ENTOZO AIRES DU TUBE DIGESTIF
première qui échappe à tous nos moyens d’in.r vestigation, étudionsles causes éloignées sous l’influence desquelles cette production a lieu.
On ne peut révoquer en doute l’influence d’un climat froid et humide sur la production des vers. La Hollande et la Suisse, où abondent les vers intestinaux, témoignent hautement de cette influence. Il est d’observation aussi que les vers sont plus fréquents dans les années humides.
Les aliments d’une certaine nature déternent aussi la production des vers. Dans certains pays les enfants sont endémiquement atteints de maladies vermineuses parqe qu’ils sont nourris avec des farineux, des fruits, des aliments de mauvaise qualité. La trop grande quantité d’aliments influe aussi beaucoup sur la production des vers. On a accusé certains aliments en particulier, tels que le lait, le beurre, le fromage, les substances végétales en général , de favoriser cette production. Il faut tenir compte en toutes circonstances, du climat , de l’habitation , de la constitution et de l’énergie digestive des individus qui présentent des vers intestinaux.
On a observé assez fréquemment des épidémies vermineuses.
Quant à l’influence des âges, il est incontestable que l’enfance y est beaucoup plus sujette que toutes les autres périodes de la vie. Observons que l’on trouve très-rarement des vers, de la naissance à six mois; que de six mois à un an , on en trouve un peu plus , et que de cette époque à cinq ans on les trouve de plus en plus fréquents. Il n’est pas rare de voir la production de tubercules coïncider avec la production de vers; celaa lieusurtout pour l’ascaride.
Symptômes. La présence des vers dans le canal intestinal coïncidant fréquemment avec des altérations diverses de ce canal , on lui a rapporté dans plusieurs circonstances , les lésions fonctionnelles qu’on avait observées pendant la vie. Sans nier que les vers puissent donner lieu à des phénomènes morbides, nous pensons que dans la plupart des cas où des lésions organiques ont été manifestes, la présence des vers n’était qu’une coïncidence , et que c’est à ces altérations que l’on doit rapporter les désordres fonctionnels.
Quoi qu’il en soit, voici les caractères symptomatiques que l’on attribue à la présence des vers. Du côté des voies digestives, mauvaise odeur de la bouche; défaut d’appétit, ou appétit bizarre; nausées, vomissements, coliques plus ou moins violentes. Du côté des autres organes, pâleur ou teint plombé delà face, bouffées de chaleur et de rougeur; yeux ternes, pupilles dilatées , démangeaison aux narines, urines lactescentes, amaigrissement plus ou moins prononcé ; grincement de dents pendant le sommeil, convulsions , quelquefois délire.
Remarquons que, la plupart de ces symptômes n’existent pas toujours et que le diagnostic de l’affection vermineuse est extrêmement obscur dans l’immense majorité des cas. La circonstance de la présence de vers ou de fragments de vers dans les selles peut seule donner une certitude.
Diagnostic différentiel. L’ascaride lombricoïde est le ver à la présence duquel on a attribué les symptômes que nous venons d’énumérer.
L’oxyure donne lieu à des démangeaisons insupportables, quelquefois à de vives douleurs à l’extrémité inférieure du rectum.
Les tricoçéphales ne paraissent donner lieu à aucun symptôme.
Le tœnia est celui dont le diagnostic est le plus facile parce qu’on en trouve, dans la plupart des cas, des fragments dans les évacuations alvines. Sa présence dans les intestins produit les phénomènes les plus variés; il n’y en a même pas qu’il ne puisse produire (1). On l’a vu coïncider avec l’hystérie, l’épilepsie, la chorée, et quelquefois ces maladies disparaissent avec le tœnia.
