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NIALE

(Nous renvoyons encore ici -au Précis d’ Anatomie pathologique. )

IV« CLASSE. — PRODUCTIONS MORBIDES DÉVELOP- PÉES DANS LA PGÉTION SOUS-DIAPHRAGMATI- QUE DU TUBE DIGESTIF.

Lipômes. 11 n’est pas très-rare de voir se développer de véritables lipomes dans les parois des intestins. Ils n’y causent aucun trouble.

Plaques cartilagineuses. Ouelquefoisaussi on y trouve des plaques cartilagineuses.

Tubercules. Leur siège de prédilection est la fin de l’intestin grêle. Ils sont rares dans l’estomac etdansle grosintestin. On lestrouve soit dans le tissu cellulaire sous-muqueux, soit dans la membrane musculaire , soit dans le tissu cellulaire sous-péritonéal. Ils forment une petite tumeur blanchâtre , d’un volume qui varie depuis celui d’un grain de millet jusqu’à celui d’un pois. Leur nombre est aussi très-variable, quelquefois on n’en trouve qu’un ou deux, tantôt une quantité considérable. On les observe surtout autour ou au fond d'ulcérations qui ont succédé à la suppuration d’autres tubercules. La membrane muqueuse autour des tubercules est tantôt saine , tantôt altérée.

Les tubercules peuvent exister dans l’intestin, sans donner lieu à aucun symptôme qui révèle leur' existence. Quelquefois au contraire ils en déterminent de semblables à ceux de l’entérite chronique. Il faut remarquer d’ailleurs, que les tubercules intestinaux ne constituent jamais une lésion isolée, et que, d’après les belles recherches de M. Louis , ils coïncident toujours avec des tubercules pulmonaires (t).

(1) Nous réservons les remarques importantes que suscite la question des tubercules intestinaux pour l’article de la phthisie pulmonaire où ce sujet sera amplement traité. L. A.

Dans quelques cas rares * on a trouvé une matière colorante noire, déposée dans le tissu cellulaire sous-muqueux et sous-péritonéal, qui tanlôtétait uniformément étendue, tantôt formaitsur plusieurs points de petites tumeurs à saillie plus ou moins considérable. Gette matière était la mélanose.

Cancer du tube digestif . Nous devons étudier séparément le cancer de l’estomac et celui des intestins. Mais comme leurs caractères anatomiques sont communs, nous allons les réunir dans une description commune.

Caractères anatomiques. Comme tous les autres cancers, celuidu lubedigestif peut être constitué par le tissu squirrheux ou par la matière encéphaloïde.

Parmi les éléments anatomiques des parois digestives le cancer affecte spécialement le tissu cellulaire. C’est lui qui jouit surtout de ce fatal privilège ; aussi est-ce dans le tissu cellulaire sous-muqueux, sous-péritonéal ou sous -musculeux que l’on rencontre le plus ordinairementle cancer. Il donne lieu à des tumeurs qui font saillie soit en dehors soit en dedans des intestins, tumeurs qui s’opposent au cours des matières contenues dans le tube digestif.

La membrane séreuse participe rarement à la dégénération cancéreuse, et quand elle s'affecte , c’est toujours consécutivement.

La tunique musculaire peut se présenter à l’état complètement normal. Elle peut être séparée en véritables lobules par le cancer du tissu cellulaire qui jette ses ramifications au milieu des faisceaux charnus. Par la pression que le cancer exerce , elle peut l’atrophier à mesure que le tissu cellulaire gagne en épaisseur, et disparaître entièrement sans participer à la dégénéralion cancéreuse.

La membrane muqueuse reste souvent intacte au-dessus de la tumeur; quelquefoisellc présente les caractères d’une inflammation chronique, et il arrive un moment où elle s’ulcère et laisse paraître à nu le tissu cancéreux; dans d’autres circonstances le cancer commence par la membrane muqueuseelle-même qui se couvre de végétations.

Quel que soit son siège , sa terminaison est la même : c’est l’ulcération. Elle s’étend de plus en plus et finit par perforer les parois sur lesquelles elle siège, et alors s’établit une communication avec le péritoine si la perforation a lieu à l’intérieur, et une fistule à l’extérieur, si c’est vers les tuniques externes. C’est dans ces casfde perforation qu’on voit des organes tels que la rate, le foie , etc., venir adhérer aux bords de la plaie et tapisser le fond de l’ouverture.

Les artères de L’estomac peuvent s’ouvrir au fond d’une ulcération cancéreuse et déterminerdes hémorrhagies plusou moins graves.

Les nerfs restent inaltérables au milieu de

MALADIES DU TUBE DIGESTIF

ces désorganisai ions , bien que certains aÈfteùrs prétendent avoir rencontré les cordons de la huitième paire ramollis.

