DE LA CHORÉE
C’est le nom que le docteur Bouteille a donné à la maladie autrefois désignée sous le nom de danse de Saint IVit ou de Saint Guy , désignation qui lui vient d’une chapelle située près d’Ulm en Souabe, consacrée à ce saint auprès duquel on se rendait tous les ans en pèlerinage, au mois de juin, pour obtenir la guérison de cette maladie , dont lui-mêmê aurait été atteint.
Elle est caractérisée par des mouvements singuliers, désordonnés, irrésistibles du corps, ou de certaines parties du corps.
Comme toutes les maladies que nous venons d’étudier, la chorée réside dans le système nerveux. Mais peut-on lui trouver un siège particulier? En ayant égard aux mouvements désordonnés, quelques auteurs lui ont assigné pour siège les nerfs. M. Serres.se
fondant sur certains faits pathologiques , le place dans les tubercules quadrijumeaux.
Peut-on justifier par Pouverlure des corps l’opinion qui place le siège de cette maladie dans les centres nerveux ? Il y a eu jusqu’ici peu de cas d’autopsie de malades qui aient succombé à la chorée, car il est rare que l’on meure de celte maladie. Voici les cas que j’ai pu rassembler. Vous trouverez dans le tome ier et dans le tome xx des Archives de Médecine , dans le tome lxxii de la Bibliothèque médicale, trois cas de mort après la chorée, et où on n’a trouvé aucune lésion spéciale.
M. Serres en a publié quatre autres où les altérations se voyaient aux tubercules quadrijumeaux.
Le ier de ces cas était compliqué d’épilepsie, c’est même de cette maladie que le malade est mort. Il y avait induration squirrheuse autour des tubercules quadrijumeaux, ramollissement du processus cerebelli ad testes.
Les 2P et 3e étaient compliqués d’hémorragie cérébrale, cause de la mort. On trouva un épanchement de sang à la base de la paire postérieure des tubercules quadrijumeaux.
Dans le quatrième il n’y avait plus de complications vers le système nerveux. On trouva, dit M. Serres, les tubercules quadrijumeaux enflammés. Ce laconisme d’expression laisse beaucoup à désirer. Voyez, au reste, Serres, tome 11, de V Anatomie du cerveau.
M. Bergeon, interne des hôpitaux, a publié un fait fort intéressant, dans la Revue médicale, avril i83i. Un individu mourut pendant la chorée. On trouva une induration remarquable cTu bulbe rachidien. On ne trouva rien dans les tubercules quadrijumeaux ni dans les parties qui les avoisinent.
Il m’est arrivé une seule fois d’ouvrir lin cadavre d’un enfant mort pendant la chorée. Je trouvai des tubercules dans le cerveau et dans le cervelet.
M. Dugès a eu deux fois l’occasion d’examiner des enfants morts ou pendant la durée ou vers la fin d’une chorée. Le cerveau, les nerfs et le cordon rachidien, ne paraissaient différer en rien de ceux des enfants les mieux portants. Le rachis d’un enfant qui était affecté de chorée, ouvert par M. Ollivier, n’offrit auéune altération sensible de la moelle épinière M. Rufz a recueilli quatre observations dans lesquelles il n’existait aucune lésion qui pût être considérée comme particulière à la chorée. M. Ghérard, de Philadelphie, M. Hache et M. Rostan, ont publié des faits analogues.
D’un autre côté, M. Prichard a publié trois observations de chorées, dans lesquelles il trouva une quantité de sérosité assez considérable dans la cavité méningienne du rachis avec une injection des vaisseaux de la moelle
épinière. Les observations de ce médecin manquent de détails.
M. Monod rapporte que chez deux sujets affectés de chorée, il trouva une hypertrophie avec injection très-remarquable de la substance corticale du cerveau et de la moelle épinière. Le cervelet et les méninges rachidiennes étaient aussi fort injectés.
M. Hatin explique la chorée par un endurcissement avec hypertrophie de la partie antérieure de la moelle épinière.
Dans une observation de M. Rœser, les ventricules cérébraux contenaient plus de sérosité que dans l’état normal; le canal vertébral en renfermait un peu ; la moelle épinière était entourée d’un réseau vasculaire trèsdéveloppé, et la substance cérébrale était ramollie.
