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DE LA NÉPHRITE AIGUE

Caractères anatomiques. Le rein estrouge rempli de sang et tuméfié. Son tissu se déchire avec facilité dans quelques circonstances , on y rencontre de petits foyers purulents disséminés dans son parenchyme, et quelquefois des Calculs libres ou implantés dans sa substance qu’ils ont déchirée parleurs angles. Si l’inflammation a été très-intense , le pus peut se trouver réuni en abcès considérables et s’être répandu en même temps dans les calices et dans les bassinets.

La néphrite peut occuper un seul rein ou les deux à la fois.

Causes. Quoique la néphrite puisse attaquer tous les âges, on l’observe plus communément chez les adultes que chez les enfants et les vieillards. Les hommes y sont aussi plus sujets que les femmes ; elle est plus fréquente sur les sujets à tempérament sanguin. On a observé que les individus nés de parents goutteux ou rhumatisants et que les goutteux euxmêmes y sont plus prédisposés.

L’influence des climats est évidente sur la production de cette maladie. Rare dans les pays chauds , elle est au contraire fréquente dans les pays froids, et surtout dans ceux où règne une température humide , comme en Angleterre et en Hollande. La raison physiologique de cette influence des pays froids et humides sur la production de la néphrite est facile à donner. Il existe entre la sécrétion de la peau et celle des reins une relation telle , que l’une d’elles s’accroît toujours en proportion de ce que l’autre diminue : or , dans les pays froids et humides, la transpiration cuta

MALADIES DES APPAREILS DES SECRETIONS

née étant presque nulle , les reins, pour suppléer cette sécrétion, sont forcés à une activité continuelle; et comme de l’état physiologique exagéré d’un organe à son état morbide il. n’y a qu’un pas , et que l’un conduit à l’autre, il en résulte que les reins, incessamment surexcités , doivent être constamment prédisposés à s’enflammer. Tout au contraire, dans les pays chauds , la sécrétion cutanée étant trèsabondante et celle des reins ne s’élevant presque jamais au-dessus de l’état physiologique, les phlegmasies de la peau s’y doivent montrer fréquentes et celles des reins très-rares, et c’est en effet ce qui a lieu. Mais à ces causes viennent s’en joindre d’autres très-puissantes et qui sont aussi, pour ainsi dire, communes aux pays froids et humides. Ces causes sont le grand usage de thé et de bière , boissons trèsdiurétiques, qui augmentent encore, par conséquent, l’action des reins déjà accrue par le défaut' de transpiration cutanée. L’abus des liqueurs spiritueuses doit être encore rangé parmi les causes de la néphrite.

Les causes les plus fréquentes de la néphrite sont celles dont l’action s’exerce directement sur les reins , telles que les chutes sur la région lombaire et les plaies qui pénètrent jusqu’à ces organes. Les auteurs disent qu’elle peut être produite par les violentes secousses de la danse, de l’équitation , et par les cahots d’une voiture mal suspendue, en roulant sur un terrain raboteux. Les substances qui exercent une action irritante sur les organes sécréteurs de l’urine, comme l’huile essentielle de térébenthine, les cantharides et la plupart des poisons narcoüco-âcres, les médicaments diurétiques administrés à trop fortes doses , certains miasmes, etc., peuvent déterminer la néphrite. Elle est souvent produite par une suppression brusque de la transpiration cutanée ; souvent aussi elle est excitée et entretenue par la présence de graviers , et surtout de calculs anguleux dans les reins; onia voit quelquefois succéder à ln disparition brusque d’une inflammation articulaire, goutteuse ou rhumatismale, comme aussi l’inflammation des testicules, celle de l’urètre et celle de la vessie, peuvent, dans quelques cas, se propager jusqu’aux reins.

Symptômes. Si l’invasion de la néphrite se fait brusquement, c’est par un frisson plus ou moins violent qu’elle débute. Bientôt une douleur vive , aiguë, lancinante ou bien obtuse, gravative, pongitive et profonde se fait sentir dans la région lombaire , d’un seul ou des deux côtés. Cette douleur se propage souvent à la vessie, à la verge, dans l’aine et au scrotum, quelquefois à la cuisse, et toujours du côté du rein enflammé, si un seul est dans cet état; cette douleur est augmentée par la pression, par le mouvement, lorsque surtout le malade estdebout. par la toux, l’éternûment?le rire

par les grandes inspirations , par les efforts pour aller à la garde-robe , et par toutes les secousses. Dans la partie souffrante, le malade éprouve une sensation de chaleur et de pesanteur, quelquefois de constriction ou de dilacération. L’écoulement de l’urine se fait goutte à goutte ; elle est ordinairement rare, rouge, sanguinolente, et se supprime entièrement quand les deux reins sont enflammés ; dans d’autres cas, elle est aqueuse, claire, limpide, et dépose un sédiment blanc et homogène;dans les cas où il existe des calculs, elle laisse déposer au fond du vase de petits graviers inégaux, irréguliers eLsemblables à du sable.

La néphrite développe des phénomènes sympathiques plus ou moins intenses. Ce sont la rétraction du testicule et l’engourdissement de la cuisse du côté du rein enflammé, des nausées, des vomissements bilieux, le développement de gaz intestinaux, un sentiment de constriction à l’épigastre , des douleurs vagues dans le ventre, le ballonnement de cette partie, de la diarrhée avec ténesme , la sécheresse de la langue , une soif plus ou moins vive, et un pouls dur, plein et quelquefois petit et intermittent. La peau, ordinairement sèche et brûlante, est quelquefois couverte de sueur, et si le cours et l’urine est entièrement suspendu, la sueur en contracte souvent l’odeur ammoniacale. Dans quelques cas, la néphrite donne lieu au hoquet, à une toux sèche, à la gêne de la respiration, à la douleur de tête et à l’insomnie.

Nous avons dit que l’inflammation du rein pouvait, dans quelques cas, donner lieu à des abcès dans la substance de cet organe. On pourra conjecturer qu’il en est ainsi, lorsque, après des symptômes de néphrite plus ou moins aiguë , au milieu desquels on a pu remarquer la plénitude du pouls et la chaleur halitueuse de la peau, la douleur devient pulsative, le pouls plein et mou, lorsque des frissons se déclarent et alternent avec de petites sueurs, et lorsque le malade vient à éprouver la sensation d’un poids plus considérable dans la région du rein affecté. Le diagnostic ne sera plus douteux quand les urines deviendront lactescentes ou qu’elles déposeront des flocons de pus au fond du vase. Enfin, le diagnostic deviendra encore plus facile, si le tissu celluraire qui environne le rein participe à l’inflammation , ce qui arrive le plus ordinairement, que la région lombaire s’empâte, se tuméfie; que bientôt un tumeur distincte s’y dessine, etqu’une fluctuation profonde s’y manifeste.

On peut distinguer les douleurs que détermine la néphrite de celles occasionnées par la présence de calculs dans le rein , à ce que celles-ci sont aiguës, pongitives, déchirantes ; elles surviennent tout à coup et cessent de même; elles semblent suivre et dessiner les

DE LA NEPHRITE CHRONIQUE

uretères; elles diminuent dans certaines positions et augmentent dans d’autres. On ne conservera aucun doute sur la nature de l’affection, si en même temps l’urine se supprime subitement avec la naissance de la douleur et coule de nouveau aussitôt que celle-ci s’apaise, et si surtout de petits graviers sont déposés sur les parois du vase de nuit.

