PHLÉBITE UTÉRINE
Cette phlébite s’observe principalement après l’accouchement et quelquefois à la suite de la ligature d’un polype utérin. Elle débute ordinairement à l’embouchure des sinus veineux mis à découvert par le décollement du placenta; elle se propage bientôt au réseau veineux qui serpente dans les parois de la matrice, et l’inflammation de ce réseau détermine celle de l’utérus. Quelquefois la phlébite utérine est consécutive à la métrile. Elle peut être bornée aux veines de l’utérus ou s’étendre dans l’hypogastrique , le long des veines ovariques, remonter même jusque dans la veine cave inférieure et autres veines de l’abdomen.
On a remarqué que très-souvent la phlébite utérine est bornée aux veines d’une des moi-
MALADIES DE L’APPAREIL CIRCULATOIRE
liés de la matrice, et plus ordinairement dans celles du côté droit. A l’autopsie on trouve la matrice plus volumineuse qu’elle ne devrait l’être; une sorte de couenne grisâtre tapisse sa cavité; ses parois sont épaissies , ramollies et offrent une couleur noirâtre. La plupart des veines qui rampent dans l’épaisseur de cet organe sont remplies d’un pus plus ou moins consistant. Ces veines se présentent sous une forme tortueuse et comme repliées sur elles-mêmes; leur paroi interne est ridée, quelquefois recouverte d’une fausse membrane ou d’une couche de pus épaissi; comme dans les phlébites survenues dans d’autres circonstances , on trouve des foyers dans presque tous les viscères, des rougeurs et des ramollissements dans la membrane muqueuse digestive, et quelquefois de vastes suppurations dans les articulations.
Causes. Les accouchements laborieux sont les causes les plus fréquentes de cette phlébite. Cependantellesurvientquelquefois après l’accouchement le plus naturel, et dans ce cas , il faut admettre une prédisposition à la maladie.
Symptômes . Plus ou moins de temps après l’accouehement, le glqbe utérin s’engorge et présente une tumeur dure, arrondie, considérable. La pression à l’hypogastre détermine une douleur tantôt intense , tantôt peu vive. Les lochies sont quelquefois diminuées, quelquefois suspendues, et à leur place, s’écoule, par la vulve, une matière purulente , épaisse, blanchâtre ou sanieuse , et ordinairement fétide. Par le toucher, on reconnaît que l’utérus a augmenté de poids et de volume, que la sensibilité y est vive , que le col est chaud, tuméfié et ordinairement plus ou moins entr’ouvert. Les urines sont difficiles et brûlantes. Tant que la maladie est bornée aux veines de l’utérus, la fièvre est peu intense, et les phénomènes généraux peu prononcés.
Mais aussitôt que l’inflammation se propage, soit dans les veines ovariques, soit dans les autres veines de l’abdomen , la plupart des symptômes que nous avons déjà décrits se présentent, le pus ayant pénétré dans le torrent circulatoire.
Pronostic. La phlébite bornée aux veines des parois de la matrice, peut être combattue avec succès par les moyens de l’art; mais quand elle s’est propagée aux veines ovariques , et que l’infection est générale , ils sont sans succès. La terminaison funeste arrive ordinairement vers la fin du troisième septénaire , après l’accouchement. Quelquefois elle s’est prolongée plus longtemps , et n’est devenue mortelle que quatre mois après l’accouchement.
Traitement. On conseille, lorsqu’après l'accouchement, des caillots de sang ou des porlions de placenla séjournent dans la ma-
trice, de faire dans la cavité même de cet organe des injections émollientes. Quand la phlébite est déclarée, les émissions sanguines doivent être employées rapidement, et l’on aura recours de préférence à la saignée générale, qui dégorge plus promptement la matrice et favorise son retrait.
11 est très-important que les nouvelles accouchées cherchentà éloigner toutes les causes qui favorisent la production de la phlébite, tels que les vêtements trop légers, l’exposition au froid et à l’humidité , l’ingestion de boissons excitantes ou d’une trop grande quantité d’aliments.