DES HÉMORRHOÏDES
trique surviendra toutes les fois qu’il y aura un surplein dansles vaisseaux. Dans le typhus, le sang tend à abandonner les vaisseaux, ses éléments tendent à se dissocier et alors les hémorrhagies gastriques accompagnent les larges ecchymoses que l’on observe dans ces maladies, et surtout dans la fièvre jaune. Chez certains individus pléthoriques, la gastrorrhagie survient quelquefois tout à coup. On a vu des anévrysmes s’ouvrir dans l’œsophage, soit goutte à goutte, et s’accumuler dans le ventricule, soit en masse , et étouffer le malade. On a ditaussique le foie pouvait laisser refluer le sang par les vaisseaux excréteurs.
Quelquefois, le sang qui semble provenir de l’estomac, peut être fourni par les fosses nasales ou parle poumon. Quelquefois, après l’opération du filet, les très-jeunes enfants peuvent avaler une certaine quantité de sang par le mouvement continuel de suceion qui leur est propre, et ils peuvent être étouffés avant qu’on se soit aperçu de cet accident.
Enfin le vomissement de sang peut être simulé par ceux qui en ont avalé.
Symptômes. Le sang fourni par l’estomac est constamment noir, tandis que celui qui provient d’une hémoptysie avec lequel on pourrait le confondre, est rouge et rutilant. Cependant, si le sang est rejeté aussitôt après sa sortie du vaisseau, il devient très-difficile de se prononcer. S’il n’y a pas vomissement de sang, on pourra reconnaître une tumeur développée à la région qu’occupe l’estomac, et la percussion donnera l’indice du liquide.
L’hémorrhagie de l’estomac peut être abondante au point de faire périr le malade surle-champ. Quelquefois elle se renouvelle pendant de longues années , en apparaissant à des intervalles plus ou moins rapprochés. On l’observe aussi sous le type intermittent.
Le pronostic d’une gastrorrhagie qui n’est liée à aucune altération de l’estomac, est peu grave.
2° Dans l’intestin. On la désigne soqs le nom d’ enter or rhagie. Quand elle est liée à une hémorrhagie de l’estomac, elle prend le nom de melœna.
Elle reconnaît pour causes différentes altétérations de l’intestin, comme le cancer, les ulcérations de l’entérite folliculeuse ; mais elle peut aussi être idiopathique, et n’être que le résultat rde l’exhalation sanguine de la muqueuse.
Les accidents qu’elle détermine sont les mêmes que ceux de la gastrorrhagie : pâleur, iypothimies, faiblesse qui peut aller jusqu’à la mort. Quelquefois, une perte de sang peu abondante, entraînera la mort du malade, d’autres fois une hémorrhagie très-considérable ne déterminera que quelques symptômes qui se dissipent facilement. Une terminaison
funeste peut arriver par une seule selle, et même lorsque le sang reste dans l’intestin.
Cette hémorrhagie peut ne survenir qu’une seule fois , durer plusieurs jours, ou se prolonger un espace de temps plus ou moins considérable. Elle peut affecter la forme aiguë, chronique ou intermittente.
Le pronostic de l’enterorrhagie est en général grave.
Le traitement de ces deux affections est le »même. Si le sujet n’est pas très-affaibli , on emploiera la saignée générale. Si l’hémorrhagie est liée à la suppression d’un flux normal, comme les règles ou les hémorrhoïdes, on appliquera des sangsues à la vulve ou à l’anus.
Les révulsifs, et de préférence on emploiera la pommade ammoniacale, seront appliqués sur les membres inférieurs, et non sur les parois abdominales. On placera des ligatures sur les membres, on appliquera des compresses d’eau froides sur le ventre. On administrera des boissons très-froides, et même de la glace. S’il n’y a pas quelque ancienne affection de l’estomac , on pourra donner des acides. On donnera aussi des demi-lavements d’eau froide. L’opium, soit dans les boissons, soit en lavements, sera très-utile. On s’est aussi, dans quelques circonstances, bien trouvé de l’emploi des sels de morphine. Enfin, si on ne soupçonne aucune complication, on administrera des astringents énergiques, comme la limonade sulfurique, l’eau de rabel, le ratanhia, etc.
Dans le cas d’hémorrhagies intermittentes, on donnera le quinquina.