Marche. La néphrite a ordinairement une marche continue.

La durée moyenne de la néphrite aiguë est de huit à vingt jours.

Sa terminaison la plus ordinaire est la résolution , qui est annoncée par un sédiment abondant, épais et roussâtre dans les urines, par une hémorragie par l’anus ou par l’urètre, une diarrhée ou une sueur abondante. Quand la maladie se termine par suppuration, ou bien le pus reste emprisonné dans le rein et le désorganise si on ne lui ouvre une issue, ou il se fait jour par le colon, ou bien il s’épanche dans la cavité abdominale , ou bien encore il vient former un dépôt à l’aine ou à la marge de l’anus ; enfin, dans les cas heureux, il descend dans la vessie par l’uretère et s’évacue avec l’urine. On a vu la néphrite, fort rarement, il est vrai , entraîner la gangrène de l’organe,

Pronostic. Quand la néphrite résulte delà blessure de l’organe, elle est presque toujours mortelle; elle a rarement une issue funeste, au contraire, dans les autres cas.

Traitement. La néphrite aiguë réclame tout d’abord le traitement antiphlogistique dans toute sa rigueur. Saignées générales répétées, applications nombreuses de sangsues sur la région des reins, cataplasmes émollients, bains tièdes très-prolongés, demi-lavements émollients et narcotiques, diète absolue, boissons mueilagineuses émulsionnées, mais non diurétiques, voilà les moyens les plus rationnels et les plus généralement employés. Les premières saignées doivent être fortes ; on pourra sans crainte tirer deux livres de sang à la fois, car par ce moyen on pourra peut-être faire avorter la phlegmasie et en prévenir la terminaison par suppuration. On ne doit pas craindre non plus de les répéter autant que l'inflammation l’exige et que les forces du malade le permettent. Quelques auteurs, et M. Roche entre autres, disent qu’il convient de n’administrer les boissons qu’avec parcimonie , et surtout si les deux reins soit enflammés, pour ne pas obliger ces organes à un travail sécrétoire qui ne ferait qu’accroître leur inflammation ; il faut même, disent-ils, en priver complètement le malade et étancher sa soif en lui faisant sucer quelques quartiers d’orange, lorsque l’urine est entièrement supprimée, parce que ce signe annonce ou une inflammation excessive des deux reins, ou l’oblitération des uretères

par des calculs , et que , dans le premier cas, il importe de laisser reposer les organes de la sécrétion urinaire, et que, dans le second il faut éviter d’accroître la quantité du fluide sécrété.

Mais d’autres praticiens ne partagent pas cet avis de ne donner que de petites quantités de boissons aux malades atteints de néphrite aiguë. Quelques-uns pensent, au contraire, que l’administration de boissons mucilagineuses abondantes concourt puissamment à diminuer l’inflammation, et ils se fondent sur ce fait incontestable que plus l’urine est rare et concentrée, plus elle est irritante. La théorie donc semble également favorable à ces deux préceptes ; c'est à l’expérience qu’il appartient de prononcer.

Aussitôt que l’inflammation est devenue moins intense, on pourra recourir aux révulsifs sans cantharides sur les extrémités inférieures, aux embrocations d’huile tiède camphrée sur la région des reins et à quelques légers laxatifs. Ces moyens auront d’autant plus de succès qu’ils seront employés plusprès du déclin de la maladie.

Quand, malgré un traitement énergique, un abcès se forme dans la substance du rein , s’il acquiert un grand développement et qu’il fasse saillie dans la région lombaire , il imported’en faire l’ouvertureaussitôtquela fluctuation se fait sentir.

DE LA. NÉPHRITE CHRONIQUE

Caractères anatomiques . Us sont à peu près les mêmes que ceux de néphrite aiguë. C’est dans cette forme de la maladie que se forment des abcès considérables , qui détruisent quelquefois leparenchyme entier de l’organe , et qui, au moyen du tissu cellulaire , fusent souvent au loin sous la peau , ou, perforant le péritoine, déterminent son inflammation, ou qui viennent s’ouvrir dans lecolon .

La néphrite chronique peut être simple ou calculeuse, elle peut être primitive ou consécutive à la néphrite aiguë.

Symptômes. La néphrite chronique simple et primitive ne donne lieu, en général, qu’à des symptômes assez obscurs et qui ne diffèrent de ceux de la néphrite aiguë que par l’intensité. Souvent les malades n’accusent qu’une douleur médiocre dans la région des lombes et dansTaine, accompagnée de rétraction du testicule , d’engourdissement de la cuisse et de l’émission d’urines sanguinolentés. Ces symptômes sont continus, ce qui les distingue de ceux occasionnés par la présence de calculs. Mais ces symptômes, faibles d’abord, prennent peu à peu une intensité plus grande, et à mesure que la maladie fait des progrès, un mouvement fébrile s’établit, la maigreur survient, le malade s’alite, des complications digestives ou péritonéales survien-

MALADIES DES APPAREILS DES SÉCRÉTIONS

ment, et le malade succombe dans le marasme.

La durée de la néphrite chronique est toujours très-longue.

Traitement. On combat cette maladie par l’application de ventouses scarifiées aux régions rénales , des cautères , des sétons, et même des moxas. On prescrit un régime doux et végétal, des boissons aqueuses abondantes, un exercice modéré, et l’on cherche à provoquer la transpiration cutanée. Quand la maladie est sous l’influence de calculs rénaux, on emploie un traitement spécial que nous indiquerons plus bas.

DE LA CYSTITE.

Le mot cystite indique d’une manière générale l’inflammation de la vessie urinaire; mais cette acception a été singulièrement restreinte par l’usage. Le plus grand nombre des auteurs réservent ce nom à l’inflammation aiguë de la vessie attaquant toutes les membranes qui composent cet organe. L’inflammation bornée à la tunique muqueuse est, au contraire, décrite sous le nom de catarrhe vésical.

Pour nous , nous prenons le mot cystite dans son acception la plus étendue , et nous désignons ainsi l’inflammation de la vessie urinaire, soit qu’elle s’étende à toutes les membranes, soit qu’elle n’en atteigne qu’une seule. Mais comme l’inflammation ! isolée de la membrane muqueuse de la vessie est une maladie pour ainsi dire distincte de la cystite générale ou profonde, par ses causes, par son traitement et par ses symptômes, nous la décrirons à part.

[de la cystite profonde ou générale.

(Cystite proprement dite).

