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DES HÉMORRAGIES

en avant, saiïs motif. Ce penchant était si violent, qu’au dire de certains malades, ils se seraient précipités dans le feu , s’il s’en fût trouvé devant eux. Nous avons eu occasion d’observer deux fois ce singulier phénomène. D’autres éprouvent un penchant à reculer.

Peut-on se rendre compte de ces faits ? On sait que M. Magendie a prouvé par des expériences, qu’en enlevant les corps striés, les animaux étaient portés à aller en avant , et en leur coupant le cervelet, à aller en arrière. Chez l’homme, les corps striés sont souvent altérés par des hémorragies ou des ramollissements, sans que le phénomène de la progression en avant se rencontre. Ainsi , tout en sachant très-bien ce qui se produit chez les animaux , il est impossible d’assi gne r, chez l’homme, l’organe malade qui pro duit ce phénomène.

M. Serres ( Voyez Journal de Physiologie , t. m) a cité l’observation curieuse d’un individu de soixante-huit ans, qui, après avoir fait un excès de vin, fut pris du besoin irrésistible de tourner sur lui-même. Ce phénomène dura quatre mois, au bout desquels le malade succomba aux accidents d’une apoplexie. A l’autopsie on trouva une hémorragie dans un des pédoncules du cervelet.

On sait aussi que M. Magendie produit ce phénomène à volonté sur les animaux, en leur coupant un des pédoncules du cervelet.

Le délire qui se manifeste quelquefois dans les hémorragies cérébrales , n’est pas sous l’influence de ces hémorragies. 11 dépend d’une inflammation des méninges , de celles surtout de la convexité du cerveau, inflammation qui réagit sur la pulpe nerveuse.

Le coma s’observe surtout dans les cas où il y a épanchement considérable dans les ven tricules.

L’hémorragie peut se compliquer de pneumonie, qui survient d’une manière insidieuse et latente. Les malades tombent vite alors dans un étal de prostration et d’adynamie , qui donne plutôt l’éveil sur cette nouvelle affection , que les symptômes spéciaux.

On observe quelquefois aussi une facilité très-grande à la gangrène.

L’appareil intestinal peut s’altérer secondairement, et alors aussi surviennent rapidement des symptômes adynamiques, chez les vieillards surtout.

Durée. La durée des symptômes que produit l’hémorragie des centres nerveux est très-variable ; et ce que nous pourrions dire à ce sujet ressort amplement de l’examen que nous avons fait de ces symptômes.

Pronostic et terminaison. Une attaque d’apoplexie prédispose à en avoir d’autres. A l’autopsie d’individus morts d’hémorragie cérébrale, on trouve souvent des traces d’an- I ciennes hémorragies. Vous aurez souvent

occasion de voir des individus qui ont éprouvé une ou deux attaques d’apoplexie , et qui succombent à la troisième ou à la quatrième attaque. Il est cependant quelques personnes qui ont éprouvé une hémorragie étant jeunes, et qui n’en ont plus dans le cours de leur vie.

Toutes ces circonstances doivent faire porter un pronostic grave.

Un retour complet ou plus ou moins imparfait à la santé, ou la mort, sont les terminaisons de l’hémorragie des centres nerveux. Nous avons déjà examiné toutes ces circonstances ; nous n’y reviendrons pas. Observons seulement que les morts subites sont beaucoup plus rares qu’on ne le pense généralement dans les hémorragies cérébrales. Ces accidents foudroyants sont le plus ordinairement dus à une rupture des gros vaisseaux ou du cœur. Quelquefois ces morts subites sont inexplicables.

Variétés. On peut distinguer les hémorragies qui sont précédées de prodromes plus ou moins longs , celles où il n’y a que perte du mouvement et celles où il y a en même temps perte du mouvement et de l’intejligence. On peut les distinguer aussi en faibles, moyennes ou fortes ; enfin celles qui sont accompagnées de complications , et qui varient selon la nature de ces complications.

