FRORU1TS SANS ANALOGUE
Tubercules. Très-rares chez l’homme; quand on en trouve dans le cœur, il en existe constamment dans la plupart des autres viscères.
Cancer. A été plusieurs fois observé. Il est partiel ou général, situé au côté droit ou au côté gauche en masses disséminées, ou sous la forme d’une tumeur qui semble sur-ajoulée au cœur. Sur douze cas observés jusqu’ici, huit fois le cancer était borné au cœur, quatre fois il avait atteint d’autres organes. On en connaît un exemple où le cancer, borné d’abord au cœur, s’est porté successivement au cerveau , aux poumons , à la rate, etc. Presque tous ont été observés à un âge avancé de la vie ; une fois sur un enfant de trois mois.
Le plus souvent, le cancer du cœur ne donne lieu à aucun symptôme ; ceux qu’il pré-
sente se confondent avec ceux d’une maladie organique , ou bien avec les symptômes généraux de la diathèse cancéreuse.
Les kystes séreux et les hydatides du cœur sont fort rares, et quand ils existent, il est à peu près impossible d’annoncer leur existence, et de leur opposer un traitement.
Végétations et lésions congéniales. (Voyez Précis d’ Anatomie pathologique).
E. LÉSIONS d’innervation.
Le cœur peut être altéré dans sa sensibilité et dans sa motilité.
1° Lésion de la sensibilité du cœur.
Elle constitue Y angine de poitrine.
Cette maladie est caractérisée par une douleur constrictive et déchirante de la poitrine, douleur qui s’étend le long du col, de l'épaule et du bras , avec angoisse et suffocation, revenant, par accès, à des intervalles plus ou moins éloignés. Confondue autrefois sous le nom d’asthme, on en trouve la description dans les auteurs anciens, et quoiqu’elle ait été l’objet des recherches de plusieurs médecins, son histoire est encore assez obscure.
Caractères anatomiques. Les résultats fournis par l’anatomie pathologique, sont incertains. Dans presque toutes les autopsies des sujets qui ont succombé à cette affection, on a trouvé une ossification plus ou moins complète des artères coronaires du cœur. On a trouvé des lésions de l’aorte et des valvules mitrales, lésions qui consistaient en une dilatation plus ou moins grande de l’aorte, en des épaississements, des ulcérations etdes incrustations osseuses de ce vaisseau et de la valvule mitrale. Ona trouvé aussi l’hypertrophie du cœur gauche, des dilatations avec amincissement du ventricule droit, des indurations et des ossifications du cœur, l’accumulation de graisse dans le médiastin, des épanchements dans les plèvres et dans le péricarde. Les poumons ont été le plus ordinairement trouvés à l’état normal.
Causes. L’angine de poitrine a été observée dans tous les climats, dans toutes les saisons, et sous l’influence de toutesles températures. On l’a remarquée plus souvent chez les hommes que chez les femmes ; elle arrive rarement avant Page de quarante à cinquante ans ; cependant, on en a cité des exemples sur des individus de trente ans et même Sur des enfants. On a dit que la goutte et le rhumatisme prédisposaient à cette maladie.
Les causes qui déterminent les accès, sont un air vif et froid, tous les mouvements musculaires brusques, la marche dans une direction contraire à celle du vent, les excès d’alimentation et les boissons alcooliques, les émotions vives de l’âme, enfin tout ce qui peut occasionner, vers le cœur, un plus grand afflux de sang.
Symptômes. L’invasion de cette maladie
74 MALADIES DE L’APPAREIL CIRCULATOIRE
est ordinairement soudaine, elle arrive au milieu de la santé la plus florissante. Le plus souvent, sans causeappréciable, ou bien après une marche ou l’ascension d’un escalier, le malade éprouve tout à coup un resserrement douloureux, une angoisse inexprimable vers la région du cœur, qui l’oblige à s’arrêter. Celte douleur, quelquefois atroce, et dont le caractère varie, cesse* après quelques minutes, ou même après quelques secondes, en laissant le malade dans son état habituel, mais sous une impression de tristesse et d’inquiétude. Après un temps plus ou moins éloigné , ces douleurs se renouvellent sous l’influence d’un mouvement violent , d’un accès de colère ou d’un écart de régime. D’abord légères, et revenant à des intervalles éloignés, ces attaques deviennent ensuite plus fréquentes , et apparaissent sous l’influence de la cause la plusiégère. Tantôt elles éclatent brusquement, tantôt elles sont précédées de bâillements et de chaleur dans la poitrine. Il arrive une époque où les accès se montrent chaque jour, et même plusieurs fois le jour. La sensation de constriction et d’angoisse de la poitrine, s’accompagne d’une douleur plus vive de jour en jour, et qui s’irradie dans le col, dans les membres supérieurs, et qui s’étend quelquefois jusqu’àrextrémilédesdoigls.