Enfin, le docteur Brown ayant ouvert une jeune fille de seize ans atteinte de chorée, trouva toute la surface du cerveau extrêmement injectée, et dans la substance médulai're de l’hémisphère gauche, une concrétion calcaire de forme irrégulièrement cubique, d’un demi-pouce environ, sur chacun de ses côtés.
Il résulte de l’exposé de ces faits, que si, par l’examen des symptômes, on peut assigner le siège de la maladie dans le système nerveux, l’anatomie pathologique ne nous apprend encore rien sur le siège et la nature de cette maladie.' Direz-vous que c’est une irritation? Rien ne le prouve. Que c’est une maladie convulsive, ou une paralysie incomplète, comme l’ont annoncé quelques auteurs? A cela nous répondrons, comme M. Bouillaud (art. Chorée du Dictionnaire en 15 volumes), que les lésions que peuvent subir des mouvements coordonnés, tels que ceux de progression, de préhension, etc., ne sont pas uniquement des lésions en plus ou en îndins, mais aussi un trouble dans l’association, la combinaison, la coordination normale de ces mouvements ; et comme M. Bouillaud, je crois que telle est bien réellement l’espèce de désordre qui caractérise la chorée.
En attendant que des recherches postérieures fassent connaître la nature et le siège de cette maladie, étudions-en lés causes.
Causes. Parmi celles-ci , il faut distinguer celles qui sont purement occasionnelles, et au premier rang il faut ranger toutes les émotions et particulièrement la peur, surtout chez les enfants. Un grand nombre de chorées ont été attribuées à cette cause (t). D’autres passions, telle que la colère, un amour malheureux, ont suffi, pour la produire. Elle se développe, en quelques circonstances, par
(1) Mi. Guersent pense que ce n’est pas la peur qui cause la chorée, mais que c’est la disposition à cette maladie, qui rend les enfants très-faciles a s’effrayer.
LÉSIONS DU MOUVEMENT
imitation, dans les pensionnats, dans les couvents. C’est vous dire combien il est important de séquestrer le malade, car il y a là, passez-moi l’expression, une véritable contagion nerveuse.
Si l’on ajoute foi aux réeils de quelques historiens, il paraîtrait que la chorée a régné quelquefois d’une manière épidémique. Ainsi, Pline rapporte que les soldats de Germanicus contractèrent sur les bords du Rhin une maladie dont les symptômes sont analogues à ceux de la chorée. Selon Mézeray , elle aurait régné épidémiquement dans la Hollande en 1373. Cullen en rapporte aussi des exemples, et tout récemment, M. le professeur Hecker de Berlin , vient de publier une histoire de la chorée épidémique , où se trouvent décrites plusieurs épidémies de cette affection.
La masturbation est certainement une cause puissante de la chorée. Les dérangements de la menstruation ont, dans quelques cas trèsrares, été donnés comme causes de cette maladie. A propos des fonctions génitales, il existe dans la science un fait curieux. Il s’agit d’une femme qui avait eu la chorée dans sa jeunesse. Elle se marie, devient grosse; la chorée revient et dure tout le temps de la grossesse qui se termine, après six mois, par avortement. La chorée disparaît aussitôt.
Les maladies du tube digestif peuvent devenir causes occasionnelles de cette maladie. M. Guersent l’a vue plusieurs fois se manifester à la suite d’inflammations gastro-intestinales, contre lesquelles on avait abusé de moyens débilitants. M. Blache l’a vue survenir après une fièvre typhoïde dont la durée avait été fort longue.
On a beaucoup parlé de l’influence des vers. Ils sont , comme on sait, très-communs chez les enfants.
Dans les cas observés par MM. Rufz et Blache, aucun malade n’avait rendu des vers. On trouve dans le Journal d’ Hufeland, que dans certaines chorées où des vermifuges avaient produit l’expulsion d’un grand nombre de vers, les mouvements convulsifs n’ont éprouvé aucune diminution sensible.