Traitement. Le nombre des anthelminliques est vraiment prodigieux ; chaque pays , pour ainsi dire, possède le sien, chaque praticien a une préférence pour tel ou tel. 11 y a deux indications à remplir dans le traitement des vers intestinaux; détruire, s’il se peut, les conditions climatériques ou organiques sous l’influence desquelles la production vermi-
(l) Je garderai longtemps le souvenir du premier cas de tœnia qui s’est présenté à mon observation. C’était à la Salpêtrière, pendant l’hiver de 1830, où M. Rosta.n sejivrait, malgré la rigueur inaccoutumée de la saison, à l’instruction des élèves, avec un zèle et un dévouement qui ont été depuis dignement et justement récompensés. Une femme, atteinte de tœnia, était couchée dans une des salles; le professeur seul était dans le secret. L’exercice clinique commence. Le cortège de symptômes que la malade présentait, était si compliqué, que nous, pauvres commençants, étions dans un embarras extrême pour asseoir nbtre diagnostic. L’un annonçait une gastrite, l’autre une gastro-entérite; celui-ci une hépatite, celui-là une splénite; quelques-uns un Cancer intestinal; il y en eut un même qui accusa fièrement l’existence d’une altération dans la portion droite du duodénum. Enfin, nous nous perdions tous dans Pimmense champ des conjectures. Le professeur riait de notre embarras, quand l’un de nous s’avisa de demander à la malade si elle n’avait jamais rendu de vers. Sur sa réponse affirmative et sur la description qu’elle nous fit, il y eut unanimité cette fois pour diagnostiquer la présence du tœnia. Elle le rendit en effet, quelques jours après, sous l’influence de l’écorce de la racine de grenadier.
Si j’ai cité ce fait , c’est pour engager le jeune praticien à se tenir sur ses gardes dans des cas semblables, et à ne jamais manquer de s’informer de l’état antécédent des évacuations alvines. Cette simple information lèvera souvent bien des difficultés. A.L
MALADIES DU TUBE DIGESTIF
neuse a lieu ; expulser les vers contenus dans le tube digestif.
On conçoit qu’il ne doit pas être toujours facile de remplir la première indication, pour ce qui concerne les influences du climat; soustraire les malades à l’action d’une température froide et humide, assainir leurs habitations autant que possible, seront choses très-utiles quand elles serontpossibles. Quant au régime alimentaire, il faudra prescrire une nourriture animale et excitante.
La présence des vers une fois constatée, les moyens curatifs varient suivant l’espèce qu’on a à combattre.
Pour l’ascaride lombricoïde , on emploie la racine de fougère mâle, à la dose de deux gros, plus ou moins, selon l’âge et la constitution des malades, la mousse de Corse infusée ou en poudre, en pastilles ou en biscuits, depuis un scrupule jusqu’à deux gros; le semen contra , à la dose de 6 à 20 grains en poudre, en ayant soin d’employer des graines récemment pulvérisées.
Le tricocéphale 11e reconnaît pas de traitement particulier.
Quant à l’oxyure, M. Cruveilhier s’est trèsbien trouvé, dans quelques circonstances où la présence de ces vers déterminait une vive douleur à la partie inférieure du rectum, de faire des onctions avec l’onguent mercuriel.
Le traitement du tœnia a été de tout temps livré à l’empirisme ; le nombre des spécifiques contre cet entozoaire est immense, et leur énumération seule tiendrait ici trop de place. Tous ces traitements divers sont fort peu usités depuis que l'on a employé, avec succès, l’écorce de racine de grenadier. Ce spécifique, qui est employé dans l’Inde dès la plus haute antiquité, s’administre de la manière suivante : on prend deux onces de cette racine concassée, que l’on fait bouillir dans deux pintes d’«au, jusqu’àréducliond’unelivre. La décoction qui en résulte doit être prise en trois doses, dedemi’heure en demi heure, Ce médicament détermine quelquefois dès nausées et des vomissements,; on .ne doit pas s’arrêter à ces accidents si l’on a la certitude de la présence du tœnia. Le lendemain on prescrira un purgatif doux, comme l’huile de ricin, et si le ver n’était rendu que par fragments, on pourrait doubler la dose de racines de grenadier , jusqu’à ce qu’il fût entièrement expulsé.
11 paraît que l’écorce de grenadier jouit de propriétés d’aùlant plus énergiques qu’elle est plus fraîche (i).
(1) Feu M. Darbon, docteur en médecine, administrait un médicament qui n'a jamais manqué son‘,efTet. Des expériences publiques ont été faites dans ies hôpitaux de Paris, et notamment à la Charité, par M. Louis qui a constaté l’efficacité de ce
IIIe CLASSE. — LÉSIONS 1)$ NUTRITION DE LA