DE LA PORTION SUS - DIAPHRAGMATIQUE DU TUBE DIGESTIF
MALADIES DE LA BOUCHE
DE LA STOMATITE OU INFLAMMATION DE LA BOUCHE (l).
Le mot stomatite est nouveau dans la science (de cropia bouche) , et désigne l’inflammalion dont la bouche peut être le siège. On en distingue plusieurs espèces très-distinctes, et qu’on peut rapporter aux suivantes : i° stomatite simple ; 2° stomatite aphteuse ; 3° stomatite crémeuse ou pultacée ; 4° stomatite p seudo - membraneuse ou couenneuse; 5° stomatite gangréneuse.
Les lésions anatomiques qui caractérisent ces affections, en sont aussi les symptômes et les signes.
1° STOMATITE SIMPLE OU ÉRYTÉMATEUSE.
Les causes de cette affection sont l’introduction de boissons chaudes dans la bouche, 3e substances âcres , vénéneuses ou causti-
(i) Nous croyons que nos lecteurs sont maintenant assez familiarisés avec la classification de M. Andral, pour que nous puissions nous dispenser quelquefois de l’indiquer avec autant de précision que nous l’avons fait dans la première partie des maladies du tube digestif.
ques, les contusions, les opérations qui se pratiquent sur les dents, l’accumulation du tartre , et surtout le travail de la dentition. Elle est quelquefois symptomatique d’une phlegmasie du canal digestif.
Dans sa forme la plus simple , elle peut n’être constituée que par un afflux sanguin. Alors la membrane muqueuse est rouge, sensible , tuméfiée en partie ou en totalité , mais le plus ordinairement l’affection est bornée aux gencives ou à la voûte palatine. La douleur est quelquefois très-vive, surtout au passage de l’air froid, par le contact des corps étrangers, et même par celui de la langue seule. La rougeur est pointillée et disséminée par plaques, et non d’une manière uniforme. Les fonctions de la bouche , telles que la mastication, la parole et la déglutition s’exécutent avec douleur, et quelquefois il s’établit un ptylisme plus ou moins abondant.
Cette phlegmasie donne lieu très-rarement à des symptômes généraux.
Sa durée est de trois à huit jours, et la résolution est sa terminaison ordinaire. Quelquefois l’épithélium se détache , se roule et s’enlève par plaques , surtout quand l’affection a été produite par quelque caustique ou quelque corps chaud.
Il faut distinguer de cette stomatite, due aux causes que nous avons énumérées , celle qui survient quelquefois sous l’influence d’un traitement mercuriel; celle-ci est œdémateuse , n’a pas de durée , et présente cela de remarquable, que son existence n’est pas en raison de la durée et de l’énergie du traitement mercuriel. Ainsi on l’observe après un traitement très-court, tandis que certains individus qui auront été soumis pendant longtemps à cette cause n’en seront pas atteints.
Remarquons aussi que les ulcérations et la gangrène même peuvent succéder à la stoma tite simple , et qu’il n'est pas rare de remarquer après cette maladie une induration du tissu sous-muqueux de la bouche.
Le traitement de cette affection consiste dans la diète, dans les boissons adoucissantes et mucilagineuses, comme les décoctions de guimauve, de figues grasses; seules ou coupées avec du lait. Si la sensibilité de la bouche est si grande , que le contact de ces substances soit douloureux , il faudra recourir aux fumigations émollientes, et quand il y aura des symptômes généraux, comme fièvre, chaleur, céphalalgie, une saignée ou l’application de quelques sangsues à la base de la mâchoire ou sur les gencives mêmes , quelques pédiluves sinapisés, suffiront pour obtenir la guérison de cette affection.
Quelquefois elle passe à l’état chronique, et l’induration du tissu cellulaire sous-muqueux persiste. 11 faut alors recourir aux frictions faites avecl’hydriodatede potasse ctl’axonge.