Cancer de l’ estomac. Le cancer de l’estomac se montre presque toujours au pylore, soit qu’il affecte l’anneau pylorique lüî-même, soit les parties contiguës , soit les deux à la fois. Il peut occuper, mais beaucoup plus rarement, le cardia, la face antérieure et postérieure de l’estomac, et bien plus rarement encore la grande courbure ; de sorte que relativement au siège, l’ordre de fréquence du cancer de l’estomac peut s’établir ainsi: portion pylorique, anneau pylorique, les deux faces de l’estomac , le cardia , le grand cul-de-sac.

Causes. Elles sont souvent inconnues ; les hommes les plus sobres comme deux qui se sont adonnés aux excès de la table peuvent en être frappés, üfie caüsie très-fréquente et incontestable du cancer de l’estomac, c’est l’habitude de boire de l’eau-de-vie à jeun. Dans la produclioh Recette maladie, comme dans beaucoup d’autres , on fait jouer un grand rôle aux perturbations de l’innervation, aux passions tristes , aux émotions morales, aux névroses de l’estomac. Ce qui est réellement observé, c’est qu’il n’est pas rare de voir des cancers de l’estomac succéder aux symptômes d’une gastralgie.

L’hérédité de cette affection ne peut être miseèn ddute.

Cette affection est à son maximum de fréquence de 36 à 56 ans.

Symptômes. L’existence de cette lésion occasionne toutes les nuances et toutes lesvarié^ tés de douleur que nous avons décrites dans la gastrite chronique. Le plus ordinairement les malades éprouvent une douleur lancinante à la région épigastrique , mais ce symptôme n'est pas constant; quelques malades n’éprouvent qu’un sentiment de pesanteur pendant la digestion; d’autres ressentent des crampes d’estomac.

La dyspepsie est constante , mais à des degrés divers ; les malades sont tourmentés par des rapports et par des? éructations acides.

Le vomissement est un phénomène fréquent, mais qui n’apparaît pas nécessairement dans tous les cas de cancer. Il peut être intermittent, et revenir tous les jours. Les matières vomies sont d’ailleurs variables , elles sont constituées tantôt par de simples mucosités, tantôt par des aliments rendus sur-le-champ après leur ingestion, ou quelques jours après; ce peut être pat* du sang ayant conservé ses caractères physiques , ou plus ou moins altéré par son séjour dans l’estomac et.se présentant alors noir ou d’une couleur chocolat.

La soif est souvent nulle.

Dans un grand nombre de càS, le palper n’apprend rien , et cela arrive surtout lorsque la tumeur se développe de dehors en de-

dans de l’estomac. Si on perçoit la sensatiort d’une tumeur, elle pourra être mobile et né pas être retrouvée toutesles fois qu’on la cherchera, ce qui dépend du changement de volume de l’estomac et des rapports variables du colon. Les signes que fournit la percussion ne sont pas caractéristiques.

Dans certains cas d’oblitération de l’orifice pylorique , l’estomac se dessine derrière les parois abdominales amincies ; les mains peuvent l’étreindre et le circonscrire, et en imprimant des secousses au malade, on peut, l’oreille appliquée sur la région précordiale , percevoir du gargouillement.

Dans la plupart des cas, la langue conserve son état normal , elle est large , pâle et humide.

Le plus ordinairement il y a constipation.

Les troubles de la circulation et des sécrétions ne sont pas constants; quelquefois vers la dernière période de la maladie il peut se déclarer une ascite due probablement à un commencement de péritonite.

Dans les premiers temps la nutrition n’est nullement altérée.

Il n’en est pas de même souvent de l’innerva^ tion, et dans un grand nombre de cas, c’est au cancer de l’estomac que les hypocondriaques doivent leur malheureusedisposition d’esprit.

Tous ces symptômes d’ailleurs seront variables selon le siège et l’étendue de la lésion, selon que la muqueuse participera ou non à l’affection, selon qu’il y aura diathèse cancéreuse, selon les prédispositions individuelles.

Marche. Cette maladie est surtout remarquable par les rémissions qu’elle présente, pendant lesquelles les malades jouissent d’une bonne santé; il n’est pas rare d’en voir qui portent un cancer de l’estomac pendant un grand nombre d’années. Quelquefois cette affection revêt le caractère aigu.

Traitement. — Préservatif. Ne négligez pas de surveiller les suites d’une gastrite aigue ou chronique. — Palliatif. Employez les narcotiques contre la douleur, les préparations de magnésie contre les éructations acides ; faites cesser la constipation, car il est d’observation qu’un peu de diarrhée peut amender la maladie. — Curatif. Existe-t-il? Quelques médecins ont pensé qu’une application prolongée de moxas et de sétons à l’épigastre , pouvait amener la guérison du cancer de l’estomac. 11 est plus que douteux que cette prétention se soit jamais réalisée. Dans un cancer confirmé , on peut employer la ciguë , l’iode, les préparations mercurielles.

Cancer du duodénum. Il est très-rare; ses symptômes sont obscurs, et se confondent avec ceux du cancer de l’estomac.

Cancer de l’intestin grêle et du colon. Les caractères anatomiques de ce cancer, sont les mêmes que ceux de l’estomac.

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