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DE LA STOMATITE COUENNEUSE

STOMATITE APHTHF.USE OU APIITHES.

On a donné le nom d 'aphthes à des ulcérations fort diverses delà bouche , ou du moins à des formes variées de l’inflammation de cet organe. Je crois qu’on doit restreindre cette dénomination aux trois espèces suivantes : i° à la forme papuleuse ; 2° à la forme vésiculeuse; 5° à la forme pustuleuse.

Quelle que soit la forme sous laquelle se présente cette maladie , elle affecte particulièrement les parties où l’épithélium est le plus apparent, la face interne des lèvres et des joues, les gencives, la langue et le voile du palais. Elle a la même terminaison , c’est-à dire qu’après le second ou le troisième jour, la papule , la vésicule ou la pistule se rompt, et qu’à sa place survient une petite ulcération qui se cicatrise rapidement.' Cette éruption peut être discrète ou confluente. La forme discrète est celle que l’on observe presque toujours dans nos climats ; mais dans les pays humides, la Hollande, par exemple, l’aphthe confluent est très-commun et règne quelquefoisépidémiquement.C’estune maladie grpve, qui attaque principalement les adultes et les femmes en couches. L’aphthe simple ou discret ne donne lieu à aucun symtôme, si ce n’est à un sentiment de gêne plutôt que de douleur dans la bouche. Il n’en est pas de même de l’aphlhe confluent qui s’accompagne de frissons, de céphalalgie, de la fièvre et de vomissements.

L’aphlhe simple a une durée de trois à six jours, et ne demande d’autre traitement que des lotions adoucissantes, des gargarismes émollients. Quand les ulcérations sont douloureuses, on se trouvera bien de les laver, à l’aide d’un pinceau de charpie , avec le mucilage de pépins de coing pur, ou avec addition de quelques gouttes de laudanum. Si les surfaces ulcérées sont douloureuses, et que la cicatrisation se fasse attendre, on renoncera aux émollients pour recourir aux astringents , et quelquefois aux toniques.

L’aphthe confluent sera combattu par des moyens plus énergiques. Il conviendra d’avoir recours aux boissons acidulées. Les émissions sanguines ne sont indiquées que dans les cas de fièvre intense , de déglutition gênée. C’est surtout aux bains tièdes qu’il faudra avoir recours. Les révulsifs aux extrémités inférieures ne devront pas être négligés quand l’ulcération se prolongera au delà du troisième septénaire.

5° STOMATITE CREMEUSE PULTACÉE.

(Muguet.)

Ainsi nommée à cause du produit qui revêt la membrane muqueuse enflammée.

Celle maladie n’attaque guère que les en-

fants nouveau-nés. Elle est très-fréquente dans les maisons destinées aux enfants. Elle reconnaît pour causes l’allaitement artificiel, l’insalubrité de l’air, la nourriture malsaine , la malpropreté et la contagion que l’on admet par l’intermédiaire du mamelon.

Le muguet s’annonce par l’apparition de points blancs à la superficie de la membrane enflammée ; ces points se montrent derrière les lèvres, à la pointe de la langue. Peu à peu ils se multiplient, s’étendent, se réunissent et forment des plaques irrégulières , minces, qui tantôt, restent séparées, tombent et se renouvellent à diverses reprises , tantôt au contraire, s’épaississent en s’élargissant, s’unissent de toutes parts en une couche continue qui enduit les parois de la bouche et la surface de la langue , envahit même souvent le pharynx et l’œsophage. Dansle premier cas, le muguet est discret, dans le second il est confluent.

Quand il est discret et qu’il a paru sporadiquement , la maladie est peu grave ; les fausses membranes se détachent parlambeaux ou flocons, et après huit, douze ou quinze jours, un mois même . durant lequel il se reproduit de fausses membranes aussi minces, aussi peu étendues que les premières, l’inflammation cesse et la guérison est assurée.

Dans le muguet confluent, la couche crémeuse qui revêt la bouche s’épaissit de plus en plus, et s’il s’en détache quelques lambeaux, elle se reproduit aussi dense que la première. Cette fausse membrane, d’abord blanche, jaunit ensuite. Le muguetconfluentest rarement exempt de complications ; elles sont quelquefois très-gra ves, et quand le malade succombe, ce sont elles qui occasionnent la mort.

Le traitement de cette affection est à peu près le même que celui des autres maladies de la bouche que nous venons d’examiner. Il faut envelopper le cou de cataplasmes , mettre le malade dans le bain. On doit surveiller avec soin les complications et les traiter avec les moyens qui conviennent à chacune. Les astringents doivent être employés avec précaution, et l’on fera choix des moips énergiques. Avec un pinceau de charpie on imbibera la bouche d’acides végétaux étendus d’eau. Les malades seront mis à la diète, et on ne leur donnera que du lait coupé. On enveloppera leurs pieds de cataplasmes chauds , maison proscrira les sinapismes dont, en général, il faut être avare chez les enfants. Il arrive quelquefois que les malades avalent les fausses membranes qui se détachent de la bouche, et que ces corps étrangers gênent les digestions ; il faut avoir recours, contre cet accident, à l'emploi de légers purgatifs.

4° STOMATITE SPEUDO -MEMBRANEUSE OU COUEN- NEUSE.

