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LÉSIONS DU

roidissenl, deviennent immobiles, et le tétanos devient général.

Alors, le corps tout entier reste immobile, droit ou renversé dans des sens divers ; les plus grands efforts exercés pour le fléchir ou lui donner quelque autre attitude sont impuissants; on voitlesmuscles convulsés, durcis et comme pelotonnés sur leur centre.

Les contractions du tétanos, si violentes et si prolongées qu’elles soient, présentent cependant, à des intervalles irréguliers, des moments de détente plus ou moins marqués et d’une sorte de relâchement général, qui permettent au malade de faire quelques mouvements et de prendre quelques boissons. Mais bientôt la roideur revient plus intense.

L’intelligence se conserve intacte jusqu’au dernier moment de l’existence. Dans quelques cas cependant, le délire survient.

La sensibilité cutanée peut rester intacte ou s’altérer.

La circulation est ordinairement troublée : il y a de cent à cent vingt pulsations.

La respiration est ordinairement gênée, et le devient d’autant plus, que les malades approchent de la mort. On peut même dire qu’ils périssent presque tous par asphyxie, les muscles pectoraux éprouvant une trop grande perturbation.

La durée peut être de quelques heures, de quelques jours; elle peut se prolonger à quelques mois. La durée moyenne est de quatre à cinq jours.

Elle se termine ordinairement par la mort. Le retour à la santé est le cas le plus rare. Il y a cependant quelques cas de guérison.

Traitement. A varié selon les idées que l’on se faisait de la nature de la maladie. Ainsi, les émissions sanguines ont été employées à profusion par les médecins qui considèrent le tétanos comme une inflammation. Plusieurs cas ainsi traités ont été guéris. M. Lepelletier du Mans a cité un cas où il tira douze livres de sang en six fois. Le malade fut guéri.

M. Martin a rapporté plusieurs observations de guérison ainsi obtenues. Il administrait un bain tiède, et pendant le bain, qui durait plusieurs heures, il tirait, à chaque heure, trois onces de sang.

M. Lisfrane a présenté dernièrement à l’Académie de Médecine un homme qu’il a guéri du tétanos, en employant le traitement antiphlogistique le plus rigoureux. En dix-neuf jours il a fait huit saignées de quatre palettes chacune environ, et dans le même temps il a appliqué 792 sangsues tout le long du rachis, excepté 50 qui ont été appliquées à l’épigastre.

Ces faits divers me forcent à convenir que si j’avais un tétanos à traiter, je n’emploie-

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rais pas d’autre moyen que le régime antiphlogistique dans toute sa rigueur.

Il est bon de ne pas borner l’application des sangsues au rachis, et de les porter à la nuque, aux mâchoires, autour de la plaie, s’il en existe.

Les narcotiques ont été beaucoup préconisés et beaucoup employés. Quelques cas de guérison ont été obtenus par ce moyen. On peut les employer, soit seuls, soit conjointement avec les évacuations sanguines. Un fait singulier quant à l’administration de l’opium, c’est que dans cette maladie il ne produit pas son effet ordinaire. On l’a administré à la dose de trente grains, sans endormir le malade.

L’incertitude dans le traitement s’explique par l’incertitude des altérations que l’anatomie pathologique nous découvre.

Un médecin italien dit avoir obtenu deux guérisons en employant la morphine par la méthode endermique.

L’acide prussique n’a jamais réussi.

Les révulsifs sur les intestins peuvent être convenablement employés dans quelques cas. Les révulsifs à la peau , les bains de vapeur surtout, ont été très-employés.

Il existe encore quelques moyens beaucoup vantés, et que l’on peut regarder comme empiriques ; tels sont :

Le mercure poussé jusqu’à la salivation, dont un médecin anglais dit avoir retiré de si grands avantages ;

La teinture de cantharides;

Le phosphore;

Le sous-carbonate de fer;

Le sous-carbonate de potasse;

L’arsenic; •

L’huile de térébenthine à l’intérieur.

Enfin, M. Cruveilhier a obtenu un plein succès chez un malade dont le tétanos était fixé aux muscles pectoraux, en lui faisant cadencer la respiration.

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