DES INTESTINS
(Voyez les caractères anatomiques dans l’ouvrage cité).
Causes. La plus commune est le travail inflammatoire, qui agit en raison de son intensité et de sa durée. Néanmoins le ramollissement peut exister indépendamment de toute inflammation. Ainsi, par exemple, il a été prouvé qu’en sacrifiant des animaux pendant la digestion , on trouvait la membrane muqueuse de l’estomac ramollie, et l’estomac quelquefois perforé. Hunier, M. Camerer,etc., ont fait des expériences semblables et ont attribué ce ramollissement à une véritable digestion de l’estomac , par le suc gastrique qui, sans action pendant la vie, corrode après la mort les tuniques de l’estomac, et agit sur elles comme sur les aliments (2) .
remède et qui a publié, à ce sujet, un mémoire inséré dans les Archives de Médecine, t. vi, 1824.
J’ai vu chez madame veuve Darbon, une collection extrêmement nombreuse de tœnias, tous ex pulsés par ce médicament dont la formule est restée secrète.
(2) Hunter, M. Camerer, en Allemagne, M. Carswell, en Angleterre , ont soutenu cette opinion, et ce dernier surtout, dans un Mémoire remarquable inséré dans le Journal hebdomadaire, 1830, semblait avoir définitivement jugé cette question. M. Cruveilhier, qui, en 1821, avait déjà combattu cette doctrine, en publiant [Médecine pratique éclairée par Vanqtomie pathologique) un grand nombre d’observations de ramollissement gélatiniforme de l’estomac, dû, selon lui, à une toute autre cause, a insisté de nouveau sur les caractères anatomiques et symptomatiques qui différencient cette affection, et a émis cette proposition [Anatomie pathologique, 10e livraison) : i° qu’il est presque toujours possible de diagnostiquer le ramollissement gélatiniforme avec ou sans perforation de l’estomac ; 20 qu’il est souvent possible de l’arrêter dans sa marçhe désorganisatrice.
Voici les symptômes qu’il assigne à cette affection : vomissements muqueux ou bilieux, soif ardente, insatiable, tout à fait caractéristique ; amaigrissement très-rapide, quelquefois en douze heures; prostration extrême ; face décomposée et décolorée ; assoupissement léger, interrompu par des cris plaintifs et des contorsions; mauvaise humeur que rien n’égale; pouls lent et irrégulier; froid des extrémités,’ telle est la réunion des signes les plus propres à différencier le ramolissement gélatiniforme.
Diète lactée, bains longtemps prolongés, opium sagement administré; tels sont les moyens curatifs. Les antipalogistiques et les dérivatifs affaiblissent le malade, sans diminuer la maladie. A.L.