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PURPURA

Le purpura ou le pourpre est une hémorragie capillaire cutanée circonscrite, qui donne lieu à la formation de taches sanguines, rouges, livides, violacées ou même noirâtres, et tout à fait semblables aux ecchymoses. Ces taches, en général, petites et distinctes, semées sur les membres et sur le tronc , mais le plus souvent sur les membres inférieurs, sont produites par une extravasation de sang sous l’épiderme, dans les aréoles du derme, ou même aussi dansle tissu cellulaire sous-cutané. Elles ne sont ordinairement accompagnées d’aucune chaleur, d’aucune douleur, d’aucun prurit ; elles n’ont pas de saillie, et suivent dans leur marche et leur coloration, la même marche et la même coloration qu’une ecchymose.

Dans un très-grand nombre de cas, la maladie est simple et ne donne lieu à aucun autre symptôme morbide; mais dans quelques autres elle est beaucoup plus grave. Elle peut donner lieu à des hémorragies dangereuses et même funestes, par les diverses surfaces exhalantes, et même dans la profondeur des viscères.

L 'étiologie de celte affection est souvent complètement obscure. Ainsi elle survient tantôt dans des conditions de misère, de mauvaise nourriture , d’habitation malsaine , etc., tantôt dans des conditions entièrement opposées, chez des hommes jouissant de tous les avantages de la richesse, de la salubrité de l’habitation et d’une nourriture abondante et saine.

Ces considérations nous portent à croire que le purpura tient à une véritable maladie du sang, dont la nature nous est encore inconnue

Le purpura se présente sous deux formes principales : le purpura simplex , le purpura hemorragica .

1° Purpura simplex . Les enfants, les femmes, les individus faibles et soumis à des influences débilitantes, sont principalement sujets au purpura simplex. Il se caractérise par de petites taches rouges ou livides siégeant à la partie interne des jambes , des bras , sur la poitrine, etc. Ces taches sont fort analogues au piqûres de puces , dont elles ne diffèrent que par l’absence du point central. Leur étendue ne dépasse guère celte d’une lentille ; elles sont arrondies et restent isolées les unes des autres. Leur couleur, après être devenue successivement plus foncée , s’éclaircit peu à peu , passe au jaune et disparaît, comme une ecchymose , après quelques jours de durée, sans être suivie de desquamation ou d’aucun signe de son existence.

Ordinairement légère et ne s’accompagnant ni de fièvre ni d’aucun dérangement dans la santé, cette maladie a une durée indéterminée.

2° Purpura hemorragica. Dans cette espèce, les taches sont plus larges, plus nombreuses , plus foncées, plus irrégulières ; c’est surtout ici qu’on voit l’ecchymose s’étendre au tissu cellulaire sous-cutané et présenter l’aspect des meurtrissures violentes de cause externe. Elles sont en effet livides, brunes ou noires. Ce . sont de véritables pétéchies qui bientôt augmentent en nombre, s’élargissent et se transforment en vastes taches rouges , jaunâtres, violettes.

Dans un grand nombre de cas , en même temps que ces taches se montrent à la peau , des hémorragies des membranes muqueuses apparaissent. Ainsi le sang peut s’écouler par le nez, la bouche , l’estomac, avec les urines , les selles. Il y a peu de temps, j’ai vu un jeune homme qui rendait au moins deux pintes de sang par jour avec les urines.

Cette maladie s’accompagne de désordres considérables , soit du côté du cerveau , tels que délire , convulsions, etc. ; soit du côté de la respiration et de la circulation, comme dyspnée, palpitations , etc.

La mort est la terminaison ordinaire de celte maladie.

Les autopsies, dans quelques cas, n’ont rien démontré. Dans d’autres cas , on a trouvé de larges ecchymoses dans la membrane muqueuse gastro-intestinale, des infiltrations ou des épanchements de sang dans les cavités séreuses et dans le tissu des organes parenchymateux.

Traitement. On ne peut pas établir de règle absolue pour le traitement de cette affection. C’est surtout ici qu’il faut avoir égard à la constitution de l’individu , plutôt qu’aux causes qui ont déterminé l’apparition de l’hé-

morragie cutanée. Il faut le dire , les émissions sanguines ne font qu’attaquer l’écorce de la maladie. Cependant on peut les employer dans certains cas. On emploiera avec avantage l’eau de Seltz, les applications d’eau glacée sur tout le corps. On mettra en usage les aromatiques, les toniques et l’eau chlorurée.

IIe CLASSE. — MALADIES DE LA PEAU, CARACTÉ- RISÉES PAR UNE LÉSION DE SÉCRÉTION.

La peau présente des phénomènes de sécrétion, dont les produits sont solides, demi-solides, liquides ou gazeux. Chacune de ces sécrétions peut s’altérer et constituer un état morbide. La plupart de ces altérations sont du ressort de la pathologie externe. Nous ne nous occuperons ici que de celles qui sont relatives à notre objet.

1° Altérations des sécrétions liquides.

La perspiration cutanée peut diminuer ou augmenter, et dans certains cas cette diminution et cette augmentation peuvent être des phénomènes morbides. Ainsi la sueur, qui est un phénomène tout physiologique, peut, dans certains cas, devenir un phénomène pathologique. C’est ce qui arrive principalement pendant la durée de plusieurs maladies chroniques. Ainsi, l’existence de tubercules dans les poumons donne lieu, dans les derniers temps de la maladie , à des sueurs très-abondantes. Au contraire, dans certaines maladies de l’estomac, la peau devient trè-sèche.

Ordinairement, les altérations de la sueur ne sont qu’un symptôme, mais dans d’autre s cas elles constituent à elles seules un phénomène morbide. Ainsi, parleur abondance excessive, les sueurs affaiblissent et épuisentles malades ; c’est ce qui arrive en général sur les individus faibles. Je vois une femme qui, depuis vingt-cinq ans, est sujette à des sueurs effroyables 5 j’y remédie par lemploi des toniques et des astringents. Dans la convalescence de certains malades, cette sueur peut être 'assez abondante pour les faire tomber dans un grand état de faiblesse, et compromettre la guérison.

Nous avons vu que la sueur abondante était un symptôme très-remarquable dans la suette

2® Altérations des sécrétions solides. 1° De l’épiderme.

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