DÉPART DES VACANCES
1 o u R Q u o I VOUS quitter , Aimable nature ?
Riante verdure , Pourquoi vous quitter ?
Jeune et plaintive Phîlomèle , Chaque fois que j'entends les échos de ces boi» Répéter tendrement les accens de ta voix , Ma tristesse se renouvelle.
Mêle , mêle tes soupirs Aux amertumes que me cause Le terme de mes plaisirs.
Au sein de ma famille , hélas ! mon cœur repose : Il faut m'en séparer ! ah ! mêle tes soupirs Aux amertumes que me cause Le terme de mes plaisirs.
(*) On présente au public cette pièce et la suivante , comme les premiers essais d'une Muse novice , dans lesquels on pourra entrevoir avec plaisir le talent naturel de M. De- MODSTiER pour la poésie. Il étoit au collège , et avoit à peine quinze ans lorsqu'il composa ces opuscules , qui déjà portent l'empreinte de cette aimable sensibilité répandue dans tous ses ouvrages.
l38 POÉSIES
Sombres forêts , où règne le silence ; Charmans vergers , séjour de l'abondance ;
RIans coteaux , où l'on voit chaque jour
Bacchus venir avec toute sa cour Recueillir les présens que nous offre l'automne ;
Aimables prés , où Flore avec Pomone S'empressent d'accorder aux vœux des laboureurs Les fruits qu'ont mérités leurs utiles labeurs j Vous tous , lieux charmans , doux asyles , Je ne verrai donc plus vos tableaux enchanteurs i
Habitans fortunés de ces rives tranqiiilles , Goûtez dans le repos votre félicité.
Vous ne connoissez point tout le fracas des villes : Que vous êtes heureux dans votre obscurité !
O quand pourrai-je , assis au bord de l'onde pure
Qui serpente dans ce vallon ,
Venir peindre encor la nature , Et jouir chez Cérès des plaisirs d'Apollou !