Il est bien remarquable que, dans cette maladie où da suffocation paraît imminente, la respiration ne soit autrement altérée que par un peu de fréquence. Ce qui distingue cette afFection de la dyspnée produite par une maladie organique du cœur, c’est la facilité avec laquelle les malades font de profondes inspirations, et les attitudes qu’ils prennent, qui sontplutôt commandées par la douleur que par la dyspnée. En général, ils compriment leur poitrine, et restent immobiles par crainte du mouvement. Leurs forces sont anéanties, leur face est pâle, les traits contractés, les extrémités froides et couvertes d’une sueur visqueuse. Les contractions du cœur sont faibles; il n’y a de palpitations que dans les cas de complication demaladiedecetorgane;lepou!s est fréquent, quelquefois inégal et très-faible. A la fin des accès, il survient des vomissements , des expectorations de matières muqueuses, une évacuation abondante de gaz qui semblent soulager le malade. Les facultés intellectuelles restent intactes.
Dans l’intervalle des accès, les malades, après avoir éprouvé, pendant quelque temps, un sentiment de faiblesse et de brisement, peuvent présenter les apparences de la santé.
Quand l’angine de poitrine est compliquée d’affections du cœur ou des poumons, les symptômes empruntent de ces maladies leurs caractères particuliers et la santé se trouve plus ou moins altérée dans l’intervalle des attaques.
Durée, terminaison. La durée de là maladie est très-variable, et sa terminaison presque toujours funeste. Lamortarriveordinaireraent d’une manière subite, tantôt au milieu d’un accès, tantôt dans une syncope, quelquefois sans cause apparente , le plus ordinairement pendant la marche ou à la suite d’une émotion quelconque. Cette terminaison fatale peut arriver à toutes les époques de la maladie; elle est d’autant plus à craindre que l’affection est plus ancienne et plus intense.
Pronostic. Il est toujours fâcheux, car il est très-rare de voir guérir les individus qui ont présenté des symptômes bien caractérisés de l’angine de poitrine.
La nature de cette affection est encore hypothétique. Les altérations cadavériques que l’on a trouvées sont-elles une simple coïncidence, ou bien caractérisent-elles le siège de la maladie? C’est ce que, dans l’état actuel de la science, il serait téméraire d’affirmer ; de nouvelles recherches sur ce point de pathologie sont nécessaires.
Traitement. Dans le plus grand nombre des cas, on ne peut employer que des moyens palliatifs. Les antispasmodiques les plus énergiques sont souvent sans succès. Cependant quelques exemples incontestables de guérison doivent soutenir l’espoir du médecin, et dans ces circonstances, il prescrira l’opium, le musc, le castoréum, l’assa-fœtida , l’eau de laurier-cerise, l’oxyde de zinc, etc.
Quand on a lieu de croire que l’angine de poitrine coïncide avec une altération organique du cœur, il faut employer contre celle-ci les moyens usités. Si la maladie a succédé à un rhumatisme ou à la goutte, on cherche à faire reparaître ces affections sur les lieux qu’elles occupaient.
Il est très-important de soustraire les malades aux causes occasionnelles qui déterminent les accès. On leur fera observer un régime sévère, on leur prescrira un exercice modéré, quelques bains, et l’on éloignera d’eux tout ce qui pourra occasionner une émotion morale et par suite un afflux du sang vers le cœur.
2° Lésion de la motilité du cœur.
Cette lésion se traduit par des palpitations. Elles sont idiopathiques ou liées à une maladie nerveuse générale comme l’hystérie. Elles naissent sous l’influence d’émotions morales, d’excès vénériens, de travauxintellectuels,etc. Les palpitations peuvent simuler toutes les lésions organiques du cœur, et, quand on veut éclairer son diagnostic , ce n’est pas au moment où elles existent qu’il faut en rechercher la cause , c’est pendant l’intervalle des accès que l’on verra si la dyspnée est ou n’est point habituelle, si l’auscultation fait ou ne fait pas entendre un bruit anormal du cœur, etc. L’étude des causes, le début delà maladie, sa marche seront encore propres ù lever les don-
DE L’ARTÉRITE.
tes qui pourraient exister ; ainsi, si les palpitations sont nerveuses, le malade pourra, dans les intervalles, se livrer à des exercices violents sans qu’elles r-epa raissent, ce qui n’aurait pas lieu impunément si elles étaient liées à une altération organique du cœur.
Dans ces palpitations nerveuses, la première chose à faire c’est d’éloigner les causes sous l’influence desquelles elles paraissent. On prescrira un régime doux , de l’exercice , des bàins, et on fera usage de la digitale.
La pléthore et l’anémie sont des causes de palpitations ; dans la première , il faut faire usage d’émissions sanguines j dans la seconde, de toniques.
LÉSION DE CIRCULATION
Les congestions sanguines et les hypérémies actives des artères sont encore inconnues ; l’hypérémie passive s’observe souvent sur les cadavres.
L’inflammation des artères a été fort bien décrite dans ces derniers temps par M. Gendrin ; nous allons lui emprunter ce que nous avons à en dire.