J. Franck n’a vu qu’une seule fois leur expulsion coïncider avec la guérison.
La suppression de quelques sécrétions peut entraîner cette maladie. Ainsi, on a cité l’exemple d’un individu qui fut pris de chorée après une suppression de la sueur des pieds. On a aussi cité quelques cas de chorée survenus après la suppression d’un exanthème.
On a vu la chorée survenir après une abondante hémorragie nasale.
On la voit survenir , chez des individus trèsprédisposés, à la suite de lésions sans influence sur la plupart des autres hommes ; ainsi, une jeune fille en fut prise par la dou-
leur qu’occasionnait un ongle rentré dans les chairs. On peut en dire autant de toutes sortes de blessures.
Elle s’est encore développée sous l’influence des agents extérieurs. Elle est survenue après l’inspiration de vapeurs mercurielles. Une autre fois, après une simple dose de dalura stramonium; dans quelques cas, après l’introduction de venins animaux.
Le docteur Bouteille cite deux cas dans lesquels la chorée a paru être le résultat d’une chute sur la tête. Quelques auteurs font jouer un grand rôle aux coups, aux chutes, et à toutes les violences extérieures sur cette partie dans la production de la chorée. Dans les observations recueillies par MM. Rufz et Blache il est positivement indiqué qu’aucun enfant n’avait reçu de coups ni fait aucune chute sur la tête.
Enfin , elle est quelquefois survenue sans aucune de ces causes occasionnelles.
Causes prédisposantes. La chorée peut être considérée comme une maladie de l’enfance ; d’après les calculs de M. Rufz, elle n’est précisément ni très-rare ni très-commune dans cette période de la vie. Sur 32,976 enfants admis à l’hôpital des enfants pendant 10 années , 189 seulement étaient affectés de chorée. C’est depuis l’âge de six ans jusqu’à quatorze qu’elle est plus fréquente. On n’en connaît pas avant quatre ans , et d’autre part après quatorze ans; elle est d’autant plus rare qu’on avance en âge. On a fait à ce sujet une remarque , c’est que les individus frappés de chorée à l’âge le moins avancé , étaient des garçons.
Sexe. Non également sujets. Sur 189 cas il y a 138 filles et 51 garçons.
On a pensé que lès individus faibles, délicats, dont la peau est blanche et fine, les scrofuleux , les rachitiques, les enfants précoces, etc., y étaientplusexposés. Cependant, on l’a vue plus fréquente chez les enfants du peuple que chez ceux de la classe riche.
La chorée en certaines circonstances, a paru se transmettre par hérédité. On a vu des familles, où quelques membres affectés de maladies nerveuses, ont donné le jour à des enfants qui ont été attaqués de chorée.
Une observation importante, c’est la liaison qui existe entre l’ép'ilepsie et la chorée. Il est de fait que l’on voit beaucoup d’individus avoir la chorée avant l’épilepsie et l’hystérie ; on a vu ces maladies alterner ; on l’a vue liée à l’aliénation mentale.
Symptômes. Les symptômes de la chorée portent principalement sur le système musculaire et se traduisent , comme nous l’avons déjà dit, par un désordre bizarre et irrésistible du mouvement.
, Ce désordre peut être général, ce qui est
très-rare, ou partiel, ce qui est plus commun. Quand il est partiel, il peut être borné à une moitié du corps , et dans ces cas on a remarqué que c’était le côté gauche qui était le plus souvent affecté.
La chorée peut être bornée à quelques parties isolément , à la face , à un bras, à quelques muscles isolés.
