plantes semblables à ceux d'où ils sont sortis (voilà pourquoi une bouture de pêcher produira des pèches, et pourquoi un œuf de pigeon produira un pigeon, et jamais - autre chose).

Dans tous ces exemples, les mots : c'est une loi indiquent que les choses se passent toujours ainsi, en vertu d'une nécessité que nous ne comprenons pas, mais que l'observation nous permet de constater.

En dehors des lois naturelles, il ne pourrait y aveir que des hasards, des accidents, des miracles, c'est-àdire des faits contraires à l'idée que nous nous faisons de l'ordre universel, et par là même étrangers à la science.

SOMMAIRE

La nature entière semble obéir à des lois fixes qui règlent l'existence et les mouvements de tous les êtres

Ces lois immuables et fatales, prises dans leur ensemble, forment ce qu'on appelle l'ordre du monde et rendent possible la science, qui étudie la manière d'être constante des choses.

2° L'Ama «t la volonté ImmàliiM.

Hainlenant, dis-moi, mon enfant : ce soir, en sor tant de l'école, que feras-tu?

Page 1