‹ Cours de pathologie interneChapitre 138 sur 232 · COARCTATION, OCCLUSION ET DISTENSION DES VOIES BILLIAIRES · texte numérisé non relu

COARCTATION, OCCLUSION ET DISTENSION DES VOIES BILLIAIRES

La coarctation ou l’occlusion des conduits biliaires est produite ou par une adhérence de leurs parois, ou par l’épaississement et l’induration du tissu sous-muqueux, ou par une compression extérieure , ou par un calcul. Cette dernière condition est la plus fréquente de toutes. La place où se trouve l’obstacle a une influence remarquable sur la composition du liquide qui distend la vésicule. Cet obstacle est-il dans le canal cholédoque, l’entrée de la bile dans la vésicule n’est pas empêchée, et c’est par elle que ce réservoir est distendu ; est-il dans le canal hépatique, au-dessus de l’embouchure du cystique, la bile n’arrive plus ni dans la vésicule ni dans le duodénum. Dans un troisième cas, quand l’obstruction existe dans le canal cystique, elle ne permet plus l’arrivée de la bile ; et, à~ la place de cette humeur , on y trouve un liquide blanchâtre plus ou moins clair et muqueux : c’est évidemment le produit de la sécrétion delà membrane interne de la vésicule, la substance qui se mêle à la bile pendant son séjour dans la vésicule.

Les tumeurs de la vésicule, indépendamment des calculs, peuvent être produites par la compression qu’exerce sur les conduits l’engorgement squirrheux du pancréas, du duodénum ou de l’estomac, ou par l’oblitération de l’orifice du canal cholédoque dans le duodénum , ou par la tuméfaction de ganglions lymphatiques voisins. Meckreen a vu la distension et la rupture de celte poche déterminées par l’intussusception du canal cholédoque, dont une partie était entrée dansd’autre, comme font les intestins. Dans un cas présenté à la Société anatomique par M. Bérard, la rétention complète de la bile était due à une bride fibro-celluleuse qui étreignait le canal cholédoque. Fabrice de Hilden et de Graaf ont vu les canaux biliaires rétrécis par l’accumulation de mucosités épaisses, et Morgagni, le canal hépatique occupé par un polype sarcomateux gros comme une noix.

L’occlusion, soit du canal cholédoque , soit du canal hépatique, produit la jaunisse, qui est alors nécessairement permanente , parce que la cause dont elle dépend ne se guérit point. Il serait très-difficile de distinguer celle jaunisse de celle que détermine l’engorgement chronique du foie, attendu que la cause est également persistante dans un cas comme dans l’autre. Cependant si la vésicule disten-

due débordait les côtes , la fluctuation qu’on y pourraitlsentir porterait à admettre une am^ pliation de cet organe , et par conséquent l’occlusion des voies biliaires en un point , plutôt qu’une maladie du foie lui-même.

Cette affection a plusieurs symptômes variables. Ainsi la douleur obtuse signalée par quelques auteurs manque souvent; l’ascite consécutive manque plus souvent encore quand il n’y a engorgement ni du foie ni des organes environnants. M. Cratz a observé des spasmes violents et intermittents ; mais ce phénomène est rare et n’a rien de caractéristique. L’ictère , l’absence de la bile dans les excréments, la tumeur de la vésicule, si elle existe, sont les trois signes qui permettent de reconnaître un obstacle dans les voies biliaires. En analysant les signes concomitan ts, on essayera de déterminer la nature de ces obstacles.

Au reste, toutes ces affections sont au-dessus des ressources de l’art. (Dictionnaire en 25 vol., tome v.)

MALADIES DE L’APPAREIL URINAIRE

lre CLASSE. — LÉSIONS DE CIRCULATION.

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