Caractères anatomiques. Si la maladie s’est terminéeen peu de temps par résolution, elle ne laisse aucune trace de son existence. Lorsqu’elle a duré plusieurs mois, on a trouvé quelquefois les parois de la vessie légèrement épaissies, et dans quelques cas , une ou plusieurs branches des veines vésicales, variqueuses et devenues plus apparentes. Si la durée de la maladie a été encore plus longue, la membrane muqueuse est parfois épaissie, et la musculaire parfois hypertrophiée. Si la cystite a été suivie de suppuration, les parois de la vessie offrent dans leur épaisseur des fusées de pus; la membrane musculaire est épaissie et ses fibres sont écartées par une infiltration purulente. Plus rarement on trouve des foyers contenant plusieurs onces de pus. Quand ce liquide s’est fait jour à l’extérieur de la vessie, on en rencontre des collections plus ou moins abondantes dans le petit bassin. La suppuration ne commence pas toujours par les mêmes parties; c’est

tantôt au périnée, tantôt sur les côtés du rectum, tantôt, suivant Chopart, vers le col de la vessie. Si le pus trouve une issue plus facile du côté interne des parois de la vessie, et qu’il ait continué de s’écouler ainsi en se mêlant aux urines, on découvre sur le cadavre des ouvertures fistuleuses plus ou moins étendues et profondes, qui sont quelquefois entourées de veines variqueuses ou couvertes de sang noir épanché par la rupture de petits vaisseaux qui rampent dans leur fond. Toutes ces ouvertures exhalent une odeur infecte. De fausses membranes libres ou adhérentes recouvrent la membrane muqueuse, et c’est leur expulsion par l’urètre qui a fait répéter à tant de médecins que la membrane muqueuse de la vessie pouvait être entièrement détachée et expulsée par portions, avec les urines. Si la maladie a été suivie de gangrène, les escarres se forment sur le lieu qui a reçu la plus vive irritation.

L’hypertrophie de la membrane musculeuse peut être portée fort loin, et acquérir, suivant M. Velpeau, jusqu’à un pouce d’épaisseur. Alors la couleur de cette membrane est rouge, quoiqu’elle puisse en même temps être infiltrée de pus, comme l’a vu M. Velpeau dans l’un des trois cas où il a rencontré cette hypertrophie remarquable. Dans le cas d’atrophie des parois de la vessie, l’on trouve des ulcérations tout à fait différentes. Les membranes qui composent cet organe sont amincies, pâles, et en général ont perdu une partie de leur consistance. Ce dernier phénomène est plus remarquable sur la membrane muqueuse.

Causes. L’âge mûr est une cause prédisposante de l’inflammation de la vessie, les femmes y sont aussi sujettes que les hommes ; néanmoins, parmi ceux-ci, ce sont les plus robustes qui en sont le plus fréquemment atteints. On n’a point remarqué que les influences de l’atmosphère et du sol aient une cause particulière sur le développement de la cystite générale; nous verrons qu’elles en ont une très-grande, au contraire, sur la cystite catarrhale. Cette phlegmasie reconnaît ordinairement pour causes celles qui agissent directement et immédiatement sur la vessie. Telles sont les plaies pénétrantes du bas-ventre, l’opération de la taille , un cathétérisme long et douloureux, les coups, les chutes sur l’hypogaslre, une hernie dans laquelle la vessie a été entraînée; un accouchement laborieux, pendant lequel cet organe a été pressé longtemps par la tête du fœtus, ou même blessé par les instruments de l’accoucheur ; l’usage des diurétiques très- énergiques, l’empoisonnement par les cantharides ou même leur emploi comme médicament. On a souvent vu survenir la cystite après la sup- I pression d’une hémorragie accoutumée, d’un

DE LA CYSTITE.

exutoire ancien , après la rétropulsion de la goutte ou d’un exanthème cutané.

Elle peut être produite par voie de continuité ou de contiguïté et par les progrès d’une inflammation qui a primitivement frappé le péritoine, la matrice, le rectum, etc. Cette inflammation par continuité est surtout remarquable dans les cas de blennorragie.

Si les calculs vésicaux donnent le plus ordinairement lieu à la cystite catarrhale, ils peuvent aussi déterminer quelquefois l’inflammation simultanée de toutes les membranes de la vessie. C’est ce qui peut arriver surtout aux calculeux qui sont forcés de faire une longue route à cheval ou dans une voiture mal suspendue.

Symptômes. La fièvre précède quelquefois les symptômes locaux. Ceux-ci sont la grande sensibilité de l’hypogastre , les douleurs vives â la moindre pression exercée sur cette partie , ou même dans des points plus éloignés de l’abdomen ; les besoins d’uriner douloureux et fréquemment renouvelés ; l’éjection de quelques gouttes d’urine après de violents efforts. Si ces accidents se prolongent quelque temps, ils en amèneront de nouveaux encore plus graves : la vessie distendue par les urines fait saillie au-dessus du pubis ; le ventre entier augmente de volume , il ne peut supporter la plus légère couverture ; tout le corps est baigné d’une sueur qui répand l’odeur de l’urine : le malade est tourmenté d’envies fréquentes d’aller à la garde-robe , et aussi d’une sorte de ténesme vésical , avec prurit douloureux au méat urinaire. Si quelques gouttes de liquide sont évacuées, il semble qu’elles appellent de nouvelles douleurs , car aussitôt la cuisson ou une espèce d’ardeur avec élancement le réveille ; il n’y a de repos que dans le moment où le malade s’approche du vase à uriner. Mais ce mieux-être ne dure pas longtemps; les efforts que commande sans cesse le besoin d’uriner non satisfait jettent le malade dafH une tristesse et un désespoir qui viennent encore aggraver tous les phénomènes morbides.

Parvenus à ce haut degré d’intensité , les symptômes décroissent bientôt , • tantôt par une sorte de résolution favorable , tantôt par la prostration adynamique qui suit de graves désordres locaux, tels que la suppuration ou la gangrène de la vessie. Dans le premier cas, le cours des urines se rétablit peu à peu , à mesure que les phénomènes inflammatoires deviennent moindres. Lorsque la terminaison doit être funeste, la fièvre est continue, le pouls petit, serré et presque imperceptible, il augmente de fréquence, la langue se sèche et la soif est extrême. A ces fâcheux symptômes se joignent quelquefois un hoquet continuel, ou de la cardialgie, ou de violents

efforts pour vomir. Alors la cessation subite du ténesme vésical , des besoins d’uriner et le froid des extrémités annoncent une mort trèsprochaine.

La cystite déterminée par la présence de calculs vésicaux, et qui, pour l’ordinaire, est une cystite chronique , donne lieu à quelques symptômes différents. Alors la membrane musculeuse a subi un épaississement plus ou moins considérable , et en général la cavité de la vessie est alors diminuée. Cette diminution , qui arrive d’une manière progressive , se dénonce par des besoins plus fréquents et plus impérieux d’uriner. L’émission de l’urine devient douloureuse. La vessie se contracte avec force sur la pierre, et ce contact répété agace, irrite la surface interne de la vessie, et provoque une sécrétion de mucus très-abondante.

Dans les cas où les parois de la vessie s’atrophient au lieu de s’hypertrophier, et où la capacité de ce viscère augmente en même temps d’étendue, M. Civiale assure que la plupart des symptômes connus généralement pour les signes rationnels de la pierre manquent ou se présentent avec des caractères spéciaux. On trouve rarement dans l’urine cette masse de matière muqueuse que produit le catarrhe vésical dans les cas ordinaires. Ce liquide est fortement coloré, très-fétide , trouble, bourbeux; le dépôt qu’il forme au fond du vase, par le repos et le refroidissement, est trèsdivisé, floconneux, pulvérulent; il se rapproche du dépôt purulent, moins la couleur qui est plus ou moins foncée. Du reste, le malade souffre peu; c’est en commençant, plutôt qu’en finissant d’uriner, qu’il ressent de la gêne, du malaise, un peu de chaleur. L’urine ne coule pas aussitôt que le malade se présente sur le vase, il est obligé de faire quelques efforts ; on remarque , dans l’ensemble de la constitution, de la mollesse, de la flaccidité; il y a une sorte d’anéantissement général , la maigreur est rapide et tout à fait en disproportion avec les symptômes locaux. On doit la connaissance de cet état aux applications de la lithotritie.

