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DE LA GLOSSITE OU INFLAMMATION DE LA LANGUE

Cette inflammation peut être bornée à la muqueuse de la langue , ou envahir tout cet organe, d’où la distinction de la glossite en superficielle et générale.

Sa production est favorisée par l’usage d’aliments âcres, par l’ingestion de substances corrosives , par l’emploi immodéré du mercure, par l’impression des caustiques, par les morsures, les blessures , etc. *

L’inflammation de la langue donne lieu à une vive rougeur, à une douleur, ordinairement peu intense, à une tuméfaction, quelquefois très-considérable, et qui gêne les fonctions de la déglutition et de la respiration. La surface de la langue exhale une mucosité sanguinolente, qui s’y dessèche et la recouvre de fuliginosités épaisses. Une salive abondante, mêlée à des mucosités buccales, âcres et fétides, s’écoule incessamment au dehors. Quelquefois les côtés de la langue présentent de petits ulcères grisâtres et excessivement douloureux, qui acquièrent, dans certains cas, une grande profondeur, et dont le pourtour devient squirrheux.

Quand la glossite est profonde, elle devient, dans très-peu de temps , extrêmement grave.

La langue devient bleuâtre , quelquefois noire, et son volume peut devenir si considé- | rable, qu’elle refoule le voile du palais en ar- ;

rière , bouche l’ouverture du larynx par sa base , et fait , au dehors , une saillie considérable. Cette tuméfaction détermine des accidents promptement graves par la gêne qu’elle apporte à la respiration.

Cette inflammation peut se terminer par résolution ou par suppuration. Dans ce dernier cas, il se forme un abcès sous la langue.

La glossite superficielle est rarement une maladie grave. Elle guérit ordinairement sans les secours de l’art qui doivent se borner à la prescription de quelques collutoires émollients, à des bouillons, et au silence absolu. Quand il y a douleur vive, rougeur intense, et gonflement considérable , il faut recourir à la saignée générale et à l’application de sangsues à la face inférieure de la langue. S’il survient un abcès , il faut l’ouvrir par une incision longitudinale pratiquée sur la partie saillante de la tumeur.

Pour la glossite profonde, et qui donne lieu à une tuméfaction dangereuse, il faut avoir recours aux scarifications qui, en déterminant un écoulement abondant de sang, dissiperont tous les symptômes.

Dans quelques circonstances, la langue présente un ou plusieurs points comme frappés de mortification, et c’est à cette affection que l’on a donné le nom de glosso-antlirax. Dans ces cas , il faut se hâter d’appliquer le cautère actuel sur le point charbonneux, et d’administrer des collutoires chlorurjés ou ai guisés avec l’acide hydro-chlorique.

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