SUR LA MORT DE MADEMOISELLE
dgée de i2 ans.
Muse , quitte ces prés et ces riantes plaines ; Abandonne aux bergers le séjour des hameaux , Seconde ma douleur , et pour peindre mes peines , Prends tes tristes pinceaux.
Pareille aux jeunes fleurs à peine encore écloses , Doris embelllssoit nos fertiles guérets.
L'impitoyable Mort vient mêler à ses roses De lugubres cyprès.
Hélas ! pourquoi couper ime trame si belle ! Pourquoi de son printemps Interrompre le cours ! Pourquoi nous l'arracher ! la Parque pouvoit-elle Filer de plus beaux jours ?
DIVERSES. l4l
Près de son urne encore on voit raîmable Enfance ; Les Grâces et les Ris la couronnent de fleurs ; Les Plaisirs affligés et la tendre Innocence Y répandent des pleurs.
Le Temps trancha ses jours dans sa course rapide ; Et dès qu'il vit sa faute , il voulut , mais en vain , La rendre à la lumière ; et sa fauls homicide Échappa de sa main.
Ainsi périt un lis coupé dans la prairie. En vain le moissonneur , touché de ses attraits , Voudroit le ranimer et le rendre à la vie : n est mort pour jamais !