Marche et durée. Elles sont très-variables. Ainsi la cystite attaquant un homme dans la force de l’âge, et d’une constitution vigoureuse, suivra une autre marche que la même affection développée chez un individu d’une organisation faible ou qu’une longue maladie précédente a jeté dans une atonie générale. Dans le premier cas , les phénomènes inflammatoires peuvent atteindre leur plus haut période avant le troisième jour, et leur terminaison être parfaite au bout du premier ou au moins du second septénaire. Dans l’autre cas, la maladie, quoique mettant aussi peu de temps à arriver à son maximum d’exaltation , est bien plus longtemps à se terminer ;

MALADIES DES APPAREILS DES SÉCRÉTIONS

elle peut durer ainsi plusieurs mois, plusieurs années ; c’est la cystite chronique.

Dans celle-ci la douleur est à peine appréciable ; les malades ne se plaignent qu’après quelques exercices violents, quelques excès dans le régime alimentaire ou dans les plaisirs vénériens. Mais , si ces causes viennent à agir avec plus d’intensité , elles sont suivies de symptômes plus prononcés, de dysurie, de fièvre, etc. Elle peut être la suite de la cystite aiguë. Il est, dans la plupart des cas, fort difficile de la distinguer de la cystite catarrhale.

Terminaison. La cystite aiguë peut se terminer par résolution. La terminaison par suppuration n’est pas très-rare. Dans celle-ci, douze à dix-huit heures après que les phénomènes inflammatoires ont atteint le plus haut degré d’intensité, les urines deviennent lactescentes ; elles présentent quelques stries de sang et répandent l’odeur particulière aux sécrétions purulentes. Dans d’autres circonstances,^ foyer purulent s’ouvreà l’extérieur de l’organe , s’étend dans le petit bassin , et après un temps quelquefois assez long se montre au périnée ou à la marge de l’anus. Cet accident est très-grave et toujours mortel.

La terminaison par gangrène est encore plus rare ; elle n’est guère observée qu’après une rétention d’urine qui subsiste depuis plusieurs jours. Il se forme une escarre plus ou moins étendue et quelquefois multiple , dont la rupture entraîne bientôt la mort du malade, surtout si l’épanehement se fait dans la cavité abdominale. Mais la solution de continuité de la vessie n’est pas toujours précédée de gangrène; elle peut avoir lieu par rupture lorsque les parois de ce réservoir musculo-membraneux ont été affaiblies par l’accumulation des urines. Alors le moindre effort peut amener cet accident mortel, qui est surtout à craindre quand l’inflammation occupe le col de la vessie.

Pronostic. Sa gravité varie avec l’intensité de la maladie. La cystite aiguë est plus grave que la cystite chronique. L’inflammation, qui occupe le bas-fond de la vessie, le trigone vésical et le sommet de l’organe, est plus grave que celle des autres parties. En général, la cystite est moins grave chez les femmes que chez les hommes. La cystite qui dépend d’un calcul est très-fâcheuse. '

Traitement. Au début de la maladie , les évacuations sanguines doivent être employées avec une énergie proportionnée à l’intensité des symptômes. Après les saignées ou entre chaque évacuation sanguine , il faut donner des bains tièdes longtemps prolongés, et surtout des bains de siège qu’on pourra rendre émollients , en les composant avec une décoction de quelques substances mucilagineuses , telles que celles de mauve, de guimauve, de

graine de lin. On emploiera aussi avec avantage les lavements de même nature souvent répétés, mais en petite quantité. Des compresses imbibées d’eau tiède ou une vessie remplie de ce liquide seront appliquées sur l’hypogastre. En même temps une diète sévère et un repos général seront prescrits au malade. Il prendra des boissons en petite quantité, il les prendra légères et chaudes.

Le cathétérisme doit être pratiqué assez tôt pour éviter l’accumulation des urines dans la vessie qui affaiblit par la distension les forces musculaires de cet organe. Mais faut-il placer une sonde à demeure , ou la replacer â chaque nouveau besoin, c’est une question encore controversée. On pourra maintenir la sonde dans la vessie toutes les fois que sa présence n’aura pas considérablement augmenté les phénomènes inflammatoires, et surtout si l’introduction en a été difficile;il vaudra mieux, au contraire, la placer momentanément, si le canal de l’urètre paraît intact et d’un grand diamètre , et si l’obstacle paraît être tout à fait au col ou à l’orifice de la vessie.

DE LA CYSTITE MUQUEUSE OU CATARRHALE (CATARRHE DE la vessie).

Caractères anatomiques. La mort est rarement le résultat de l’inflammation aiguë de la seule membrane muqueuse de la vessie ; en général, quand cette terminaison funeste a lieu , c’est que l’inflammation s’est propagée à toutes les membranes de l’organe. Mais les malades- affectés de catarrhe vésical peuvent succomber à une autre maladie, et alors on trouve des plaques mal circonscrites, d’un rouge plus ou moins foncé , quelquefois jusqu’au violet , des ulcérations plus ou moins étendues et en nombre variable. La surface de l’organe est rarement atteinte en totalité ; tantôt c’est la paroi inférieure , tantôt la supérieure. Quand le catarrhe de la vessie a duré plusieurs années , la membrane muqueuse est considérablement épaissi^ et quelquefois cet épaississement se remarque aussi dans les tissus sous-jacents; tous les vaisseaux sanguins environnants sont plus ou moins dilatés et forment des réseaux plus' apparents et plus serrés que dans l’état sain. Le changement le plus remarquable qu’a éprouvé la vessie est donc une rétraction très-manifeste sur ellemême. Ce rapetissement détermine sur la muqueuse une foule de rides et de replis formant des loges plus ou moins profondes encroûtées parfois en quelques points d’un dépôt calcaire. En pressant entre les doigts ces brides membraneuses, on en exprime un fluide muqueux analogue à celui qui baigne les surfaces malades. Assez ordinairement la glande prostatique a pris un plus grand volume; elle est quelquefois doublée , et sa consistance peut

DE LA CYSTITE.

être ramollie au point de rendre cette glande < très-facilement déchirable. !

Causes. Le catharre vésical est très-com- j mun dans les pays humides , comme l’Angle- ! terre et la Hollande. Les marins sont très- j exposés au catarrhe de la vessie dans leurs j dernières années. Cette affection est fréquente j aussi chez les individus qui font un usage ex- | clusif de nourritures très-azotées, de viandes, | de poissons, et qui font abus de liqueurs alcoo- | liques. Les professions qui exigent l’attitude | assise longtemps prolongée prédisposent à cette affection; aussi les gensde lettres y sontils très-sujets, comme les cordonniers et les tailleurs.

Les femmes y sont moins sujettes que les hommes. Le catharre de la vessie peutattaquer tous les âges, mais c’est surtout chez le$ vieillards qu’on l’observe le plus fréquemment.