ARTÉRITE.
Caractères anatomiques. Les premières recherches sur l’inflammation des artères ont été faites au moyen d’expériences sur des animaux vivants. Si on aplatit mécaniquement une artère de manière à la soumettre à une pression assez forte pour produire l’irritation, on remarque qu’ap'rès douze ou quinze heures une fausse membrane s’est produite dans l’intérieur du calibre de l’artère, que le sang s’est coagulé et a formé un caillot. Cette fausse membrane n’est donc que le résultat d’une exsudation plastique. Si on enlève le caillot et la membrane de nouvelle formation, on trouve la tunique interne de l’artère rouge, molasse, friable, terne, ayant l’aspect granuleux; mais la congestion est surtout sensible dans le tissu cellulaire délié, situé entre les tuniques interne et moyenne ; cette dernière et la plus externe sont infiltrées par une sérosité rougeâtre# A une époque plus éloignée , la membrane interne est plus rugueuse, plus épaisse, opaque, se détachant plus facilement ; les deux autres membranes sont aussi plus friables; enfin plus tard encore , il arrive un moment , où elles ne forment plus qu’une masse uniforme qui se déchire avec la plus grande facilité.
Si, au lieu de cette expérience, on fait deux ligatures à une artère , après l’avoir préalablement vidée , et si on injecte une Substance irritante dans l’espace circonscrit, on peut suivre à l’œil la sécrétion de la matière plastique, analogue à celle que sécrètent les membranes séreuses.
Enfin si on introduit un corps étranger dans l’artère , on voit qu’il y a d’abord production du pus , et plus tard des ulcérations.
Les mêmes altérations anatomiques se rencontrent dans l’artérite. Augmentation de la vascularité de la partie externe du vaisseau, rougeur de l’artère, friabilité du tissu cellulaire interposé entre la membrane interne et la moyenne, épaisseur et rugosité de la membrane interne, friabilité des parois de l’artère, fausses membranes, telles sont les altérations observées à la suite de l’artérite.
Causes. L’artérite survient souvent sans causes appréciables. Elle a été observée à la suite de ligatures, et quelquefois, mais trèsrarement, elle a été le résultat de la vaste inflammation du phlegmon.
Cette maladie a été plus souvent observée sur les adultes et les personn es âgées que sur les enfants.
Symptômes . Ils sont encore peu connus , quoi qu’en aient dit quelques médecins. On a dit que le mouvement fébrile avec réaction , j autrement dit que la fièvre inflammatoire de j Pinel et l’angéite de Thommassini, était le j symptôme prédominant de cette affection ; | voici ce que l’on sait de plus certain : si l’inflammation porte sur une artère volumineuse, le malade ressent une douleur le long de son trajet; elle bat plus fortement que dans l’état normal, elle bat plus fort là surtout où le sang afflue et séjourne. Le bruit de soufflet a été quelquefois entendu , et ce fait peut parfaitement être expliqué par la formation de fausses membranes dans l’intérieur de l’artère , qui forment un obstacle au cours du sang; or, on sait que toutes les fois qu'un canal artériel est rétréci, il y a production d’un bruit anormal.
Lorsque l’inflammation s’est étendue à une partie considérable du système artériel, il peut arriver que le vaisseau soit obturé, et alors les parties auxquelles le sang n’arrive plus, peuvent tomber en gangrène.
Dans un cas où l’inflammation était bornée à l’aorte, voici ce qu’on observa : un homme après avoir été soumis à un refroidissement éprouva un sentiment de construction à la poitrine, qui se dissipa peu à peu. Quelques jours après , sous l’influence d’une émotion morale, cet homme fut pris d’une dyspnée considérable, qui se montra intermittente, et qui fit place à une vive douleur sous-sternale; le pouls marquait quatre-vingts pulsations. Le malade succomba dans un accès de dyspnée, et à l’autopsie on ne trouva d’autre altération que des traces non équivoques de l’inflammation de l’aorte.
Les mêmes symptômes ont été observés dans l’inflammation de l’artère pulmonaire.
L’artérite, celle surtout des membres inférieurs, se termine fréquemment par la mort.
76 MALADIES DE L’APPAREIL CIRCULATOIRE
Traitement. Si les symptômes généraux sont très-prononcés et que la force du sujet le permette, on devra employer les émissions sanguines générales, et l’application des sangsues sur le trajet de l’artère enflammée. Le membre sera tenu dans une position horizontale; on s’abstiendra de topiques pour se borner à des lotions d’eau tiède; on donnera de l’opium pour calmer les douleurs, et on prescrira la diète, le repos et les boissons adoucissantes.
HÉMORRHAGIES DES ARTERES.
Les hémorrhagies des artères ont lieu dans l'intérieur même de leurs parois. J’ai vu sur un vieillard les tuniques disséquées et séparées par une infiltration de sang.
On ne connaît pas de lésions de sécrétion des artères.