A la tête. C’est quelquefois un mouvement singulier du cuir chevelu. Tantôt les sourcils sont agités de mouvements qui les font s’éloigner où se rapprocher. Les muscles du front se contractent avec violence ; quelquefois un muscle semble sortir de son immobilité. Ainsi, on a vu quelquefois les muscles propres de l’oreille, ordinairement sans action, être pris de mouvements singuliers. Les paupières sont quelquefois agitées d’un clignotement continuel, les yeux sont portés à droite, à gauche, en haut, en bas. La bouche est au$si le siège de mouvements désordonnés , tantôt elle est serrée, tantôt largement ouverte, les lèvres s’allongent , se raccourcissent. Il y en a chez lesquels le rire est prédominant, chez d’autres c’est l’expression des pleurs. La tête en totalité peut être portée en arrière, et si fort qu’il semble que les malades peuvent voir par derrière; elle peut être portée en ayant, de côté et d’autre ; dans un cas, la tête venait pendant des heures frapper une épaule comme un marteau. Dantfd’autres, on observait un tournoiement de fa tête, si rapide, que l’on a cru quelquefois qu’elle roulait entièrement sur son axe. La face est dans ces cas d’une expression horrible. Le cou peut prendre mille directions.
Aux membres. Ils peuvent être le siège des mouvements les plus désordonnés , et l’imagination ne pourrait Vraiment pas en concevoir la réalité ; quelques malades se frappent les mains, les membres ; d’autres frappent tous les objets près d’eux. D’autres ont l’air de frap- *per des corps en l’air, d’autres étendent les bras comme les nageurs. Chez un individu , les épaules se soulevaient comme chez un oiseau qui va s’envoler. Chez un autre, les deux bras étaient agités d’un mouvement en fronde. On en voit qui veulent saisir un objet et dont les mains se portent ailleurs que vers l’objet, d’autres qui saisissent les objets, mais qui les portent ailleurs que là où ils veulent. II y en a qui portent la main aux cheveux, et qui se les arrachent, quoi qu’on fasse.
Membres inférieurs. On en voit dont les membres sont jetés comme ceux des pantins qui se plient quelquefois des façons les plus bizarres. Viennent-ils à marcher, les uns seront obligés de décrire une courbe, d’autres croiront toujours tomber; d’autres veulent marcher, ils ne peuvent que sauter. II y en a qui boitent, quelques autres ont une tendance singulière à courir toujours devant eux.
Au tronc. Soit que les malades soient cou-
chés ou non, ils sont en proie aux contorsions les plus bizarres. Il y en a chez lesquels on voit une roideur tétanique; d’autres chez lesquels le tronc se courbe. M. Bailly a cité l’exemple d’une fille qui se frappait la tête, la poitrine, les épaules, elle faisait la bascule et des culbutes.
Les muscles delà langue se convulsentaussi; cet organe peut être porté hors de la bouche, il peut heurter contre les parois buccales; les malades peuvent devenir muets.
Les muscles du pharynx peuvent être le siège de convulsions, d’où difficulté ou impossibilité de la déglutition.
Les muscles du larynx sont dans le même cas , et les malades poussent des cris irrésistibles. Il y a d’autres fois dyspnée et quelquefois asphyxie (Voyez tome vin des Archives).
La respiration peut être notablementgênée. Les malades peuvent rendre involontairement les urines et les matières fécales.
La sensibilité ainsi que l’intelligence peu vent rester intactes, et c’est là le cas le plus commun ; mais lorsque la maladie persiste longtemps il peut survenir des désordres de l’intelligence; en général, les malades sont susceptibles, capricieux, irascibles; à la moindre émotion on les voit pleurer et pousser des cris.
Les fonctions nutritives sont ordinairement intactes.
L’invasion peut être subite. Dans d’autres cas, il y a des prodrômes. Les enfants chan- ' gent de caractère , ils deviennent tristes et moroses, cherchent la solitude, sans motifs ils rient, bien plus souvent ils pleurent; on en voit qui poussent de profonds soupirs. Ils ont ordinairement la tympanite, des douleurs articulaires ; ils ontdes palpitations, des tremblements de mains, des grimaces, des tics, ils ont quelquefois la voix rauque, il font des chutes fréquentes.
La marche est ordinairement continue; elle peut être rémittente ou irrégulièrement intermittente.
Elle peut récidiver.
Elle est moins prononcée* et souvent interrompue pendant le sommeil.
Les distractions, quelquefois les émotions fortes diminuent la maladie. M. Serres a cité le cas d’un individu dont la chorée était suspendue par un accès de colère.
Durée. Variable. Chez certains individus elle dure quelques jours , chez d’autres quel- I ques mois, chez quelques-uns des années; chez ceux-là ordinairement l’intelligence s’altère.