Le rétrécissement de l’urètre et tous les obstacles qui s’opposent à la libre excrétion des urines prédisposent à la cystite catarrhale. |

On la voit souvent survenir après un clian- j gement brusque de température du chaud au ! froid, après l’ingestion d’une boisson à la | glace pendant que le corps est en sueur, par j l’abus de médicaments diurétiques , par les j injections irritantes et à la suite d’excès véné- j riens. Elle est aussi occasionnée par la réten- | lion prolongée et complète des urines, par la J présence d’une pierre dans la vessie. On l’a vue survenir après le déplacement d’une affection arthritique ou rhumatismale ou d’une maladie cutanée.

Symptômes. L’invasion du catarrhe vésical est brusque ou graduelle. Dans le premier cas, il est difficile de le distinguer de la cystite aiguë : ce sont les mêmes phénomènes i morbides que nous avons déjà exposés. Dans j le second cas même, ce sont toujours, au dé- j but, les mêmes'signes de l’inflammation ai- { guë, mais moins intenses. Maisbientôtces pre- j miers symptômes inflammatoires diminuent graduellement et la maladie passe à l’état chronique. La fièvre devenue moindre s’exaspère par moment; le malade éprouve des horripilations, des frissons dont les retours n’ont rien de régulier; des douleurs vagues se font sentir dans la région hypogastrique, surtout dans les efforts pour aller à la garde-robe. Pressé par lé besoin d’uriner, le malade se réveille pendant la nuit et se sent soulagé par l’émission de quelques gouttes de liquide. Dans quelques cas, après une excrétion complète , le malade , en faisant quelques efforts, rejette par l’urètre un flocon glaireux, qui ressemble assez à une hydalide allongée; puis l’urine s’échappe à gros jet. Souvent une incontinence d’urine fort rebelle succède à ces symptômes.

Bientôt l’urine perd sa transparence et se eolorede nuances variables : chezle plusgrand

nombre de malades, elle est lactescente d’abord ; chez quelques-uns, elle passe à la couleur fauve ou orangée ; dans quelques cas , elle contient du sang. Dans une période plus avancée de la maladie , elle reprend chez tous les individus la coloration naturelle, si ce n’est qu’elle est un peu moins limpide. Quand on la reçoit dans un vase, elle donne, après qu’elle est refroidie, une forte odeur ammoniacale ; un peu plus tard elle devient légèrement acide. Pendant le refroidissement, la totalité du liquide se sépare en deux portions : l’une glutineuse , qui gagne le fond du vase , l’autre beaucoup plus considérable qui reste dessus. La quantité de cette humeur muqueuse varie suivant plusieurs circonstances; ainsi elle diminue et devient moins visqueuse si la maladie augmente d’acuité.

Durée. Elle varie suivant le degré d’intensité qu’elle a montré d’abord. Si à son début l’inflammation a été vive, elle suit dans ses périodes une marche rapide et passe rarement à l’état chronique ; si au contraire elle a été lente et continue, elle peut se prolonger pendant plusieurs mois, plusieurs années.

Pronostic. En général, le catarrhe de la vessie est une maladie grave, qui, à l’état aigu, peut amener la mort, et en passant à l’état chronique, se prolonger pendant plusieurs années et tourmenter jusqu’à ses derniers jours le malade qui en est atteint.

Traitement. Le catarrhe vésical à l’état aigu réclame le même traitement que la cystite aiguë générale.

Quant au traitement du catarrhe chronique, voici comment l’a exposé M. Ferrus :

Extraire ou broyer le corps étranger, s’il en existe un dans la vessie, est le premier but que doit se proposer le médecin. L’inflammation qui suivra la manœuvre opératoire ne peut arrêter ici; le cas est autre que dans la cystite aiguë, et peut-être même que dans la variété qui nous occupe ; cette exaltation momentanée de la vie est à désirer. Disons, en passant, que presque tous les malades calculeux sont affectés d’une sorte de cystite muqueuse qui guérit d’elle-même après la disparition de la pierre; peu à peu la sécrétion morbide diminue, et bientôt finit par disparaître entièrement. Cette inflammation chronique semble préserver de l’inflammation aiguë qui doit suivre l’opération, et elle paraît pour cette dernière une condition favorable.

Nous avons entendu dire à M. le professeur Dubois qu’en général ceux des malades affectés de la pierre qui éprouvaient les plus vives douleurs étaient aussi ceux chez lesquels la cystotomie avait un succès plus heureux.

Avant d’indiquer les moyens empiriques préconisés contre la cystite muqueuse, nous croyons devoir présenter la- marche générale du traitement que l’on doit d’abord suivre, et

MALADIES DES APPAREILS DES SECRÉTIONS

qui, si elle ne suffit pas seule, au moins favorise beaucoup les secours pharmaceutiques. Le malade atteint de catarrhe vésical habitera, autant que possible, un lieu sec, élevé, exposé au soleil et balayé par les vents. Il doit éviter avec soin l’air chargé de vapeurs aqueusesdu matin et du soir, et en général toute humidité, soit qu’elle vienne des localités ou de l’atmosphère. Ses vêtements, suivant ce dernier précepte, seront toujours bien séchés avant d’être revêtus. Les habits de laine serontsurtout convenables, sous ce rapport qu’ils excitent les fonctions de la peau ; et cet avantage, on ne doit jamais le négliger dans les mladies des membranes muqueuses. Le régime alimentaire du malade importe moins : qu’il use sobrementd’unenourrituresubstantielle et d’un vin vieux, tonique, étendu d’eau, c’est à quoi doit se borner toute sa diététique. On favorisera l’exercice de toutes les fonctions, mais particulièrement celuidesorganes souffrants.

Il faut, au moindre besoin, que les urines soient évacuées. Un médecin hygiéniste voulait que le matin, au réveil, on fît quelques tours de chambre avant d’uriner. Ce conseil, presque ridicule pour un homme en santé, doit être suivi dans la maladie qui nous occupe. Ce léger mouvement peut empêcher le dépôt calcaire, ou au moins favoriser le mélange des mucosités avec les urines. Mais on ne peut pas assez insister pour que le malade, si sa profession exige une grande sédentarité, y renonce momentanément. Si, après un prémierjet, les urines cessent découler tout d’un coup, il faut défendre les violents efforts que l’on fait si communément dans ces cas; une petite secousse, un changement de position peuvent beaucoup mieux rétablir l’excrétion. Si l’usage de la sonde devient indispensable, on doit se garder d’y recourir trop fard. Cet instrument sera préférablement d’un grand diamètre et ne devra point rester à demeure, si ce n’est dans le cas de rétrécissement du canal de l’urètre. Dans cette complication, son emploi devra être prolongé assez longtemps pour procurer une dilatation sensible du canal ; car la sortie incomplète des urines ou leur accumulation dans la vessie est, comme nous l’avons déjà dit plusieurs fois, une circonstance fort aggravante. 11 faut, dans tous les cas, prendre soin que le bec de celte sonde 11e heurte par les parois de la vessie, ou que sa cavité ne soit oblitérée par des flocons muqueux. De simples injections d’eau tiède remédieront au dernier inconvénient. Mais souvent l’étroitesse extrême de l’urètre ou sa vive sensibilité ou seulement encore la crainte qu’in- j spire la sonde à quelques malades, doit faire préférer à celle-ci l’usage habituel des bougies en gomme élastique, dont on augmentera graduellement le calibre.