Traitement. Quand il existe desprodrômes, il faut les combattre par les moyens que nous avons indiqués en parlant de la congestion cérébrale.

Pendant l’attaque, il faut premièrement recourir aux émissions sanguines. Elles s’opposent d’abord à la continuation de l’hémorragie; elles s’opposent aux congestions qui peuvent se faire ; elles détruisent les inflammations qui tendent à se former autour du foyer; enfin elles facilitent la résorption.

C’est surtout aux émissions sanguines générales qu’il faut avoir recours. Mais importe-t-il d’ouvrir telle ou telle veine? On a conseillé d’ouvrir la jugulaire ; il est évident que la compression qu’il faut exercer doit être nuisible. Les veines du pied ; le sang peut ne pas couler assez abondamment. Les veines occipitales ; il n’est pas facile d’avoir tout le sang qu’on veut. Les veines du bras paralysé ; cela est indifférent pourvu qu’on obtienne du sang. On a proposé d’ouvrir le sinus longitudinal supérieur avec une couronne de trépan ; c'est une folie qui appartient à un médecin de Caen.

Quelle est la quantité de sang qu’on doit tirer ? En Angleterre, on tire dans quelques cas de vingt à trente et quaranteoncesde sang. Nous ne pensons pas qu’on doive imiter celte pratique, car il importe de ne pas épuiser le malade et de ne pas se priver de la ressource d’une nouvelle saignée souvent indiquée.

Les saignées ne sont pas contre-indiquées .,$>ar la pâleur de la face, pâleur qu’on attribuait autrefois à une apoplexie séreuse, en considérant comme affection principale ce qui n’était qu’un symptôme.

Ellesne sont pas contre-indiquées non plus par la faiblesse du pouls, pas plus que la dureté du pouls n’indique toujours qu’il faille y revenir.

La constitution faible du malade n’est point un obstacle à la saignée.

C’est un préjugé de croire que la saignée soi t nuisible après le repas. Elle a, au contraire, l’avantage de provoquer le vomissement et de débarrasser le cerveau.

Dans les cas où il survient du délire et des contractures, il faut réitérer la saignée. Mais il est des cas où les malades sont tombés dans un tel état de collapsus qu’il est impossible de saigner ou de réitérer la saignée. Les émissions sanguines seraient alors nuisibles , le coma surviendrait, le travail de cicatrisation ne pourrait pas s’opérer, car nous savons qu’il faut un certain degré de force pour que la cicatrisation s’opère.

L’artériotomie a été conseillée et pratiquée une fois avec succès.

La tête du malade doit être maintenue élevée et découverte. On peut aussi y faire des applications d’eau froide.

Les révulsifs sont employés avec avantage, soit seuls, soit concurremment avec les émissions sanguines. Ainsi on applique des sinapismes aux extrémités , on fait prendre des pédiluves irritants, etc. On a aussi conseillé le cautère actuel ; c’est un moyen fort dangereux, sur l’emploi duquel il faut être très-prudent.

Les vomitifs ont été fort vantés , ils sont cependant plus nuisibles qu’utiles à cause des secousses qu’ils occasionnent, et de la congestion qu’ils déterminent vers le cerveau.

11 n’en est pas de même des purgatifs qui agissent efficacement comme dérivatifs. On administre, soit l’émétique en lavage, soit des sels neutres, soit la casse et le tamarin, soit les lavements purgatifs.

Après l’attaque, on peut encore dans quelques cas faire usage des émissions sanguines, mais c’est alors surtout que les révulsifs cutanés sont indiqués , et que les vésicatoires et les cautères sont utiles.

Nous avons dit que la paralysie persistait dans certains cas, alors même que le travail cicatrisateur s’est opéré et que la substance cérébrale ne présente plus de lésion appréciable. Alors seulement il est permis au praticien d’attaquer ce symptôme et d’agir directement sur les parties paralysées.

Plusieurs moyens ont été tour à tour préconisés ; ainsi on fait usage des frictions avec le baume d’Opodeldoch , ou avec ifn fini-

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