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37° L« TOt».
— Oui, monsieur, reprend Jacques, je compren bien que payer l'impôt soit un de ces devoirs qui s'imposent à l'homme par le fait qu'il vit dans une patrie. Mais je ne vois pas qu'il soit nécessaire que tout le monde prenne part à l'établissement de cet impôt : si je m'en fie aux autres pour le faire, et si j'ai d'autres occupations qui m'empêchent d'y songer, quel mal y a-t-îl à ce que je m'abstienne de voter, quand on élira les députés et les sénateurs chargés de fixer les impôts de l'année et d'arrêter la manière de les employer?
— Ce raisonnement-là n'est pas trop juste, mon bon Jacques ; mais avant de t'en montrer la fausseté, je te demanderai seulement si tu crois que les députés et les sénateurs ne s'occupent pas d'autre chose que de fixer l'impôt?
— Si, monsieur; je sais bien qu'ils font des lois sur toute espèce de choses, sur l'instruction, sur la justice, sur l'armée, etc. ; mais ne peut-on pas dire de même, à propos de toutes ces lois, qu'on a conâance dans le gouvernement, qu'on préfère ne pas se mêler de politique et rester tranquille chez soi, sans aller se compromettre et se faire des ennemis en votant pour les uns plutôt que pour, les autres? C'est ce que j'entendais dire l'autre soir au moulin, où j'étais allé faire une commission et où je m'étais arrêté à regarder tourner les roues. Le meunier disait : « Moi, je ne vous -point me mêler de ce que je ne connais pas; *oilà' bien dix ans que je n'ai pas voté : je laisse les