LÉSIONS DE CIRCULATION DU LARYNX.— LA- RYNGITE AIGUE
L’inflammation dont le larynx peut être le siège, offre des formes très-diverses et des caractères différentiels, soit par les lésions anatomiques qu'elle laisse après elle , soit parles lésions fonctionnelles qui l’accompagnent.
La membrane muqueuse qui revêt cet organe peut en effet ne présenter qu’une simple congestion ou hypérémie , tantôt partielle , tantôt générale. La rougeur est quelquefois bornée aux ventricules du larynx. Cette membrane peut se ramollir à des degrés divers et se réduire en pulpe. Elle peut offrir une tuméfaction plus ou moins considérable ; elle est quelquefois portée au point d’oblitérer complètement le calibre du larynx. Cette altération est très-importante à reconnaître pendant la vie , car il faut savoir que dans certains cas où l’inflammation a été très-violente, elle disparaît rapidement après la mort, sans laisser aucune trace de son existence , et si on n’était prévenu de ce fait, on pourrait attribuer la mort à toute autre cause. Les ulcérations peuvent siéger sur la muqueuse du larynx; mais cette altération ne se rencontre guère que dans la laryngite chronique. Une fois l’inflammation du larynx s’est terminée
. par gangrène. Diverses sécrétions peuvent avoir lieu à la surface de la membrane muqueuse; tantôt le liquide muqueux que sécrète cette membrane sera augmenté de quantité, au point quelquefois de suffoquer le malade par son abondance; tantôt ce sera du véritable pus qui sera sécrété, qu’il y ait ou non des ulcérations à la muqueuse; tantôt enfin ce seroht de fausses membranes, car de toutes les muqueuses, celle du larynx jouit du fatal privilège d’être la plus apte à la formation de ces concrétions membraniformes.
Ce n’est point la membrane muqueuse seule qui présente des altérations dans l’inflammation du larynx; le tissu cellulaire sous-muqueux peut être le siège d’épanchements séreux, dans les endroits surtout où il est le plus lâche, dans les replis muqueux qui vont de l'épiglotte âux cartilages arythénoïdes.Onpeut trouver aussi des abcès dans le larynx ; quelquefois très-circonscrits , ils acquièrent d’autres fois un volume assez considérable pour faire saillie à l’intérieur du larynx et donner lieu à des symptômes de suffocation. On les trouve ordinairement dans les replis muqueux dont nous parlions tout à l’heure, ou bien dans l’angle rentrant que forment les deux pièces du cartilage thyroïde.
Dans les laryngites très-violentes, les muscles du larynx peuvent se ramollir, s’infiltrer de pus et parfois même disparaître. Il en est de même du tissu fibreux.
Quant aux cartilages du larynx, ils ne présentent en général d’altération que dans les laryngites chroniques.
D’après ce coup d’œil d’ensemble jeté sur les altérations que l’inflammation du larynx détermine, on voit qu’il est impossible de présenter un tableau général des désordres fonctionnels qui doivent en résulter ; en effet, les