Elle peut.^e terminer par le retour à la santé, ce qui est le cas le plus commun.
Elle peut se changer en une autre maladie, l’épilepsie surtout.
Traitement. Les méthodes de traitement
LÉSIONS DU MOUVEMENT
employées contre la chorée sont fort nombreuses, et toutes s’autorisent de succès : nous allons rapidement les passer en revue.
Les médecins qui , comme Sydenham , croyaient que c’était l’humeur qui produisait cette affection en irritant les nerfs, donnaient les purgatifs plus ou moins répétés auxquels ils joignaient les saignées.
Cullen voulait qu’on réservât les saignées pour les malades pléthoriques, et proscrivait les purgatifs lorsqu’il existait de la faiblesse ; dans ce cas il prescrivait le quinquina elles furrugineux.
Bouteille prescrit deux ou trois saignées au plus, chacune de quatre onces de sang et rarement de six.
M. Serres conseille, dans la chorée récente, l’application de sangsuesà la partie supérieure de la région cervicale, et au pourtour de l’occipital.
M. Guersenl proscrit formellement l’emploi des éftïissions sanguines, qu’il croit très-rarement indiqué dans cette maladie, et dont presque toujours il n’a vu résulter que des inconvénients.
Le docteur Peltz au contraire, qui regarde la chorée comme une inflammalionde l’arachnoïde, propose dans la forme aiguë les applications réitérées de sangsues aux tempes, les purgatifs et les pédiluves sinapisés. La teinture d'iode lui a, dit-il, réussi dans la forme chronique.
Le docteur Prichard et M. Richerand emploient, après les sangsues, des vésicatoires et des cautères le long du rachis.
M. Chrétien, de Montpellier, cite cinq ou six observations de guérisons obtenues sous l’influence de frictions faites le long de l’épine avec le Uniment suivant, désigné sous le nom deliniment deRosen : espritdegenièvre,deux onces; huile de girofle et baume de muscade, de chaque un demi-gros.
La pommade émétisée employée en frictions sur le cuir chevelu, ou le long de la colonne vertébrale paraît avoir réussi à plusieurs médecins.
MM. Guersent, Chapman et Hamilton, ont employé avec succès les purgatifs plus ou moins énergiques.
M. Breschet s’est bien trouvé de la médication suivante : il administre le tartre stibié à la dose de 4, 6 ou 8 grains âu plus, toujours associé à l’opium et incorporé dans une infusion très-aromatique pour éviter le vomissement. En même temps, il donne des pilules composées d’aloès ou de gomme-gutte, de scammonée et de jalap. Ces pilules sont de trois grains : il commence par une et augmente successivement, en en faisant prendre une de trois en trois heures. La valérian’e, l’assa-fœtida, tous les narcotiques et les antispasmodiques, le camphre, l’oxyde de zinc,
l’oxyde de cuivre ammoniacal, la solution ammoniacale de Pearson,le nitrate d’argent, les préparations mercurielles, le sulfate de quinine, les cantharides, ont été employés et préconisés par un grand nombre de médecins
M.Elliotson prétend que le sous-carbonate de fer administré dans une centaine de cas n’a jamais échoué lorsque la chorée était récente, que les malades étaient jeunes et de bonne constitution. M. Baudelocque a aussi administré ce médicament, et dit s’en être bien trouvé.
Les bains froids ont été longtemps employés, et on y avait renoncé quand ils ont été de nouveau préconisés par Dupuytren, qui enseignait qu’il n’y avait pas de chorée qui leur résistât. Il les donnait aussi par surprises. Les douches , les affusions froides, les bains tièdes, les bains de mer ou de rivière, la natation, la gymnastique et tous les exercices du corps ont été employés avec des succès divers.
Enfin, pour terminer cette énumération, M. Baudelocque a le premier conseillé les bains sulfureux , et ce praticien en a obtenu des succès incontestables. Dans l’espace de cinq mois, 27 malades furent soumis à leur usage, et 25 fois la guérison eut lieu.
Ils sont donnés tous les jours, le dimanche excepté : leur durée est d’environ une heure.