‹ Cours de pathologie interneChapitre 27 sur 232 · CANCER DU RECTUM · texte numérisé non relu

CANCER DU RECTUM

Causes. Obscures : survient souvent sans causes connues, et, comme pour le cancer de l’estomac , il n’est pas possible d’admettre pour celui-ci l’influence d’une perturbation nerveuse.

Symptômes. Le symptôme prédominant est encore la douleur, qui varie depuis un simple sentiment de gêne jusqu’à une douleur vive continue ou revenant par intervalles. Elle s’exaspère de temps en temps tantôt sans cause appréciable , tantôt par suite de quelque écart de régime , et surtout par suite de la constipation. A mesure que la douleur se prolonge et que la constipation dure , le ventre se ballonne, des nausées, des vomissements surviennent, tous les phénomènes de l’étranglement surviennent et cessent aussitôt que le malade va à la selle ; cette cessation peut être spontanée, si les selles se rétablissent tout à coup. Ces accidents d’étranglement se montrent à plusieurs reprises pendant la durée du cancer de l’intestin ; ils mettent plusieurs fois la vie du malade en danger, et il arrive enfin un moment où ils persistent et où ils se terminent par la mort.

Les phénomènes généraux sont semblables à ceux du cancer de l’estomac, et se produisent encore avec plus de lenteur.

Dans certains cas le palper ne fournit aucun signe ; dans d’autres, il fait percevoir dans un point quelconque de l’abdomen, un certain degré de résistance, quelquefois une tumeur formée par le cancer.

Terminaison. Comme nous l’avons déjà dit, les malades peuvent succomber au milieu de la crise produite par l’étranglement; une terminaison funeste peut arriver aussi avec tous les signes d’une entérite aiguë, survenue autour du point cancéreux ; une péritonite aiguë peut survenir et enlever les malades ; ils peuvent enfin être entraînés au tombeau par un dépérissement progressif.

Traitement palliatif. Ici les règles d’hygiène occupent le premier rang ; il faut prescrire des aliments qui laissent peu de résidu et qui ne laissent point passer au delà du rétrécissement des matières non chylifiées. On évitera avec soin les excès d’alimentation, car une indigestion peut être mortelle ; on choisira de préférence des aliments légèrement laxatifs. On pourra appliquer quelques exutoires sur l’estomac. Les narcotiques sont souvent employés, mais je crois que leur usage doit être proscrit, car ils sont astringents et causent la constipation. On devra prescrire de temps en temps quelques laxatifs.

Les accidents d’étranglement seront combattus par des lavements froids , l’administration de la glace parla bouche, par de doux purgatifs.

Cancer du rectum. Ses caractères anatomiques sont les mêmes que ceux des précé-

dents, le siège seul diffère. Il peut occuper la marge de l’anus, mais ordinairement c’est à un pouce ou deux au-dessus delà marge de l’anus qu’il réside; il peut aussi atteindre tous les points de la longueur du rectum.

Causes. Comme pour tous les cancers, il faut admettre pour celui-ci des causes prédisposantes dans l’individu lui-même. Quant aux causes occasionnelles, il faut reconnaître que des hémorrhoïdes négligées, irritées, volumineuses, inconsidérément traitées par des réfrigérants ou des répercussifs, les affections syphilitiques de cette partie, toute irritation agissant longtemps sur cet organe, le prolapsus du rectum négligé , etc., sont des causes puissantes du cancer de cet organe.

Symptômes. La douleur siège à des points variables; souvent le cancer du rectum ne détermine qu’une démangeaison semblable à celle qu’occasionrtent certains vers intestinaux; plus tard elle se change en une véritable douleur qui, chez certains individus, nesemanifeste que lorsqu’ils se tiennent debout oii assis pendant longtemps. Elle peut s’irradier plus ou moins loin, et il est assez commun de voir des malades se plaindre, non plus de douleurs au rectum, mais aux fesses , au sacrum, aux cuisses. Cette douleur est exaspérée par la marche, par la station, par la défécation, surtout après la constipation. En général, le rectum sécrète une matière tantôt blanche, tantôt rougeâtre, et il est des cas où il y a de véritables hémorrhagies, qui peuvent naître au début ou à une période avancée de la maladie.

A mesure que la maladie fait des progrès les selles deviennent de plus en plus rares. Dans quelques cas les excréments ressemblent à des fragments de vermicelle et semblent avoir passé à travers une filière ; chez d’autres , sont aplatis et rubanés et s’accompagnent de matières glaireuses, sanieuses , purulentes et sanguinolentes. Quelquefois les matières fécales sortent par les fistules que les ulcérations ont déterminées , et on peut les voir sortir par le vagin et par les parties environnantes. Chez certains malades , il existe au pourtour de l’anus un bourrelet hémorrhoïdal qui rend encore plus difficile la sortie des matières fécales.

Un dépérissement graduel et profond ne tarde pas à survenir ; il est surtout rapide quand la maladie s’étend aux parties voisines, comme la vessie ou l’utérus.

Si le cancer est situé trèsd>as, il sera facile de le voir à l’extérieur ; s’il existe plus haut dans l’intestin, le loucher pourra le faire reconnaître et faire percevoir, tantôt un resserrement circulaire entourant le rectumcomme un anneau, tantôt une modification de la muqueuse et des bosselures agglomérées.

Terminaison. Elle est toujours funeste,

MALADIES DU TUBE DIGESTIF

à moins qu’il lie siège très-bas, cas dans lequelilestaccessibleauxmoyenschirurgicaux.

Traitement . Mêmes soins hygiéniques que pour les précédents ; il faut , de plus, ici employer un traitement local. Il est important de délayer les matières qui s’arrêtent au-dessus des points rétrécis; on y fait pénétrer au moyen d’une canule une décoction de belladone. On a employé les mèches pour arrêter les progrès du cancer ; ce moyen est très-douloureux et il peut être dangereux quand la maladie est avancée. L’ablation du cancer par des moyens chirurgicaux ne peut avoir lieu que quand il siège à la marge de l’anus. Dans certains cas , on voit des individus qui portent au rectum des tumeurset des végétations de mauvais aspect être parfaitement guéris par un traitement mercuriel.

Ve CLASSE. — LÉSIONS D’iNNERVATION DË LA PORTION SOUS - DIAPHRAGMATIQUE DU TUBE blGESTIF.

Dans les lésions que nous venons de passer en revue nous avons souvent vu le système nerveux se mêler aux troubles des au très fonctions , mais d’une manière secondaire et comme symptôme concomillant. Dans les altérations qui nous restent à examiner , c’est lui qui va jouer le rôle essentiel, c’est lui dont les lésions vont êtreprimitives. Ges altérations sont les névroses du tube digestif.

Selon que la perturbation nerveuse porte sur la tunique musculaire, sur la sensibilité ou sur les fonctions du tube digestif, nous avons à placer sous trois ordres différents , ces trois sources différentes de maladies. Dans un quatrième ordre enfin, nous rangerons les altérations de fonctions dont la cause nous est inconnue , et qu’à tort ou raison, on a coutume de ranger parmi les lésions du système nerveux.

1er Ordre. — Névroses nu tube mgestif caractérisées PAR UNE LÉSION DE CONTRACTILITÉ.

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