DU PUS DANS LES CENTRES NERVEUX
Le pus peut se rencontrer à deux états : infiltré ou réuni en foyer, en abcès. Dans ce I dernier cas, ilpeut se trouver immédiatement ! en contact avec la substance cérébrale, tantôt séparé d’elle par une membrane, soit séreuse, soit fibreuse, tantôt cellulo-vasculaire, tantôt cartilagineuse et même osseuse.
De là deux divisions des abcès : enkistés, non enkystés. La substance nerveuse peut rester saine autour de ces abcès, ou bien subir plusieurs altérations. On l’a vue hypérémiée, ramollie, indurée.
Soit qu’il soit infiltré, soit à l’état d’abcès,
Je pus a été trouvé dans les hémisphères cérébraux, dans le cervelet, le mésocéphaïe, la moelle épinière. Dans cette dernière on ne l’a jamais vu qu’infiltré.
L’abcès peut être unique, ou bien il peut y en avoir plusieurs.
Il peut se faire jour de diverses manières. Si l’abcès est superficiel, il perce dans les membranes. S’il est situé près des ventricules, il peut s’ouvrir dans leur cavité. Enfin, il peut se frayer un passage par un conduit fistuleux plus ou moins allongé.
Dans le plus grand nombre de cas, le pusse forme sousl’influence d’uneirritation directe, à la suite de coups ou de chutes. Quelquefois l’inflammation des parties qui avoisinent le cerveau peut déterminer la présence du pus dans le cerveau. Ainsi on a vu quelquefois l’inflammation de l’oreille moyenne et celle de l’oreille interne occasionnant la carie du rocher, verser dans le cerveau une certaine quantité de pus.
D’autres fois ces abcès surviennent sans causes appréciables. Dans ces cas la formation de ces abcès est précédée d’autres lésions. Le cerveau s’injecte, se ramollit, devient pulpeux et purulent.
A la suite des grandes opérations chirurgicales, dans quelques cas de suppuration supprimée, le cerveau présente des foyers purulents disséminés dans plusieurs points de sa substance. Dans ces cas le cerveau seul ne présente pas ce phénomène. On le trouve encore dans les poumons, le cœur, le foie, la rate, les reins, le tissu cellulaire. C’est un véritable dépôt de pus.
Symptômes. Sont, 1° ceux de la maladie même qui a produit le pus ; 2° ceux de l’inflammation qu’iloccasionne; 5° ceux delà compression mécanique qu’il exerce sur le cerveau.
La mort peut survenir rapidement, ou bien les symptômes peuvent diminuer et s’aggraver alternativementpendantun certain temps. Enfin, ils finissent par prendre le plus haut degré d’intensité et le malade succombe. Le pus est alors enkysté et la membrane du kyste est dure et résistante. Ces cas ne sont pas rares.
Un autre cas peut se présenter. Les mêmes symptômes peuvent paraître et disparaître un assez grand nombre de fois.
Enfin, il est des cas bien constatés où les abcès ne se traduisent pas par des symptômes tranchés.
Une fois le pus formé, la maladie à laquelle il donne lieu peut avoir une durée très-variable.
Les abcès du cervelet sont plus rares. Ils ont été souvent accompagnés de lésions du mouvement. M. Lallemand, quatrième lettre, cite un cas où les deux lobes du cervelet fu-
rent trouvés infiltrés de pus. Les symptômes observés furent d’abord une paraplégie à laquelle succéda une paralysie complète. 11 y avait aussi perte de la vue.
Dans plusieurs cas d’affections semblables du cervelet, il y eut des vomissements.
Il s’est présenté des cas d’abcès dansle cervelet sans altération de l’intelligence et des mouvements. A la clinique deDupuytren, on a observé un cas d’abcès dans un lobe cérébelleux. Le seul symptôme fut une céphalalgie occipitale. Un cas, cité par Dance, de trois abcès cérébelleux. Symptôme unique : accès de céphalalgie. Dans aucun cas il n’est fait mention des organes génitaux.
IVe CLASSE. — PRODUCTIONS MORBIDES DÉVE- . LOPPÉES DANS LES CENTRES NERVEUX.
Les altérations de nutrition et de sécrétion des centres nerveux ne se bornent pas à celles que nous venons d’examiner. Dans certaines circonstances, et sous l’influence de causes qu’il est presque toujours impossible d’apprécier, les molécules nerveuses peuvent disparaître et être remplacées par des produits accidentels de même nature que ceux qui se développent dans le poumon, le foie et les autres viscères.
Les plus fréquents de ces produits accidentels dans les centres nerveux, sont les tubercules et le cancer.