Parmi les moyens pharmaceutiques, les to-

| niques astringents qui ont été les plus vantés sont le quinquina, le cachou et la gommekino. Ces médicaments ont été donnés en potions, en pilules, etc., d’autres fois en lavements, et les doses en ont été élevées plus que dans toutes les autres circonstances. Quelques-uns ont aussi préconisé la busserole ; les autres la pereira-brava ; mais ces substances méritent moins de confiance encore que celles que nous venons d’indiquer.

La térébenthine est d’un usage journalier dans la crue du catarrhe chronique de la vessie ; on la prescrit en pilules , en sirop , en suspension dans un mélange pour boisson, et sous ces diverses formes on en élève la dose jusqu’à ioeti2gros parjour; en lavements, 011 en donne encore une plus grande quantité. Enfin on a aussi conseillé l’emploi de ce médicament en frictions sur les cuisses , l’hypogastre , et en vapeurs reçues §ur toute la surface du corps , dans un appareil convenable. On sait que l’eau de goudron, préconisée outre mesure par quelques-uns, danslecatharre chronique de l’urètre et en même temps dans celui de la vessie, n’est qu’une suspension, dans l’eau, du résidu demi-brulé des végétaux qui donnent la térébenthine. Les baumes de la Mecque et de copahu ont quelquefois été proposés en remplacement de la térébenthine de Venise ; mais leur effet est absolument le même, s’il n’est pas inférieur. Nous n’omettrons pas d’avertir que la térébenthine et les médications dans lesquelles entrent quelquesunes de ses préparations produisent, dans certains cas, des accidents qui forcent de renoncer à leur usage. Ainsi , chez quelques sujets, les premières doses de médicament augmentent tous les symptômes du catarrhe vésical , et de plus , déterminent une rétention d’urine momentanée; d’autres fois, le même effet est produit par une dose trop élevée chez un individu déjà soumis à ce traitement. Enfin , quelques malades ne peuvent pas du tout digérer la térébenthine; leur estomac se soulève , et ils vomissent à la seule odeur de cette substance.

Le catarrhe vésical chronique étant une maladie purement locale , peut-être que les applications immédiates seraient les plus avantageuses. L’expérience de Chopart est ici une grande autorité. Il conseille les injections dans la vessie. « On doit commencer, dit-il , par celles de décoction d’orge , puis d’eau de Baréges coupée avec la précédente , ou d’eau de Balaruc , s’il y a paralysie de la vessie. J’en ai fait, ajoute ce praticien, d’eau végétoj minérale pour un vieillard de 75 ans, épuisé par la perte excessive de celte mucosité (vésicale) ; il n’en a éprouvé aucun accident : ses urines sont devenues moins chargées de glaires; il a repris des forces et a vécu deux années dans cet étal. » Les injections ont été

DE L’HÉMATURIE.

fréquemment employées depuis quelques années, tant pour le traitement de la cystite chronique ou de la cystite muqueuse proprement dite que pour aider l’application de la lithotritie. L’efficacité de ce moyen paraît reconnaître pour condition première qu’il soit mis en usage avec les plus grandes précautions. C’est très-lentement, presque goutte à goutte, que le liquide doit être introduit dans la vessie, ou bien l’on s’expose à des accidents graves et rapides. Dans les cas où l’étal de la vessie permet de rendre les injections médicamenteuses, la composition de ce liquide a été différemment compliquée. M. Bretonneau fait des injections dans la vessie, soit avec le calomel en suspension dansde l’eau dégommé et à la dose de 4 à 5 grains , soit avec du nitrate d’argent dissous dans de l’eau distillée à la dose d’un grain de nitrate pour quatre onces d’eau. Notre confrère , M. Trousseau , nous a assuré avoir vu M. Bretonneau traiter par ces moyens le catarrhe vésical avec avantage, et avoir employé lui-même avec succès , dans des cas analogues, le sublimé corrosif à la dose d’un grain dans quatre onces de liquide. Au sujet des injections, nous ne devons point omettre d’indiquer l’emploi de la sonde à doublecourant, de M. J. Cloquet. Parle moyen de cet instrument, on peut débarrasser la vessie de l’urine qu’elle contient et la remplacer par une eau médicamenteuse, sans le secours des efforts musculaires du malade. C’est sans doute par analogie qu’on a étendu le traitement du catarrhe chronique de l’urètre à la même maladie attaquant la vessie, et c’est avec avantage; car il ne peut, dans ce dernier cas, entraîner les accidents qu’on doit craindre dans l’autre (le rétrécissement). Les eaux minérales, ferrugineuses , acidulés ou sulfureuses peuvent aussi être employées à l’intérieur. Bordeu, un des premiers, vanta beaucoup les bains sulfureux pour le traitement du catarrhe vésical. Les sources naturelles d’Enghien et de Contrexeville sont celles que nous citerons entre plusieurs autres. Leur usage en boisson, qui certainement est le plus avantageux, a besoin d’être continué avec persévérance et sans autre interruption que celle que peut nécessiter un malaise des organes digestifs.

Les vésicatoires appliqués à la partie supérieure des cuisses, et particulièrement sur l’hypogastre, peuvent être de quelque utilité dans le catarrhe vésical ; mais on a plus particulièrement vanté les frictions au-dessus du pubis avec la pommade stibiée, ou autrement celte pommade étendue sur un linge et laissée en contact avec la peau, jusqu’à ce que la vésication soit produite. Enfin le séton, que quelques auteurs ont conseillé d’une manière générale pour les maladies de la vessie, a été employé aussi contre le catarrhe vésical.

M. le professeur Roux a renouvelé l’usage de cet exutoire, et a particulièrement insisté pour qu’il fut ouvert à la région hypogastrique. La pra ique de ce chirurgien habile compte , dit-on, plusieurs cures dues à ce moyen.

Les évacuations sanguines ne sont que rarement urgenlesdansla maladie qui nousoccupe^ ce ne peut être seulement que dans le cas d’une vive exacerbation, lorsqu’il y a complication avec une hématurie évidemment active; alors la saignée du bras même a d’heureux effets, elle calme instantanément les symptômes les plus graves; c’est pour nous un fait de pratique. Si quelques considérations particulières s’opposent à l’emploi de ce moyen, on peut essayer de le remplacer par l’application de sangsues sur les parties peu éloignées de l’organe malade , à l’hypogastre, par exemple, au-dessus du pubis, sur le point du ventre qui se rapproche le plus de la vessie. Cet organe, dans ce lieu , n’est séparé des parois abdominales que par un tissu cellulaire lâche, et qui contient des vaisseaux assez petits et assez peu nombreux pour ne point inquiéter par leur développement variqueux, si l’on est forcé de recourir plusieurs fois à cette saignée locale. ( Dictionnaire de médecine, tomeix .)

DE L* HÉMATURIE.

L’hématurie est l’émission par l’urètre d’une quantité de sang plus ou moins considérable, soit pur, soit mêlé à d’autres liquides, et provenant de l’intérieur des voies urinaires.

L’hématurie est plus souvent un résultat d’affections diverses, ayant pour siège différents points de l’étendue des voies urinaires, qu’une maladie spéciale. Reconnaître son existence, déterminer d’où elle provient, voilà un double problème qu’il n’est pas toujours facile de résoudre.

