DES HÉMORRHOÏDES
( Flux hémorrhoïdal. )
On entend , par hémorrhoïdes , un écoulement de sang par l’anus, ayant son siège au pourtour de l’anus; on donne encore ce nom à la tumeur qui précède ce flux.
Causes. Les causes prochaines du flux hémorrhoïdal, sont une congestion sanguine dans les vaisseaux qui entourent le rectum ; les causes éloignées agissent les unes sur le rectum, les autres sur l’économie tout entière.
1° Les causes qui agissent sur le rectum, sont les coups à la région anale, les excès vénériens; une constipation opiniâtre qui exige de violents efforts de défécation ; la station prolongée sur des coussins percés ; l’abus des lavements excitants; l’usage et l’abus des drastiques, surtout de l’aloës, l’état de grossesse chez la femme.
2° Les causes agissant sur tout l’organisme, sontrétatpléthorique,letempéramentbiiieux, l’alimentation succulente et excitante, les boissons alcooliques. Quelquefois, celte affection se développe sans qu’on puisse en apprécier la cause.
MALADIES DU TUBE DIGESTIF
Tous les âges ne sont pas également ex- | posés aux hémorrhoïdes; elles sont très-rares chez les enfants ; on ne les observe guère qu’à l’âge de trente ans. Les femmes y sont beaucoup moins exposées, à cause de l’écoulement menstruel. Elles sont héréditaires.
Symptômes. Le cas le plus simple est celui où on observe un écoulement de sang seulement au milieu des efforts de la défécation. Dans un second cas, avant d’aller à la selle, les malades éprouvent au pourtour de l’anus un sentiment de tension, de chaleur, de pesanteur et de douleur. Dans ce cas, l'anus présente ordinairement deux ou trois petites tumeurs , par lesquelles le sang s’écoulera, quand les malades iront à la selle. Cet écoulement disparaîtra après la défécation pour faire place à la sensation de douleur, de chaleur, etc. Dans un troisième cas, ces accidents se montrent encore, mais les tumeurs sont plus volumineuses, et les douleurs excessives. Ces tumeurs sont violacées, et augmentent quelquefois de volume, au point d’oblitérer l’orifice anal , de rendre les selles impossibles, et l’introduction des lavements difficile et fort douloureuse. Quand la nialadie est arrivée à ce point , les mouvements, la marche et même la station sont pénibles ; les malades sont abattus, souvent agités; il y a fièvre, et la douleur s’irradiant et remontant vers le gros intestin, donne lieu aux coliques hémorrhoïdales. En même temps les fonctions de l’estomac peuvent se troubler , des vomissements peuvent avoir lieu , et le système nerveux tout entier peut s’affecter. Ces accidents peuvent durer vingt-quatre heures, ou se prolonger pendant huit ou dix jours, pour se terminer par un écoulement de sang.
Quel que soit le degré de l’état hémorrhoïdal, le sang qui s’écoule et termine la crise, varie en quantité; chez les uns, il y en a peu, chez les autres, il sort par jets et par Mots. Le flux peut n’avoir lieu qu’une fois, il peut être périodique. Il n’est pas rare de rencontrer des individus qui rendent du sang toutes les fois qu’ils vont à la selle, et cela pendant des années entières.
Pendant l’intervalle des accidents,, il peut se faire que d’autres phénomènes se montrent à leur place, et soient , pour ainsi dire, une | transformation que leur réapparition fait cesser. Ce sont des congestions, des tintements d’oreilles , de la céphalalgie , des étourdissements, de la dyspnée, de la toux , des palpitations. 11 peut survenir un trouble général, dans lequel il semble que lesang modifié porte partout le désordre, et occasionne un mouvement fébrile: d’où une conclusion pratique fort importante, c’est qu’il faut bien se garder de supprimer le flux hémorrhoïdal ; s’il cesse brusquement, il faut au contraire se hâter de le rappeler au moyen de légers drastiques, de !
l’aloës ou de sangsues appliquées à l’anus.
Les tumeurs hémorrhoïdales sont internes ou externes; internes quand elles siègent audessus du sphincter de l’anus ; externes quand elles siègent au-dessous. Leur texture est variable, et sous ce rapport on peut les ranger en trois genres : i° celles qui sont en touj, semblables à des varices ; 2° celles qui sont de véritables kystes où aboutissent des veines à parois celluleuses; s° celles qui se présentent sous la forme de tumeurs érectiles ayant la texture aréolaire à veines très- développées.
La douleur vive qui accompagne leshémorrhoïdes, en s’irradiant, se propage vers la vessie et détermine l’ischurie, la dysurie; la matrice est aussi souvent le siège d’une douleur plus ou moins forte.
Si les hémorrhoïdes tendent à l’inflammation chronique, ce qui n’est pas rare, il en résulte un prurit incommode et des douleurs peu vives; il s’écoule une matière blanchâtre, connue sous le nomd’hémorrhoïdes blanches, qui ordinairement disparaît à l’approche de l’écoulement hémorrhoïdal réel , pour reparaître ensuite.
Outre ces deux complications peu graves il en est une autre plus sérieuse, c’est le prolapsus de la muqueuse du rectum ; en effet lorsqueces tumeurs sont volumineuses elles tiraillent la membrane interne rectale qui cède et tombe au-dessous de l'orifice anal et constitue par fois une véritable chute du rectum ; on l’a vu survenir tout à coup au milieu de violents efforts de défécation et causer un véritable étranglement de l’intestin, suivi des accidents les plus graves. Enfin la présence des hémorrhoïdes donne lieu quelquefois aux contractions spasmodiques de l’anus, aux fissures de celte région, et peut même déterminer la dégénération cancéreuse.
L’influence de ces hémorrhagies sur l’économie est tantôt nulle, tantôt utile, quelquefois nuisible par la grande quantité de sang perdue. On voit des malades que cet écoulement épuise, dont les fonctions se troublent, dont la peau devient pâle, et dans des cas rares, à la vérité, la mort peut être la terminaison de cette maladie.
Le Diagnostic est en général facile. Dans | quelques cas, on pourrait confondre les tumeurs hémorrhoïdales avec certaines tumeurs vénériennes ou des polypes. L^ doute cessera si l’on prend garde que ces polypes ne se . gonflent pas comme elles, et à ce que. les tumeurs vénériennes siègent plutôt vers la réunion de la peau avec la muqueuse.
Traitement. Si les hémorrhoïdes se suppriment brusquement et qu’elles menacent d’aller congestionner quelqu’autre partie du corps on les rappelera, comme nous l’avons déjà j indiqué.
i La guérison radicale de celle affection est
DE LA GASTRORRHÉE.
très-difficile à obtenir. Si le flux est modéré, il faut le laisser couler, éviter toute cause d’irritation, faire chaque jour des lotions fraîches et suivre un régime convenable.
Si le flux est précédé de tumeurs volumineuses et d’accidents généraux, il faut faire la saignée de la veine, appliquer pendant plusieurs heures à l’anus des cataplasmes frais de mie de pain, de lait et de riz, ou des compresses trempées dans une décoction de belladone. On ne doit tenter la dangereuse opération de l’excision que lorsqu’il y a menace de dégénération cancéreuse; on sait que les hémorrhagies de cette partie sont toujours dangereuses et souvent mortelles.
IIe CLASSE. — LÉSIONS DE SÉCRÉTION DE LA