M. Bretonneau l’appelle diphié rite buccale.

MALADIES DE L’APPAREIL DE LA DIGESTION

Elle siège ordinairement aux gencives, aux ! commissures des lèvres, à leur face posté- j rieure et à la paroi interne des joues, à la | pointe et au pourtour- de la langue. Il est plus commun qu’elle soit bornée à un seul côté que de l’observer dans la totalité de la bouche.

Celte affection débute par l’apparition de petites plaques d’un blanc grisâtre, 'irrégulièrement arrondies. Ces plaques s’étendent bientôt et s’agrandissent en devenant grisâtres, noirâtres ou livides; elles paraissent enfoncées à cause de la saillie que forme autour d’elles un bourreletrouge. Il se détache des lambeaux plus ou moins considérables de fausses membranes , bientôt remplacées par d’autres. A cette époque de la maladie, les fausses membranes envahissent une partie delà langue, les gencives, la partie interne des joues. Après quelques jours pendant lesquels l’affection semble rester stationnaire, l’étatdes parties varie selon qu’elle se termine par résolution ou par gangrène. Dans le premier cas , le centre des plaques ou leurs bords commencent à être résorbés, et bientôt il ne reste plus qu’un simple liseré blanchâtre qui disparaît peu à peu, en ne laissant aucune trace de la maladie. Quand la terminaison par gangrène survient, on voit quelques points par où s’opère la résorption , tandis que le reste des tissus présente une mortification complète.

S’il arrive que les malades atteints de stomatite couenneuse succombent à une autre maladie, on voit que la fausse membrane qui tapisse les gencives pénètre aussi dans les alvéoles, et qu’elle s’étend comme une bande parallèle à la direction des dents , à la face postérieure des lèvres, sur les bords de la langue ou sur les parois des joues. Elle pénètre quelquefois dans la trompe d’Eustachi.

Elle peut être compliquée de bronchite, de pneumonieou d’inflammation du tube digestif.

Au début de cette affection les malades res-, sentent une chaleurincommode etune douleur exaspérée parle contact des corps étrangers. L’haleine est fétide, et les ganglions sousmaxillaires s’engorgent et deviennent douloureux. Plus tardées lèvres et les gencives sont comme boursoufflées et saignantes, une salive abondante et sanieuse s’écoule de la boucheentre-ouverte,l’haleine devient de plus en plus fétide, la face est rouge et tuméfiée, la fièvre plus ou moins intense ; il y a céphalalgie, inquiétude, insomnie. Peu à peu, quand la résorption commence, ces symptômes diminuent d’intensité et la guérison s’opère.

Tous les âges sont sujets à la stomatite couenneuse , mais l’enfance en est plus souvent affectée. Elle est plus fréquente dans les temps froids et humides. La malpropreté, l’insalubrité de l’air, l’encombrement d’enfants sont ses causes les plus ordinaires. Elle règne quelquefois épidémiquement, mais elle ne pa-

raît pas contagieuse. Elle survient aussi quelquefois à la suite d’un traitement mercuriel. On l’a aussi observée dans les fièvres dites muqueuses, et à la fin de certaines maladies chroniques.

La première indication à remplir dans cette maladie, c’est de soustraire les malades aux causes qui l’ont déterminée. Dans la première période on emploiera les collutoires adoucissants, les lavements laxatifs, les pédiluves chauds. On appliquera des cataplasmes émollients autour du cou pour s’opposer à la tuméfaction des ganglions sous-maxillaires, et quelques sangsues au-dessous de la mâchoire inférieure. Après l’emploi de ces moyens préparatoires il faut se hâter de recourir à un traitement local, et le meilleur des topiques est un mélange d’acide hydro-chlorique et de miel, avec lequel ou louche les plaques pseudo-membraneuses, à l’aide d’un pinceau de charpie. On emploie avec succès des gargarismes de chlorure de chaux étendus d’eau, à des doses progressives. Le gargarisme suivant produit aussi d’excellents effets :

2j- Vinaigre 3 ij«

Alcool 3 iij.

Eau § iv.

Les applications de l’acide hydro-chlorique doivent être faites toutes les 24 ou 48 heures selon l’exigence des cas. Quand l’inflammation occupe les gencives et la sertissure des dents , M. Bretonneau conseille de faire pénétrer l’acide dans chaque interstice, à l’aide de petites touches de bois ou de morceaux de papier roulé.

L’alun réduit en poudre et délayé dans un peu d’eau ou de salive peut être aussi empl<Sfyé avec avantage. On peut en dire autant du nitrate d’argent.

5° STOMATITE GANGRENEUSE.

Les différentes formes d’inflammation que nous venons d’examiner , après avoir passé à l’état d’ulcération , se transforment en une gangrène véritable. Ces ulcères , après avoir pris de l’accroissement à la manière des chancres rongeants, occasionnent, dans les parties environnantes, un engorgement considérable, et bientôt après le sphacèle. Ces ulcères gangréneux s’observent à l’intérieur des joues , aux gencives , et à la face postérieure des lèvres.

Cette affection est très-grave quand elle survient à la fin d’une stomatite. Quand on s’aperçoit de l’imminence de cette terminaison, il faut arrêter l’application des excitants et des caustiques pour leur substituer les émollients, les adoucissants#, etc. Quand la gangrène est confirmée, les secours de l’art sont bien souvent insuffisants, et l’on ne peut espérer de guérison que lorsqu’elle se borne à quelques points ulcérés.

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