La coloration de l’urine en rouge ou en brun ne suffit pas pour déceler la présence du sang dans ce liquide. Il est très-fréquent que les malades s’abusent à ce sujet, et s’obstinent à croire qu’ils ont rendu du sang, lorsque leur urine n’est que peu abondante, rougeâtre, briquetée ou saturée de matières animales et des sels qu’elle doit contenir. Mais lorsque le sang est en grande proportion dans l’urine, lorsqu’il sort presque pur, le diagnostic de l’hématurie est alors très-facile, le sang conserve la teinte qui lui est propre. Il trouble la transparence de l’urine avec laquelle il sort, puis forme au fond du vase un dépôt de matière colorante et de fibrine, doux au toucher, qui n’a rien de pulvérulent, et que son aspect seul fait aisément reconnaître. Lorsqu’il est entièrement pur, il se coagule au dedans, à peu près comme à la

276 MALADIES DES APPAREILS DES SÉCRÉTIONS

suite de la phlébotomie, se prend en masse, et présente un ou plusieurs caillots , plus ou moins compactes, nageant dans des quantités variables d’urine et de sérosité. Dans d’autres circonstances, il sort de l’urètre, sous la forme de caillots déjà concrétés, fibrineux, solides, qui en ont imposé à des observateurs superficiels, et ont été pris pour des vers. Dans quelques circonstances qui ne sont pas très-rares, ces caillots, ayant séjourné dans l’urètre, sont creusés par le passage de l’urine et sortent sous la forme de tubes plusou moins larges, qui représentent assez bien les dimensions de ce canal.

Quand le sang mêlé à l’urine ne peut être facilement distingué à raison de sa petite quantité, il faut laisser reposer pendant quelques heures le liquide rendu. Alors, de trouble qu’il était , il devient presque toujours clair, et laisse précipiter au fond, ainsi que sur les parois du vase, une couche légère de matière colorante. Cette matière, aussi bien quç l’urine, à l’instant de sa sortie, colore en rouge sanguin le linge ou le papier qu’on met en contact avec elle. Si l’on fait chauffer l’urine, devenue opaque par la présence d’un peu de sang, la chaleur, loin de faire disparaître la j matière en suspension, la coagule, et préci- i pite la fibrine ainsi que l’albumine qui la constitue.

Causes. Les causes les plus fréquentes de l’hématurie sont la présence des pierres dans la vessie, les ulcérations, les fongosités des parois et surtout du col de cet organe, les calculs arrêtés dans les reins. Dans ces cas divers, l’hématurie est presque habituelle, ou se reproduit à des invervalles irréguliers. Elle reconnaît aussi pour causes les contusions violentes dirigées sur l’abdomen , les lombes ou la région hypogastrique ; des plaies pénétrantes, atteignant les reins, les uretères ou la vessie ; les inflammations très- vives des reins | et surtout de la vessie. Chez quelques sujets, | l’hémorragie des voies urinaires et le mé- i lange du sang à l’urine s’opèrent avec une ; grande facilité, sans altération profonde des : tissus , sans lésion traumatique préalable et j par l’effet d’une congestion si peu douloureuse qu’elle est à peine sentie. C’est ainsi que des femmes âgées voient quelquefois des pissements de sang, plusou moins abondants et durables, se renouveler à certaines époques et remplacer les règles supprimées depuis un temps variable.

Caractères différentiels de l’hématurie.

Suivant MM. Bégin et Lallemand, l’hémorragie urétrale est assez facile à distinguer, ! parce que le sang s’écoule continuellement, j ou, du moins, sans que le malade fasse d’ef- j forts pour uriner ; qu’il sort pur, sans mê- ; lange d’urine, et que, lorsque celle-ci est émise , à son tour, par suite de la sécrétion normale 1

des reins et de la réplétion de la vessie, elle est claire et limpide, ou du moins exempte de coloration sanguineintérieure. La petite quantité de sang qu’elle entraîne en passant par l’urètre ne suffit pas pour la charger notablement, et ne l’empèche pas d’offrir un contraste évident avec le sang qui précédait la sortie et qui s’écoulera encore après son expulsion.

L’hématurie vésicale est presque toujours accompagnée de douleurs internes ou obscures dans la région hypogastrique, de pesanteur vers le col de la vessie ; quelquefois des frissons marqués la précèdent. Le sang n’est ordinairement pas alors entièrement mélangé avec l’urine; il forme souvent, au contraire, des caillots distincts, irréguliers, nageant dans un liquide d’ailleurs clair où très-faiblement coloré, et qui se précipitent isolément au fond du vase. Celte disposition annonce que l’exhalation s’est faite sur quelques points isolés , alors que la vessie contenait déjà une urine limpide, et sans que le mélange du sang avec celle-ci ait eu le temps de s’opérer complètement.

Lorsque l’hématurie provient des reins, la vessie et l’hypogastre sont libres; mais de la douleur, de la tension, de l’embarras existent à la région des lombes. Il est très-rare qu’aucun accident local indique la souffrance des organes sécréteurs : le sang s’est intérieurement mélangé avec de l’urine, distillé goutte à goutte, et cheminant avec lui dans l’uretère, il s’y incorpore, pour ainsi dire, et parvient ainsi dans la vessie. Alors même qu’il se coagule dans ce réservoir, une grande quantité de sa matière colorante reste en suspension, et communique une teinte trèsfoncée à la masse entière. Ces caractères ne sont que peu affaiblis par l’arrivée d’une urine claire et limpide par le rein demeuré sain, lorsque la maladie n’affecte que l’un de ces organes ; parce que les deux liquides, parvenant dans la vessie avec lenteur, par gouttes, et à travers des ouvertures très-rapprochées, ne manquent pas de se mélanger intimement et déformer un touthomogène. Le sang fourni par les reins peut être en quantité très-considérable et remplace, en quelque sorte, l’urine ; si dans ce cas on sonde le malade, l’instrument pénètre sans difficulté comme sans douleur dans la vessie, qui se vide plus ou moins difficilement, selon le degré de cohésion de la masse qu’elle renferme. Lorsque les parois sont revenues sur elles-mêmes, le sang ne tarde pas à reparaître comme précédemment, et est rendu de nouveau sans que la poche d’où il s’échappe soit le siège de phénomènes appréciables d’excitation.

Ces signes divers sont corroborés par les investigations que le praticien ne peut se dispenser de faire pour arriver à la connaissance

DE L’HÉMATURIE.

de la lésion organique dont l’hématurie est l’effet. j

L’hémorragie urétrale résulte ordinaire- j ment des déchirures faites à l’urètre pendant | l’introduction des algalies ou les manœuvres ! de la cautérisation. Il ne faut pas oublier, j dans le traitement des maladies de l’urètre, que les rétrécissements s’accompagnent assez souvent de l'inflammation chronique et du ramollissement des parois de ce canal, qui offrent alors moins de résistance et se laissent plus facilement pénétrer que dans l’état sain. Ici, les circonstances antécédentes ne peuvent laisser de doute sur la cause de l’hématurie; et la profondeur à laquelle l’extrémité de l’instrument vulnérant a été portée indique également d’une manière certaine le point où la blessure a eu lieu. Le bulbe est le siège le plus ordinaire de ces lésions. L’hémorragie urétrale succède quelquefois encore à la sortie difficile et douloureuse de calculs engagés dans l’urètre, et résulte des éraillements produits par les aspérités de ces corps étrangers contre la membrane muqueuse. Lorsque le sang est exhalé dans les cas d’urétrite trèsintense, la douleur atroce que le malade éprouve, ajoutée aux autres signes de la blennorragie, ne permet pas de méconnaître cette origine.

