ANÉVRISMES INTERNES
Les parois des artères peuvent s’hypertrophieravec ou sans diminution de leur calibre ; elles peuvent s’amincir avec diminution ou augmentation de ce même calibre, et dans ce dernier cas, la cavité de l’artère peut se dilater soit dans toute son étendue, soit dans une partie seulement ; c’est à ces altérations que l’on donne le nom d 'anévrisme vrai , par opposition à celui d'anévrisme faux consacré à une tumeur formée par du sang qui s’est amassé dans un kyste celluleux, à la faveur soit d’une ulcération, soit d’une perforation des membranes propres d’une artère. Dans cette dèrnière espèce d’anévrysme, la tumeur peut être formée par la dilatation de la tunique extérieure de l'artère , les membranes interne et moyenne ayant subi une solution de continuité ( anévrisme mixte externe ), ou bien elle peut être formée par la dilatation des membranes interne et moyenne à travers une solution de continuité de l’externe ( anévrisme mixte interne (1).
Les tumeurs anévrysmales foiet éprouver des altérations diverses aux parties avec lesquelles elles sont en conlact. A mesure qu’elles augmentent, elles s’approprient le tissu cellulaire environnant qui vient accroître l’épaisseur des parois artérielles. Au moyen de ce tissu cellulaire elles contractent des adhérences avec les parties voisines, et à mesure que leur volume augmente, elles les compriment, les refoulent, et peuvent même les détruire par l’inflammation qu’elles occasionnent. Les os sont soulevés, atrophiés, usés encore plus facilement que les parties molles.
(l) La science ne possède qu’un seul cas de cette dernière espèce d’anévrisme observé par MM. Dubois et Dupuytren ; encore Béclard en a-t-il contesté l'existence.
Le sac anévrysmal finit lui-même par s’altérer et se perforer, et cet accident peut donner lieu à une hémorrhagie qui sera mortelle si rien ne vient la borner, ou simplement débilitante si d’anciennes adhérences en bornent l’étendue et donnent lieu à un second sac, qui lui-même se rompra un peu plus tard et entraînera une terminaison funeste.
Il peut arriver cependant, et cela s’observe surtout dans la dilatation partielle des artères, que le coagulum fibrineux qui se forme dans le sac anévrysmal , s’organise dans ses couches extérieures, et que le reste étant absorbé, il s’opère une espèce de rétraction des parois artérielles dilatées qui rendra la rupture impossible. C’est à ce phénomène qu’on donne le nom de guérison spon anée.