C. DU RAMOLLISSEMENT DES CENTRES NERVEUX
Cette maladie, observée depuis longtemps, n’a été décrite que dans ces derniers temps. C’est aux travaux de MM. Lallemand, Rostan, Bouillaud, etc., que nous devons les connaissances les plus précieuses sur cette affection.
Quelques auteurs l’ont désignée sous le nom d’ encéphalite. Ce terme est vicieux; car le ramollissement n’est pas toujours le résultat d’une phlegmasie.
M. Cruveilhier a proposé de l’appeler apoplexie capillaire. Mais cette expression n’est pas juste dans tous les cas, dans ceux surtout où le ramollissement n’est pas la suite de l’inflammation.
Caractères anatomiques. Elle est caractérisée, sur le cadavre, par l’état pulpeux et mou des centres nerveux. Dans quelques cas, à la place de la substance nerveuse, on ne trouve qu’une matière liquide flottant quelquefois dans une trame cellulo-vasculaire.
Il est des cas où ces altérations constituent toute la lésion. Il en est d’autre, où, en même temps qu’il y a ramollissement, on trouve aussi la substance grise, soit interne, soit externe, entièrement décolorée. D’autres cas où l’on a trouvé de la sérosité épanchée ou infiltrée. Tantôt les parties ramollies ont présenté plus de sang que de coutume, et alors ces parties étaient colorées en rouge ,
coloration qui était tantôt uniforme, tantôt par plaques.
Le sang y a été trouvé, tantôt par petits caillots, tantôt en épanchement, comme dans l’apoplexie.
La masse ramollie a été trouvée infiltrée de pus, présentant de véritables foyers purulents , des abcès.
M. Lallemand dit que les cerveux ramollis qu’on a trouvés décolorés ne devaient cette décoloration qu’à la présence du pus. Cette assertion n’est pas exacte.
Siège. Le ramollissement peut avoir des sièges divers. Il peut frapper tous les points des centres nerveux, être général ou partiel. Le ramollissement partiel est de beaucoup le plus fréquent. Il peut atteindre les circonvolutions, les couches optiques, les corps striés, les cornes d’Ammon, le septum lucidum, ou le corps calleux. On peut ne trouver qu’un seul point ramolli, ou plusieurs.
Les cas où toute la masse encéphalique a été trouvée ramollie sont rares chez l’adulte. Ce ramollissement général a été plus souvent observé chez les enfants naissants. Dans ces cas un phénomène singulier a été observé : au moment où l’on ouvrait le crâne, il se dégageait de l’hydrogène sulfuré.
Causes. Les causes sont peu connues. Sous le rapport des âges, le ramollissement a été observé depuis les premiers jours de la vie extra-utérine jusqu’à l’époque la plusavancée de la vie. M. Billard l’a observé fréquemment chez les enfants. M. Martinet chez l’adulte, M. Rostan chez les vieillards. Ces auteurs disent qu’il est exclusif aux âges auxquels ils l’ont observé. Il est juste de conclure qu’il ne se montre pas avec plus de prédominance dans un âge que dans l’autre.