On rapporte des cas d’hématurie par exhalation résultant d’afflux hémorragiques dirigés vers le canal excréteur de l’urine et analogues à la congestion hémorroïdaire. Les malades, sans cause connue, ressentent alors des douleurs dans la partie interne des cuisses, dans les aines, au périnée, et sont graduellement soulagés par l’apparition et les progrès de l’écoulement sanguin. Les cas de ce genre sont fort rares, la vessie étant mieux disposée que l’urètre pour suppléer les évacuations hémorragiques de la matrice chez la femme ou du rectum chez l’homme.

Dans la vessie, diverses lésions peuvent occasionner l’hématurie. Nous avons déjà parlé des calculs urinaires, des ulcères et des fongocités de cet organe, les signes qui annoncent l’existence de ces maladies se manifestent alors, et l’hémorragie vésicale ne vient qu’ajouter, en renouvelant, toutes les fois que le sujet se livre à des exercices fatigants, ou qu’il éprouve des secousses violentes et prolongées, un nouveau degré de certitude aux conséquences qu’on en déduit.

L’hématurie qui accompagne la cystite trèsaiguë survient ordinairement, en même temps qu’une fièvre intense, de l’agitation, des douleurs hypogastriques, intolérables, et d’autres symptômes caractéristiques de la maladie, toujours grave alors, du réservoir de l’urine. C’est à l’excitation vive, mais non encore parvenue au degré de l’inflammation, de l’intérieur des voies urinaires et surtout de la

vessie, qu’il faut rapporter une sorte d’hématurie assez fréquente dans les pays chauds, à la suite de grandes fatigues, et chez les individus qui sont restés pendant longtemps à cheval , comme les soldats de cavalerie , les courriers, etc. Dans ces cas, la secrétion urinaire diminue, l’urine devient épaisse, rouge, chargée de sels, quelquefois sanguinolente , Elle occasionne au col de la vessie, et à l’urètre, lorsqu’elle les traverse, une sensation pénible d’ardeur et de brûlure. Les mêmes causes d’excitation continuent d’agir , la vessie devient le siège de douleurs vives, qui se propagent à l’extrémité du gland ; les envies d’uriner se rapprochent, les contractions du périnée sont très-douloureuses, et les dernières gouttes du liquide expulsé sont formées de sang pur. L’hématurie précède alors la cystite qui ne tarde pas à se développer, si le sujet ne peut recourir aux moyeps susceptibles de la prévenir , en apaisant l’irritation des voies urinaires.

L’anatomie pathologique n’apprend pas quelles sont les altérations qui accompagnent et entretiennent ces hématuries vésicales simples , par exhalation supplémentaire des règles ou des hémorroïdes, ou du moins survenant avec des phénomènes analogues, et dans les mêmes circonstances. Les dilatations variqueuses des veines de la vessie dont parlent quelques auteurs sont au moins problématiques.

Le sang qui sort de la vessie saine, ou du moins exempte d’inflammation catarrhale ou d’ulcère, est pur et seulement mélangé à l’urine; dans d’autres conditions, il est toujours accompagné soit de pus, soit de mucosités plus ou moins abondantes, fétides, sanieuses ou puriformes.

Pronostic. Il doit être fondé moins sur l’écoulement sanguin que sur l’appréciation des lésions de tissus qui peuvent l’occasionner.

Traitement. L’hématurie, survenue après la brusque suppression des menstrues ou des hémorroïdes, exige qu’on rappelle au plus tôt ces dernières évacuations à l’aide de sangsues placées à la vulve ou à l’anus, ou de vapeurs légèrement excitantes dirigées dans le vagin.

Si l’hématurie est considérable , si elle s’accompagne de chaleur, de douleur et d’autres phénomènes d’excitation, si le pouls est fort et développé, on pratique des émissions sanguines générales ou locales, proportionnées aux forces du sujet; on prescrira des bains, des applications émollientes, des boissons délayantes acidulées. Le malade devra garder un repos absolu et être soumis à une abstinence sévère. Dans les cas, au contraire, où l’hématurie est liée à un état de débilité et d’épuisement, on prescrira des fomentations froides, des lavements froids aiguisés de vi-

MALADIES DES APPAREILS DES SÉCRÉTIONS

naigre, des injections de même nature dans la vessie ou l’urètre, des boissons froides, avec addition d’acide sulfurique; dans les cas où le sang s’est coagulé dans la vessie, il faut pratiquer le cathétérisme et faire des injections réitérées d’eau tiède.

IIe CLASSE. — LÉSIONS DE SÉCRÉTION.

ALTÉRATIONS DONT l’üRINE EST SUSCEPTIBLE.

Les altérations que peut subir l’urine dans sa composition sont diverses.

1° 11 est des cas où il y a simple changement dans la proportion des principes qui, normalement, constituent l’urine.

2° Dans d’autres cas, il y a dans l’urine addition de nouveaux principes , mais de principes qu’on retrouve dans le sang, soit en état de santé, soit en état de maladie.

5° Il est d’autres cas, enfin, où se rencontrent, dans l’urine, de nouveaux principes qui ne se trouvent plus dans le sang.

Ainsi la quantité d’eau, d’urée, d’acide urique, peut être augmentée ou diminuée. On peut trouver, dans l’urine , de l’albumine, de la fibrine, la matière colorante du sang ou de la bile; on y voit de l’acide oxalique, prussique, des oxydes, une matière colorante noire ou bleue, une matière sucrée , une matière grasse butireuse et même des poils.

Les causes de ces altérations doivent être cherchées dans les reins ; hors de ces organes, dans des conditions morbides de l’innervation , de l’hémathose ou de l’assimilation , dans le monde extérieur, dans les qualités de l’atmosphère, des aliments, des boissons, etc.

Envisagées sous le rapport séméiologique et pathologique, ces altérations de l’urine caractérisent certaines affections que nous allons passer en revue.

L’alcalinité des urines a été constatée chez des malades atteints de fièvre typhoïde. Cette alcalinité est démontrée quand le papier de tournesol rougi par un acide reprend sa couleur bleue par le contact de l’urine au moment où elle vient d’être rendue.

Dans d’autres circonstances, les acides de l’urine augmentent assez dans ce liquide pour rendre son émission douloureuse et brûlante. Le papier de tournesol rougit alors plus vite et davantage que dans l’étal normal. Dans d’autres cas, l’acide urique se concrète et se dépose en gravelle ou en calcul.

DES CALCULS RÉNAUX.

On les rencontre soit dans la substance du rein, soit dans les calices, soit dans le bassinet. Ils deviennent souvent le point de départ d’une néphrite subaiguë ou chronique; puis , après un certain temps, ils tendent à s’engager dans les uretères et déterminent alors, dans le trajet qu’ils parcourent, une douleur plus

ou moins vive , quelquefois atroce, et, si les deux reins sont en même temps affectés, une suppression complète d’urine. Les moyens thérapeutiques qu’ils réclament sont les mêmes que ceux de la gravelle dont nous allons nous occuper.

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