CHAPITRE m ^ LES DROITS DU OTOYEN DANS LA PATRIE
— Vous m'avez tous ces jours<;i parlé des devoirs da citoyen dans la Patrie, monsieur, me dit Jacques, mais point encore des droits que la Patrie lui donne en retour.
— Non, mon enfant : les droits sont une suite et une conséquence des devoirs.
— Comment cela ?
— ■ D'abord c'est parce que les autres ont des devoirs envers nous qu'ils nous reconnaissent des droits;ensuite le droit n'est que la dignité que nous confère le devoir qu'il nous faut accomplir. Aussi dans les sociétés bien organisées ^ouf devoir est-il lié à un droit et tout droit à un devoir.
— Alors, pour connaître les droits dont jouissent les Français, il suffit de se rappeler les devoirs que les lois du pays leur imposent?
— Parfaitement. Ces devoirs se réduisent à trois, comme nous l'avons dit :
1' Payer l'impôt, c'est-à-dire pai ticiper aux charges et aux dépenses de la patrie.
2° Voter dans les élections, c'est-à-dire s'intéresser activement à la marche des afTaires de la patrie.
3' Servir à l'armée, c'est-à-dire protéger la patrie et la défendre contre ses ennemis.
Eh bien, voyons quels droits vont sortir de ces trois obligations. Procédons par ordre.
Que prouve l'impAt équitablement réparti entre les contribuables, sans aucune considération de rang ni de position? D'abord que tous les citoyens sont égaux devant loi. Ensuite que tous, puisqu'ils doivent contribuer aux dépenses du pays, proportionnellement aux moyens qui leur sont également reconnus, ont un droit iderilique à posséder, à conserver ou à acquérir la richesse, par l'héritage ou par le travail, conformément aux règles admises. Enân, que tous, puisqu'ils participent à l'entretien de la patrie, ont droit à surveiller la manière dont les ressources communes sont appliquées à cet entretien.
Voilà donc trois droits tirés de cette obligation . de l'impftt iVégmilté civile, le droit de propriété, le . droit de oontrdler l'emploi des contributions votées pour la nation.
lia Déclaration des droit» de l'homme, adoptée en 1789 par l'Assemblée constituante, a fondé ces droits et les a, pour la première fois, reconnus comme inséparables de la qualité de citoyen français*.
En proclamant l'égalité des citoyens, la Déclaration n'a pas voulu dire qu'il n'y aura plus désormais ni force ni faiblesse, ni pauvreté ni richesse, mais que ces différences extérieures, choses de hasard ou de
1. CiHir< tiaiérieui- d'Inilruclioii càiiqae, paragr. 3 et siiiï. :