Cours de morale et opuscules en vers et en prose
CiHAREES- Albert Demoustier , non moins recommandable par la pureté de ses moeurs, qu'ami zélé d'un sexe auquel la nature même sembloit l'avoir attaché par des rapports sympathiques, je veux dire, parla délicatesse de son esprit et l'aménité de son caractèi^e , avoit ouvert une espèce de Cours de Morale , principalement destiné à l'instruction des femmes. Elles se réunissoient à certains jours réglés pour entendre les discours dont il leur faisoit la lecture. Diverses assemblées eurent lieu à cet etiet, tant en l'an 5 au lycée des Étrangers , que pendant l'année suivante au lycée dit Thelusson. Dans chacune de ces séances, noire aimable moraliste exposoil à ses chères disciples les opinions et \qs princi- I. I
a AVIS
pes jadis professés par les plus célèbres philosojîhes de Faiiliquilé : c'éloil en quelque sorte le canevas de ses K çoiis , où , employanl tour à lour le précepte et le sentiment, il rapptloit adroitement aux femmes et les vertus privilégiées de leur sexe, elles secrets les plus sûrs de l'art de plaire , et les moyens enfin de jouir, dans toutes les époques de leur vie, d*un bonheur fondé sur la sensibilité et la vertu. La prose et la poésie , fondues ensemble avec ce talent qui lui étoit particulier , concouroient à remijlir son but, en captivant diversement et l'esprit et le cœur de son intéressant auditoire.
Par malheur sa santé, devenue de plus en plus mauvaise , suspendit plus d'une fois , puis rompit entièrement le cours de ces charmantes instructions ; commerce délicieux , où le maître et les élèves trou voient un égal plaisir , l'un à communiquer ses lumières , les autres à se les approprier, et dont toujours la vertu reliroit un profit certain , celui d'assu-