DEVOIRS ENVERS U PATRIE
juste, c'est ce que tes livres d'Instniction civique t'ont déjà appris'. Aussi bîeR fais-je en ce moment une excursion nécessaire sur leur domaine.
Peux-tu me dire pourquoi l'impôt est nécessaire?
— Si l'on ne payait pas de contributions, il n'y aurait pas d'argent pour nettoyer les chemins, les éclairer, et payer les gens qui sont chargés de veiller à la sûreté des villes et des campagnes. Quand un méfait est commis, généralement le coupable se sauve; il faut une police pour le rechercher, des magistrats pour l'interroger, des juges pour le condamner ou l'acquilp ter, selon qu'il aura été reconnu coupable ou innocent. les travaux d'utilité publique, les canaux, les ponts, les routes, les ports non plus ne pourraient être exécutés si tout le monde n'y contribuait. Et l'armée donc! C'est la plus grosse dépense. Six cent mille hommes à nourrir, à habiller et à armer, des canons et des fusils à acheter, des forts et des citadelles à élever. Voilà une lourde charge.
— Tu as raison, et c'est l'impAt qui sert à tout payer.
Aussi l'impôt est-il nécessaire, et il est juste aussi. Quand on veut jouir de certains avantages, il est tout à fait équitable qu'on fasse un petit sacrifice pour se les assurer. C'est le cas où se trouvent les habitants des pays civilisés qui doivent payer leur bien-être. L'impôt est nécessaire chaque année pour entretenir les services publics qui assurent la sécurité de la société à laquelle on appartient, le respect des personnes et des biens.
1. Court éUmenlaire d'inttmction civique, du jnÈtnc auteur, psrni;i-apbes 13, 14 et 15, Court tupéritur, p. 87 el auiv.
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L'impôt doit être universel et obligaloiTey c'esl-àdire peser sur tous les citoyens sans exception. La Révolution a aboli sur ce point tous les privilèges qui subsistaient en France : autrefois les gens de la noblesse et du clergé n'étaient point soumis aux mêmes obligations que ceux du Tiers-État: maintenant l'égalité est établie.
L'impôt doit être en outre équitable, c'est-à-dire égal pour tout le monde dans les mêmes conditions, et proportionnel aux revenus de ceux qu'il frappe. Que ce soit Pierre ou Paul, riche ou pauvre, savant ou ignorant qui prenne une patente de marchand, i'Ëtat réclamera toujours la même somme pour le même établissement ou pour des établissements de même valeur et de même importance; il réclamera une somme deux fois plus forte pour une maison deux fois plus considérable, et ainsi de suite. L'impôt est donc calculé d'après les ressources des contribuables, et tu comprends bien pourquoi : on ne peut pas demander à un cultivateur, qui n'a que sa maison et son champ pour vivre, ce qu'on demande à un grand propriétaire qui fait cent mille francs de vins par an et qui occupe cinquante journaliers. Home chose pour le commerce : une petite boutique qui fait dix mille francs d'afîaircs, du mois de janvier au mois de décembre, ne peut pas rapporter à l'impôt autant que celle où la vente et l'achat dépassent un million.
C'est la justice môme qui veut cela : tout citoyen est tenu* de contribuer aux dépenses nationales* dans la limite de ses moyens, et aussi dans la limite des services qu'il reçoit de l'État. Or celui qui aune grosse